Etape 12: Montagne Sainte-Victoire

(12ème étape d’un voyage cyclotouriste de Toulouse à Nice en mai et juin 2013)

Dimanche 27 mai

83 km

Dénivelé 1215 m

Très beau temps avec mistral, 17 à 21°

Aix-en-Provence – Vauvenargues – Jouques – Rians – Pourrières – Puyloubier – Aix en Provence

Montagne Sainte-Victoire, départements 13 et 83

Etape assez courte que j’ai terminée dès 18 h 15 sciemment, voulant avoir le temps de visiter un peu Aix-en-Provence. J’avais été frustré d’y passer en 2005 sans avoir le temps de m’y promener alors que tout le monde dit toujours que c’est un endroit merveilleux.

Montagne Sainte-Victoire depuis Aix

Montagne Sainte-Victoire depuis Aix

Il est plus usuel de faire le tour de la Montagne Sainte-Victoire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour plusieurs raisons: on a le mistral dans le dos dans la région où il pose un problème, on a les panoramas le matin avant la brume de chaleur et on est l’après-midi dans une région boisée et donc plus fraîche. Mais ceci laisse aussi le col le plus dur pour la fin de l’étape.

Après le petit-déjeuner assez banal que l’on a toujours en auberge (heureusement qu’elles se sont habituées de nos jours à servir des flocons de céréales), je suis parti pour une excursion très classique qui m’a fait penser à un ancien collègue. Bien qu’habitant à Munich, il avait épousé une Française et était tombé amoureux de la Provence au point de m’offrir un jour un petit livre de méditation inspiré par la région.

Place à Aix-en-Provence

Place à Aix-en-Provence

J’ai traversé toute la vieille ville d’Aix à la recherche de la petite route de Vauvenargues, suivant l’itinéraire que j’avais repéré sur un plan de ville affiché très utilement dans le hall de l’auberge, et j’ai ainsi repéré plusieurs bâtiments intéressants que j’ai eu le temps de retourner voir le soir. La ville est à flanc de colline dominant l’Arc mais on continue à monter pour en sortir parce que l’affluent de l’Arc traverse une gorge inaccessible en voiture.

La route est étroite, ombragée presque en permanence, et ne monte pas trop raide, ce qui fait que j’en ai bien profité. Un immense parking pour les usagers du bus municipal montre toutefois qu’il doit y avoir beaucoup de maisons dans les collines et donc beaucoup d’agitation sur la route aux heures de pointe.

Au bout de 7 km, on traverse le minuscule village de Saint-Marc-Jaumegarde qui est constitué en gros d’une ferme, d’une chapelle et de la mairie. Les 1090 habitants habitent donc presque tous hors du chef-lieu. Il y a aussi dans la vallée un château qui appartint à des familles influentes et dont on peut visiter le parc classé, mais il n’est pas situé au hameau chef-lieu et je ne l’ai pas vu. La commune est plus connue pour un barrage que je ne suis pas allé voir parce qu’il est en bas d’un raidillon en cul-de-sac et qui est sûrement très couru en été.

La route reste assez loin du barrage, ce qui fait que je n’ai vu qu’une seule fois l’eau. Toute la vallée est en fait couverte de forêts, la Montagne Sainte-Victoire retenant probablement les nuages venant du nord. C’est évidemment très appréciable vu que l’on n’associe guère la Provence à de grandes forêts.

Erosion à Saint-Marc-Jaumegarde

Erosion à Saint-Marc-Jaumegarde

En remontant la vallée par une série de ressauts, je suis passé devant une zone d’érosion intéressante où des pins clairsemés essaient de pousser avec difficulté dans un genre de poudingue friable gris. Je ne m’en suis pas autant aperçu pendant ce voyage parce que j’ai surtout longé la Mediterrannée, mais les voyages de 2003 et de 2012 m’ont montré que la Haute-Provence est particulièrement riche en sites géologiques curieux, colorés ou remarquables.

