Etape 9: Livradois et Monts du Forez

Mardi 9 juin

78 km, dénivelé 1216 m

Couvert avec quelques éclaircies, vent du nord, 20º

La Garde – Saint-Just – Marsac – D269 – Ambert – Saint-Anthème – D139 – D106 – Lérigneux – Verrières-en-Forez

Livradois et Monts du Forez, départements 63 et 42

Etape plus courte que d’habitude, en partie pour me remettre des étapes précédentes fatigantes. L’itinéraire n’est pas bon, je suggère de monter plutôt d’Ambert au col de Baracuchet par le col des Supeyres, ce qui serait nettement moins fatigant. Ce serait même un peu court pour la journée et on pourrait ajouter un détour par Saint-Amant-Roche-Savine (église avec des fresques médiévales).

C’était mon idée initiale mais j’ai eu peur d’être coincé par le temps et la route d’Ambert à Saint-Anthème offre un col de type alpin qui était un entraînement utile compte tenu de mes plans pour le reste du voyage. Accessoirement, il faudrait aussi étre certain que l’église de Saint-Amant est ouverte aux visites. Ce jour-là et la veille sont mes deux vrais regrets pour le voyage.

Je n’ai pas gardé grand souvenir du petit déjeuner, que j’ai pris seul car la jeune femme était déjà parti compter ses arbres tandis que les randonneurs un peu popu faisaient la grasse matinée. J’ai juste un peu parlé avec le monsieur sur les travaux dans la maison. Puisque je n’ai pas obtenu le moindre renseignement utile sur les monuments, je me suis fondé sur ma carte.

 

 Monts du Forez

Monts du Forez

Je voulais évidemment passer un peu de temps dans l’arrondissement d’Ambert vu qu’il était une nouveauté pour moi. Sur la route d’Ambert, j’ai juste ajouté Marsac pour l’église recommandée par la carte. Il faisait très brumeux et je savais donc que cela ne valait pas la peine de choisir une route spécialement en fonction des panoramas. La route la plus logique vers Marsac ferait très bien l’affaire et elle est effectivement très agréable, descendant par paliers dans une profonde forêt de sapins puis de feuillus et passant quelques hameaux sur le haut des collines dominant la vallée de la Dore. La dernière partie de la descente après Saint-Just est plus raide et plus amusante.

 

Chapelle de Marsac-en-Livradois

Chapelle de Marsac-en-Livradois

Marsac est l’un des gros villages de la vallée, qui est presque une gorge la plupart du temps mais avec un bassin de 30 km de long au milieu autour d’Ambert. Je n’ai pas été très impressionné par l’église, qui a juste un portail gothique sans décorations. De l’autre côté de la place, par contre, j’ai remarqué la jolie chapelle des Pénitents blancs, une confrérie semblable à celles de Provence, fondée au XVIIème siècle et dissoute par la loi de 1901.

 

Détails sculptés dans le granite

Détails sculptés dans le granit

La chapelle date du XIIème siècle, ce qui se voit surtout au niveau des corbeaux qui soutiennent les poutres de la charpente. Ils sont sculptés de façon très fruste parce que la pierre est un granit très dur, comme en Bretagne. On a ajouté au XVème siècle une tour d’escalier curieuse avec un toit pyramidal. La chapelle sert maintenant de salle d’exposition et était fermée comme d’ailleurs l’église lors de mon passage.

Marsac ne valait pas vraiment le détour mais le détour était très modeste. Je pensais que la petite route sur la rive droite de la Dore me permettrait après de rejoindre Ambert facilement, de préférence à la nationale de la rive gauche, mais la route monte plusieurs fois sur des petites collines désagréablement raides et je n’ai finalement pas beaucoup apprécié le trajet.

Je suis arrivé à Ambert vers 11 h 30, ce qui est vraiment tard pour un trajet de 25 km dont une bonne partie en descente. Je n’ai pas pris de notes, mais j’ai l’impression que je suis parti plus tard que les autres matins, peut-être parce que j’avais mal dormi. L’heure ainsi perdue m’a manqué plus tard et m’a conduit à prendre l’itinéraire pas très heureux.

