Etape 7: Guyenne

Lundi 23 mai

99 km, dénivelé 930 m

Eclaircies et averses puis plus beau et sec, 18°

Villandraut – Budos – Sauternes – Yquem – Arrançon – château de Malle – Saint-Macaire – Castets-en-Dorthe – Basanne – La Réole – Coutures – Saint-Ferme – Génas – Baleyssagues – Navarre – Saint-Jean-de-Duras

Guyenne, départements 33 et 47

La vieille dame était toujours aussi charmante au petit déjeuner, j’ai simplement trouvé dommage qu’elle achète sa confiture au supermarché plutôt que chez un producteur local sur le marché (mais il n’y en a peut-être pas sur le marché de Villandraut). Je suis passé en partant devant la forteresse sans faire de photos car elle n’était pas très différente en plein jour qu’en soirée.

 

Route des Landes

Route des Landes

J’avais trouvé chez la dame un prospectus sur la région et ceci m’a incité à un petit détour par Budos. La route qui y mène traverse l’extrémité des Landes que je connaissais bien de la veille, mais le temps meilleur m’a permis une photo qui donne une impression assez fidèle du paysage. J’ai été amusé de voir que les forêts de pins des Landes sont couvertes de petites fougères d’un vert charmant au printemps.

 

Château de Budos

Château de Budos

Budos est un petit village situé sur une crête dominant de façon assez inattendue la vallée du Ciron juste avant son confluent avec la Garonne. Du village, on domine en bas dans la vallée une forteresse majestueuse qui est une petite sœur de celle de Villandraut et qui fut construite au même moment. Comme les ruines furent vendues par l’Etat en 1825 et les pierres utilisées pour une digue sur la rivière, il en reste beaucoup moins de traces qu’à Villandraut. Cependant, la façade qui donne sur la route est moins abîmée et l’effet est d’autant plus grand avec les vignes autour des ruines.

 

Forteresse dans les vignes

Forteresse dans les vignes

Jardin public de Sauternes

Jardin public de Sauternes

La vigne est la grande activité de la vallée du Ciron car les terrains donnent au Nord-Ouest sur un sol sec, ce qui produit des vins différents du reste du Bordelais, particulièrement des blancs. Le village en face de Budos de l’autre côté de la rivière s’appelle Sauternes… Il y a une bonne côte pour y monter et j’ai donc fait une petite pause dans le jardin public qui était bien ombragé avec les premières roses.

 

Château Guirand à Sauternes

Château Guirand à Sauternes

De Sauternes, je me suis dirigé vers la Garonne en descendant le coteau du vignoble, ce qui permet de passer à proximité de plusieurs exploitations. On les appelle toujours « château » mais cela varie d’une ferme avec une grange à un château médiéval en passant par une grosse villa bourgeoise. C’est un peu le même aspect que dans le Médoc et les chais sont répartis partout dans le paysage au milieu des vignes, ce qui change beaucoup des Corbières ou de l’Alsace où les caves et les maisons sont toutes dans les villages.

 

Façade vers la Garonne

Château Yquem

Je suis ainsi passé devant un premier grand manoir du 18ème siècle, le château Guiraud (un des rares producteurs de vin biologique parmi les grands crus du Bordelais), puis devant le célèbrissime château Yquem qui est un bâtiment des années 1600 assez austère et qui appartient maintenant au groupe LVMH. On visite évidemment les chais des châteaux, en général seulement sur rendez-vous, mais rares sont les châteaux eux-mêmes qui se visitent.

 

Château de Malle

Château de Malle

L’une des exceptions est le château de Malle au pied des vignobles, plus près de la Garonne. En fait, je crois que l’on ne visite pas le château mais les jardins de style italien qui sont inscrits comme monument historique. Ceci dit, le château lui-même est un des plus charmants avec les tourelles au bout des ailes.

