Etape 5: Sidobre et Monts de Lacaune

(5ème étape d’un voyage cyclotouriste de Toulouse à Nice en mai et juin 2013)

Samedi 18 mai

92 km

Dénivelé 1080 m

Couvert avec quelques gouttes orageuses, 11°

Lacrouzette – Campselves – Peyro Clabado – Vabre – Pierre Ségade – Laval Roquecézière – Saint Sernin sur Rance – Plaisance – Le Cayla

Sidobre et Monts de Lacaune, départements 81 et 12

Vallée de l'Agout

Vallée de l’Agout

Etape de durée et de dénivelé très bien calculés. Le temps a été très menaçant toute la journée, mais j’ai pratiquement évité tout de la tempête. Alors que j’avais fait un trajet étonnamment grand sur la carte la veille, celui de ce jour paraît étonnamment court à vol d’oiseau. Les paysages sont magnifiques comme souvent dans le Massif Central mais c’est une région particulièrement peu touristique et je n’avais donc pas d’attentes particulières, ce qui m’a valu de très bonnes surprises.

J’avais discuté pendant le dîner avec la dame des buts de promenade dans la région et elle m’avait recommandé de voir si possible un des rochers granitiques qui font sa célébrité et qui sont marqués en gros sur la carte Michelin. Certes, elle m’avait menacé d’une côte raide, mais un panneau dans le village m’a donné à penser que je pouvais atteindre divers rochers par une route plus longue mais plus douce.

J’ai trouvé sans trop de peine la petite route du panneau; c’est le genre de petite route que j’aime beaucoup, très tortueuse, montant progressivement dans une forêt dense. On devine dans la forêt, en particulier dans les fonds de vallons, diverses petites usines. J’ai mis un certain temps à comprendre que ce sont les carrières de granite pour lesquelles le Sidobre (le plateau de Lacrouzette) est connu chez les pompes funèbres et aménageurs de places piétonnes. Ce granite est en fait un unique bloc gigantesque de roche volcanique.

J’avais deviné l’importance du granite dans l’économie locale en voyant une sculpture moderne assez gigantesque sur le foirail, mais j’ai été surpris de voir que les carrières sont toutes des PME familiales. J’ai vu plus tard deux usines plus grandes mais qui restent des PME. Ces petites carrières cachées dans la forêt m’ont fait un peu penser aux anciennes carrières de grès luxembourgeois et n’existent probablement encore que parce qu’il y a peu de plateaux granitiques en France (principalement les Monts d’Arrée et l’Aubrac).

Jardein avec granit

Jardein avec granit

Ma petite route a fini par quitter les carrières pour monter avec d’innombrables virages serrés et l’un ou l’autre petit raidillon jusqu’à deux petits cols successifs. J’imagine mal des camions de granite dans ces routes et je suis en tous cas soulagé d’y avoir circulé un samedi quand ils restaient au garage. Je n’ai longtemps vu en guise de granite que des petits rochers gris dans les jardins de châlets, d’où la photo.

Ma petite route a finalement rejoint une départementale au niveau d’un chaos rocheux si j’en crois ma carte, mais je n’ai pas trouvé de traces de ce chaos en longeant la route sur une certaine distance. Je pense qu’il faut y aller en suivant un sentier de randonnée. En revenant plus près de Lacrouzette, j’ai enfin vu une pancarte pour un rocher mentionné sur ma carte, celui de Peyro Clabado (« pierre clouée » en occitan).

Peyro Clabado vu du bas

Peyro Clabado vu du bas

C’est apparemment le seul qui se trouve directement au bord d’une route, et encore uniquement grâce à une carrière juste en face. Le grand parking et les deux établissements de restauration pour touristes montrent que l’endroit est à portée des excursionnistes toulousains du dimanche, mais le temps gris et l’heure matinale faisaient que j’étais tout seul.