 

Vieille ville d'Ambert

Vieille ville d’Ambert

Ambert est une sous-préfecture assez modeste de 7000 habitants dont la population stagne depuis 1820; l’animation de la ville correspond à cette population modeste même si c’est la principale ville du Livradois, région de montagne à habitat rural dense mais dispersé comme dans le bocage. Le Livradois n’a jamais été une région bien définie et le bassin d’Ambert est géographiquement très isolé avec les montagnes rudes du Livradois à l’ouest et du Forez à l’est, des gorges profondes au nord et un plateau glacial au sud. L’autoroute passe à 50 km, il n’y a pas de chemin de fer depuis des années…

Au XIXème siècle, Ambert avait une industrie papetière importante qui provenait d’une fabrication traditionnelle. Des hommes de la région faits prisonniers pendant les Croisades auraient appris les secrets de la fabrication du papier en Syrie et les auraient rapportés quand ils purent s’évader. Cette industrie a laissé place vers 1900 à des industries textiles comme dans d’autres régions de montagne à cause de l’eau propre et abondante des rivières, mais ceci aussi a beaucoup diminué et Ambert ne vit probablement plus guère que du commerce à l’échelle de la région et de l’administration.

 

Coin des banques à Ambert

Coin des banques à Ambert

Pour une aussi petite ville, Ambert a finalement un centre assez étendu et varié. On trouve en bordure un mail avec les bâtiments construits vers 1900 par les banques dans un style qui laisse penser que l’on espérait à l’époque une croissance très dynamique. Le dôme de la caisse d’épargne à droite sur la photo est très mal proportionné, il serait parfait au quatrième étage sur un grand boulevard et fait un peu ridicule

 

Eglise d'Ambert

Eglise d’Ambert

A l’autre bout du mail, on trouve l’église construite vers 1500 dans le style gothique tardif. Le clocher est vraiment intéressant car le niveau intermédiaire est encore orné d’épis gothiques tandis que l’étage au-dessus est cantonné de colonnes imitées de l’antiquité. Une transition rare entre gothique et Renaissance dans un même corps de bâtiment.

 

Clocher Renaissance inhabituel

Clocher Renaissance inhabituel

Je ne pense pas que l’église soit passionnante à l’intérieur, mais je n’ai pas eu l’occasion de vérifier car elle était fermée. En raison de la chute d’une pierre tombée de la voûte il y a plusieurs années, le maire a fermé l’église sauf une petite partie qui est ouverte pour les messes seulement. Il n’y a pas d’autre église à Ambert mais la mairie n’a probablement pas l’argent pour refaire toute la voûte de cette grande église.

 

Vieilles maisons à Ambert

Vieilles maisons à Ambert

Je me suis promené dans le centre ville, d’abord parce que je cherchais une boulangerie, puis parce que j’ai vu quelques maisons à pans de bois isolées dans certaines rues. Pour la boulangerie, c’était un de ces magasins de province dont la devanture discrète ne laisse pas deviner le choix appétissant à l’intérieur. Je me souviens que les gâteaux et le pain étaient excellents. C’est un peu le problème de la ville, elle a un charme discret mais n’est pas sur les grands itinéraires qui attireraient de la clientèle.

 

Mairie dans les anciennes halles

Mairie dans les anciennes halles

La curiosité d’Ambert la plus mise en avant est l’hôtel de ville rond qui repose sur des arcades parce que c’était à l’origine la halle aux grains. Le bâtiment est une construction intéressante pour la date, 1816, qui en fait l’une des toutes premières constructions importantes sous la Restauration. Le style est néo-classique sans aucun ornement, en forte réaction aux décors pompiers de l’Empire.

Vu l’heure, je cherchais à prendre un en-cas – il était même déjà un peu tard pour cela. J’ai finalement trouvé un petit parc municipal ombragé avec un étang, des petits ponts et de jolies plantations non loin de l’hôtel de ville. Le cadre était assez agréable pour que je fasse un genre de déjeuner léger en prévision de la grande ascension qui allait suivre. Le parc était agréablement animé avec les dames qui venaient chercher leurs enfants à l’école pour la pause de midi et des jeunes qui sortaient probablement d’un collège à proximité.

 

 Monument Art Nouveau à Ambert

Monument Art Nouveau à Ambert

Au milieu du parc, j’ai repéré une statue très Art Nouveau consacrée au compositeur Emmanuel Chabrier, né à Ambert. A mon avis, le personnage de la statue semble être un faune extatique entouré de divers décors naturels – mais « L’après-midi d’un faune » est une œuvre de Debussy tandis que Chabrier est surtout connu pour des œuvres inspirées par les légendes bretonnes ou par les fantaisies espagnoles alors très en vogue. Bizarre.