 

Panorama de Langon

Panorama de Langon

Il ne me restait plus qu’à longer la voie ferrée quelques kilomètres pour atteindre Langon, ville commerciale importante à cause du pont sur le fleuve. C’était le port de la ville épiscopale de Bazas, étape importante du chemin de Compostelle, et aussi le port le plus logique pour une partie de la Gascogne. C’est encore un port de nos jours une fois par mois quand les barges transportant des pièces Airbus y accostent. En dehors de l’activité commerciale, il n’y a pas grande raison de s’y attarder.

 

Tableau dans l'église de Langon

Tableau dans l’église de Langon

Je suis allé voir la vue sur la Garonne et j’en ai profité pour entrer un instant dans l’église qui date du XIXème siècle mais où l’on expose un joli tableau baroque dont on a découvert en 1966 qu’il est de la main de Zurbaràn. J’ai un peu prolongé la visite et j’ai pris un en-cas sous le porche car il y a eu une petite averse. Je ne voyais pas de raison de me faire mouiller si elle s’arrêtait suffisamment vite.

Vieille ville de Saint-Macaire

Vieille ville de Saint-Macaire

 

J’ai ensuite traversé la Garonne par un pont presque un peu décevant, le fleuve n’ayant pas l’air beaucoup plus large qu’à Toulouse. Sur la rive droite, le village qui fait face à Langon, Saint-Macaire, fut plus important que Langon au Moyen Âge grâce au privilège de prélever un péage sur les transports de vin de Cahors. Mais le bourg fut délaissé par les commerçants avec le développement du grand commerce dans le port de Bordeaux et la ville a ainsi gardé son apparence historique.

 

Maison médiévale à Saint-Macaire

Maison médiévale à Saint-Macaire

C’est une des plus belles villes du Sud-Ouest et elle mérite une visite détaillée. On y voit en particulier de très nombreuses maisons gothiques et Renaissance en pierre de taille, majestueuses et très bien rénovées autour de l’église, pittoresques et bien entretenues avec des couverts autour de l’ancienne place du marché. Pour les spécialistes, il y a probablement matière à passer des heures à étudier l’habitat médiéval. La ville a encore aussi une grande partie de ses remparts avec des portes vers l’intérieur et vers le fleuve.

 

Place du marché

Place du marché

 Hôtel du gouverneur

Hôtel du gouverneur

Chœur de Saint-Macaire

Chœur de Saint-Macaire

Le grand monument est l’église dont j’ai trouvé ensuite sur Internet une description assez incroyablement détaillée. Sur place, j’ai d’abord remarqué les peintures de l’abside et de la croisée du transept. Les dessins sont indubitablement gothiques et même très anciens (environ 1300), les couleurs un peu vives étant dues à une restauration enthousiaste vers 1830. Il ne faut pas critiquer, c’est déjà très bien d’avoir respecté les figures.

 

Vie de Saint

Vie de Saint

Certains détails m’ont surpris comme les anneaux entrelacés autour des évangélistes. La plupart des scènes sont soigneusement isolées par des frises géométriques très recherchées et on peut passer des heures à essayer de voir tous les détails.

 

Fresques du chœur

Fresques du chœur

Croisée d'ogives

Croisée d’ogives

Vendanges

Vendanges

Comme beaucoup d’églises romanes, il y a aussi une série de chapiteaux dont une bonne partie est trop haut pour être regardés confortablement. Parmi ceux qui sont accessibles, le plus connu montre une « femme impudique » encadrée par deux jeunes gens presque nus qui la regardent avec intérêt. Les chapiteaux destinés à mettre en garde contre la luxure m’ont semblé assez fréquents dans le Sud-Ouest, beaucoup plus qu’en Auvergne et en Berry en tous cas. J’en ai trouvé assez régulièrement en Saintonge. On en mettait volontiers dans les prieurés pour mettre en garde les moines contre les tentations, certainement nombreuses dans des établissements où l’on enfermait souvent les fils cadets des familles nobles dès 12 ans et où il y avait abondance de frères lais.

