Etape 2: Barrois

Mardi 6 juin

97 km, dénivelé 713 m

Nuageux avec quelques éclaircies, averses orageuses après 16 h, vent d’ouest très fort, 18° (13° après les averses)

Sorcy-Saint-Martin – Ville-Issey – Commercy – Boncourt-sur-Meuse – Mécrin – Ménil-aux-Bois – vallée de l’Aire jusqu’à Chaumont-sur-Aire – Rembercourt-aux-Pots – Foucaucourt-sur-Thabas – Futeau – Sainte-Menehould

Barrois, départements 55 et 51

Trajet très raisonnable pour la longueur comme pour le dénivelé. Il n’y a pas vraiment d’alternative intéressante de toute façon vu le peu de monuments historiques dans la région.

Il ne faisait pas beau quand la dame a servi le petit déjeuner, et elle est obligée de traverser la cour entre le logis et le gîte. Comme Antonin était assez sage, elle est restée papoter quelques minutes avec moi, mais ceci ne remplace évidemment pas une table d’hôtes. Il ne pleuvait pas quand je suis parti mais il y a eu une courte averse 30 minutes plus tard. J’ai attendu dans une maison en construction car le chantier n’était pas fermé.

La Meuse à Ville-Issey

Pour arriver à Ville-Issey, ma carte montrait une côte sensible et les côtes marquées de cette façon la veille étaient sérieuses. Celle de Ville-Issey est une modeste montée avec un dénivelé de 20 ou 30 m au maximum. Ceci suffit à donner une vue sur le lit très large de la Meuse, presque une plaine alluviale. Comme la Meuse a une pente très faible et des rives plates, elle déborde après chaque grosse pluie et elle a donc un lit souvent large de plusieurs kilomètres. Les villages sont sur les terrasses alluviales sur chaque rive et les routes traversent le lit de crue par des digues avec une série de ponts. Un paysage que je ne connais pas au Luxembourg.

Hôtel de ville d’Euville

De Ville-Issey, j’ai donc descendu la côte pour traverser le lit de crue jusqu’au gros bourg d’Euville, qui doit sa croissance au 19ème siècle à des grandes carrières. Vers la fin du siècle, le maire décida de reconstruire la mairie et le conseil municipal choisit un bâtiment suffisamment imposant pour mettre en valeur la pierre d’Euville. Mais les édiles eurent le bon goût de faire appel à un architecte de Nancy au courant des tendances à la mode et la mairie fut construite dans le style Art Nouveau, chose très rare en France. J’ai appris tout ceci par le livre de la veille au soir, car je n’aurais pas eu l’idée sinon de passer par Euville.

Détails art nouveau

De dehors, on voit surtout l’influence du style nouille sur les encadrements de fenêtres et je pouvais deviner que la salle du conseil municipal est dans le même style avec des vitraux et des boiseries. Je n’ai pas osé chercher un secrétaire de mairie, pensant qu’il me rirait probablement au nez, mais la porte de la mairie était ouverte et j’ai admiré l’escalier et surtout le grand vitrail qui l’éclaire. J’en ai déjà vu ailleurs. J’étais très content de l’arrêt à Euville, surtout que ceci a permis à un nuage menaçant de repartir sans trop se vider.

Vitrail de l’escalier de la mairie

Après Euville, la route traverse à nouveau le lit de crue par une ligne droite assez curieuse. Si elle avait traversé des champs de céréales, je l’aurai trouvée ennuyeuse et énervante, mais on guette les ponts pour voir lequel franchit le lit normal et il y a pas mal d’arbres et c’est donc agréable. L’arrivée à Commercy par la rivière et quelques entrepôts m’a un peu fait penser à l’arrivée à Redon avec la Vilaine.

Château de Commercy avec pots-à-feu sur les ailes

Commercy est une petite sous-préfecture (6.000 habitants) qui était un petit comté médiéval entre France et Saint Empire comme Sedan et Bouillon. Le seigneur local avait le titre délicieux de « Damoiseau de Commercy ». La seigneurie appartint un temps au Cardinal de Retz qui s’y retirait loin de la cour de Louis XIV et y tenait des réunions spirituelles réputées. C’est lui qui la vendit au duc de Lorraine au grand dépit du roi de France. Pendant la Révolution, les notables locaux manœuvrèrent habilement pour obtenir la sous-préfecture (aux dépens de Saint-Mihiel et de Vaucouleurs) puis vers 1850 pour avoir la ligne de train Paris-Strasbourg. Ceci fit de Commercy une ville de garnison, quitte à sacrifier le grand château construit par le duc de Lorraine utilisé comme caserne.