 

Montée du col des Pradeaux

Montée du col des Pradeaux

Après la pause, je me sentais la force d’attaquer le grand dénivelé du jour, 660 m pour monter au col des Pradeaux, soit juste un peu moins que la montée au plateau du Mézenc deux jours avant. Je n’ai pas souffert de la chaleur et la route est même en partie ombragée; elle n’est pas excessivement raide non plus (5% de moyene), elle est très bien revêtue et la circulation est modérée. Pour tout dire, c’est une très bonne route pour s’entraîner. Par contre, elle n’est pas très spectaculaire, on est souvent dans la forêt.

 

Vallée de la Dore

Vallée de la Dore

On peut faire un détour dans le bas de l’ascension pour visiter le moulin Richard de Bas, une attraction touristique assez connue. C’est le seul moulin à papier traditionnel qui fonctionne encore dans la région et il continue effectivement à produire en petites quantités des papiers de luxe à la main pour des éditions de prestige. C’est certainement intéressant mais il faut avoir le temps et j’ai déjà visité une attraction comparable ailleurs.

 

Monts du Forez

Monts du Forez

J’ai mis deux heures à monter les 14 km du col en faisant juste les pauses habituelles pour reprendre ma respiration. Je pense que le climat est assez humide sur ce versant orienté à l’ouest car il y peu de maisons malgré l’altitude assez raisonnable. J’ai été un peu déçu au col car il est du même type que ceux des Vosges: on voit bien que l’on est arrivé à un col mais il n’y a pas de vue à cause des sapins. Il n’y a pas non plus de banc ou d’endroit agréable au sommet, juste un restaurant où les sportifs peuvent prendre une récompense.

 

Vallon de Valorgue

Vallon de Valorgue

Bien qu’il soit déjà 13 h 30, je ne voyais pas d’endroit agréable pour pique-niquer et j’ai commencé la descente, qui est beaucoup plus courte que la montée car elle se termine déjà après 8 km à Saint-Anthème, petit bourg à 940 m d’altitude dans une haute vallée au milieu des monts du Forez. La descente ne donne pas plus de vue que la montée, on longe une vallée pleine de sapins avec juste quelques prairies d’alpage au début.

 

 Site de Saint-Anthème

Site de Saint-Anthème

J’ai d’abord cherché un endroit agréable dans le centre, mais je n’avais pas envie d’être assis sur la place de l’office du tourisme entre le parking et la route, ce qui fait que j’ai suivi les pancartes vers le plan d’eau. Je ne suis pas allé jusqu’à l’étang (qui aurait peut-être été un peu loin en aval) parce que j’ai vu que je pouvais m’asseoir agréablement en contrebas d’un petit pont presque au bord du torrent. La photo donne une vue charmante du site.

Le bourg est loin des grands axes et n’a aucune industrie, ce qui explique qu’il a perdu les 3/4 de ses habitants depuis la première guerre mondiale. Il n’y a pas grand chose à visiter mais c’est un point de départ utile en hiver pour le ski de fond sur les Monts du Forez.

Je me suis demandé par où passer entre Saint-Anthème et Verrières où je devais me rendre. J’étais tenté de passer par Saint-Bonnet-le-Château qui est un bourg médiéval intéressant d’après les prospectus et cela paraissait envisageable, mais la route directe était barrée. Je ne voulais pas prendre le risque d’un chantier infranchissable vu que la déviation serait beaucoup plus longue dans cette région de montagne.

 

 Vallée de l'Ance

Vallée de l’Ance

J’ai donc renoncé, espérant revenir dans la région un jour. Mais j’avais trop de temps pour prendre la route la plus rapide et j’ai décidé de m’attaquer au col de Baracuchet, la montée semblant longue mais pas très dure sur la carte (juste un chevron). En fait, il y a une courte section franchement raide, compensée ensuite par une longue section en pente douce. Cette fois, on est à la limite des sapins car le col est à plus de 1200 m et on a donc plus de vues motivantes.

 

 Tourbière de Baracuchet

Tourbière de Baracuchet

Arrivé peu avant le col, j’ai remarqué que la forêt changeait et se transformait en un genre de toundra avec de petits arbres tout tordus et de grandes surfaces de bruyère et de plantes basses. Juste avant le col, je suis tombé sur les pancartes qui détaillent le site et je me suis offert une demi-heure de visite vu que j’avais le temps. C’est une des rares tourbières d’altitude de France et elle rappelle assez les tourbières des Hautes Fagnes en Belgique.