 

Ancien bâtiment du cloître

Ancien bâtiment du cloître

Il ne reste pas grand chose des bâtiments abbatiaux qui occupaient une terrasse massive sur les remparts avec une vue étendue vers la plaine de la Garonne. Un chantier de jeunes y travaille chaque été depuis vingt ans et on a reconstruit un petit coin du cloître avec une salle fermée lors de mon passage qui abrite les résultats des fouilles, en particulier un morceau de fresque du 11ème siècle.

 

Joliment dit

Joliment dit

Le dernier détail remarquable du prieuré est le grand portail en bois de l’église, un des très rares portails authentiques du 13ème siècle avec toutes ses ferrures qui existe encore. Il avait été déposé au 18ème siècle et avait survécu comme plancher dans une cave de vigneron, environnement qui a bien préservé le bois. Les vantaux n’étaient pas vraiment photogéniques et j’ai repéré à la place une affichette que j’ai retrouvée ailleurs dans le diocèse et qui utilise un humour habile pour inciter les gens à éteindre leurs téléphones portables.

 

Château de Castets-en-Dorthe

Château de Castets-en-Dorthe

J’étais évidemment très content de ma visite à Saint-Macaire et j’avais le temps de continuer avant mon pique-nique. J’ai longé un moment la nationale avant de pouvoir traverser la Garonne à Castets-en-Dorthe où un château privé datant de la Renaissance domine le fleuve de façon très pittoresque. Castets est aussi l’endroit où commence le canal latéral à la Garonne, les bateaux ne pouvant plus remonter le fleuve en amont.

 

 Canal latéral à la Garonne

Canal latéral à la Garonne

Le département a aménagé le chemin de halage en piste goudronnée et j’ai longé la rangée de platanes sur quelques kilomètres avec beaucoup de plaisir. Il y a aussi une halte fluviale avec la douzaine habituelle de bateaux de touristes. J’ai quitté le canal assez vite, n’ayant pas besoin de remonter la Garonne, j’ai attendu un quart d’heure qu’une averse orageuse finisse de passer puis je suis allé à La Réole, ville qui m’avait intrigué depuis le TGV Toulouse-Paris.

 

Vue générale de La Réole

Vue générale de La Réole

En fait, la falaise qui apparaît si spectaculaire depuis le TGV n’est pas très haute même si elle suffit à rendre le site pittoresque avec un pont suspendu fort étroit pour traverser le fleuve. Quand on arrive par la rive gauche, La Réole fait un peu penser aux petites villes sur le Cher ou même à Blois.

 

Abbaye de La Réole

Abbaye de La Réole

Au lieu d’un palais royal, la ville est dominée par une grande abbaye du XVIIIème siècle qui héberge maintenant l’hôtel de ville. Je pense que ce fut aussi le siège de la sous-préfecture avant qu’elle ne soit transférée à Langon en 1926. Je n’ai pas visité l’intérieur bien que ce soit possible quand on a le temps, on y voit surtout de belles rampes et grilles en fer forgé.

 

Orgue moderne

Orgue moderne

L’abbaye était très réputée et la ville jouait un rôle important en Guyenne, au point d’abriter le parlement de Bordeaux quand Louis XV l’exila pendant quelques années. C’était aussi une des principales forteresses de la région et la liste des sièges et combats est si longue que l’on comprend facilement pourquoi on ne voit guère de maisons anciennes. L’église abbatiale aussi n’a plus beaucoup de détails intéressants mis à part un orgue surprenant. Il est de très bonne qualité puisqu’il fut utilisé pendant près de 200 ans comme orgue de la cathédrale de Bordeaux, mais il a fallu construire un nouveau buffet en 2015 et le résultat est original et élégant.

 

Ancien hôtel de ville

Ancien hôtel de ville

Le monument vraiment exceptionnel de La Réole, d’autant plus que je ne m’y attendais pas, est l’ancienne jurade (hôtel de ville) construite en 1190, probablement comme récompense aux bourgeois de la ville pour leur fidélité au roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion. C’est l’un des bâtiments civils les plus anciens de France (avec Saint-Antonin-Noble-Val) et on voit combien il était difficile à l’époque de prévoir des fenêtres. Les arcades minuscules ne devaient pas aider beaucoup les jurats pour lire leurs documents ! On a ouvert des fenêtres gothiques un peu plus tard, mais en quantité assez limitée quand même.