On peut monter au rocher qui est bien visible du parking et je me suis même offert le point de vue depuis la colline qui se trouve juste au-dessus. On voit très loin vers la Montagne Noire et la plaine de Castres mais je voyais surtout des nuages très noirs vers le Sud. Pendant que j’étais au sommet, une chape grise est descendue en un instant sur tout le plateau, me laissant dans le brouillard mais curieusement sans qu’il se mette à pleuvoir.

Peyro Clabado

Peyro Clabado

Je suis vite descendu au vélo par peur de la pluie éventuelle mais aussi pour prendre quelques photos du rocher avant qu’il ne soit gris sur fond gris. Vu sous un certain angle, on voit que c’est comme un champignon sur une base toute petite. Il paraît qu’un autre rocher se balance même sur sa base.

 Vallée de l'Agout

Vallée de l’Agout

J’étais finalement très content d’avoir consacré une heure à mon petit tour du Sidobre par une route aussi mignonne se terminant par un site surprenant. On peut apparemment traverser le plateau par d’autres petites routes mais on ne voit pas clairement sur ma carte si elles sont goudronnées et j’ai préféré prendre la route normale pour Vabre au fond des gorges de l’Agout.

Rochers sur la route du Sidobre

Rochers sur la route du Sidobre

La route met 7 km à descendre ce que j’avais monté la veille en 3 et la pente est donc fort douce. Ceci permet de bien profiter de la superbe forêt de feuillus et on passe même devant un bon gros rocher de granite. Le mot savant pour ces gros blocs isolés sortant d’un plateau est « tor », mot celtique venant de Cornouaille où il désigne tout sommet un peu rocheux.

Pont de Thérondel

Pont de Thérondel

A un moment, on a une vue plongeante sur la vallée de l’Agout que traverse un viaduc étroit qui me semble avoir servi au chemin de fer de Lacaune autrefois. Le site correspond au confluent de l’Agout et du Gijou et j’avais besoin de rejoindre la seconde vallée. Ma route charmante descend en pente douce jusqu’à un pont sur l’Agout…

Haute vallée de l'Agout

Haute vallée de l’Agout

Mais au lieu de descendre un peu la vallée jusqu’au confluent qui n’est pas loin, elle remonte la moitié du dénivelé par une pente affreusement raide pour couper derrière une colline. Cela aura été la montée la plus dure du jour et je n’y suis parvenu que parce qu’il y a plusieurs épingles à cheveux que je trouve toujours motivantes.

Horloge de Vabre

Horloge de Vabre

On descend alors enfin sur Vabre, chef-lieu de canton particulièrement isolé avec 800 habitants perdus au fond d’une gorge en pleine montagne. L’isolement a permis aux Protestants de s’y réfugier sous Louis XIV et d’y rester la communauté dominante. Il paraît que l’éthique protestante s’est exprimée pendant l’occupation allemande par une compassion particulière envers les Juifs et les réfractaires du STO qui avaient trouvé là un refuge efficace – mais que les Protestants ont vivement incité à s’engager dans le maquis du Sidobre. On voit la différence: les Catholiques font la charité, les Protestants soutiennent ceux qui cherchent activement à s’en sortir.

Viaduc du Gijou à Vabre

Viaduc du Gijou à Vabre

Comme il était l’heure d’un en-cas que j’avais heureusement eu la prudence d’acheter la veille (probablement à Sorèze), je me suis assis sur la grande place vide du village. Je n’ai vu qu’après les deux curiosités dont une tour à horloge assez typique dans le Midi. Elle servait aussi de porte des remparts avec une arcade étonnamment haute. L’autre curiosité est le très beau viaduc sur le Gijou avec des ogives croisées en granite qui sont probablement uniques en France.

Château de Lacaze

Château de Lacaze

A partir de Vabre, j’ai pu me reposer un peu car j’ai remonté la vallée du Gijou sur près de 25 km. Le paysage est encaissé et verdoyant, jamais tout à fait une gorge mais jamais vraiment ouvert. Le seul village notable est Lacaze avec 300 habitants et surtout un beau petit château dominant le torrent. Le soubassement est aveugle avec des arcades romanes plus solides pour résister aux crues tandis que les étages ont de jolies petites fenêtres gothiques. Il y a une petite tour de coin ronde et une grosse tour donnant sur la place pour protéger le portail.