Place du château de Commercy

La ville souffrit beaucoup du départ des militaires et décline lentement depuis 1918, il y a peu d’activité industrielle comme dans toute la Meuse. Le château sert maintenant de mairie et est une reconstruction, mais les ailes qui le reliaient aux écuries ont attiré mon regard parce qu’elles sont assez baroques, avec des courbes et des pots-à-feu. J’avais vu le même style à Noyon, tandis que le baroque est peu fréquent en France.

Pharmacie art nouveau à Commercy

Je me suis contenté de faire quelques achats à la principale boulangerie de la ville (en particulier un très bon pâté lorrain), puis j’ai admiré les quelques façades intéressantes: une pharmacie Art Nouveau, une maison Renaissance très joliment décorée et un bâtiment assez amusant. Il est dans un style néo-classique élégant avec colonnade et grandes fenêtres en plein ceintre plutôt rares pour la fin du 19ème siècle. Le style impressionne pour ce qui n’était que les bains-douches !

Musée des ivoires à Commercy

Le bâtiment a été transformé plus tard en musée qui semble jouir d’une grande réputation en raison de sa collection d’ivoires, la plus belle de France après celle de Dieppe (il n’y en a pas beaucoup à Paris). Elle a été léguée par un collectionneur local. C’est un musée qui m’intéresserait mais il est vraiment compliqué de se rendre à Commercy depuis chez moi pour la journée.

Puisque je n’ai rien visité qui prenne du temps, j’ai pu repartir assez vite. Je ne voulais pas longer la nationale et je l’ai quittée dès que possible pour la petite route de la rive droite, ce que l’on paye par une série de petites côtes puisque les villages sont sur les terrasses alluviales.

Fête du papegai à Mécrin

Dans le quatrième village, Mécrin, j’ai remarqué une fresque charmante qui évoque les deux grandes fêtes locales, celle du Papegai et le rendez-vous des motos. Le jeu de papegai est un jeu médiéval qui consistait à tirer à l’arc sur un oiseau en bois accroché en haut d’un mât, le gagnant paradant ensuite à travers le village avec sa bien-aimée. La fresque est un trompe-l’œil très élaboré et je me suis demandé si c’est le même artiste qui a conçu le décor de la ferme à Sorcy.

Lavoir à Sampigny

J’ai traversé une dernière fois la Meuse à Mécrin et j’ai décidé de m’offrir un en-cas au bord du canal latéral à Sampigny car je trouvais que le banc était fort bien placé et que je risquais de ne pas en trouver un rapidement si je continuais. J’ai pris une photo du lavoir au bord de la rivière, un canal étant trop monotone par comparaison. Un bateau de plaisance était amarré et c’était amusant de penser au roman classique anglais des « trois hommes dans un bateau ». Mais le canal est très peu utilisé, la région est moins touristique que l’itinéraire parallèle par la Moselle.

Vallée de Sampigny

Après Sampigny, j’ai retrouvé un des vallons secs qui permettent de quitter en douceur la vallée de la Meuse. J’ai simplement trouvé le vent d’ouest un peu gênant. Un nuage a menacé de se répandre au moment où je passais dans le petit village suivant et je me suis réfugié par prudence sous des arbres en mangeant quelques cerises. J’étais en face d’un grand hangar de ferme qui abrite une collection privée de véhicules de la deuxième guerre mondiale. On peut visiter la collection; il y en a pas mal dans la région mais je trouve que cela se répète beaucoup.

Vue sur la haute vallée de l’Aire

Comme le nuage est parti très vite, je n’ai pas perdu de temps et je me suis lancé dans l’ascension de la ligne de partage des eaux entre Meuse et Aire qui est aussi celle entre Meuse et Seine. En fait, c’est une côte très raisonnable avec une vue bucolique typique de la région au sommet. J’ai rejoint là une route que j’avais empruntée avec un copain lors de notre voyage de 2001, mais je l’ai quittée après la traversée d’une petite forêt et je ne me souvenais évidemment pas d’un tel détail.