 

Halle de la jurade

Halle de la jurade

Le rez-de-chaussée est étonamment haut et servait de halle aux grains. Il est orné de chapiteaux à dessins assez simples mais tous différents; c’était la première fois que je voyais des chapiteaux romans profanes. J’avais un peu envie de pique-niquer sous la halle, mais il n’y a pas de banc et je dérangeais vivement un couple de jeunes. L’un des deux était d’origine immigrée et je suppose que leur relation n’était pas approuvée par ses parents, d’où l’envie de s’embrasser tranquillement sous la halle sans ma présence.

 

Plaine de la Garonne depuis la terrasse de l'abbaye

Plaine de la Garonne depuis la terrasse de l’abbaye

Je suis donc allé pique-niquer sur le parking de l’abbaye qui est une grande esplanade ombragée avec vue sur la Garonne. Le seul inconvénient était que l’esplanade n’est pas goudronnée et que la circulation était donc susceptible de faire de la poussière – heureusement, les voitures étaient si mal garées que les gens étaient obligés de circuler très lentement.

Quand j’avais planifié le voyage, j’avais certes enregistré qu’il y a des sites intéressants dans les coteaux de Guyenne mais j’avais eu l’impression qu’ils causeraient un détour trop long. Finalement, en traversant la Garonne à Langon et non à Cadillac, je gagnais les kilomètres nécessaires pour ajouter une visite à Saint-Ferme, étape sur le chemin de Compostelle entre Sainte-Foy-la-Grande et Bazas. J’aurais peut-être même pu passer par Castelmoron, dont le service touristique départemental fait grand cas, mais je n’étais pas conscient de l’intérêt de cette commune.

J’ai donc pris la route la plus directe depuis La Réole avec une longue côte heureusement pas très raide jusque sur la crête avant de descendre un peu plus loin dans la vallée du Drot. J’étais un peu distrait et j’ai raté le carrefour, faisant trop attention à un château fort en ruines sur la droite, mais la route était ennuyeuse dans la vallée et ceci m’a poussé à regarder ma carte et à me rendre compte de l’erreur. J’ai fait demi-tour précipitamment pour ne pas me retrouver coincé par une course cycliste qui s’approchait et je suis passé par Coutures pour rejoindre la crête suivante, Saint-Ferme se trouvant au sommet comme beaucoup de villages dans la région.

 

Arrivée à Saint-Ferme

Arrivée à Saint-Ferme

C’est encore un monument majeur dont je n’avais jamais entendu parler et donc une excellente surprise. Tout l’ensemble de l’abbaye fortifiée existe encore car les moines ont offert les bâtiments à la commune au 18ème siècle à condition qu’ils soient utilisés comme école et mairie, ce qui les a préservés. C’est un gros pavé en pierre grise de trois étages, une vraie forteresse autour d’une cour carrée pavée de plaques en pierre assez impressionnantes.

 

Cour de l'ancienne abbaye

Cour de l’ancienne abbaye

Nef

Nef

Evidemment, la partie la plus précieuse est l’église. La voûte de la nef est un exemple curieusement tardif de voûte en berceau et doubleaux, style déjà un peu primitif lors de la construction vers 1120. Le transept a une voûte en croisée d’ogives un peu hésitante qui montre la transition. J’ai remarqué que les ogives sont ornées d’un curieux dessin géométrique. Comme toutes les églises vraiment romanes, les ouvertures sont très modestes.

