Etape 10: Plaine du Forez et Monts du Lyonnais

Mercredi 10 juin

117 km, dénivelé 1095 m

Très chaud dans les vallées avec vent d’Est parfois gênant, couvert en altitude

Verrières-en-Forez – Lézigneux – Montbrison – Moingt – Saint-Georges – Sury-le-Comtal – Veauche – Chazelles-sur-Lyon – Saint-Symphorien-sur-Coise – D60 – col des Brosses – Vaugneray – Chaponost – gare d’Oullins – confluence – tunnel de Perrache – place Bellecour – Terreaux – Croix Rousse

Plaine du Forez et Monts du Lyonnais, départements 42 et 69

Etape très longue parce que je voulais arriver vers 20h. Pour un voyage « normal », je conseillerais de terminer à Oullins où le métro accepte les vélos en dehors des heures de pointe. Le dénivelé est très raisonnable et les pentes sont modérées. On ne peut pas visiter beaucoup de monuments sur mon itinéraire, mais je n’en vois pas beaucoup dans les Monts du Lyonnais de toute façon.

 

 

Environs de Verrières-en-Forez

Environs de Verrières-en-Forez

Je n’ai gardé aucun souvenir du petit déjeuner. Je suis parti ensuite par la route principale de Montbrison parce que la circulation est assez modérée. J’ai constaté avec surprise que la route descend très longtemps avec une bonne pente, il faut croire que je n’étais pas tellement descendu la veille au soir et que Verrières est encore assez haut même si c’est difficile de s’en rendre compte sur la carte. La photo montre le paysage de hautes collines du piémont; la ligne bleue au fond est celle des Monts du Lyonnais.

 

Clocher de Lézigneux

Clocher de Lézigneux

Voyant une pancarte pour le village de Lézigneux qui ne me causait aucun détour, je suis allé voir par simple curiosité et c’était une bonne idée. Certes, je me suis perdu dans le village où les directions sont très mal indiquées parce que seuls les gens de la région y entrent, les autres restant sur la déviation. Mais j’ai pu visiter l’église. Le clocher est orné d’une petite sculpture mignonne, peut-être un chien tenant un rouleau, voire un ours ou un mouton. Difficile à dire !

 

Bénitier mérovingien

Bénitier mérovingien

L’église contient un bénitier très ancien orné de simples lignes géométriques et on pense qu’il est gallo-romain. En 1888, Lézigneux fut le cadre d’apparitions de la Sainte Vierge à un jeune paysan âgé de 13 ans. L’église ne les a jamais contestées mais le jeune homme, qui devint plus tard prêtre dans l’entourage du Pape, n’a jamais donné les détails de ses conversations mystiques et Lézigneux a ainsi échappé au destin de Lourdes ou de Fatima.

 

 Plaine du Forez avec Puy Saint-Romain

Plaine du Forez avec Puy Saint-Romain

Lézigneux se trouve sur la dernière colline du piémont et une descente bien agréable suffit pour arriver dans la banlieue de Montbrison. Pendant la descente, on domine la plaine de la Loire avec comme unique point de repère un piton cônique qui a tout l’air d’un ancien volcan. Comme on tenait un marché sur la place de Moingt, j’ai regardé si je trouvais une viennoiserie, ne voulant pas faire de grosses courses le dernier jour de la première partie du voyage. J’ai acheté un gâteau à la boulangerie mais j’ai surtout acheté sur le marché deux morceaux de fourme de Montbrison, le fromage local.

Jusqu’en 2002, c’était une appellation commune avec la fourme d’Ambert, mais le goût est un peu différent. Je trouve la fourme d’Ambert plus douce et plus crémeuse, la fourme de Montbrison plus originale, surtout que j’avais acheté de la fourme fermière qui se bonifie après quelques jours.

 Quais de Montbrison

Quais de Montbrison

Montbrison m’a semblé être une ville dynamique et commerçante. C’est l’ancienne préfecture du département de la Loire (jusqu’en 1855) en raison de sa location plus centrale et de son rang historique de capitale du comté de Forez. La population a plus que doublé depuis 1950, d’abord suite à la croissance économique dans les environs de Saint-Etienne puis plus tard grâce à une nouvelle autoroute qui permit aux navetteurs d’y habiter tout en travaillant dans les usines chimiques de Lyon à 80 km.

