Etape 3: Haute-Provence

Mercredi 3 juin

95 km, dénivelé 1283 m (plus 2,5 km et 250 m de dénivelé à pousser le vélo sur une pente trop raide).

Très beau et franchement chaud, un peu de vent de vallée l’après-midi

Aups – Saint-Andrieux – Riez – Valensole – Oraison – La Brillanne – Monastère de Ganagobie – Peyruis – Les Mées

Haute-Provence, départements 83 et 04

L’étape représente un compromis. J’aurais aimé passer par Manosque et Forcalquier plutôt que par Riez, ceci offrant plus de curiosités que je ne connaissais pas. Encore que la relecture de mes souvenirs de 1998 m’a montré que j’avais visité l’une des principales, le prieuré Notre-Dame-de-Salagon, à ceci près que je m’en souviens absolument pas et que je n’avais pas pris de photos.

Passer par Forcalquier aurait impliqué une étape trop longue et je n’avais pas trouvé d’hébergement à prix raisonnable aux environs de cette ville extrêmement touristique. Pour compenser, je me suis offert la visite du prieuré de Ganagobie qui demande un très gros effort et qui n’aurait pas été sur mon chemin après Forcalquier. Si l’on ne visite pas Ganagobie, il est facile de raccourcir mon étape.

Pour le petit déjeuner, j’ai supposé que la réception serait certes ouverte pour me faire payer ma nuit mais qu’elle ne servirait rien à manger. Je suis donc allé dans la rue piétonne acheter du pain et des viennoiseries à la boulangerie, puis des yaourts à la supérette; je pensais à du yaourt à boire, mais il y avait une promotion sur les Marrons Suisses.

Une fois revenu dans ma chambre, j’ai donc avalé quatre Marrons Suisses, ce qui est sûrement un record pour moi même si je les aime bien. J’ai vérifié sur l’étiquette et les quatre portions représentaient effectivement une proportion importante des calories nécessaires pour une journée sportive (autrement dit, ne pas m’imiter si on veut continuer à pouvoir enfiler son pantalon).

Après le petit déjeuner peu diététique (et sans boisson chaude, mais il faisait déjà franchement chaud), je suis allé voir à la réception où un jeune homme avait préparé l’addition. Il avait pensé me servir un petit déjeuner au prix habituel en France de 8,50€, que j’aurais probablement trouvé un peu trop mince vu celui qu’il y avait sur la table d’un client. Il a donc corrigé sa note et nous avons essayé de faire marcher sa machine à cartes de crédit.

 Vue d'Aups

Vue d’Aups

Je ne voulais pas le payer en liquide et sa machine a refusé tant ma carte luxembourgeoise que ma carte anglaise ou ma carte allemande. Finalement, nous nous sommes mis d’accord qu’il me ferait passer chez Booking.com comme client ayant oublié d’annuler sa chambre et que Booking.com lui paierait directement la chambre en débitant le moment venu ma carte de crédit. J’espère qu’il n’a pas eu de problèmes avec son patron ensuite…

Pour aller d’Aups à la vallée du Verdon, il y a plusieurs solutions, mais il faut toujours passer une haute chaîne de collines qui protège Aups contre les vents du Nord. Le dénivelé est de près de 300 m, ce qui est très sérieux quand on ne peut pas s’échauffer avant. La pente est raisonnable et le paysage est beau, principalement de la pinède avec des aperçus sur le bourg. Sur la photo, on voit que la vue porte très loin sur le plateau boisé et au-delà jusqu’aux Maures (l’ombre bleue sur l’horizon).

 

Col au-dessus d'Aups

Col au-dessus d’Aups

Mais c’est la pente sud de la montagne, ce qui veut dire que l’on n’a pas d’ombre, et j’ai trouvé qu’il faisait extrêmement chaud dans cette côte. C’est la seule journée où la chaleur m’a vraiment gêné plusieurs fois. Quand j’ai atteint le col, je me suis offert une petite pause et je n’ai pas manqué de prendre une photo de la pancarte. Je ne sais pas très bien s’il y a une politique claire sur les pancartes de col, il n’y en a pas toujours. En tous cas, cette année, j’ai pris une photo à chaque fois qu’il y en avait une.

 

Plateau de Saint-Andrieux

Plateau de Saint-Andrieux

L’avantage d’être autant monté depuis Aups est que l’on descend de l’autre côté. Pas tout de suite en fait, on traverse un moment un plateau d’altitude curieux qui fait penser aux Causses et qui méritait une photo. Les montagnes sur la droite atteignent environ 1000 m et font partie du camp militaire de Canjuers.

Les touristes continuent généralement à travers le plateau vers Moustiers-Sainte-Marie mais j’y étais passé en 1998 et j’ai donc préféré passer par le barrage de Sainte-Croix-du-Verdon. Le barrage est à la même altitude qu’Aups et j’ai donc eu une longue descente très agréable. Quand on a construit le barrage et obligé les habitants des villages à déménager, on leur a offert en échange des grandes routes modernes bien droites en plein soleil. Heureusement que je descendais vers le lac car la montée aurait été très monotone.