 

Dragon

Dragon

Comme d’habitude, ce qui m’a le plus intéressé sont les chapiteaux historiés. L’un des motifs les plus classiques est celui de Daniel dans la fosse aux lions, que j’ai trouvé intéressant par les petits plis ronds un peu maniéristes de la robe du prophète. Des anges volent d’une façon pas très naturelle au-dessus de la scène. Sur le mur d’en face, c’est la tentation au Paradis avec une Eve plantureuse et un air un peu bovin face à un Adam moustachu et maigre plié en deux pour cacher sa nudité avec une feuille.

 

 Adam et Eve tous nus

Adam et Eve tous nus

Lavement des pieds

Lavement des pieds

Il y a aussi le Lavement des pieds, sujet probablement adapté pour rappeler aux moines la vertu d’humilité. Le Christ est représenté avec des dessins ronds sur la robe qui sont typiques de l’art de Moissac. Les experts admirent beaucoup dans ce chapiteau la souplesse des corps et les expressions des visages. J’aime quand même mieux un autre où un homme a les mains dans la gueule de lions.

 

Daniel et les lions

Un homme et des lions

Les lions ont une crinière bouclée ravissante et le beau jeune homme joliment habillé entre les deux est en parfait état avec un visage extraordinairement fin. Ce n’est évidemment pas Daniel vu son apparence charmante, mais on ne sait pas trop ce que représentait ce motif, probablement un autre péché ou tentation.

Il y a d’autres motifs fréquents dont l’interprétation n’est pas tout à fait certaine, comme celle d’hommes montrant leurs fesses ou portant des habits avec un genre de boucle de ceinture en forme de grand cercle. Ce serait le signe d’un homme adonné au péché voire d’un homosexuel. Je n’ai pas fait très attention à ce motif précis à Saint-Ferme.

 

Monument aux morts à Saint-Ferme

Monument aux morts à Saint-Ferme

Après la visite de l’église, je me suis offert un goûter assis sur un banc pratique d’où j’avais une jolie vue des bâtiments. Il y avait plusieurs autres touristes et je me suis dit que ceci montre combien on ignore de monuments intéressants si on ne pense pas à consulter un guide touristique. Il faut faire moins confiance aux prospectus des offices du tourisme, qui sont parfois un peu généreux ou qui pensent même bien faire en citant soigneusement toutes les chapelles de tous les villages membres de la communauté de communes de peur de faire des jaloux. Une chose dont les prospectus n’avaient pas parlé concernant Saint-Ferme mais que j’ai trouvée intéressante est le monument aux morts en forme de cénotaphe avec un couronnement bombé très original.

 

Champ fleuri

Champ fleuri

On peut descendre directement de Saint-Ferme dans la vallée du Dropt, mais cela fait un détour et j’ai trouvé plus agréable de longer la crête jusqu’à la départementale, une route pas trop fréquentée mais rénovée assez généreusement. Je me suis vite lassé des grandes lignes droites et j’ai suivi les pancartes pour le petit village de Baleyssagues, pensant éviter une côte toute droite et un peu raide. Le village est certes aussi sur la crête mais on peut y monter par une série de virages amusants qui compensent le fait que la montée devient un peu raide en haut.

 

Vallée du Dropt depuis Duras

Vallée du Dropt depuis Duras

Depuis la crête, on a une vue plongeante vers la vallée du Dropt et juste devant soi au-dessus du confluent avec un affluent la colline haute et raide de Duras couronnée par un grand château. La route monte au village (on dit d’ailleurs « Durasse ») par une longue allée de platanes en pente pas trop raide avec une épingle à cheveux, ce qui me convenait parfairement.

 

Château de Duras

Château de Duras

On arrive directement en face du château (comme à Wiltz !) et on peut se faire une idée de la succession des bâtiments même si on ne peut entrer dans le cour qu’avec les visites guidées. C’est un mélange de tours du 14ème siècle, de château de plaisance du 17ème siècle et de jardins en terrasse; le tout appartient à la mairie qui l’entretient très bien mais il n’y a pas grand chose à l’intérieur car il est resté abandonné assez longtemps au 19ème siècle.

