Etape 2: Astarac et Basse-Bigorre

Mercredi 18 mai

103 km, dénivelé 1256 m

Temps doux et nuageux, fort vent de nord-ouest l’après-midi

Saint Blancard – Mont-d’Astarac – Monlaur-Bernet – Lagarde-Hachan – Saint-Elix-Theux – D2 – chapelle Saint-Clamens – Ponsampère – Laàs village – Marciac – Maubourguet – Lahitte-Toupière – Pontiacq-Viellepinte – Escaunets

Astarac et Basse-Bigorre, départements 32, 64 et 65

J’ai eu de la peine à me décider pour l’itinéraire et je suis d’autant plus hésitant maintenant que je sais que l’une des principales curiosités, la chapelle Saint-Clamens, n’est ouverte que sur rendez-vous. On peut décider de rester plus au sud en passant par l’ancienne abbaye de Saint-Sever-de-Rustan et le donjon de Montaner, ce qui raccourcit nettement l’étape, mais on rate alors Tillac et Marciac, qui sont quand même plus intéressants.

 

 Pic du Midi de Bigorre

Pic du Midi de Bigorre

La curiosité que j’ai pu visiter en tout état de cause n’était pas sur mon plan d’origine et m’a été suggérée par un prospectus dans la salle du restaurant. Pour aller à Mont-d’Astarac, on fait le tour du château, on monte un tout petit peu sur la colline puis on a une grande descente raide dans un bois. C’est assez inattendu vu que la montée la veille au soir était progressive dans les champs de céréales. On a une belle vue au début de la descente sur le Pic du Midi de Bigorre, mais la photo n’a rien donné à cause de la brume.

En bas de la descente, on traverse l’Arrats, un petit ruisseau qui parvient cependant à couler sur 100 km entre la Gimone et le Gers en profitant des chaînes de collines parallèles, puis on a une nouvelle montée progressive dans les céréales. Presque toutes les vallées sont asymétriques dans le sud du Gers, peut-être parce que le vent d’ouest dominant érode plus vite un versant de la vallée que l’autre. Plus au sud sur le plateau de Lannemezan, les vallées sont de simples ravins boisés. Plus au nord dans le Fézensac, les vallées sont des dépressions entre des chaînons de collines bombées.

 

Rénovation primée

Rénovation primée

Mont-d’Astarac se trouve donc sur une petite crête comme toujours dans la région. C’est là que le premier comte d’Astarac a construit son château au Xème siècle quand son père, le duc de Gascogne, a divisé son état en Armagnac, Fézensac et Astarac. Il ne reste aucune trace du château fort mais il reste une porte fortifiée du bourg avec à l’arrière une belle halle en pans de bois avec une charpente recherchée qui a reçu un prix pour une restauration réussie.

 

Moine portant un homme

Moine portant un homme

On va plutôt à Mont-d’Astarac pour l’église où l’on a découvert des fresques gothiques en 1968 (mais que ma carte pourtant généreuse ne mentionne pas comme intéressantes). A l’extérieur, j’ai juste remarqué une petite sculpture naïve sur le portail, peut-être un Saint-Christophe ou un moine portant symboliquement un fidèle.

 

Eglise de Mont-d'Astarac

Eglise de Mont-d’Astarac

A l’intérieur, j’ai été très impressionné par le cycle de fresques du XVème siècle qui recouvre presque tout le chœur avec des médaillons sur la voûte. On voit un très bel arbre généalogique du Christ avec un roi David jouant du serpent plutôt que de la harpe, un banquet médiéval en guise de Sainte Cène, de nombreux motifs plus modestes et les inévitables évocations de la fin des temps.

 

 

Roi David

Roi David

DIable excrétant un damné

DIable excrétant un damné

Lucifer ne se contente pas d’avaler un damné, il en excrète un pour s’exprimer élégamment. Je n’avais jamais vu de damné représenté ainsi comme un excrément. Lucifer est tout nu et vu de face mais la peinture est trop abîmée pour voir les détails vraiment intéressants.

 

Résurrection des morts

Résurrection des morts

Chose très rare, la plus belle fresque n’est pas celle de l’enfer mais celle du Paradis. On voit la Résurrection de façon assez classique, encore que certaines dames dodues soient étonnamment souples. L’entrée dans la cité céleste est un chef-d’œuvre avec les parents et amis des ressuscités attendant impatiemment aux fenêtres de reconnaître les leurs. C’est une représentation vraiment exceptionnelle et consolatrice du Paradis.