 

Bauduen

Bauduen

La récompense quand on atteint le lac est la couleur très particulière, un bleu intense presque turquoise. La couleur est un peu plus foncée qu’au lac de Serre-Ponçon qui est alimenté par des torrents de glaciers mais reste une couleur de montagne étonnante. Lors du voyage de 1998, il ne faisait pas beau et je n’avais pas eu cette couleur. La route du barrage passe d’abord à proximité de Bauduen, un village touristique très bien situé sur une avancée de la montagne dans le lac, avec dans la baie au sud de nombreux petits bateaux à l’ancre qui font presque penser à une vue de Croatie ou d’Espagne. Ce sont des barques et des voiliers car les bateaux à moteur sont interdits sur le lac.

 

Lac de Sainte-Croix

Lac de Sainte-Croix

Après Bauduen, la route longe un peu le lac, ce qui est possible à peu d’endroits. Elle monte plusieurs fois pour franchir des avancées rocheuses, offrant à chaque fois une côte plus ou moins méchante, une vue superbe au sommet et une descente très amusante. Sur un des sommets, il y a un grand hôtel jouissant d’une vue superbe qui a bien de la chance d’avoir eu un permis de construire. J’ai pris une photo magnifique du sommet suivant avec toute l’enfilade du lac.

 

Lac de barrage du Verdon

Lac de barrage du Verdon

Barrage de Sainte-Croix

Barrage de Sainte-Croix

J’ai été un peu surpris de voir que la route ne franchit pas le barrage sur la crête, on a construit à la place un grand pont en amont à travers le lac. On voit sur la photo que le barrage semble tout petit en comparaison avec la taille du lac. Il fut mis en eau en 1973 et est un peu plus bas que prévu (18 m de différence), à la fois pour sauver deux des trois villages concernés et par crainte d’atteindre le niveau d’une résurgence qui aurait pu se renverser et drainer le lac.

C’est le quatrième lac de barrage de France par la taille et il sert uniquement à la production d’électricité, le captage pour l’irrigation étant effectué plus en aval. On voit mal sur la photo que le barrage marque aussi le début des gorges inférieures du Verdon, difficiles à visiter et moins profondes que les grandes gorges en amont du lac.

La seule route de la rive nord du lac le longe peu de temps, elle monte bientôt lentement dans une pinède clairsemée. Je craignais qu’elle ne monte encore un bon moment jusque sur le plateau de Riez (150 m de dénivelé) et j’ai donc cherché un endroit agréable pour faire une pause tout en admirant les couleurs du lac.

Malheureusement, les rives sont inaccessibles en dehors de quelques rares bases nautiques aménagées et j’ai dû me contenter d’un coin de champ pierreux qui avait tout du moins l’avantage d’être bien ombragé avec un léger souffle de brise. J’ai vu passer un monsieur qui s’est garé et qui est parti sous les pins, probablement dans l’idée de descendre au bord du lac, mais je ne peux évidemment pas le faire en laissant un vélo sans surveillance dans une région touristique.

Après la pause, j’étais suffisamment rafraîchi pour attaquer la côte. Elle est surprenante, on monte d’abord de façon classique entre les pins et des barres calcaires jusqu’à une maison isolée qui a bien de la chance pour la vue. On est en haut du village de Sainte-Croix-du-Verdon, qui est sans intérêt puisqu’il a été reconstruit après la mise en eau du barrage.

 

Genêts à Sainte-Croix-du-Verdon

Genêts à Sainte-Croix-du-Verdon

Tout d’un coup, la route jusque ici large et assez droite se met à faire une longue série d’épingles à cheveux pas très raides mais extrêmement serrées. C’est très amusant à vélo, on gagne vite de l’altitude et on voit où l’on était dix minutes avant. J’ai pris une photo pas tant pour le lac que pour le genêt, qui est fréquent dans la région et que je pensais inadapté au climat sec. Je confonds peut-être les ajoncs, plus heureux en Bretagne, et le genêt, heureux dans le Midi ?

Après quelques kilomètres sans grand intérêt sur le plateau, la route descend longuement dans la forêt, ce qui m’a procuré un effet rafraîchissant très agréable. On descend ainsi dans la vallée d’une rivière très secondaire mais où l’on trouve le bourg de Riez. J’ai croisé là ma route de 1998, mes souvenirs de l’époque prouvant que je m’étais promené dans le centre ville et que j’étais entré dans l’église qui m’avait beaucoup déçu. Cette fois, j’étais un peu sonné par la chaleur et je cherchais surtout un coin pique-nique même s’il était peut-être un peu tôt, ce qui fait que je me suis dispensé de la vieille ville.