J’ai ensuite longé la vallée de l’Aire sur une douzaine de kilomètres jusqu’à Chaumont. Au début, le trajet est vraiment charmant avec la rivière encore toute petite serpentant parmi les prairies fleuries, un versant un peu plus raide et boisé mettant de l’animation dans le cadre. Après Gimécourt, les villages sont sur un genre de terrasse en hauteur et la route monte à chaque fois assez raide entre les champs de céréales pour les atteindre, ce que j’ai trouvé franchement énervant. Je me suis donc arrêté dès que j’ai trouvé à Chaumont une table de pique-nique sous de magnifiques marronniers devant l’église.

Il faisait un peu menaçant mais je n’ai pas été gêné sous les arbres et j’ai bien profité de la pause. Ensuite, il fallait quitter la vallée de l’Aire pour celle de l’Aisne et ceci implique évidemment une ligne de crête. Comme d’ailleurs en 2001, j’ai trouvé celle-ci plus pénible et monotone, c’est une grande ligne droite assez raide et on monte effectivement à 310 m, 90 m plus haut que la Meuse. On a évidemment un peu de vue au sommet sans que ce soit spectaculaire. La crête est un genre de plateau ondulé un peu énervant et je craignais surtout un gros nuage noir qui semblait fort inquiétant et qui était précédé d’un vent devenu beaucoup plus fort. Je me suis dépêché, aidé par le fait que le plateau était plutôt légèrement en descente, croisant au passage deux cyclotouristes anglais ou hollandais.

Il a commencé à pleuvoir au moment où j’arrivais au village de Rembercourt-aux-Pots et je me suis précipité pour atteindre l’église avant que la pluie ne devienne plus forte. J’y suis tout juste parvenu avant que l’orage n’éclate, accompagné de trombes d’eau. J’ai plaint les deux cyclistes; même poussés par le vent, je ne peux pas imaginer qu’ils aient pu atteindre Chaumont avant de se faire tremper.

Eglise de Rembercourt-aux-Pots

Puisque la pluie était aussi forte, je pensais qu’elle ne durerait pas trop longtemps et c’était une bonne occasion de visiter l’église qui était de toute façon la seule curiosité importante figurant sur mon trajet du jour. J’ai pris 12 photos, ce qui montre que j’ai vraiment pris le temps d’admirer. L’église en vaut la peine, surtout pour le portail et pour le mobilier. Le village est tout petit mais c’était une église de pèlerinage très importante au moyen-âge et Rembercourt avait plus d’habitants que Nancy !

Frise de la façade ouest

La façade date d’environ 1500 et mélange le portail central gothique avec des arcades et portails latéraux Renaissance. La partie gothique est assez banale tandis que j’ai admiré les voussures ornées de voûtes gothique flamboyant et de scènes avec un nombre surprenant de petites figures sculptées. J’ai pensé à une influence du gothique souabe ou flamand car les églises françaises ont normalement des figures beaucoup plus simples et grandes. La frise en haut de la façade est célèbre pour sa représentation de la mort avec deux squelettes encadrant une jeune femme coquette, mais les statues en buste des saints sont très réussies aussi. On retrouve la jeune femme et son fiancé sur le portail latéral.

Détails du portail central

Style gothique flamboyant

Boiseries du chœur

L’intérieur a une architecture gothique banale, on croit d’abord que les piliers ont un genre de ceinture mais c’est simplement un effet de décoration. Il y a une voûte en étoile à liserons courbes dans l’abside, ce qui n’est pas exceptionnel, mais il y a surtout de belles boiseries du 18ème siècle dans le chœur. Dans un coin de la nef, j’ai remarqué aussi deux magnifiques panneaux sculptés dont je ne connais pas la fonction d’origine. Ils sont ornés de décors Renaissance très complexes et très raffinés recopiés probablement à partir de gravures. Le menuisier était excellent artisan mais je pense qu’il n’avait pas beaucoup d’expérience pour le dessin, vu les formes un peu naïves des animaux sur la frise inférieure.

Panneau sculpté Renaissance

Tête de saint tenue par un aigle

Le dernier détail curieux dans l’église est une petite sculpture d’un oiseau en bois tenant une tête humaine entre ses pattes. C’est une représentation naïve de la légende de Saint Louvent, dont le corps trouvé au bord de l’Aisne était sans la tête qu’un aigle apporta ensuite. Le saint était un abbé dans le Gévaudan au 6ème siècle et aurait été assassiné lors d’un voyage à la cour du roi par le comte du Gévaudan qui estimait que le saint aurait diffamé la reine (je soupçonne plutôt une affaire autour de terrains disputés entre le comte et l’abbé).