J’ai pris le temps de me promener dans le centre de la ville, qui a un certain charme grâce à une petite rivière au nom étrange de Vizézy. Elle est traversée par une série de petits ponts et bordée d’un quai et de quelques terrasses. Même si Montbrison est une ville historique, elle a été détruite plusieurs fois et il ne reste que quelques traces isolées des maisons médiévales. Il reste par contre deux monuments majeurs, l’ancienne grande salle du palais comtal et la collégiale.

 

Vieille maison à Montbrison

Vieille maison à Montbrison

La grande salle est en fait une salle d’audience où le comte recevait les Etats du Forez. Elle sert maintenant de siège à une société savante (comme le Château Gaillard pour la Société Polymathique de Vannes) et je ne sais donc pas si on peut visiter la salle facilement. La salle est connue sous le nom curieux de « La Diana » qui vient en fait de « doyenné » et est célèbre pour son plafond peint qui montre des centaines de blasons.

 

Nécropole des comtes du Forez

Nécropole des comtes du Forez

La collégiale, qui était plus facile à visiter pour moi, est un grand vaisseau gothique rendu très austère par le fait que l’ensemble du mobilier a été détruit pendant la Révolution. Même les monuments funéraires ont disparu à l’exception d’un encadrement Renaissance. Par contre, on a fait un usage utile d’une ancienne sacristie en remplaçant la porte par une vitre et en y mettant un certain nombre de choses intéressantes.

 

Sacristie-musée à Montbrison

Sacristie-musée à Montbrison

J’ai surtout remarqué l’habit d’un ecclésiastique vers 1830, qui surprend par le cordon de la Légion d’Honneur porté en évidence par-dessus les habits liturgiques. Dans le même genre, la chasuble peu visible sur la gauche de la photo est ornée de fleurs de lys, symbole du pouvoir royal pendant la Restauration. J’ignorais que l’union entre le trône et l’autel se traduisait jusque dans le costume liturgique.

 

Banque néo-gothique à Montbrison

Banque néo-gothique à Montbrison

En faisant un dernier tour dans Montbrison, je n’ai pas résisté à la façade néo-gothique de la Caisse d’Epargne. Visiblement, on n’avait pas à l’époque le sens du « corporate design » car le bâtiment de Montbrison ne ressemble en rien à celui d’Ambert.

 

 Tour de Moingt

Tour de Moingt

On sort de Montbrison par Moingt, qui était une « commune associée » jusqu’en 1995, statut peu fréquent. En 1971, le ministre de l’Intérieur avait encouragé les communes à fusionner et espérait faciliter le mouvement en autorisant les communes fusionnées à garder leur officier d’état-civil et une circonscription électorale séparée. Très peu de communes utilisèrent ce statut et on chercha à en sortir à Moingt. Mais la population refusa d’abord une fusion pure et simple, puis une séparation. Le préfet, dans sa grande sagesse centralisatrice, décida de supprimer Moingt purement et simplement.

 

 Clocher de Moingt

Clocher de Moingt

Moingt fut une petite station thermale gallo-romaine mais les deux monuments que j’ai vus sont médiévaux: une tour qui est un reste des anciens remparts du bourg et le très beau clocher roman de l’église du XIème siècle. Il est orné de quelques chapiteaux géométriques et les arcades sont construites d’une façon assez archaïque, mais il est surtout exceptionnel par les traces d’un revêtement en quadrillage rouge qui devait recouvrir toute la tour. Je ne sais pas si c’était une chose normale à l’époque romane mais je pense plutôt que c’est rare et que c’est une décoration inspirée par les monuments romains – j’ai vu le même genre de revêtement le soir sur un aqueduc romain.

J’avais vu à Montbrison un plan de ville selon lequel je pouvais prendre une petite route le long du chemin de fer plutôt que la nationale ou la route du piémont. J’étais très content d’avoir trouvé la petite route qui traverse des vignobles charmants quand elle s’est arrêtée à l’entrée de la station d’épuration. J’ai commencé à revenir en arrière un peu mécontent quand j’ai croisé un monsieur serviable qui promenait son chien et qui m’a conseillé de persister car le chemin non goudronné rejoindrait une route 500 m plus loin.

Je pense qu’il m’a pris pour un pèlerin de Compostelle car il y avait des marques avec des coquilles jaunes. Il avait raison, j’ai retrouvé assez vite une route. J’ai poussé le vélo un moment entre les deux mais c’était sûrement plus agréable que de revenir en arrière. Je ne sais pas si j’avais mal lu le plan de Montbrison… Une fois revenu sur une route, j’ai suivi sagement les pancartes, y compris une petite côte, avant de descendre à Saint-Romain-le-Puy.