Riez a une histoire intéressante: c’est un assez rare exemple de civitas romaine qui n’a pas grandi. La ville fut administrée à la chute de l’Empire romain par les évêques, chose qui resta possible en Provence car les invasions barbares ne passèrent pas le Rhône. La Provence resta romaine dans sa civilisation et passa sans heurts sous le contrôle des Ostrogoths, qui avaient installé à Ravenne une administration prenant efficacement la succession des fonctionnaires impériaux.

Ce n’est qu’avec l’anarchie féodale que Riez devint un fief laïc. Riez resta un diocèse et la modeste église était une cathédrale jusqu’au Concordat de 1801 quand Napoléon imposa un seul diocèse par département avec siège à la ville-préfecture (donc ici Digne). Les nombreux petits diocèses se retrouvent en Italie pour la même raison qu’à Riez, chacun correspondait à une ville romaine.

 

 Ancienne murailles de Riez

Ancienne murailles de Riez

Le plus beau monument de Riez est probablement la porte de ville avec le cadran solaire. Elle a une arche d’une hauteur exceptionnelle et est curieusement surmontée d’un logement avec deux fenêtres. Je pense que c’est un ajout ultérieur, peut-être pour obtenir la même hauteur que les maisons voisines qui ont toutes cinq niveaux. C’est rare en dehors des grandes villes, les bourgs provençaux dépassent rarement trois niveaux.

Les touristes se concentrent à Riez sur deux curiosités hors de la vieille ville. J’aurais voulu visiter le baptistère construit au Vème siècle pour comparer à celui de Fréjus mais il était inaccessible derrière des bâches car on refaisait la toiture. Je n’ai pas vu de photos de l’intérieur mais les descriptions rappellent effectivement beaucoup celui de Fréjus. Sur le moment, j’étais un peu déçu car c’était le principal monument que je comptais visiter pendant cette étape.

 

Restes du temple romain de Riez

Restes du temple romain de Riez

Je suis ensuite allé voir l’autre curiosité touristique puisqu’elle est tout près dans un champ voisin. C’est une série de quatre colonnes romaines avec l’architrave d’un temple disparu depuis longtemps. Même si c’est un beau reste, je dois quand même dire que le temple de Vienne est beaucoup plus impressionnant. J’ai hésité à pique-niquer près des colonnes, mais le seul siège vraiment à l’ombre avait été pris par des touristes environ 15 secondes avant que je puisse l’atteindre et je me suis donc contenté d’une courte pause et de remplir la gourde au robinet des toilettes publiques à côté.

Puisque j’avais décidé nolens volens de continuer avant ma pause, j’ai décidé qu’il était préférable d’avancer tant que j’avais un peu d’énergie. Certes, il faisait très chaud en pleine heure de midi, mais retarder la pause me permettait de partir après avoir mangé au moment où la chaleur commence à baisser. C’est une théorie fumeuse, mais il est par contre exact que la brise de vallée se déclenche dans la région à partir de 15 h et que la chaleur m’a moins gêné après la pause.

 Coquelicots sur le plateau de Valensole

Coquelicots sur le plateau de Valensole

Je suis donc reparti de Riez après avoir appliqué pas mal de crème solaire. Le trajet s’est avéré bien plus varié que je ne le craignais, mais aussi nettement plus fatigant. Au lieu de traverser un plateau dans un maquis écrasé de soleil, on monte une route bordée de quelques arbres (c’est mieux que pas du tout), on passe un col dans une tranchée, on descend dans un joli ravin boisé, on remonte au soleil mais avec une belle vue, on descend dans un ravin boisé (un peu moins profond quand même), on remonte…

Puis j’ai vu que plusieurs voitures étaient arrêtées au bord de la route sur la crête devant moi. Je me suis préparé à rester attentif au cas où ce serait un chantier ou un accident. En fait, c’était un champ assez inhabituel que j’ai pris en photo comme tous les touristes des voitures. Je n’avais jamais vu un champ de coquelicots d’un rouge aussi intense et aussi étendu contrastant avec le bleu du ciel.

 

 Vue de Valensole

Vue de Valensole

Après cette vision surprenante, la route devenait bien plus facile, passant entre quelques champs de lavandin pas encore en fleur et descendant dans le vallon de Valensole. Le bourg s’étend au flanc de la colline au-dessus du vallon, orienté plein sud pour se protéger du mistral. Il m’a paru ressembler à tous les villages anciens de Provence, mais je n’étais pas très attentif car je cherchais surtout un banc ombragé.

 

Lavoir de Valensole

Lavoir de Valensole

Le mail est entièrement occupé par les terrasses des restaurants parce qu’il domine un peu le fond du vallon, ce qui est attirant pour les touristes. De l’autre côté de la route, j’ai vu à un endroit l’ancien lavoir derrière une fontaine. J’ai pris la photo de la jolie fontaine de style typiquement provençal avec une urne baroque et des lions fantaisistes. Derrière, on devine le toit du lavoir qui s’étend assez profondément entre les maisons.

