Etape 22: Coteaux du Dauphiné avec Vienne

Samedi 27 juin

117 km, dénivelé 910 m

Saint-Christophe – zone industrielle du Grand-Serre – Roybon – D71 – Marnans – Marcilloles – Penol – Sur Chardon – Cour-et-Buis – Bérardier – D41B – Vienne-Charlemagne – Vienne Centre – rive droite du Rhône – pont de Chasse – D312 – Saint-Fons – voies de chemin de fer vers Lyon-Perrache – avenue Berthelot – place Carnot – Terreaux – Croix Rousse

Très beau et très chaud, petite brise de Nord par moments

Coteaux du Dauphiné avec Vienne, départements 26, 38 et 69

Etape un peu longue bien que pas trop physique. On peut trouver beaucoup d’alternatives plus courtes jusqu’à Vienne, par exemple via Hauterives et Roussillon.

Comme j’étais déjà passé une fois au Palais Idéal du facteur Cheval à Hauterives lors d’un trajet en voiture, j’ai trouvé que c’était une bonne occasion d’éviter cette fois la vallée du Rhône avec ses usines et sa circulation. Pour cela, il me fallait passer de la petite vallée de Saint-Christophe à la grande vallée de la Galaure. Le chemin d’accès de la chambre d’hôtes m’a ramené presque tout en bas dans le vallon et il ne restait plus qu’à monter, ce que j’ai trouvé un peu fatigant comme première activité de la journée. Même si ce n’est pas très raide, c’était nettement plus long que je ne m’y attendais.

J’ai eu un peu de peine à m’orienter en haut faute de panneaux puisque je cherchais à rejoindre le Grand-Serre plutôt que Hauterives. J’ai eu de la chance de trouver la bonne petite route mais j’ai moins apprécié de traverser un ravin inutile si raide que j’ai poussé un peu le vélo. Heureusement, on descend après enfin vers la vallée. Je ne suis pas allé jusqu’au Grand-Serre, village perché, et je n’ai donc pas vu la halle médiévale. Je suis resté dans la vallée sur la route principale aussi ennuyeuse que les départementales de vallée dans le Lauragais.

 

Centre de Montfalcon

Centre de Montfalcon

Je reconnais que le trajet était rapide et qu’il ne faisait pas encore chaud, ce qui fait que je suis arrivé rapidement à Montfalcon, toute petite commune de 121 habitants qui est née autour d’une commanderie templière et d’un château médiéval. Les sept maisons autour de l’église sont belles car bâties en galets posés très soigneusement en arêtes de poisson à la mode romaine. Les galets sont courants dans la région mais rarement avec un tel soin dans la maçonnerie. En quittant le village, je suis passé devant une belle maison forte qui a incorporé les restes du château médiéval.

 

Château de Montfalcon

Château de Montfalcon

Comme j’avais lu dans un prospectus fort utile à la chambre d’hôtes qu’il y a une église romane à Marnans, j’ai ajouté un détour par ce hameau et ceci m’a conduit à passer dans le petit chef-lieu de canton fort isolé de Roybon. Le bourg est agité depuis des années par une controverse importante sur l’opportunité de laisser Center Parcs y construire un village de vacances dans une zone protégée.

La controverse porte d’une part sur les mesures de compensation écologiques proposées et d’autre part sur le montage financier, Center Parcs demandant au bourg de renoncer les premières années aux revenus fiscaux (et demandant des subventions au département). Le site isolé correspond bien à l’idée d’offrir un endroit de délassement aux citadins de la région de Lyon ou de Grenoble.

Préau sous la mairie à Roybon

Préau sous la mairie à Roybon

 

Roybon n’a pas de monuments historiques majeurs mais a finalement mérité un petit arrêt. D’abord, il y avait une boulangerie utile vu que je voulais acheter un en-cas plutôt que du matériel de pique-nique le dernier jour du voyage. Ensuite, la mairie est construite bizarrement au-dessus d’un espace bétonné qui a peut-être servi de garage ou d’atelier autrefois mais qui sert maintenant de préau pour l’école et qui est orné de fresques originales. Il y a un clown pincé par une écrevisse, un éléphant bleu, des poissons fantaisie, une scène de marché et un couple géant nu dans un style fusain. L’ensemble est désordonné mais chaque détail séparément est vraiment intéressant ou charmant.