 

Site de Baracuchet

Site de Baracuchet

Citons l »Inventaire National du Patrimoine Naturel »: « La tourbière de Baracuchet prend place au milieu d’anciens pâturages montagnards colonisés par le Pin sylvestre dans le sud-est des Monts du Forez. Le haut-marais (habitat déterminant) y est très bien représenté avec des stades allant des coussins de Sphaignes exondés jusqu’au stade à Callune et Scirpe cespiteux »

 

Plante classique des tourbières

Plante classique des tourbières

J’aime beaucoup le nom du Scirpe Cespiteux… Ceci mis à part, je n’ai pas vu les droseras (des plantes carnivores), mais j’ai vu plein d’herbe à plumeaux qui est caractéristique pour moi des zones marécageuses. J’ai finalement bien aimé le site, évidemment parce que cela me donnait une bonne excuse pour me reposer au col, mais aussi parce que j’aime bien ces paysages un peu mystérieux et inhabituels.

 

Pancarte du col de Baracuchet

Pancarte du col de Baracuchet

J’ai monté ensuite les derniers mètres jusqu’au col, qui est lui dans la forêt. En fait, dans le Forez, la forêt cède aux alpages à partir de 1300 m et j’étais donc un petit peu en-dessous de l’altitude nécessaire. C’est intéressant de comparer au plateau du Mézenc, où la limite est autour de 1000 m en raison du climat plus sec. Les sommets du Forez sont connus pour leur climat rude en hiver et il y a peu de cols qui les traversent; les photos du col de Supeyres sur Internet me font presque penser à l’Ecosse. J’ai déjà mentionné que ce col aurait été plus intéressant que celui des Pradeaux…

Les alpages permettent de produire la fourme d’Ambert, un fromage que je trouve certes agréablement crémeux mais souvent assez fade quand il provient d’une laiterie industrielle travaillant du lait pasteurisé. C’est une AOC (maintenant une AOP) depuis 1972, ce qui est vénérable, mais il n’y a plus que trois producteurs de fourme fermière (par opposition à laitière = industrielle) et l’AOP est très tolérante, autorisant du lait provenant de la plupart des montagnes d’Auvergne.

 

Descente vers la plaine du Forez

Descente vers la plaine du Forez

Après le col de Baracuchet, qui est d’ailleurs l’endroit où j’ai quitté la région Auvergne, la route descend en virages serrés mais pas très raides dans la forêt jusqu’aux collines du Forez, le piémont qui domine Montbrison et la large vallée de la Loire. Comme j’avais déjà bien monté avec les deux cols, j’ai été content que la route descende presque sans interruption jusqu’à mon hébergement à l’entrée de Verrières-en-Forez.

Je ne suis pas allé jusqu’au centre du bourg puisque je n’en avais pas besoin, mais j’ai demandé à l’hôtesse le soir et elle m’a précisé que le genre de HLM surprenant est en fait un grand lycée professionnel qui a repris les bâtiments d’un séminaire fort connu en son temps.

J’ai un avis partagé sur la « chambre d’hôtes ». Quand j’avais téléphoné pour réserver, la dame m’avait demandé si cela me gênerait d’utiliser un des chalets du camping juste derrière la maison plutôt qu’une des chambres. Même si j’étais un peu surpris, j’avais accepté et je comprends a posteriori que cela lui facilite la tâche car elle n’a pas besoin de nettoyer le chalet immédiatement si elle n’attend pas d’hôtes directement après.

J’ai trouvé une propriété fort pompeuse sur la route mais il fallait en fait faire le tour et je pense que le bâtiment actuel est en fait l’ancienne ferme qui en est maintenant complètement séparée. Quand je suis arrivé à franchir l’obstacle d’un énorme patou aussi encombrant qu’affectueux, la dame m’a montré le chemin du chalet. Elle ne marche pas bien et ceci ne lui facilite sûrement pas le travail car elle gère toute seule la ferme de son père maintenant décédé. Sa sœur habite aussi dans la ferme mais travaille comme professeur de mathématiques et ne peut donc l’aider que le soir. J’ai très peu vu la sœur qui est en charge de la cuisine quand il y a des hôtes afin que la dame puisse leur faire la conversation.