Une eau bien froide y coule d’une demi-douzaine de robinets, se rassemble dans une grande auge, puis alimente par un petit canal le lavoir proprement dit. Toute cette eau produit une fraîcheur très agréable et on peut s’asseoir sur les rebords du lavoir sans problèmes. Comme on ne se doute pas de la disposition des lieux depuis la route principale, il n’y a pas grand monde qui se dérange jusqu’au lavoir bien que ce soit un monument historique daté de 1681 et j’ai été très tranquille pour mon pique-nique.

J’ai remarqué toute une colonie de guêpes qui tournaient autour de l’exutoire du lavoir, mais elles semblent très liées à la petite mare stagnante car il n’y en avait aucune au niveau du lavoir lui-même et je n’ai pas été gêné du tout. J’ai retrouvé le même phénomène plusieurs fois pendant le voyage et ceci confirme que les pièges à guêpes fabriqués avec un peu d’eau sucrée sont efficaces.

En dehors des guêpes, j’ai aussi vu de nombreux pigeons attirés par les robinets et l’auge où ils pouvaient boire. Ils ne faisaient que passer mais revenaient régulièrement. Après la pause, je suis allé consulter un panneau sur l’histoire de Valensole, bourg d’origine médiévale dont la principale raison d’être est d’héberger les paysans qui cultivaient le plateau céréalier, considéré jusqu’à la Révolution Française comme le grenier de la Provence.

 

Dans l'église de Valensole

Dans l’église de Valensole

Valensole est un des rares bourgs agricoles où la révolution n’eut aucun effet notable, la plus grande famille noble locale étant ralliée à la République. Ceci eut pour effet que les terres nobles ne furent pas vendues au contraire de celles des nobles émigrés et que Valensole a gardé une structure sociale latifundiaire héritée de l’Empire romain comme dans le Sud de l’Italie. La ville a logiquement voté très longtemps à gauche.

Les grandes familles habitant dans des châteaux en pleine campagne, le bourg n’a pas de monuments remarquables même si je suis allé visiter l’église recommandée par la carte. Curieusement, l’architecture gothique, les chapiteaux ornés de figures fantastiques et les stalles du XVIème siècle ne m’ont pas laissé de souvenir marquant et je n’ai même pas jugé utile de les prendre en photo. J’ai simplement remarqué une curieuse construction en encorbellement qui ressemble à une margelle de puits avec un seau en pierre. En fait, c’est un morceau de l’ancien jubé réutilisé pour embellir les fonts baptismaux ! On remarquera aussi le carrelage intéressant bleu et or, couleurs du blason de la ville.

 

 Champ de lavande près de Valensole

Champ de lavande près de Valensole

J’ai quitté Valensole par une petite route très tranquille qui m’a bientôt conduit au milieu des champs de lavandin. C’est une des grandes attractions locales (je n’ai plus besoin d’aller à Sénanque maintenant !) et j’avais vu beaucoup de touristes asiatiques en voiture de location qui prenaient des photos. Mais ils étaient sur la route entre Valensole et Moustiers où le lavandin était moins mûr. Sur ma route, il sentait franchement fort et le bleu violacé des fleurs contrastait de façon frappante avec le vert des tiges et le rouge de la terre.

 

Grenier de la Provence

Grenier de la Provence

Un peu plus loin de Valensole, j’ai traversé des champs de céréales, ce qui confirme la vocation d’origine du plateau, puis la route a commencé à descendre un petit ravin qui s’est vite transformé en gorge tortueuse distrayante et pas trop raide. Je suis sûr que j’aurais adoré la descente si la route avait été en bon état, mais elle est tellement abîmée que je n’ai pas osé dépasser 30 km/h. Vraiment dommage. J’ai croisé un cycliste chargé dans la descente, ce n’est pas une mauvaise idée de monter vers les gorges du Verdon par cette route tranquille même si je le plaignais un peu dans la chaleur (que je sentais moins avec le vent de la descente).

 

Descente sur Oraison

Descente sur Oraison

A un endroit, la route s’écarte un moment du fond de la gorge et passe une maison qui domine directement une vallée large et profonde. La photo donne une image assez fidèle du panorama grandiose avec la rivière Asse au premier plan et les collines du pays de Forcalquier au fond. Entre les deux, la vallée transversale est celle de la Durance que j’allais longer vers la droite. On voit déjà de là que c’est une vallée large et plate et je me suis dit que j’allais probablement souffrir d’une chaleur écrasante.