 

 Saint-Romain-le-Puy

Saint-Romain-le-Puy

C’est le village que j’avais vu de loin depuis Lézigneux avec son piton au milieu de la plaine. Le piton est effectivement un cône basaltique qui étonne un peu aussi loin de ses grands frères du Velay. Le village au pied du piton n’est guère intéressant, il y a même une importante zone industrielle. Par contre, le piton porte une célèbre église romane. Je dois avouer que je n’ai pas eu le courage d’y monter parce que je craignais qu’elle soit fermée, auquel cas j’aurais été assez mécontent de la fatigue inutile.

 

Eglise de Saint-Romain-le-Puy

Eglise de Saint-Romain-le-Puy

J’ai constaté que presque toutes les églises sont fermées entre Saint-Etienne et Lyon et je suppose donc que les zones industrielles déclinantes ne sont pas propices au respect du patrimoine. Le site Internet mentionne seulement l’extérieur comme intéressant et je n’ai donc peut-être pas raté grand chose. Dans le genre « anecdotes », on notera qu’aucun maire de ce village n’a jamais été élu pour un second mandat.

 

Eglise de Sury-le-Comtal

Eglise de Sury-le-Comtal

Le village suivant est Sury-le-Comtal, que j’ai été fier d’atteindre par une petite route mentionnée sur la carte mais pas munie de pancartes – j’étais fier parce que la tentative précédente avait été moins réussie. En arrivant au village, j’ai vu un banc au bord d’un canal ombragé et j’ai trouvé que c’était un excellent endroit pour manger une part de pizza vu la chaleur croissante. Plusieurs camionnettes se sont arrêtées aussi pour une petite pause, ce qui prouve que l’endroit est apprécié.

 

 Maison à Sury-le-Comtal

Maison à Sury-le-Comtal

Une route amusante (mais très mal revêtue) longe le canal jusqu’aux anciens remparts et au château de Sury. J’ai été un peu déçu par les monuments: le château a presque entièrement brûlé en 1937 et l’église était fermée. Apparemment, elle vaut surtout pour sa façade gothique solide qui fait penser presque autant à une forteresse. Il y a quelques maisons anciennes dans le bourg mais il a beaucoup souffert de sa croissance trop rapide. C’est maintenant une banlieue pavillonnaire de Saint-Etienne et le centre ville est mort, tous les commerces étant aspirés dans les supermarchés hors du centre.

 

 La Loire à Veauchette

La Loire à Veauchette

C’est à Sury que j’ai quitté la direction de Saint-Etienne pour celle de Lyon, ce qui consistait d’abord à traverser la plaine de la Loire sur une dizaine de kilomètres. Le paysage est évidemment assez peu excitant et la chaleur n’aidait pas; cela m’a fait penser à la plaine de la Saône. Ce n’est pas une plaine alluvionnaire, c’est un fossé d’effondrement comme l’Alsace et la Limagne. Il est bordé de tous côtés par des montagnes au point que la Loire y entre et en sort par des gorges. La Loire est par contre fort modeste et endormie dans ce bassin.

 

Portail de l'église à Veauche

Portail de l’église à Veauche

J’ai simplement eu à monter un petit raidillon après le pont de Veauchette, ce qui m’a valu de me faire klaxonner car la petite route semble attirer de nombreuses personnes circulant entre leur pavillon dans un lotissement de Sury et les usines de Veauche. Le bourg est beaucoup plus important que je ne m’y attendais (la population a quintuplé en 50 ans et atteint maintenant 9.000 habitants) mais le quartier de la petite église au bord de la Loire reste provincial et endormi. Le portail de l’église a deux jolis chapiteaux à décor de rinceaux qui seraient carolingiens.

 

Mairie de Veauche

Mairie de Veauche

Je suis passé un peu plus loin par hasard devant la mairie de Veauche qui est un bâtiment assez curieux avec de larges auvents et un drôle de clocheton. J’ai quitté le bourg par une route très passante, mais il y a heureusement une voie cyclable sur le trottoir au bout d’un certain temps. Ceci permet d’arriver sans danger à Saint-Galmier où la circulation se répartit à nouveau.