 

Statue de la Liberté à Roybon

Statue de la Liberté à Roybon

Entre la boulangerie et la mairie, il y a une statue en bronze de 3 mètres de haut qui est une copie inattendue de la Statue de la Liberté de New York. Elle fut offerte en 1903 par le sculpteur, Bartholdi, à un de ses amis, homme politique. Son fils devint plus tard sénateur de l’Isère et fit installer la statue sur la place en mémoire de son père.

Puisque Roybon est dans la vallée de la Galaure, il faut monter une côte pour en sortir. A cause de pancartes peu claires et par peur d’une côte raide, je me suis retrouvé sur la départementale de La Côte Saint-André qui a l’avantage de monter avec une pente modérée et une série de virages dans la forêt. Je me suis rendu compte au sommet de la côte que je m’étais trompé et j’ai été très content de trouver une petite pancarte provisoire mise en prévision d’un concert et qui indiquait un accès vers Marnans par un chemin de campagne. Il rejoint d’ailleurs la route prévue à l’origine peu après.

 

Etang sur le plateau

Etang sur le plateau

Le petit plateau était un peu différent des crêtes de la veille, il est en partie boisé et surtout plein d’étangs grâce au sol argileux, comme dans les Dombes sauf qu’il y a beaucoup moins d’arbres entre les champs de céréales. Une partie du plateau est utilisée comme camp militaire, ce qui permet de protéger une série d’étangs abritant des plantes rares. Depuis les bordures du plateau, on a des vues étendues sur les vallées qui le délimitent, celle de la Galaure au sud et celle plus large de l’Oron au nord.

 

Descente vers la plaine de Bièvre

Descente vers la plaine de Bièvre

Portail du prieuré de Marnans

Portail du prieuré de Marnans

Une descente tortueuse et raide permet de rejoindre le hameau de Marnans où j’ai effectivement trouvé un ancien prieuré roman d »un style très simple, probablement cistercien. La façade est curieuse avec un décor de colonnes et d’entablure plutôt romain que roman, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit d’époque. Un modèle réduit à l’intérieur montre la façade de style romain.

Maquette de l'ancien prieuré

Maquette de l’ancien prieuré

Chapiteau roman archaïque

Chapiteau roman archaïque

Le chœur du prieuré est très simple mais évocateur et lumineux. Le seul détail de décoration que j’ai remarqué est un chapiteau avec un décor de feuilles légèrement stylisées qui est typiquement roman.

 

Mairie en galets à Viriville

Mairie en galets à Viriville

Le vallon de Marnans rejoint la grande vallée au niveau du village assez agité de Viriville, dont la population a fortement augmenté depuis 2010 après des années de stagnation. Peut-être l’effet d’un lotissement ? J’ai pris une photo de la mairie qui est un bâtiment banal et récent mais qui est construite en galets de rivières, style que je voulais illustrer. On peut voir la différence avec les murs de la mairie de Montfalcon, plus soignés.

 

Eglise en galets à Penol

Eglise en galets à Penol

A partir de Viriville, j’aurais mieux fait de passer par Sardieu plutôt que par Marcilloles, mais c’est de toute façon un trajet sans grand intérêt parmi les champs de céréales, un long fanx-plat descendant suivi d’un long faux-plat montant. De l’autre côté de la vallée, on arrive ainsi à Penol, village très ancien qui renaît depuis qu’une route améliorée permet aux navetteurs de s’installer.

 

Eglise de Penol

Eglise de Penol

L’église en galets a un portail roman très simple et c’est surtout l’intérieur qui est intéressant par ses proportions avec une curieuse ébauche de charpente soutenant la voûte. Dans l’abside, il y a quelques chapiteaux avec un décor roman classique de tête de monstre dans du feuillage mais surtout une abside avec une fresque de rinceaux assez curieux.