En fait, après la grande descente, j’ai découvert que la Durance canalise le vent et que j’avais donc un petit vent contraire. Sans être vraiment au frais, on souffre beaucoup moins de la chaleur dès que l’air ne stagne pas. La vallée de la Durance est parcourue par une grande nationale et une autoroute sur la rive droite tandis qu’il y a une route plus tranquille sur la rive gauche. Ce sont des routes plates, un peu monotones et très exposées au soleil car il y a très peu d’arbres au fond de la vallée.

 

Lit de l'Asse

Lit de l’Asse

J’ai d’abord traversé l’Asse, rivière trop petite pour figurer sur la plupart des atlas mais que l’on traverse par un pont de pas moins de 270 m de long, aussi long que les grands ponts sur le Rhône et la Garonne ! La photo montre un filet d’eau divaguant entre les bancs de sable blanc, ce qui n’empêche pas d’imaginer de superbes crues en cas de gros orage. J’ai vérifié, l’Asse coule sur guère plus de 50 km et n’arrose guère que Barrême et Mézel qui ne sont vraiment pas des grandes villes.

Après le pont sur l’Asse, j’ai atteint Oraison où je me suis offert une courte pause devant la fontaine sur le mail, profitant de l’ombre et de la fraîcheur de l’eau même si cela ne faisait pas si longtemps que j’étais parti de Valensole. Le village est sans intérêt majeur, il y a juste une évocation historique à faire car le maréchal Pétain avait fait interner à Oraison (dans divers bâtiments inadaptés comme des granges et le cinéma) des Français définis comme « indésirables », en particulier des communistes et des anarchistes. Ils furent transférés dans le Tarn quelques mois après vu les protestations des habitants et la sécurité insuffisante.

A Oraison, on est à nouveau dans la zone des navetteurs grâce à l’autoroute et l’effet est le même qu’autour de Grasse ou de Draguignan: doublement de la population en 20 ans et brutal virage politique à droite voire vers le FN. Par contre, faute de ressources en eau, les lotissements restent très concentrés près du chef-lieu.

 

 La Durance à La Brillanne

La Durance à La Brillanne

J’aurais pu aller directement d’Oraison à mon hébergement en une heure de trajet, mais il n’était pas encore 16 h et ceci me donnait le temps de visiter le prieuré de Ganagobie, que j’avais identifié en faisant des recherches sur le voyage avec Internet comme site vraiment intéressant. J’ai donc traversé la Durance par un pont d’ailleurs exactement aussi long que celui de l’Asse et avec à peu près aussi peu d’eau dans le lit du fleuve. La Durance devrait avoir beaucoup plus d’eau vu qu’elle draine une bonne partie des Alpes, mais l’eau est presque entièrement détournée au barrage de Serre-Ponçon pour l’irrigation dans le Vaucluse et l’alimentation de Marseille.

 

Vallée de la Durance

Vallée de la Durance

J’ai été obligé de longer la nationale sur 7 km après le carrefour, même si c’est moins gênant depuis que les poids lourds et les navetteurs utilisent l’autoroute ouverte en 1989. J’ai aussi traversé la voie ferrée où un petit autorail brinquebalant assure une liaison entre Gap et Aix-en-Provence à la vitesse révolutionnaire de 70 km/h. Il est passé en gare au moment où j’atteignais le passage à niveau.

Une fois arrivé au pied du prieuré de Ganagobie, dont j’étais conscient qu’il se trouve au sommet d’une haute colline, j’ai vérifié mon horaire, d’autant plus qu’une pancarte prévient que l’on ne peut visiter que de 14 h à 17 h. J’ai pensé qu’une petite heure suffirait pour monter les 4 km même si je devais les monter à pied.

En fait, je suis parvenu à monter environ 1,5 km à vélo en faisant de nombreuses pauses respiratoires, mais la pente est vraiment raide. Quand elle est devenue si raide que je n’arrivais plus à monter (donc environ 10%), j’ai commencé à pousser le vélo. Je l’ai finalement poussé jusqu’au sommet car la pente ne diminue pour ainsi dire plus jusqu’en haut.

La route est amusante en soi, on se trouve dans une très belle pinède pleine de fleurs sauvages, la route tortille avec de nombreuses épingles à cheveux et des passages en corniche, et on a quelques aperçus prometteurs sur le paysage. J’ai constaté à l’arrivée au bout de la route qu’il était 16 h 55 et que l’église n’est malheureusement pas accessible facilement, il faut encore marcher au moins 10 minutes dans le maquis en suivant un chemin raviné et pentu sur lequel j’ai encore été obligé de pousser le vélo.

J’étais évidemment très déçu même si j’ai essayé de me presser, espérant un peu une solution de secours car une pancarte précisait que les visites cessent à 17 h mais que l’on peut assister aux vêpres à 17 h 30. L’église serait-elle ouverte entre ces deux horaires ?

Quand je suis enfin arrivé au bout du chemin raviné, j’ai trouvé trois personnes bien mises qui papotaient à l’extérieur et je suis allé essayer la porte. Elle n’était pas fermée! J’ai donc vite mis un pantalon par-dessus la culotte de vélo, estimant que je pouvais bien respecter la demande sur la pancarte d’une tenue respectueuse, et je me suis précipité à l’intérieur.