Château de Vabre dominant le Gijou

Château de Vabre dominant le Gijou

Sur la place, il y a aussi une façade plus tardive avec une superbe glycine et une belle fontaine Renaissance surmontée de ce qui est en fait un quarteron de gargouilles tenant des coquilles Saint-Jacques. Le château semble habité car on mentionne sur Internet des expositions d’un artiste du village.

523 Vallée du Gijou_600x600_100KBLacaze marque l’extrémité des gorges et la vallée devient une petite vallée verdoyante de montagne au cœur des Monts de Lacaune. On voit sur la photo que je n’avais pas de vue vers les sommets mais ils ne dépassent pas 1300 m de toute façon. Le dernier village que j’ai visité dans la vallée est Pierre-Ségade; il fait partie de la commune de Viane mais il n’existe pas de hameau de ce nom. J’ai noté le fait car il est rarissime en France d’avoir une commune ne correspondant pas à une localité.

On voyait bien sur le moment que Pierre-Ségade est le centre de la commune car on y tenait le comice agricole. Mais oui, ceci existe encore dans les régions vraiment isolées. On pouvait admirer une demi-douzaine de stands de braderie, autant de stands de boissons plus ou moins alcoolisées et une importante exhibition de matériel agricole. Je pense qu’une activité était prévue car il y avait des barrières sur le côté de la place. La foule était très clairsemée car il faisait froid et le temps était menaçant.

J’ai cherché un banc car l’heure était appropriée pour pique-niquer avant la montée du prochain col mais j’ai eu de la peine. Au niveau de la foire, les bancs étaient peu nombreux, l’endroit était bruyant et tout était trempé par une forte pluie qui avait dû précéder mon arrivée. Sur la placette vide du centre ville, il y a un banc, mais on est au bord de la route et le site est exposé entre les maisons aveugles.

Pont ancien à Pierre Ségade

Pont ancien à Pierre Ségade

Finalement, j’ai avisé un passage sous une maison en pensant que j’y serais abrité s’il se remettait à pleuvoir. Je suis tombé par hasard de l’autre côté du passage sur un ravissant pont gothique. La rambarde du torrent au pied du pont est abritée par un gros tilleul et m’a semblé parfaite pour ma halte. J’ai vu pas mal de gens passer car la plupart des visiteurs du comice agricole semblaient trouver le pont irrésistible pour une petite promenade entre deux conversations. J’ai donc eu beaucoup de « bon appétit ». Mais l’endroit m’a vraiment beaucoup plu avec les flots du torrent et le pont moussu.

Monts de Lacaune

Monts de Lacaune

Après ma pause, je me suis attaqué à mon col du jour, le Pas de Peyronnenc. Le dénivelé représente 300 m environ et la route est très tortueuse et pas trop raide, avec même des vues occasionnelles vers la vallée, ce qui fait que j’ai trouvé la montée beaucoup plus raisonnable que celle de la Montagne Noire la veille.

Vallée du Dadou après la pluie

Vallée du Dadou après la pluie

Au fur et à mesure, les Monts de Lacaune sont un peu sortis des nuages, mais on voit sur la photo de la vallée du Dadou les traces d’une forte pluie à laquelle j’avais curieusement échappé. Les volutes de vapeur montant des flancs de la vallée sont une vue que j’apprécie toujours car elles montrent que le gros de la pluie est passé et que l’air est en train de s’assécher.

Pas de Peyronnenc

Pas de Peyronnenc

Le col lui-même est très exposé dans un paysage d’estives à 879 m d’altitude et on longe d’abord un peu la crête avant de pouvoir descendre de l’autre côté. La crête est intéressante, elle forme un gros rocher pointu avec au pied le petit village de Laval-Roquecézière.