 

Rond-point à Saint-Galmier

Rond-point à Saint-Galmier

Je ne connaissais pas Saint-Galmier mais c’est un haut-lieu de la gastronomie française où l’on célèbre les vertus de…. la source Badoit. Les eaux de Saint-Galmier sont connues depuis longtemps, mais elles ont été rachetées en 1837 par un certain Mr Badoit qui était un entrepreneur très dynamique et doué pour la publicité. La source appartient maintenant à Danone. On peut boire l’eau de la source gratuitement si on veut mais je n’ai pas eu envie de descendre dans le petit ravin.

 

 Parc du casino de Saint-Galmier

Parc du casino de Saint-Galmier

La taxe professionnelle a permis à la commune de s’offrir un joli parc avec une grande roseraie, mais aussi deux magnifiques ronds-points avec cascades. Le village est tout en pente au flanc d’une falaise et peu pratique. J’ai poussé le vélo non sans peine à travers le parc, devant éviter un grand nombre de collégiens pendant leur pause de midi, je suis passé devant le casino qui ne m’a pas paru très élégant puis j’ai traversé la vieille ville jusqu’à la seule maison ancienne intéressante avec son étage à colombages soutenu par des colonnes très fines.

 

 Vieille maison à Saint-Galmier

Vieille maison à Saint-Galmier

 Plateau entre Saint-Galmier et Chazelles

Plateau entre Saint-Galmier et Chazelles

J’étais prêt à m’arrêter pour déjeuner après avoir visité Saint-Galmier mais j’ai constaté que la route monte sur un plateau et j’ai pensé préférable de faire une pause au sommet. La route est très raisonnable, elle monte avec divers virages et en pente modérée. Comme en Gascogne, il y a peu d’arbres sur les crêtes exposées au sud et on a donc une vue étendue sur les collines moutonnantes. Mais il n’y a aucune table de pique-nique et la route continue insidieusement à monter sur le plateau qui est légèrement incliné.

 

Hôtel à Chazelles-sur-Lyon

Hôtel à Chazelles-sur-Lyon

Quand je suis arrivé 10 km plus loin à Chazelles-sur-Lyon, j’avais monté presque continuellement et je n’avais pas trouvé d’endroit agréable pour m’arrêter. Chazelles n’a pas de jardin public intéressant, c’était une ville industrielle spécialisée dans la fabrication de chapeaux. On peut imaginer que la ville a pas mal décliné vu le nombre de gens qui achètent des chapeaux de nos jours. J’ai quand même noté au passage la façade assez grandiose d’un hôtel qui fait penser à une station balnéaire, puis un peu plus loin un petit rond-point joliment orné d’une usine miniature.

 

 Rond-point à Chazelles-sur-Lyon

Rond-point à Chazelles-sur-Lyon

Puisque je ne trouvais rien à Chazelles, j’ai continué vers Saint-Symphorien-sur-Coise. Cette fois, la route ne monte plus sur le plateau, elle imite les routes du Gers et passe trois ravins de suite. Non content de les traverser, elle a été redressée et le fait maintenant au moyen de grandes lignes droites très raides. Je déteste cela et j’étais passablement énervé après le premier ravin.

Heureusement, j’ai constaté qu’il y a un étang au fond du second ravin et que l’on a laissé l’ancienne route pour le desservir. Je suis allé voir et c’était un très bon endroit ombragé. J’ai mangé mon saucisson et mes cerises en regardant un petit groupe de messieurs jouer avec de magnifiques voiliers télécommandés. C’étaient des retraités qui posaient leurs navires avec mille précautions sur des petites tables pliantes en tissu. L’étang semble aussi être le seul endroit agréable des environs car il y avait beaucoup de promeneurs.

 Vieille maison à Saint-Symphorien

Vieille maison à Saint-Symphorien

Après le pique-nique, j’ai essayé de longer l’ancienne route autour de l’étang et elle finit effectivement par rejoindre la nouvelle route redressée après force virages bien plus agréables pour moi. J’ai simplement ignoré pour les besoins de la cause un sens interdit. J’avais ainsi presque franchi le deuxième ravin. Le troisième est moins pénible que les précédents car on est en fait dans le centre de Saint-Symphorien où j’ai poussé le vélo jusqu’à l’église de toute façon.