 

 Prieurale de Ganagobie

Prieurale de Ganagobie

Je n’y ai vu qu’une personne assise qui attendait au frais les vêpres et j’ai donc pu visiter l’église. Je me suis un peu pressé de peur de voir arriver un frère portier irascible et je n’ai pas osé faire trop de photos vu le petit bruit de l’appareil, ne voulant pas déranger la dame assise, mais j’ai quand même pu admirer la principale curiosité, le carrelage médiéval.

Le prieuré fut fondé au Xème siècle et devint rapidement un monastère prospère, mais il fut détruit pendant les guerres de religion et l’abbatiale fut démolie en 1793. Heureusement, on ignorait à l’époque les mosaïques, qui furent découvertes en 1898 et intégrées lors de la reconstruction du monastère dans les années 1960.

Les moines qui s’y installèrent, des Bénédictins de la tradition de Solesmes, venaient de l’abbaye de Hautecombe en Savoie où l’emplacement au bord du lac du Bourget attirait tellement d’excursionnistes et de baigneurs qu’ils ne s’y sentaient plus tranquilles. Ils furent beaucoup soutenus par Francis Bouygues, l’une des plus grandes figures du capitalisme chrétien jusqu’à sa mort en 1993. Le monastère devint d’ailleurs très connu pour ses retraites à l’intention des chefs d’entreprise dans l’esprit des grandes encycliques sociales et du corporatisme de l’entre-deux-guerres.

 

Pavement médiéval de Ganagobie

Pavement médiéval de Ganagobie

Les mosaïques du sol datent de 1124 et sont uniques en France tant par leur étendue que par leur qualité et leur état de conservation. On estime qu’elles sont inspirées en partie par des artistes mozarabes (des Musulmans restés en Espagne après la reconquête par les rois de Castille et d’Aragon) et elles me rappellent les tissus siciliens de la même époque, où la culture musulmane restait très présente.

La première photo montre l’importance prise par les entrelacs abstraits et compliqués, ce qui est un héritage direct de l’art arabe qui interdit la représentation des êtres vivants. La seconde photo montre quelques médaillons avec des animaux un peu fantaisistes. L’éléphant m’a semblé être un motif plus carolingien qu’arabe et qui a peut-être été repris d’un livre d’enluminures. Mais c’est peut-être aussi un écho de l’art byzantin, que l’on avait découvert lors de la première croisade en 1099 et qui était très souvent copié dans les textiles.

 

 Portail de Ganagobie

Portail de Ganagobie

Ayant pu visiter rapidement l’église et voir le chef-d’œuvre roman pour lequel j’avais poussé le vélo sur une montagne aussi raide, j’ai pris ensuite le temps d’admirer tranquillement l’extérieur de l’église. Plus exactement, le portail est la seule partie ancienne, mais il est intéressant car il est très particulier. Le tympan est assez archaïque et pourrait même avoir été récupéré sur l’église précédente datant de 1050 environ. Il reprend en partie la tradition bourguignonne (le prieuré relevait de Cluny) avec le Christ dans la mandorle entouré des symboles des évangélistes. Chose typique du premier art bourguignon, les symboles ainsi que les anges regardent les fidèles et non le Christ. Les petites statues des apôtres sur le linteau sont de la même époque.

 

Sculptures romanes de Ganagobie

Sculptures romanes de Ganagobie

Autour du tympan, on a sculpté une arcade en arc brisé avec un décor appelé festonné tout à fait exceptionnel en France. On pense que c’est également une influence mozarabe. Autrefois, ce décor portait simplement sur l’arc sans aller jusqu’au sol ni rogner les pieds des apôtres comme il le fait maintenant. On pense que les ajouts relèvent d’un excès de zèle au XVIIème siècle.

Quand j’ai entendu la cloche appeler les frères (et les personnes venues faire une retraite) aux vêpres, je suis reparti sur le chemin raviné sans trop me presser. Quand j’ai atteint la porte principale du monastère, j’ai vu que l’on n’avait pas encore fermé la porte du magasin, mais je ne voyais pas ce que je pourrais y acheter de transportable à vélo, d’autant plus que je n’avais plus de cadeaux de communion à prévoir au contraire des années précédentes. Par contre, j’ai été très heureux de profiter du robinet d’eau bien fraîche vu que je n’avais pas pris le temps de boire en arrivant au sommet de peur de trouver l’église fermée.

 

Panorama depuis Ganagobie

Panorama depuis Ganagobie

Je suis ensuite retourné au parking au bout de la route, d’où j’ai découvert le panorama particulièrement impressionnant sur la vallée de la Durance. On a l’impression sur la photo qu’il y a un plateau régulier sur la rive gauche sans montagnes en arrière-plan. C’est un peu trompeur, la photo montre vers le Sud et donc vers le plateau de Valensole, les montagnes du Verdon sont trop loin et trop modestes pour être visibles.