 

 Jérusalem céleste

Jérusalem céleste

J’étais extrêmement content d’avoir eu une bonne surprise par jour, Simorre la veille et Mont-d’Astarac cette fois. Ceci m’a motivé pour le trajet assez long qui me séparait de la curiosité suivante. J’ai commencé par une autre descente raide dans la forêt pour atteindre la vallée du Gers, suivie par une montée plus douce dans les céréales jusqu’à Monlaur-Bernet où j’ai retrouvé un trajet de 2006 sur quelques kilomètres. Je l’avais bien aimé car il longe la crête dans les bois pendant un moment, chose rare dans le Gers.

 

Pyrénées depuis Chélan sur le Gers

Pyrénées depuis Chélan sur le Gers

Je suis descendu dans la vallée de la Petite Baïse où j’ai trouvé un banc pratique pour un en-cas au bord de la rivière. J’étais un peu inquiet à cause d’un gros nuage sombre mais il a renoncé à m’arroser. Grâce au nuage, l’air était moins brumeux et j’ai eu une dernière bonne vue du Pic du Midi dans l’axe de la vallée, au point que j’ai pu le prendre en photo.

J’ai traversé Saint-Elix-Theux qui est curieusement dans la vallée puis j’ai eu la côte à pente modéré habituelle jusque sur la crête de Belloc. Je pensais que la crête serait plate sur quelques kilomètres mais j’ai été assez mécontent de constater que la route traverse trois petits ravins. Pas qu’ils soient profonds mais la route est si pentue que j’en ai monté un petit morceau en poussant le vélo. J’ai donc été soulagé d’arriver à Belloc. Malheureusement, l’église recommandée par ma carte était fermée et j’ai été franchement vexé de l’effort inutile.

 

Chapelle St Clamens

Chapelle St Clamens

J’ai eu un doute en voyant l’aspect de l’église et j’ai décidé de m’offrir un petit détour en suivant une pancarte pour la chapelle Saint-Clamens. J’ai vérifié ultérieurement sur Internet et c’est effectivement la véritable curiosité. Malheureusement, elle ouvre uniquement sur rendez-vous et n’est pas extraordinaire vue de l’extérieur. Elle faisait partie d’une abbaye située sur le chemin de Compostelle mais dont il ne reste rien sinon. De l’extérieur, on voit simplement quelques petits chapiteaux modestes, un auvent en bois inattendu et un genre de cippe romain.

 

Château près de Ponsampère

Château près de Ponsampère

Le cippe est là pour évoquer la vraie curiosité, un sarcophage du IVème siècle remployé pour l’autel mais que je n’ai donc pas vu. En fait, la chapelle est une curiosité mineure qui ne justifiait pas vraiment le détour. J’ai envisagé de me consoler par un pique-nique mais il était un peu tôt et il n’y a pas de banc pratique. Je suis donc reparti un peu frustré. Heureusement, le paysage était à nouveau varié avec une pente raisonnable passant même devant un petit château privé. Le village correspondant porte le nom bien régional de Ponsampère.

Après Ponsampère, belle descente raide dans les bois dans la vallée de l’Osse, montée progressive à travers le village de Laàs avec un nom déjà béarnais, puis la dernière superbe descente tortueuse du jour pour atteindre la vallée du Bouès. Le paysage change tout d’un coup, on entre en Rivière-Basse, partie de la Bigorre, et dans le bassin de l’Adour largement ouvert le Nord-Ouest. Le terrain devient un genre de terre friable grise avec peu d’arbres, comme en Chalosse, et les villages sont souvent des bastides groupées dans les vallées au bord des rivières.

 

Arrivée à Tillac

Arrivée à Tillac

La première bastide est Tillac où il était suffisamment tard pour que je déjeune, profitant des nombreux bancs installés par la mairie dans un terrain vague avec vue sur les champs et la déchetterie. On a le village dans son dos, ce qui est dommage car ce serait une meilleure coulisse. J’avais trouvé des photos sur Internet qui m’avaient incité à passer par là et j’en suis content, c’est un tout petit village avec une jolie rue pittoresque bordée de maisons à pans de bois qui relie la porte de la ville à l’église.

 

Rue vue vers l'église

Rue vue vers l’église

Les maisons rappellent beaucoup celles de la vallée de la Garonne avec des murs en torchis crépis. La porte fortifiée est une simple demi-tour construite dans le même matériau côté bourg et évidemment en pierres côté extérieur.

 

Reste des remparts

Reste des remparts

Accoudoirs

Accoudoirs

Il y a un café à l’enseigne un peu effacée où j’ai remarqué une pancarte admirable par sa maîtrise de l’orthographe contemporaine: Corinne et Renaud « souhaite » (au singulier) bon appétit pour le « Bapthème » d’Erin. Après une photo documentaire, je suis allé voir l’église qui a une assez jolie charpente à l’anglaise et une imposante chaise de curé dont les accoudoirs sont formés par des gueules de monstres.