 

Abside à Penol

Abside à Penol

Comme j’avais passé un certain temps à visiter des curiosités, il était temps que j’avance un peu plus vite et aussi un peu plus directement en direction de Lyon. J’ai donc pris la route la plus rapide vers Vienne. Elle monte une première côte jusqu’au hameau au nom curieux de « sur Chardon » puis une seconde avant d’entrer dans une grande forêt. On descend alors vers le prochain village au nom curieux, Cour-et-Buis.

Comme je rejoignais là une route beaucoup plus passante, j’ai décidé de pique-niquer, profitant d’une fontaine et d’un banc à peu près ombragé sur le mail. L’endroit était bruyant avec le carrefour de la départementale mais les bancs du terrain de sports étaient inaccessibles car un club préparait une activité. Après la pause, une longue côte un peu pénible au soleil m’a permis de franchir la dernière crête puis la route a commencé à descendre vers Vienne. La vue n’est pas très excitante mais on descend sans interruption sur 10 km vu que le Rhône est apparemment beaucoup plus bas que les coteaux dauphinois.

A l’entrée de Vienne, j’ai beaucoup hésité entre la route indiquée qui semblait avoir une propension fâcheuse à devenir une déviation très raide, ou une ancienne route non indiquée dont j’ignorais si elle me mènerait dans le centre. Il faut finalement suivre les pancartes pour Pont-Evêque puis celles pour le quartier Charlemagne. On se retrouve alors un peu miraculeusement sur l’ancienne nationale en contournant le coteau très raide de la déviation.

Vienne est une ville importante et animée mais surtout très touristique. Puisque j’y étais un samedi, on combinait les excursionnistes et les croisiéristes puisque cela semble être une étape obligée des bateaux descendant le Rhône au même titre que Viviers. On reconnaît les passagers à leur âge, à leur sens inné de la combinaison short à fleurs – gros appareil photo – bagouzes voyantes en toc, et à leur ruban auquel pend la carte d’accès au bateau.

 

 Vieille maison à Vienne

Vieille maison à Vienne

Vienne était non seulement un nouvel arrondissement pour ma collection, mais aussi un des grands sites que j’avais eu envie de voir vu la réputation du temple romain. En fait, il y a beaucoup plus de choses à voir sans même visiter le musée de la ville romaine, situé d’ailleurs sur la rive droite dans la commune voisine. Les maisons ne sont pas vraiment remarquables, elles sont le plus souvent crépies comme en Provence et il y en a peu avec des pans de bois bien que les forêts de montagne ne soient pas tellement loin.

Vienne était un petit oppidum gaulois (c’est le premier défilé du Rhône en aval du confluent avec la Saône) puis devint une grande ville romaine. Lyon ne fut fondé que plus tard par des personnes expulsées de Vienne pour avoir comploté. Vienne resta un grand centre religieux et fut la capitale d’un royaume indépendant qui allait des Alpes à la Provence à l’époque carolingienne. Vienne devint ensuite une principauté ecclésiastique annexée par la France en 1450, ce qui causa son déclin. Du fait de la fermeture des filatures, c’est une des villes de France les plus pauvres pour sa taille.

 

 Hôtel de ville de Vienne

Hôtel de ville de Vienne

L’avantage d’un tel déclin est que la ville a gardé des monuments de ses époques glorieuses, à commencer évidemment par le célèbre temple romain que j’ai été voir en premier. Ceci m’a fait passer devant l’hôtel de ville et je n’étais pas assez obsédé par le temple pour ignorer ce monument intéressant qui fait penser à la cour d’un palais italien du XIXème siècle avec arcades en plein cintre et galerie au premier étage.

On voit une estrade au milieu de la place; elle est liée au célèbre festival de jazz qui battait son plein lors de mon passage. Un groupe jouait même dans les ruines de l’ancien théâtre romain et j’ai été tenté de m’asseoir pour écouter. On ne pouvait pas voir sans entrer dans une enceinte de grandes bâches, nécessaires soit pour l’accoustique soit pour les finances. Le théâtre ne m’a pas paru en bon état comparé à celui d’Orange et la musique ne me plaisait finalement pas, ce qui fait que je ne suis pas resté longtemps.