 

Pavillon central du château

Pavillon central du château

Le petit bourg de Duras a aussi une porte de ville car il avait fallu le fortifier pendant la guerre de Cent Ans. Par contre, je n’ai pas remarqué de maisons anciennes intéressantes. Je n’ai donc finalement pas passé beaucoup de temps à Duras qui m’avait servi d’objectif pour la journée. C’est un peu frustrant de temps en temps, je voudrais pouvoir accorder plus d’importance aux châteaux mais ce n’est pas réaliste si on ne peut pas les visiter.

Une petite route de crête charmante m’a conduit sans trop de difficultés jusqu’à mon hébergement situé en pleine campagne assez loin des villages. J’avais regardé avant sur Internet comment y accéder et c’est aussi bien car ce serait assez difficile à trouver et surtout c’est nettement plus loin dans la vallée que ce que je m’étais imaginé. La maison tout en haut de la colline la plus haute (ou presque, elle est en fait en contrebas de la forêt de crête) est une petite ferme d’agriculture biologique.

Je n’ai pas pu beaucoup discuter avec la dame, qui devait se rendre à une réunion du conseil municipal. Dans les petits villages, cela m’arrive étonnamment souvent de réserver chez le maire ou une adjointe, ce qui s’explique un peu parce que ce sont souvent les personnes les plus dynamiques et donc les plus susceptibles de se lancer dans une activité économique supplémentaire. Madame est aussi active à la communauté de communes.

Je lui ai demandé de quel sujet on allait surtout discuter pendant la réunion et elle m’a dit qu’elle allait insister pour que l’on utilise des gobelets recyclables lors du passage prochain d’un voyage d’écoliers. Apparemment, elle est très contente du maire qui prend soin de fédérer les conseillers en leur offrant après les réunions un petit verre (ou deux ou trois) de cidre, son péché personnel.

J’ai donc passé la soirée avec Monsieur, qui travaillait autrefois en ville mais qui a désiré décrocher et qui s’est lancé dans le maraîchage bio (sans avoir le moins du monde des attitudes de hippie attardé). Il y a beaucoup de demande pour ses produits dans les grandes villes et il va donc deux fois par semaine dans la banlieue bordelaise à 2 h de route vendre ses productions. Sans que j’en discute avec lui, ceci pose le problème intéressant de la contradiction entre production bio sur les terrains adaptés et long trajet jusqu’à l’endroit où les consommateurs se trouvent. Quand on parle de « circuit court », veut-on dire « production à proximité » ou « moins d’intermédiaires » ?

Comme très souvent dans les exploitations bio, j’ai eu un dîner végétarien, ce qui me pose parfois des problèmes par manque de protéines et d’hydrates de carbone le lendemain. La dame avait préparé un délicieux tourin, la soupe à l’ail typique de l’Agenais, moins forte cette fois qu’en 1999 près de Valence. Le plat principal était une omelette aux oignons, puis une salade du jardin, du fromage et des fraises. J’ai bien apprécié le vin, un excellent vin blanc provenant du village voisin de Landerrouat (qui n’est pas en Bretagne comme le nom le ferait croire).

Après le dîner, j’ai demandé au monsieur s’il aurait par hasard des rivets pour réparer ma sacoche droite dont plusieurs attaches avaient cassé suite probablement à des cahots. J’avais eu le même problème avec les sacoches précédentes et du sparadrap de précaution n’avait pas empêché les rivets de se détacher. Le problème allait devenir encore bien plus grave avec les très mauvaises routes en Charente-Maritime, ce que je ne pouvais pas savoir.

J’ai trouvé une solution grâce au monsieur qui m’a donné deux vis de son bricolage. Comme elles étaient assez longues, la sacoche ne se décrochait pas trop vite si je prenais la précaution de la rajuster deux ou trois fois par jour. J’ai découvert en revenant à la maison que la sacoche abîmée l’année précédente était une sacoche gauche, ce qui fait que je peux combiner dans le futur les sacoches indemnes des deux séries. J’ai en plus acheté des vis avec des écrous qui semblent très stables.

 

 

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