Depuis Tillac, j’ai pensé que je pourrais éviter une série de ravins raides en longeant un peu la vallée du Bouès, ayant l’impression que j’avais atteint la plaine de Rivière-Basse. C’est vrai sur 11 km qui restent l’un des trajets les plus monotones et énervants du voyage, une ligne absolument droite contre un vent fort et froid vraiment gênant. J’apprécie beaucoup d’avoir un compteur dans ce genre de situation même si les chiffres défilent très lentement.

 

Eglise de Marciac

Eglise de Marciac

Au bout des 11 km, j’ai atteint le bourg agricole de Marciac, connu principalement pour un festival de jazz qui s’y tient l’été. Hors saison, c’est assez mort mais j’ai vu deux ou trois voitures de touristes, les premières de la journée. La grande attraction selon la carte est l’église qui m’a fourni un arrêt bienvenu et une bonne occasion de me reposer après le trajet contre le vent.

 

Nef

Nef

De l’extérieur, c’est un bâtiment gothique sans grand intérêt. A l’intérieur, c’est une large nef languedocienne avec chapelles latérales et chœur plat ornée de plusieurs chapiteaux intéressants tirés de la vie quotidienne montrant un maréchal-ferrant ou un moine menant les porcs à la glandée.

 

Moine menant les porcs à la glandée

Moine menant les porcs à la glandée

Pèlerins d'Emmaus

Pèlerins d’Emmaus

Dans le mobilier, j’ai remarqué un relief baroque en bois montrant les pèlerins d’Emmaüs que je trouve remarquablement réussi pour les plis des vêtements, les chevelures et l’expression de Jésus. Dans un autre genre, il y a aussi dans l’église un bénitier en marbre bleu massif porté par une colonne galbée ornée de feuilles d’acanthe.

 

Bénitier

Bénitier

Couleurs 19ème

Couleurs 19ème

Sortant de l’église par le portail principal, j’ai été un peu surpris de trouver un paradis (un espace couvert en avant du portail). Il a protégé le portail qui est peint en couleurs vives qui me semblent XIXème siècle. Je me suis posé la même question pour le groupe de la lamentation du Christ, inspiré par l’art bourguignon du XVème siècle mais inattendu en Gascogne. Si c’est une œuvre du XIXème siècle, je dois reconnaître que l’artiste a su limiter les effets mièvres sans abandonner l’émotion baroque.

 

Mise au tombeau

Mise au tombeau

Une fois m’être reposé dans l’église de l’effort physique contre le vent, j’étais plus motivé pour faire le tour du bourg qui n’a en fait qu’un peu plus de 1.000 habitants. En tant que bastide, il a une grande place centrale entourée en partie de couverts et c’est la plus grande du département. On s’y sent même franchement perdu. A l’origine vers 1300, le roi de France avait prévu une place aussi grande parce que la bastide était à la frontière de la Guyenne anglaise et que la place devait pouvoir accueillir un campement d’un millier de soldats en cas de nécessité. Les couverts ne sont pas uniformes comme dans les petites bastides mais restent pittoresques.

 

Couverts à Marciac

Couverts à Marciac

Façades gersoises

Façades gersoises

En quittant Marciac, je voyais bien sur la carte que j’avais une nouvelle suite de longues lignes droites avec juste le vent un peu moins de face. Ce que je n’avais pas escompté est que le paysage est monotone, des collines grises assez nues, et que la route passe trois crêtes successives par trois bonnes côtes qui auraient été beaucoup plus motivantes dans une forêt. On n’a pas cet inconvénient quand on passe plus au sud par les Puntous de Laguian, un célèbre point de vue sur la nationale, mais on renonce alors à Marciac.

J’ai été très soulagé quand je suis arrivé à Maubourguet, petite ville animée où l’on traverse l’Adour. J’avais franchi 25 km depuis Tillac sur des routes fatigantes et énervantes et j’ai trouvé que j’avais bien mérité une pause avec un goûter. Je me demande si je n’aurais pas dû manger un peu plus de sucreries lors du pique-nique à Tillac pour mieux me motiver !

 

L'Adour à Maubourguet

L’Adour à Maubourguet

Il y a un banc agréable à Maubourguet près de l’église, mais il y a malheureusement énormément de circulation bruyante et le vent faisait voler la poussière d’un chantier à proximité. J’ai remarqué un très beau jardin sur l’autre rive de l’Adour avec des palmiers et des urnes fleuries mais je ne voyais pas d’accès pratique pour un vélo et je me suis demandé si ce n’est pas tout simplement le jardin privé de la grande maison de maître visible juste derrière les arbres. Je me suis donc contenté d’une photo – un peu aussi parce que je n’avais pas le courage de chercher l’accès éventuel.