 

Temple d'Auguste et Livia à Vienne

Temple d’Auguste et Livia à Vienne

Une fois arrivé au temple romain, j’ai attendu le départ d’un groupe de croisiéristes américains pour prendre quelques photos. Le temple date presque de la fondation de la ville, il honore l’empereur Auguste qui venait d’être déifié. Le bâtiment a été abîmé peu après et on l’a rénové en ajoutant une dédicace à Livia, femme d’Auguste, qui avait été déifiée également entre-temps (après tout, nous déifions Sissi, David Beckham et Lady Gaga, alors pourquoi pas Auguste et Livia ?).

 

Chapiteaux romains authentiques

Chapiteaux romains authentiques

Le temple a survécu parce qu’il a servi d’église puis même de tribunal et de bibliothèque municipale. Il est un peu plus petit que la Maison Carrée de Nîmes, mais il a l’avantage de ne pas avoir été récuré: à Nîmes, les colonnes d’un blanc éblouissant paraissent presque neuves et m’ont semblé moins évocatrices qu’à Vienne. Le temple est peu décoré mais les colonnes m’ont intéressé du fait que les feuillages corinthiens ont été beaucoup imités au Moyen-Âge. Il faut reconnaître que les sculpteurs romains travaillaient très bien.

 

Eglise Saint-André à Vienne

Eglise Saint-André à Vienne

En dehors des monuments romains, Vienne a aussi des monuments médiévaux puisque c’est l’autre grande époque de la ville. Je ne suis pas allé jusqu’à l’ancienne abbatiale Saint-Pierre, qui est un monument exceptionnel du Vème siècle mais qui est maintenant un musée et qui est donc compliquée à visiter pour moi. Par contre, je suis allé voir l’abbatiale Saint-André-le-Bas qui date du XIIème siècle.

 

Clocher de Saint-André

Clocher de Saint-André

C’est aussi un musée et je n’ai donc pas pu voir le cloître roman ni les chapiteaux, mais je pouvais bien admirer le superbe clocher qui est orné de très nombreux petits corbeaux en forme de têtes de monstres. L’abbatiale donne directement sur le quai du Rhône, ce qui ne manque pas de charme. La vue aurait été moins charmante avant 1974 quand la N7 passait le long du fleuve à cet endroit…

 

Vue depuis Saint-André sur le Rhône

Vue depuis Saint-André sur le Rhône

Cathédrale de Vienne

Cathédrale de Vienne

Le dernier des grands monuments médiévaux est logiquement la cathédrale, ancienne primatiale de Gaule mais maintenant simple co-cathédrale avec Grenoble puisque le Concordat de 1801 ne permettait qu’un évêque par département. Le bâtiment est en partie roman tandis que la façade est gothique flamboyant. Les statues furent détruites par les Protestants pendant les guerres de religion; heureusement, les petites sculptures des voussures qui avaient une apparence plus profane sont intactes et sont d’une admirable finesse et d’une grande variété. Dommage qu’elles soient un peu difficiles à voir.

 

Voussures du portail de la cathédrale

Voussures du portail de la cathédrale

Chœur avec tapisseries

Chœur avec tapisseries

A l’intérieur, il y a tout un mélange de choses passionnantes mais peu coordonnées comme des tapisseries flamandes du XVIème siècle et un volumineux mausolée du XVIIIème siècle qui m’a fait penser à celui du Maréchal de Saxe dans un temple de Strasbourg. Le cardinal-archévêque dont c’est le tombeau était un des prélats mondains de la cour de Louis XIV et de Louis XV; Saint-Simon dit de lui que sa nomination était scandaleuse vu son goût éhonté pour les valets de chambre,

 

 Monument dans l'abside

Monument dans l’abside

Chapiteaux de la nef

Chapiteaux de la nef

Comme je suis toujours très intéressé par les sculptures romanes, j’ai particulièrement admiré une série de chapiteaux historiés dans la nef, ils rappellent tout à fait le style de la Bourgogne. J’ai pris le temps de les regarder puisque je pensais que mes hôtes ne seraient pas trop gênés de me voir arriver à nouveau vers 20 h. Un autre détail roman est inhabituel, il s’agit d’une frise à croisillons au niveau du triforium avec des médaillons en bas-relief. Je ne me souviens pas avoir vu cela ailleurs.