Si on voyait plus loin sur la gauche, on verrait des montagnes plus hautes, ce seraient les Préalpes de Digne qui montent jusqu’à 2000 m. Sur la rive droite où se trouve le prieuré, il y a une série de hautes collines séparées par des ravins; en continuant plus à droite, on verrait les petites montagnes des Baronnies qui sont autour de 1000 m avec en arrière-plan le bloc isolé et dominant du Mont Ventoux.

Après avoir admiré la vue depuis le parking maintenant désert (mais gigantesque, preuve de l’affluence en saison), j’ai descendu la route que j’ai trouvée presque aussi difficile en descente qu’en montée. Il n’est pas question de se laisser aller à faire des pointes de vitesse, les virages sont très serrés et il faut freiner très fort en permanence.

Presque tout en bas (le dénivelé total est de presque 350 m), on devine dans la pinède un vieux pont en pierres. Une partie est romaine car il servait pour la grande voie romaine entre l’Espagne et l’Italie, qui évitait les falaises de la Côte d’Azur et de Ligurie et franchissait plutôt le col du Montgenèvre. Je ne suis pas allé voir de près car le pont n’est pas très pittoresque, on n’a découvert qu’en 1963 son antiquité. Un archéologue y a repéré un graffiti avec un phallus.

 Pénitents des Mées

Pénitents des Mées

Une fois que j’étais revenu sur la nationale, je l’ai longée pour les quelques kilomètres qui restaient jusqu’au pont sur la Durance conduisant au petit bourg des Mées où j’avais réservé une chambre d’hôtes avec dîner, la première du voyage. J’étais passé en voiture aux Mées en 1998 mais il faisait très mauvais et j’étais resté assez loin. Cette fois, je pouvais passer directement au village et c’était beaucoup plus convaincant.

 

Pénitents au sud des Mées

Pénitents au sud des Mées

La grande curiosité est un site géologique très particulier, les Pénitents, dont le nom renvoie à une légende délicieuse: au retour des Croisades, divers seigneurs de la région auraient apporté dans leurs bagages de ravissantes esclaves sarrazines et les moines de la Montagne de Lure n’auraient pas résisté à cette tentation exotique. Pour les punir, Saint Donat les aurait transformés en rochers, les Pénitents.

 

Pénitents au Nord des Mées

Pénitents au Nord des Mées

Géologiquement, c’est une simple falaise en poudingue comme il en existe aussi ailleurs, en particulier les célèbres Mallos de Riglos en Aragon. L’avantage de la falaise des Mées est que l’on y accède facilement et qu’elle forme une bande continue très harmonieuse. Les rochers s’élèvent à une centaine de mètres au-dessus de la vallée. J’ai pris plusieurs photos mais je n’avais évidemment pas le temps de parcourir le sentier de randonnée qui monte au sommet.

En dehors des Pénitents, il n’y a guère de curiosités importantes aux Mées. Il y a par contre quelques détails historiques intéressants. Comme à Oraison, il y eut aux Mées un camp d’internement pendant le régime de Vichy, qui était destiné à interner les Républicains espagnols et divers autres « étrangers indésirables ». Au contraire du camp d’Oraison, celui des Mées, qui fournissait plusieurs entreprises en main-d’œuvre bon marché, ne fut supprimé qu’en 1944.

C’est aux Mées qu’eut lieu un évènement complètement oublié de nos jours, une bataille rangée entre les militaires défendant le coup d’état de Napoléon III en décembre 1851 et une troupe de républicains de la région. La bataille eut lieu le 8 décembre, six jours après le coup d’état, et fut une victoire républicaine, mais elle resta sans effet car aucune autre région de France ne s’était révoltée.

Ignorant de ces évocations, j’ai plutôt cherché sur le moment le chemin indiqué par la dame au téléphone mais qui n’était pas tout à fait évident. Les chambres se trouvent dans une maison de maître qui comprend aussi deux gîtes loués de façon plus ou moins durable à des ouvriers en bâtiment dont les familles habitent ailleurs, chose fréquente de nos jours. Un des ouvriers est passé plus tard sur la terrasse où je dinais, affublé d’une salopette et d’un T-shirt blancs beaucoup trop grands pour lui. Il cherchait un endroit où son I-Pad aurait suffisamment de réseau et n’a pas semblé parler français.

Je pense qu’il faisait partie d’un petit groupe (probablement un artisan et deux ou trois membres de sa famille) et qu’il venait d’Europe de l’Est. Le jeune ouvrier ne peut probablement pas se payer des habits à porter le soir parce qu’il doit économiser chaque centime pour sa famille (ou pour s’acheter une voiture d’occasion). S’il est payé une misère au tarif de son pays d’origine, ce qui est illégal mais pas rare, l’effet est d’autant plus évident..