 

Eglise de Maubourguet

Eglise de Maubourguet

J’ai jeté un coup d’œil à l’église recommandée par la carte. Il y une série de chapiteaux sous le toit qui ont l’air très anciens mais qui sont malheureusement assez usés. Je pense que la photo montre l’agneau tenant le livre de l’apocalypse (Wikipedia parle d’un centaure contorsionné, ce qui montre combien le chapiteau usé peut causer des doutes), deux saints dans une arcade presque carolingienne et une tête de cheval avec sa bride et sa frange.J’ai aussi pris une photo à l’intérieur parce que la charpente refaite au 19ème siècle a une forme cintrée en anse de panier très inhabituelle.

 

Charpente inhabituelle

Charpente inhabituelle

Rond-point à Maubourguet

Rond-point à Maubourguet

En quittant Maubourguet, je suis passé par un rond-point avec une grande sculpture en acier peinte en couleurs criardes côté ville. C’est gai et franchement original, cela fait 6 m 70 de haut et il paraît que c’est lumineux la nuit. Le sculpteur est un artiste de la région, Christian Aguirre, qui fut instituteur puis restaurateur avant de découvrir l’art monumental en acier.

 

Vallée du Louet près de Pontiacq

Vallée du Louet près de Pontiacq

Après Maubourguet, il fallait que je quitte la vallée de l’Adour, mon hébergement se trouvant sur le plateau qui sépare la vallée des ravins béarnais. J’ai pris la route la plus courte plutôt que la pente la plus douce et je suis donc monté sur l’ancienne nationale par une côte longue et assez dure jusqu’au village au nom étrange de Lahitte-Toupière (ce qui veut dire « pierre près d’une tuilerie », paraît-il) puis j’ai pris la route qui longe le plateau et qui est facile sans ravins déplaisants. On domine de temps en temps un ravin inquiétant côté béarnais mais on reste heureusement au sommet.

La route continuerait jusqu’à Montaner où l’on peut voir le grand donjon qui marquait la frontière du Béarn au Moyen Âge mais je ne suis pas allé jusque là. Je suis par contre passé à Castéra-Loubix où j’espérais voir les fresques de 1500 environ. Malheureusement, elles sont assez affadies et on ne peut les voir que sur rendez-vous, ce qui fait que j’aurais pu aussi bien prendre un autre itinéraire si j’avais voulu. Il y a apparemment un cycle de fresques plus intéressant à Montaner… qui ne se visitent que sur rendez-vous.

 

Fronton à Castéra-Loubix

Fronton à Castéra-Loubix

A défaut de fresques, j’ai noté que Castéra est un hameau doté d’un fronton, ce à quoi je ne m’attendais pas à la frontière entre Bigorre et Béarn, loin du Pays Basque. Pour atteindre Escaunets où j’avais réservé une chambre, j’ai quand même été obligé de traverser le premier ravin béarnais. Heureusement, à cet endroit, on a construit un barrage assez haut et la route court au sommet du barrage, pas au pied comme à Saint-Blancard. La pente qui suit est donc beaucoup plus courte.

 

Barrage d'Escaunets

Barrage d’Escaunets

Escaunets est une curiosité, c’est l’une des 14 communes françaises enclavées dans un autre département que le leur. C’est une enclave extrêmement ancienne car elle date de 1085 quand le comte de Bigorre autorisa sa vassalle la comtesse de Montaner à épouser le comte de Béarn, mais sans lui céder quelques communes destinées à former un genre de territoire de protection contre une expansion béarnaise. Curieusement, les habitants tiennent beaucoup à leur enclave et mon hôtesse, née à Vic, était fière d’être bigourdane plutôt que béarnaise.

La chambre n’avait rien d’exceptionnel et donnait à l’arrière sur le jardin potager, l’étable n’étant pas loin derrière puisque c’est une ferme d’élevage (des vaches « blondes d’Aquitaine » logiquement). J’étais donc bien à la ferme et j’ai admiré la grande variété de la basse-cour. La dame a aussi un gros chien que j’avais eu le malheur de caresser un instant en attendant la dame, ce qui fait que la chienne me suivait partout dès que je sortais de la maison et se couchait immédiatement sur le dos dans l’espoir d’un chatouillis.

Il y avait d’autres hôtes, ce qui n’a pas souvent été le cas cette année. C’était un couple de retraités vendéens venu rendre visite à de la famille à Nay et un couple âgé venu de Marmande pour une excursion de trois jours. Ils voulaient prendre le téléphérique du Pic du Ger à Lourdes le lendemain. L’hôtesse est joviale et a une conversation animée, ce qui fait que c’était une soirée sans chichis et sympathique.

La dame a servi en entrée des rillettes tellement bonnes que je lui en ai acheté le lendemain matin un morceau pour servir dans mes pique-niques. Les rillettes étaient probablement parfumées au piment d’Espelette. J’ai très bien dormi parce que j’avais finalement fourni un effort physique important, c’est resté le dénivelé le plus important du voyage.

 

 

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