 

Frise inhabituelle

Frise inhabituelle

 Fresque gothique

Fresque gothique

J’ai aussi vu des fresques assez pâlies qui me semblent gothiques, une très curieuse chaire néo-classique et surtout trois portails intérieurs.

 

Chaire néoclassique

Chaire néoclassique

Signes du zodiaque

Signes du zodiaque

Normalement, on décore l’extérieur d’un portail, mais c’est l’inverse à Vienne, à moins qu’il ne s’agisse d’un réemploi. Un des portails porte une frise avec des signes du zodiaque extraordinairement détaillés. Il paraît qu’il manque un seul signe, et que l’on ne sait pas pourquoi. On voit bien sur la photo la balance, le cancer, les poissons etc.

 

Portail à l'intérieur de la cathédrale

Portail à l’intérieur de la cathédrale

Le deuxième portail est orné de dais qui abritaient des statues, un décor étonnant pour un intérieur. Le troisième comporte plusieurs plaques avec des statues hiératiques mutilées, ce seraient des restes du jubé et les personnages seraient Hérode et les rois mages. A un autre endroit, j’ai vu une très belle statue de Saint Pierre avec des pieds assez extraordinaires et des plissements style Moissac. Pour tout dire, la cathédrale de Vienne est extrêmement riche et mérite une longue visite, c’est presque un musée plutôt qu’un programme iconographique cohérent.

 

Statue romane rappelant Moissac

Statue romane rappelant Moissac

Ayant passé déjà pas mal de temps dans la ville, j’ai commencé à avoir envie de continuer. J’avais cependant d’abord besoin de faire une pause pour manger un en-cas et je n’avais pas trouvé d’endroit agréable pour le moment, ce qui fait que j’ai repéré un banc attirant sur l’autre rive du Rhône, que l’on peut rejoindre par une passerelle réservée aux piétons et aux cyclistes. Plutôt rare pour un aussi grand fleuve.

 

Château fort de Vienne

Château fort de Vienne

Depuis le pont, on a une belle vue sur les collines qui dominent Vienne sur la rive gauche et qui portent les ruines d’un château fort. C’est là qu’habitaient les archevêques au Moyen-Âge quand ils étaient encore seigneurs indépendants. La rive droite plus plate fait partie du département du Rhône et c’est donc une autre commune, Saint-Romain-en-Gal. On y trouve une ancienne église templière qui vaut surtout par sa grosse tour presque au bord du Rhône.

 

 Le Rhône avec Saint-Romain-en-Gal

Le Rhône avec Saint-Romain-en-Gal

Quand je suis arrivé à mon banc au bord du fleuve, j’ai constaté que des panneaux vantaient une piste cyclable en direction de Lyon. Je m’étais effectivement posé la question du meilleur trajet puisque je ne voulais évidemment pas prendre la nationale. Il y a une petite route par Villette qui paraissait assez secondaire pour être tranquille, mais une piste cyclable était évidemment une bien meilleure solution. J’avais déjà rencontré cet itinéraire au début du voyage entre Donzère et Viviers, et trois ans avant près de Yenne. Il longe le Rhône de Genève en Arles – en théorie tout du moins.

 

Site romain à Saint-Romain-en-Gal

Site romain à Saint-Romain-en-Gal

Trois cents mètres après le banc, premier arrêt pour les vestiges romains. La ville impériale s’étendait des deux côtés du fleuve même si le forum était sur la rive gauche, et on a découvert bien plus de vestiges sur la rive droite où il y a eu moins d’urbanisme au Moyen-Âge et après. J’ai pris la photo même si je trouve les bouts de murs par terre peu excitants en soi. On a construit un musée explicatif qui est sûrement très utile – je suis moins sûr pour le style du bâtiment, qui pourrait être un lycée ou une aérogare et qui n’a rien de romain.