Quand je suis ressorti de l’église après avoir pris exprès 20 bonnes minutes, ce que je pouvais faire vu le faible nombre de monuments intéressants sur le trajet, il ne pleuvait presque plus et je suis parti assez content de moi. J’aurais dû rester plus modeste car la pluie a repris 10 minutes après pendant que je traversais le petit plateau aux sources de l’Aisne et il a plu suffisamment longtemps pour que je sois bien arrosé.

Eglise de Evres

Rembercourt est dans un repli du plateau sur un ruisseau (la Chée) qui rejoint la Marne à travers la Champagne pouilleuse tandis que j’avais besoin de passer dans le bassin de l’Aisne, d’où une bonne petite côte. On descend très vite sur Sommaisne, qui doit logiquement son nom à la source de la rivière, un petit ruisseau à cet endroit même si elle grossit assez vite en aval. J’aurais pu longer la vallée jusqu’à Sainte-Menehould mais j’avais le temps de faire un détour dans l’Argonne.

Le massif forme un rebord abrupt un peu comme la côte de Meuse et les Allemands s’en sont d’ailleurs servis comme ligne de défense de 1915 à 1917. Je connaissais bien la vue parce que le TGV Est passe au pied entre les villages d’Evres et de Foucaucourt-sur-Thabas (un nom recherché !). L’église d’Evres n’est pas sans intérêt, j’ai remarqué le joli encadrement de portail flamboyant et une petite tour de défense.

Ferme de style argonnais à Brizeaux

Les maisons changent à Foucaucourt, je suis passé avec plaisir des petites fermes crépies et banales de la Meuse à des maisons en partie en bois grâce à la proximité des grandes forêts de l’Argonne. Le rez-de-chaussée des maisons est en bardeaux verticaux teints en noir et les étages ainsi que les dépendances sont en pans de bois, ce qui me faisait penser aux Landes où j’étais passé l’année précédente. C’est une architecture très spéciale et très localisée car je ne l’ai vue que dans deux villages. Evidemment, les maisons récentes sont souvent plus banales.

On peut monter sur la crête de l’Argonne pour jouir d’un panorama à Beaulieu, mais le temps médiocre ne le justifiait pas et je n’avais pas envie d’une grande côte vu l’heure. J’ai pris la route moins dure qui entre dans le massif le long d’une petite vallée sans vue. Je suis entré ainsi dans la forêt qui s’étend sur 30 km et je me sentais vraiment en montagne, avec une route qui monte en grands virages entre les sapins jusqu’à un col. J’ai bien aimé le trajet, en partie parce que je n’avais pas encore eu de forêt pendant la journée.

Ermitage de Saint Rouin

Au sommet du col, un chemin permet d’accéder facilement à un lieu de pèlerinage vénérable, l’ermitage de Saint Rouin. Après les destructions de la guerre, on y a construit en 1961 une chapelle peu connue qui est une des plus grandes réussites du style Le Corbusier. Elle est effectivement sur pilotis avec des formes très simples et en même temps variées grâce au plan polygonal. L’intérieur est très simple, avec les murs en béton nu, un autel en marbre et des vitraux abstraits dans des couleurs bleues, vertes et violettes intenses.

Intérieur de la chapelle

Il s’est remis à pleuvoir fortement pendant cinq minutes, mais par un heureux hasard au moment où j’étais dans la chapelle. J’avais pu manger un goûter sur un banc sans problèmes avant (et j’avais vraiment besoin du goûter après la montée du col, c’est une des très rares fois du voyage où j’ai senti un risque d’hypoglycémie). Le goûter sous de grands sapins au pied de la chapelle cachée entre les arbres avait un côté presque mystique.

Après la chapelle, il était temps que je me dirige vers Sainte-Menehould en descendant du col. J’ai traversé longtemps la forêt puis j’ai longé un ruisseau jusqu’à la nationale 3. J’avais un peu hésité à passer par là à cause de la grande route que je ne pouvais pas éviter mais elle est devenue très calme depuis qu’il y a une autoroute parallèle beaucoup moins tortueuse.

Bâtiment curieux aux Islettes

La route passe aux Islettes, une ancienne petite ville industrielle où il y eut des forges puis une verrerie. Les propriétaires étaient des aristocrates entreprenants aux noms ronflants comme les demoiselles de Bigault de Parfonrut et plus tard monsieur de Bigault du Granrut qui s’illustra par son soutien bruyant et actif aux groupes fascisants dans les années 30. Il reste de la grande époque du village ce qui était probablement l’école avec un étage et un beffroi en bois bien régional mais un rez-de-chaussée en briques et pierres alternées qui me fait plus penser à la Thiérache.