 

Les habitants sont appelés les Pelauds en souvenir de l’industrie du cuir qui a évidemment disparu. Pendant la Révolution, la commune avait reçu le nom très élégant de « Chausse-Armées » ! Bien que le bourg se fasse référencer dans l’association des « plus beaux détours de France », il n’y a en fait pas beaucoup de bâtiments intéressants. Une vieille maison sur la place du marché et au-dessus du centre ville l’église sur un piton.

 

Réemploi à Saint-Symphorien-sur-Coise

Réemploi à Saint-Symphorien-sur-Coise

Comme partout dans la région, elle était fermée et je me suis contenté de la vue depuis le parvis et d’une petite sculpture de remploi sur la façade, probablement une figure d’évêque carolingienne. J’ai croisé devant l’église quelques touristes avec des guides Michelin, phénomène que je n’avais pas rencontré depuis le Mont Mézenc, et ils avaient l’air aussi perdus que moi.

Entre-temps, il était 16 h et il me restait plus de 50 km, ce qui n’était pas très raisonnable. J’aurais pu aller à Givors (34 km) et prendre le train, mais je ne sais pas si j’aurais gagné beaucoup de temps. J’ai pensé que la distance était faisable vu le peu de curiosités en cours de route et j’ai finalement eu raison. De Saint-Symphorien, il faut monter encore un peu pour atteindre la ligne de partage des eaux entre la Loire et le Rhône.

 

Environs de Duerne

Environs de Duerne

J’ai trouvé pour cela une petite route très tranquille qui monte dans les prairies puis qui tortille assez longtemps au pied d’une crête boisée avant d’arriver au petit village de Duerne d’où l’on a une vue plongeante sur la vallée de la Brévenne, un ruisseau au milieu des monts du Lyonnais. Le paysage est très agréable, un genre de bocage très vallonné avec ici et là des vallées beaucoup plus profondes mais peu visibles d’en haut.

 

Vallée de l'Arbresle

Vallée de l’Arbresle

De Duerne, j’ai encore longé la crête un moment, surpris de me sentir un peu fatigué mais comprenant la raison quand je suis arrivé au col des Brosses à 867 m. J’ai croisé plusieurs cyclistes sur cette route, tous évidemment des sportifs avec des vélos de course qui me taxaient d’un air légèrement supérieur. Je pense que c’étaient des retraités venus de Lyon car le col fournit une grande côte régulière quand on vient du Rhône.

 

Etang d'Yzeron

Etang d’Yzeron

Le trajet était beaucoup plus facile pour moi puisque je descendais. J’ai eu des craintes qu’il soit difficile de trouver un endroit agréable pour une pause près de Lyon et je me suis donc arrêté après quelques kilomètres de descente près d’un étang. Il y avait un parking gigantesque mais quasiment vide, j’ai vu seulement quelques familles musulmanes qui se promenaient, heureuses d’échapper à la chaleur étouffante pour laquelle Lyon est connu. Ma photo de l’étang m’a un peu surpris, les couleurs sont vraiment intenses et on n’a pas l’impression d’une grosse chaleur.

 

Monts du Lyonnais près d'Yzeron

Monts du Lyonnais près d’Yzeron

J’avais envisagé de me promener dans le village d’Yzeron à cause du joli nom en Y mais il est sur un piton et j’ai jugé que ce n’était pas indispensable. J’ai donc continué la descente pendant encore 13 km, ce qui en fait l’une des plus longues de la première moitié du voyage. La route est fort tortueuse mais pas trop raide, ce qui était très amusant.

 

Site d'Yzeron au fond sur la crête

Site d’Yzeron au fond sur la crête

J’ai quitté la route à l’entrée de la banlieue de Lyon pour rejoindre le Rhône directement plutôt que de longer la nationale. Comme autour de Toulouse, ces petites routes entre les villes de grande banlieue ne sont pas vraiment adaptées à la circulation impatiente et j’ai énervé pas mal de voitures, d’autant plus que la route monte et descend plusieurs fois.

Je n’ai pas eu de peine à me retrouver dans le premier village, Brindas, qui semble connu pour son maraîchage. Le deuxième, Chaponost, est plus compliqué, et je n’ai pas compris pourquoi on me faisait suivre un itinéraire aussi compliqué. Je dois toutefois reconnaître que je suis effectivement arrivé devant l’aqueduc romain indiqué sur la pancarte.