 

Musée de style assez fade à Saint-Romain-en-Gal

Musée de style assez fade à Saint-Romain-en-Gal

Après l’arrêt romain, j’ai suivi le chemin de halage qui sert de piste cyclable, parfois le long d’une petite rue de banlieue mais sans que cela gêne. On finit par arriver à une passerelle en ferraille fort étroite où il faut pousser le vélo puis on peut longer une île toute en longueur qui sert de base de loisirs. A l’extrémité sud, on aurait pu avoir envie de faire une pause pour admirer la jeunesse en maillot de bain (il faisait chaud), le reste était à peu près vide en dehors de quelques chiens traînant leurs maîtres.

Au bout de l’île, la piste cyclable s’éloigne légèrement du Rhône pour laisser la place à des entrepôts en bordure du fleuve. Il n’y a pas lieu de se plaindre, c’est toujours une piste bien groudronnée simplement un peu envahie par des buissons très encombrants. Puis on arrive à la frontière de la commune suivante et la piste disparaît. On se retrouve sur la nationale 88, une ligne droite où camions, caravanes et navetteurs évitant le péage de l’autoroute essayent de foncer. Je dis essayent car il y a des feux et un long village au nom surprenant de Loire-sur-Rhône. C’est dans ce village que l’on a créé une variété de cerise connue, la burlat, nommée d’après un arboriculteur local.

J’étais vraiment déçu par la traversée de Loire et la disparition de la piste cyclable. Je pense que les touristes suisses et allemands sont très étonnés de se retrouver sur une nationale aussi dangereuse. En plus, les pancartes de l’itinéraire cycliste disparaissent complètement et on se demande par où l’on doit continuer. J’ai longé bravement la nationale sur 5 km puis je suis arrivé sans vraiment m’y attendre à un pont sur le Rhône qui me donnait la possibilité de choisir sur quelle rive continuer.

 

Pont de Givors

Pont de Givors

Il semblait y avoir une route plus tranquille sur la rive gauche et j’ai donc traversé le pont, qui a en plus un charme assez irrésistible. C’est effectivement un vénérable pont suspendu de 1839. Les voitures ne peuvent pas s’y croiser et il y a donc un système de feux alternés. J’ai attendu sagement mon tour avant de traverser, mais le pont est si long que j’avais finalement une bonne queue de voitures derrière moi quand je suis arrivé à l’autre bout.

J’ai hésité un peu sur la route que je cherchais à rejoindre, les pancartes étant plus faites pour la circulation locale, mais j’ai finalement eu de la chance et je ne me suis pas perdu. En fait, il suffit de continuer toujours tout droit vers le nord… La route devient tranquille et modeste mais n’est pas très jolie. Elle passe entre l’autoroute et divers petits entrepôts. Comme c’était un samedi, il n’y avait presque personne et j’ai donc très bien roulé; je ne sais pas si j’aurais apprécié en semaine.

Tout à fait à la fin, la route rejoint l’autoroute, mais une pancarte prévient suffisamment à l’avance qu’il y a une piste cyclable et je n’étais donc pas inquiet. Effectivement, on a construit un petit passage entre les rambardes de l’autoroute et le grillage d’une gigantesque usine chimique. Le passage donne ensuite dans une rue franchement zone entre des usines puis débarque à un pont sur le chemin de fer où j’ai hésité un bon moment.

Finalement, j’ai traversé le chemin de fer et je suis passé devant la mairie de Saint-Fons afin de retrouver la nationale 7, qui est ici une rue de banlieue assez étroite comme les rues de Levallois. Je trouvais que c’était plus simple que de traverser une zone industrielle le long du port. Ma carte montrait clairement qu’il faut traverser deux lignes de chemin de fer avant de pouvoir tourner à gauche vers la presqu’île de Perrache.

Effectivement, même si l’on s’impatiente un peu avant de trouver la seconde ligne de chemin de fer, on finit par l’atteindre. C’est aussi la limite de la ville de Lyon et on trouve des pancartes indiquant un itinéraire cycliste vers Perrache. J’ai eu des doutes à certains endroits, mais l’itinéraire conduit effectivement à un pont sur le Rhône puis à la place devant la gare. A partir de là, j’ai suivi presque exactement le trajet essayé deux semaines avant. Autant rester sur la grande avenue piétonne car les rues parallèles sont pleines de sens uniques inattendus et de feux très longs.

 

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