Maison à Laval-Roquecézière

Maison à Laval-Roquecézière

C’est un petit village de montagne un peu perdu mais avec plusieurs maisons très soignées. Sur le rocher, on a installé une horrible statue de Sainte Vierge qui vaut celle du Puy. Puisque j’avais le temps et que j’ai remarqué les rambardes autour de la statue, j’ai supposé que je pouvais monter voir.

Point de vue de Laval-Roquecézière

Point de vue de Laval-Roquecézière

J’ai donc garé le vélo (mal car il s’est cassé la figure), je suis monté par de grosses marches en pierre fatigantes pour un cycliste et j’ai atteint la statue. En fait, on peut la contourner puis se faufiler sur un passage extrêmement vertigineux le long de la rambarde pour atteindre la table d’orientation.

Vue en direction de Castres

Vue en direction de Castres

Côté Tarn dont je venais, les estives sont en pente douce et la vue est vite bloquée par les croupes arrondies des Monts de Lacaune. On devine toutefois à gauche sur la photo la fin de la Montagne Noire.

Crête entre le Tarn et l'Aveyron

Crête entre le Tarn et l’Aveyron

Côté Aveyron, le rocher domine un ravin de plusieurs centaines de mètres et forme un balcon d’où l’on voit toute la vallée du Rance (« la » Rance est en Bretagne) jusqu’à la vallée du Tarn et au fond le plateau du Rouergue. D’après la table d’orientation, on voit aussi le Mont Mézenc, le Mont Aigoual et l’Aubrac, mais uniquement par très beau temps.

Vallée du Rance dans les nuages

Vallée du Rance dans les nuages

Ce que je voyais était au moins aussi spectaculaire, un ciel presque noir sur la vallée du Rance qui faisait penser à ces films d’horreur dans lesquels des monstres extraterrestres descendent dans la pénombre. Le ciel se dégageait très rapidement derrière le mauvais temps et des bancs de nuages flottaient à mi-pente avant d’être effilochés par le vent quand ils montaient à la hauteur de la crête.

Vallée du Rance

Vallée du Rance

Je suis resté un bon moment à admirer, pensant aussi qu’un peu de patience me garantissait que le mauvais temps continuerait à s’éloigner. Je suis ensuite descendu un moment sur la crête avec une dernière vue spectaculaire des volutes presque bouillonnantes qui montaient des ravins puis je suis descendu par une route très amusante vers la vallée du Rance.

Site de Pousthomy

Site de Pousthomy

On descend de 600 m en 10 km environ et la pente est donc assez sensible. Heureusement, la route n’était plus trop trempée (sinon, j’aurais pu glisser et j’aurais beaucoup usé les freins). Il y a des virages mais beaucoup plus larges que dans le Tarn, ce qui la rend moins dangereuse en descente.

Au milieu de la descente, je me suis arrêté un moment pour laisser aux freins le temps de refroidir et j’ai alors remarqué une pancarte sur la « statue-menhir » de Pousthomy. Ne m’attendant à aucune curiosité culturelle exceptionnelle, je me suis précipité pour examiner le monument. Je n’en avais jamais vu de semblable et ceci semble une spécialité d’une petite région dans le sud de l’Aveyron. Les statues sont précieuses et la plupart de celles que l’on voit sont des copies (les originaux sont au musée de Rodez), mais ceci ne se remarque pas vraiment pour des statues en pierre.

Statue-menhir vue de face

Statue-menhir vue de face

Au contraire des menhirs bretons qui ne sont pas ornés (seules les pierres intérieures des chambres funéraires le sont), les statues de l’Aveyron sont clairement sculptées et rappellent ainsi plus les stèles des Vikings ou des Pictes que les menhirs bretons. Elles montrent toujours des êtres humains reconnaissables qui sont clairement des femmes ou des hommes.