Couloir de la chambre d'hôtes aux Mées

Couloir de la chambre d’hôtes aux Mées

Si l’on met les gîtes de côté, j’étais le seul hôte et la dame ne mange pas avec les hôtes. Elle a rarement un hôte seul -en été, elle a maison pleine toute la saison de toute façon- et a donc pris l’habitude de manger séparément. Elle a quand même fait l’effort de papoter un peu en apportant les plats, surtout qu’elle était apparemment seule dans la maison ce soir-là.

Nous avons surtout discuté de l’histoire intéressante de sa maison, qu’elle a rachetée vers 1980 aux descendants de la personne qui l’avait fait construire en 1792. Pendant 200 ans, la famille avait gardé l’agencement des pièces sans rien y changer, y compris l’escalier et les plafonds. Le décor et les meubles étaient évidemment adaptés au fur et à mesure au confort moderne.

 

Salle de bain de la chambre d'hôtes aux Mées

Salle de bain de la chambre d’hôtes aux Mées

La dame a essayé de garder l’atmosphère d’une maison de famille pleine de tradition et j’ai eu plaisir à prendre des photos dans plusieurs pièces, en particulier la chambre, le couloir et la salle à manger d’hiver. La salle de bains mérite une mention (outre le fait qu’il y a une baignoire): la dame a habilement combiné des carreaux à décor végétaux avec des plantes vertes retombantes. Très original.

 

 Salon aux Mées

Salon aux Mées

La plus grande attraction de sa maison est le salon, où elle a découvert en faisant des travaux un papier peint inhabituel. Après consultation d’un expert, il s’agit d’un papier authentique des années 1790 avec un mélange de cartouches représentant des scènes romaines avec des médaillons représentant des scènes galantes. Le papier me semble effectivement peint à la main car je ne pense pas que l’on pouvait imprimer en autant de couleurs à cette époque.

 

Papier peint original de 1791

Papier peint original de 1791

Puisqu’il avait fait très beau pendant la journée, la dame m’a proposé de dîner sur la terrasse près des rosiers. Elle ne semble pas tellement gênée par les moustiques, en partie parce qu’ils ne deviennent vraiment gênants qu’en plein été et qu’ils ont tendance à rester près de la piscine (qu’elle n’avait pas encore mise en route, la saison ne durant même aussi loin au Sud que du 1er juillet au 31 août). Nous avons fait divers essais de lumières car c’était la première fois qu’elle servait dehors cette année.

 

Salle à manger d'hiver aux Mées

Salle à manger d’hiver aux Mées

Elle m’a servi un repas gastronomique qui m’a beaucoup impressionné. Certes, j’ai eu plusieurs fois de très bons repas cette année, mais le sien est certainement le meilleur. Elle a proposé avec l’apéritif des feuilletés de saumon au beurre d’escargot pour accompagner le kir au romarin. La portion était un peu généreuse pour une seule personne, mais probablement difficile à préparer autrement, et cela a presque servi de première entrée.

J’ai eu ensuite la véritable entrée, une petite tarte à la tomate avec une salade aux fleurs de capucine. Les fleurs étaient coupés en petits morceaux car elle m’a dit que certains hôtes ont sinon peur de les manger. Le plat principal était du poulet servi avec des champignons et des haricots verts à l’ail (j’ai échappé aux pâtes et j’ai même eu peu de féculents presque tout le voyage). En table d’hôte, on sert soit un petit vin de la région, soit un cubitainer de vin du Languedoc premier prix. Cette fois, j’ai eu le vin de la région, un rosé de Pierrevert avec un curieux goût fumé.

Comme beaucoup de gens, la dame hésite à servir des fromages bien faits, surtout quand il y a des étrangers à table, et j’ai laissé de côté le camembert plâtreux et les pâtes cuites fades. Par contre, j’ai beaucoup apprécié un fromage au lait cru régional, le Laragne, et j’en ai même acheté le lendemain matin en profitant du bon assortiment au Super U.

En dessert, la dame a servi un fraisier à la rhubarbe. Nous avons fait une expérience en matière d’infusion avec quelques fleurs d’oranger (elle a un superbe oranger en pot ainsi que des citronniers qui produisent), mais il faut apparemment laisser sécher les fleurs d’abord. L’odeur des fleurs en tous cas était une merveille, le goût était assez discret.

J’avais refusé poliment ses autres infusions, et j’ai d’ailleurs eu la même difficulté presque partout cette année, la plupart des gens n’ayant plus que des infusions « nuit câline », « digestion facile » ou « détente du soir ». J’aime mieux une infusion banale de tilleul ou de menthe, surtout si ce ne sont pas des sachets industriels, d’autant plus que mon docteur m’interdit toute tisane contenant du réglisse.

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