Sur le moment, j’ai trouvé que tout ceci était un peu triste et pénible, et cela ne s’est pas arrangé avec le chalet qui fait partie d’un assez grand terrain de « camping à la ferme ». Faute de personnel, la dame peut seulement assurer l’entretien courant et les équipements ne peuvent pas cacher leur âge même si tout est propre et fonctionne. Le chalet a une cuisine mais pas de salle de douche parce que l’ancien maire (en place de 1989 à 2014) détestait le père de la dame et a toujours refusé d’accorder le permis de raccorder les chalets à l’adduction d’eau alors que les tuyaux sont posés. La dame espère que le nouveau maire sera plus accomodant mais ne peut plus envisager de travaux importants vu son âge et les moyens financiers limités.

C’était la première fois en 20 ans de « chambres d »hôtes » que la salle d’eau était non seulement dans le couloir, mais même à 30 m au bout du chemin. Si j’avais vraiment voulu, cela ne m’aurait pas empêché d’y aller dans n’importe quelle tenue vu qu’il n’y avait que deux autres personnes dans tout le camping et que c’étaient deux messieurs chacun dans une caravane.

J’ai appris par la suite qu’il y a un nombre non négligeable de messieurs qui vivent toute l’année dans une caravane sur un terrain de camping, souvent après un divorce. Ils ne sont pas sans abri et ils ont un petit travail et même parfois un travail régulier, mais il ne leur reste pas assez d’argent après la pension alimentaire pour louer un appartement et la caravane a l’avantage que l’on n’y paye pas de taxe d’habitation selon le droit français. Je n’ai fait qu’entrevoir les messieurs au passage.

Le problème de la salle d’eau mis à part, qui est suffisant pour recommander d’éviter cet hébergement, le chalet était amusant car il avait été agrandi en remplaçant le mur du fond par une caravane. J’en ai profité pour coucher dans le lit de l’ancienne caravane, qui est un peu mou mais qui est plus long que je ne pensais et finalement confortable. La paroi recourbée et la petite fenêtre directement au niveau du lit étaient une nouveauté pour moi et je me sentais presque comme dans une alcôve.

Pour le dîner, je suis retourné à la ferme, la dame utilisant un des communs comme salle à manger tout en longueur qui pourrait recevoir vingt personnes. Le site Internet du village emploie un ton ridiculement marketing mais mérite d’être repris pour la dernière phrase:

« le petit village de Verrières-en-Forez est situé dans ces montagnes foréziennes dites du « soir ». Elles ont une grande personnalité qui se traduit par :

le grand nombre de vestiges du passé,

l’abondance d’une nature aux couleurs chatoyantes,

la pérennité d’un artisanat varié et prospère,

par l’accueil parfois rude des hommes qui y vivent mais toujours plein de courtoisie. »

La dame m’a servi un apéritif original dans lequel elle combine du vin de la région, un peu d’eau de vie de poire Williams et des feuilles de merisier.

La veille, j’avais été informé des bienfaits des orties et j’ai donc été amusé que l’on me serve justement du potage aux orties. Comme celui au cerfeuil, c’est assez doux et gagne à être assaisonné de poivre ou peut-être de crème. La dame essaye d’utiliser autant que possible ce qu’elle peut produire elle-même et j’ai donc eu une salade de son jardin avec un œuf de ses poules (œuf mollet pour une fois…).

Ensuite, une côte de porc (achetée puisqu’elle a seulement des vaches laitières) avec des haricots verts et de délicieux bolets qu’elle avait ramassés en allant vérifier si les vaches se portaient bien dans leur pré d’estive. Ceci nous a donné l’occasion de parler des violents orages quelques jours avant et des problèmes que cela cause aux agriculteurs pour accéder à leurs prés par des chemins de montagne qui ravinent.

Orchidées à Verrières-en-Forez

Orchidées à Verrières-en-Forez

Comme la dame a quelques chèvres, elle produit un petit fromage maison. En dessert, elle m’a servi comme une collègue quelques jours avant un flan au caramel, peut-être parce qu’elle a les œufs du poulailler. Après le dîner, j’ai essayé de récupérer quelques prospectus – elle en a une collection superbe et abondante, mais ils restent dans un hanger toute l’année et ils sont tantôt un peu fripés, tantôt un peu poussiéreux.

 

J’ai aussi fait plus ample connaissance avec le patou, qui avait découvert que je pouvais la caresser et qui se mettait sur le dos les pattes écartées dès qu’elle me voyait dans l’espoir que je la chatouille. J’ai aussi admiré dans un grand pot un buisson d’orchidées énorme dont la dame prend grand soin. Il est trentenaire, ce qui montre qu’elle sait s’y prendre.

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