Statue-menhir vue de dos

Statue-menhir vue de dos

La première photo ne montre donc pas une tête de profil avec un bandeau comme on pourrait le penser en se souvenant de l’art grec; le bandeau inférieur est la ceinture avec les jambes et le bandeau supérieur est le baudrier avec un poignard. Le triangle à droite est un arc et il y a une tête entre le poignard et l’arc, mais peu visible sur ma photo. L’autre photo montre le dos de la stèle avec l’arrière du baudrier et des plis verticaux qui sont peut-être une tunique se prolongeant sous la ceinture.

Pousthomy

Pousthomy

Je savais que le Rouergue est la seule région de France où l’on trouve une concentration de mégalithes hors de Bretagne, mais je n’avais vu lors d’autres voyages que des formes classiques comme un cercle de petites pierres ou un dolmen. Les statues-menhirs étaient donc une nouveauté. On ne sait évidemment pas ce qu’elles montrent et on a des doutes sur le fait que ce soient des divinités vu qu’elles sont la taille et l’habillement d’humains normaux. Ce sont peut-être des représentations d’ancêtres tutélaires ou de personnalités marquantes.

Pont sur le Rance

Pont sur le Rance

Après cet arrêt court mais passionnant à Pousthomy, j’ai fini la descente jusqu’à Saint-Sernin où j’ai traversé le Rance, un petit fleuve plein de gros remous et de boue rougeâtre après le mauvais temps. Le village est un modeste chef-lieu de canton de 675 habitants qui m’a semblé à première vue n’avoir aucun magasin – en fait, ils sont sur la nationale qui borde le haut du village et que je n’ai pas empruntée.

Bords du Rance

Bords du Rance

Le village est ancien mais les remparts ont disparu et on admire simplement la cascade de maisons pittoresques qui descendent de la collégiale au pont sur le fleuve. Il y en a une qui me plait bien avec des balcons un peu inégaux donnant directement sur l’eau.

Clef de voûte à Saint-Sernin

Clef de voûte à Saint-Sernin

Je suis évidemment monté voir la collégiale, première église intéressante de la journée (j’avais raté Notre-Dame-d’Orient près de Pousthomy parce que la carte ne mentionne pas qu’elle vaut le détour, mais j’aurais sûrement hésité vu qu’elle se trouve au fond d’un ravin). J’ai surtout remarqué une superbe voûte en étoile dans une des chapelles avec un orant en clef de voûte. On voit malheureusement très mal les anges posées sur les liserons, décor fréquent en Angleterre mais rare en France. La collégiale date de 1450 environ.

Mairie de Saint-Sernin

Mairie de Saint-Sernin

Parmi les maisons anciennes, la seule qui est vraiment décorée est la mairie qui me semble typiquement gothique. Les étages sont en encorbellement au-dessus du rez-de-chaussée, ce qui est courant, mais le bâtiment est entièrement en pierre et il faut donc supposer que l’architecte ou le maître-maçon avait une grande expérience pour porter un tel poids sur son encorbellement.

On sort de Saint-Sernin sur la rive droite du Rance tandis que la route qui descend la vallée est sur la rive gauche. On traversait autrefois au fond du ravin qui valait aux voyageurs une belle montée après le pont, mais on a construit récemment un viaduc beaucoup plus haut pour améliorer la circulation. La nationale paraît un peu vide pour des travaux aussi importants (elle relie Albi à Saint-Affrique), mais je pense que l’on a justifié les travaux par un meilleur accès pour les camions au camp du Larzac ou aux caves de Roquefort.

Saint-Sernin depuis le nouveau pont

Saint-Sernin depuis le nouveau pont

Je suis bien content de ne pas avoir pris cette route excessivement large où on a coupé les virages au prix de pentes de 9% que je n’aime pas du tout. Mais j’ai pris le viaduc d’où j’ai fait une photo plongeante tout en étant un peu inquiet de la hauteur et de la gêne occasionnée aux voitures.