 

 Aqueduc romain de Chaponost

Aqueduc romain de Chaponost

Il était sûrement beaucoup plus long et certaines sections étaient sûrement beaucoup plus hautes, mais celle de Chaponost m’a beaucoup intéressé. D’abord, il en reste 92 arches sur plus de 500 m, ce qui donne vraiment une impression d’aqueduc, contrairement à la plupart des ruines du genre. Comme il n’est pas très haut, on voit bien la conduite d’eau au-dessus des arches. Et les piliers ont gardé une partie de leur revêtement en mosaïque de calcaire. Vraiment intéressant.

J’étais déjà descendu encore un peu jusqu’à l’aqueduc et je ne me doutais pas que j’allais encore descendre une falaise avec plusieurs épingles à cheveux. C’était très amusant ! En bas, il ne restait plus qu’à longer un fond de vallée sur quelques kilomètres de plus en plus encombrés jusqu’au centre d’Oullins, terminus du métro de Lyon vers le sud-ouest. J’avais toutefois encore le temps de finir le trajet à vélo.

 

 Résidence universitaire à Oullins

Résidence universitaire à Oullins

J’ai hésité un petit moment mais j’ai supposé qu’il y aurait une voie cyclable directement le long du Rhône et je suis allé vérifier. Le trajet pour traverser la ligne de train est un peu compliqué mais la résidence universitaire que j’ai trouvée au bout de la rue en bordure de Rhône en valait la peine. Finalement, il n’y a pas de voie cyclable mais la route pleine de chicanes est peu pratique pour les voitures et donc très tranquille à vélo.

Malheureusement, on arrive ainsi à un horrible carrefour semi-autoroutier où je ne savais pas trop quoi faire. J’ai décidé de monter sur le trottoir bien qu’il soit très étroit et probablement pas prévu pour circuler à vélo, et je suis passé ainsi sur la Saône jusqu’à la pointe de la presqu’île de Perrache. L’avantage est que j’ai eu ainsi une vue imprenable du nouveau Musée des Confluences, la tentative lyonnaise d’attirer les touristes comme le Centre Pompidou Metz ou surtout le musée de Bilbao.

Comme je n’ai pas eu l’occasion de retourner visiter le musée, j’ai bien fait de prendre plusieurs photos sur le moment. A partir du musée, on est sur le territoire de la ville de Lyon qui a un réseau assez efficace de voies cyclables. Elles se perdent parfois sans prévenir, mais celles de la presqu’île sont efficaces entre le musée et la gare de Perrache.

A ma grande surprise, un long tunnel avec plusieurs virages est réservé aux vélos sous les quais de la gare. De l’autre côté, il n’y a plus de pancartes et je me suis guidé d’après le plan de ville que j’avais, longeant tout simplement la zone piétonne avec la série de belles places qui sont la spécialité de Lyon. Je n’ai pas pris de photos, je commençais à être fatigué et je pensais avoir une autre occasion à la fin du voyage.

Le lendemain, je ne prenais le train pour Metz qu’à 15 h et j’ai donc eu le temps d’aller au marché. J’ai beaucoup admiré le choix et les prix intéressants, en particulier pour les fruits et légumes. A Luxembourg, on va au marché pour montrer que l’on est gastronome et les prix sont bien plus élevés qu’au supermarché. A Lyon, c’est vraiment l’endroit où l’on fait ses courses parce que les produits sont meilleurs et meilleur marché.

Le voyage pour Metz s’est bien passé, puis j’ai encore changé pour Bettembourg et j’ai marché à pied ensuite sur 6 km car le seul TGV Lyon-Metz arrive si tard que je n’ai plus de train pour chez moi. Cela m’a pris un peu plus d’une heure et demie mais je n’ai pas regretté car marcher dans la fraîcheur nocturne était très agréable après les journées de vélo dans la chaleur de Provence. En plus, je n’avais pas de bagage en dehors du petit sac supérieur qui se porte en bandoulière.

En sens inverse de Metz à Lyon, on arrive tard à Lyon (21 h) mais c’est moins problématique. Pendant que j’étais à Luxembourg, j’avais fait examiner le vélo par un machand à Lyon, ayant cassé un rayon. Cela ne m’avait pas empêché de rouler mais la roue légèrement voilée était gênante. Je n’ai pas fait réparer les pédales, pensant que ceci demandait sûrement un rendez-vous -cela a pris une semaine quand je l’ai fait faire à Esch en juillet. Il y avait un couinement persistant qui aurait pu provenir des pédales. Puisqu(il n’a pas disparu avec les nouvelles pédales, il y a en fait une autre raison…

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