Après Les Islettes, la nationale monte sur la crête de l’Argonne par une grande côte tortueuse que l’on avait mise à trois voies avant la construction de l’autoroute et où je n’ai donc pas été gêné par les voitures qui me doublaient facilement. Au sommet, je suis passé de la Meuse dans la Marne et c’était effectivement une frontière historique très importante entre la France et le Saint Empire jusqu’à l’annexion de l’évêché de Verdun en 1552. J’étais tout près de Varennes où Louis XVI fut intercepté lors de sa fuite.

Le sommet de la crête m’a déçu, il n’y a pas de vue et pas non plus de col car la descente sur la vallée de l’Aisne se fait par un petit plateau. Mais la descente est longue et donc très agréable quand même. Je suis arrivé à Sainte-Menehould avec vingt minutes d’avance sur l’horaire indiqué à la propriétaire et j’ai fait un petit tour pour vérifier quels restaurants seraient disponibles puisque c’était encore une fois un hébergement sans possibilité de dîner.

Bâtiment des chambres d’hôtes à droite de l’ancien cinéma

La dame m’a appelé à 19h précises pour vérifier quand j’arriverais parce qu’elle loge les gens dans une maison où elle n’habite pas elle-même. C’est comme avec AirBnB, elle vient juste ouvrir la maison pour les gens et repart après. Elle ou son mari sert par contre le petit déjeuner. La maison est presque un palais de ville parce que c’était en fait la perception, transformée ensuite en maison d’hôtes. Le prix est raisonnable pour le niveau de confort et les chambres particulièrement spacieuses, c’est un hébergement déjà plutôt haut de gamme. Comme j’étais le seul occupant de la maison, j’ai un peu exploré les autres chambres, toutes superbes avec des salles d’eau confortables. Une des chambres est de plain pied pour recevoir des personnes qui ne montent pas facilement des escaliers.

L’Aisne à Sainte-Menehould

La dame m’a indiqué qu’il y a trois restaurants en ville, ce qui n’est pas mal pour une ville de moins de 5.000 habitants. L’un des trois est joliment situé au bord de l’Aisne, mais la dame estime qu’il n’est pas recommandable, un deuxième est franchement luxueux et le troisième est juste à côté de l’hébergement et a des prix très raisonnables. J’ai appris le lendemain matin que la dame n’est pas objective dans ses recommandations, le troisième restaurant étant géré par la fille de son mari. Ceci dit, le restaurant est très bien et plus couru que les autres, ce qui est bon signe.

Hôtel de ville de Sainte-Menehould

Comme il n’était pas encore l’heure de dîner, j’ai fait un petit tour à pied dans la ville. La ville basse fut reconstruite en 1720 après un incendie dans le style Louis XIII, briques et pierres alternées avec de hauts toits en ardoise. La ville haute a gardé quelques rares maisons à pans de bois. La butte qui domine l’Aisne était fortifiée au Moyen-Âge mais il n’en reste que quelques murs autour de l’église. Elle était fermée et n’a pas de réputation particulière, j’ai juste remarqué un dessin en éventail curieux au-dessus du portail. Le chemin qui relie l’église à la ville basse est superbe avec un pavage géométrique recherché.

Pavage de l’escalier d’accès à l’église

Pour le dîner, j’ai choisi un carré de porc un peu par curiosité. La viande était bonne et la portion généreuse, mais j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de sauce. La serveuse m’avait recommandé de ne pas prendre de salade en entrée car elles sont effectivement trop copieuses. La carte est sur une grande ardoise, ce qui est très bien, mais une bonne partie des plats n’était pas disponible et ce serait plus honnête d’effacer au moins les prix dans ce cas pour ne pas laisser croire à un choix en fait inexistant. J’ai pris en dessert un thé gourmant, c’était plus simple vu que tous les desserts n’étaient pas spécialement inhabituels. La photo montre le résultat.

Thé gourmand

Comme plusieurs fois pendant le voyage, j’étais dans un hébergement sans conversation et j’ai un peu regardé la télévision. Je dois dire qu’elle continue à ne pas me manquer chez moi, on ne rate pas grand chose (sauf une fois une émission spéciale sur Arte suite au décès de Helmut Kohl).

 

 

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