Je suis descendu ensuite le long du Rance par une route vallonnée mais pittoresque puis j’ai suivi la recommandation de mon hôtesse contactée par téléphone qui m’avait bien recommandé de ne pas aller jusqu’au bourg de Coupiac car sa maison est à 9 km dans un ravin parallèle. Il vaut donc bien mieux monter le ravin directement depuis la vallée du Rance, il y a une bonne côte au début sur 150 m de dénivelé puis c’est plat ensuite.

J’étais un peu inquiet de voir le ravin durer si longtemps mais j’ai effectivement atteint sa maison sur le flanc sud très boisé. La maison en est même un peu sombre sous les arbres, d’autant plus qu’il y a eu une petite averse au moment de mon arrivée. Les gens se sont inquiétés de la terrible tempête que j’avais dû subir pendant la journée comme eux et ils ont été aussi étonnés que moi de voir que j’y avais échappé.

C’est une maison ancienne restaurée comme on en trouve souvent en Aveyron, région de fermes isolées et de petits hameaux perdus dans les ravins. La grange et la maison sont reliées par un corps de logis qui forme la barre centrale d’un U et la chambre d’hôtes est dans le grenier de ce corps de logis au-dessus de l’appartement d’une autre personne (je pense que les grands-parents y vivaient autrefois).

Le gros chien très affectueux avait une envie irrésistible de me coller ses grosses pattes mouillées sur le ventre à chaque vois que je passais dans la cour – mais quémandait souvent pour revenir à l’intérieur. Il est même monté dans la chambre avec la dame et moi et nous avons eu quelques peines à le convaincre de redescendre pour que je puisse prendre une douche tranquille.

L’électricité fonctionne de façon compliquée avec des tas de boutons qui allument rarement ce que l’on espère et les sanitaires gouttaient. Ceci m’a obligé à mettre des boules Quiès la nuit, un comble dans un ravin aussi tranquille, mais le bruit des gouttes est trop énervant. Les hôtes ont pris note de la réparation à faire mais j’ai eu l’impression qu’ils n’étaient pas surpris et qu’ils ne trouvaient pas ceci vraiment important.

Chambre à Coupiac

Chambre à Coupiac

Ceci mis à part, la chambre est particulièrement spacieuse, avec un coin lecture très confortable, de nombreux classeurs pleins de documents intéressants sur la région (il y en a même un avec des coupures de presse) et un décor reposant. J’ai pris une photo pour le très joli décor avec la fougère et la tête de lit originale.

Ils m’ont très gentiment accueilli dans leur living-cuisine-salle à manger spacieux avec nombre de plantes vertes et de bibelots comme cela se faisait à leur génération. Ils mangent souvent sur la terrasse avec les hôtes car elle est ombragée par une superbe vigne, mais ce n’était pas possible le soir de mon passage à cause de la pluie et du froid (la dame avait mis le chauffage).

Ils ne sont pas originaires de la région et ont racheté la propriété quand ils sont partis à la retraite vers l’an 2000, ce qui m’a conduit à discuter avec eux des avantages et des inconvénients d’être dans un endroit aussi isolé et dépendant de la voiture quand on devient moins mobile avec l’âge.

Puisqu’ils habitent dans une région d’élevage, j’ai eu un délicieux dîner de produits régionaux: du jambonneau, une blanquette de veau avec gratin dauphinois (plat assez typique des tables d’hôtes vu que c’est une viande pas trop chère que les visiteurs font rarement chez eux en raison du temps de cuisson), un plateau de fromages et un dessert recherché.

Le plateau de fromages mérite une mention spéciale car c’est la première fois que j’ai eu le choix entre quatre fromages de brebis. Du Roquefort et du brebis basque évidemment mais aussi deux autres de la région. On imagine rarement la variété faute de les trouver ailleurs. Quant au dessert, c’était une mousse au chocolat à l’orange dont je ne sais pas trop comment il faut faire pour lui donner ce goût raffiné. Il y avait évidemment en plus une bonne goutte de kirsch dans la mousse au chocolat.

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