La route se termine au village de Vauvenargues qui occupe une petite terrasse le long de la vallée. Il est disposé tout en longueur et l’unique rue est à sens unique vu que deux voitures ne pourraient pas s’y croiser. Il y a une déviation plus haut dans la pente pour circuler en sens inverse. Le village attire beaucoup les touristes si j’en juge d’après les magasins de spécialités provençales et les grands parkings; il était encore très calme lors de mon passage vers 11 h.

Château de Picasso à Vauvenargues

Château de Picasso à Vauvenargues

Un petit château en forme de cube un peu lourd occupe une petite colline dans la vallée en face du village. Il est connu des spécialistes car il appartient aux descendants de Picasso, qui l’acheta en 1958 et qui est enterré dans le parc. Les châtelains tirent une bonne partie de leurs revenus d’un petit circuit automobile construit sur leur terrain et qui est souvent loué à des constructeurs pour présenter un nouveau modèle aux journalistes en raison du climat fiable.

Vauvenargues se trouvant au bout de la vallée, on ne peut en repartir que par un col. Le col des Portes à l’est est trop raide pour moi et aurait aussi représenté une étape trop courte pour la journée. C’est toutefois le col « classique » pour les touristes faisant le tour de la Montagne Sainte-Victoire. J’ai ajouté une petite boucle en préférant l’autre col, celui du Sambuc. On y monte par une route très étroite certainement pas recommandée aux camping-cars; elle remonte d’abord la gorge de l’Infernet, un passage pittoresque dans un ravin calcaire profondément encaissé, puis la haute vallée est plus large.

Gorge de l'Infernet

Gorge de l’Infernet

Il doit faire affreusement chaud en été car on est dans le maquis (c’est un versant orienté au sud) et pas dans la forêt comme précédemment. La pente est par contre très raisonnable et le dénivelé total ne me posait pas de problèmes, je pense que le sommet est à environ 600 m d’altitude (il n’y a pas de pancartes). La route étant tortueuse et pas très bien revêtue, j’ai été surpris de croiser des cyclistes descendant sans casque à une vitesse suicidaire…

Je n’avais pas voulu m’arrêter au milieu de la montée et j’ai donc pris un en-cas au sommet. J’étais assis sur une grosse pierre au bord de la route mais je n’ai pas dérangé grand monde. Par exception, je me suis offert des cerises en plus d’une part de pizza (ou était-ce une pissaladière) parce que j’avais un peu transpiré dans la montée pour la première fois du voyage.

Alpes depuis le col de Sambuc

Alpes depuis le col de Sambuc

On a une vue magnifique du haut ou plus exactement au début de la descente sur le flanc nord. On domine de haut la vallée de la Durance et on voit bien de l’autre côté la crête du Lubéron. Ce que j’attendais moins et qui est vraiment spectaculaire, c’est qu’on voit loin au-delà une chaîne ininterrompue de montagnes enneigées qui ont d’ailleurs très bien rendu sur la photo. Je suppose qu’il s’agit de la Montagne de Lure qui culmine à 1700 m. Pour trouver encore plus haut, il faudrait aller jusqu’au Vercors et je serais surpris que l’on voie aussi loin.

La route descend du col presque jusqu’à la Durance en passant deux paliers intermédiaires. Comme on est sur un versant orienté au nord, il y a une vraie forêt et la verdure des pins est toujours un plaisir optique intense en Provence car la couleur se combine merveilleusement au bleu du ciel et au blanc ou à l’ocre du sol. Par contre, les forêts ne donnent pas tellement d’ombre aux cyclistes car les arbres ne poussent pas très haut et rarement juste au bord de la route (peut-être pour accentuer l’effet de pare-feu). On a donc beaucoup plus d’ombre dans les forêts de châtaigniers (Cévennes), de chênes (Bourbonnais, Île-de-France) ou de hêtres (Luxembourg) que dans les pinèdes.

Au palier supérieur que traverse la route, il y avait un nombre considérable de voitures garées sur une prairie clairsemée et un bruit de moteurs assez énervant. Je ne me souviens plus mais je pense que c’était un genre de rallye-exposition de véhicules. Au palier inférieur, il y a simplement un hameau tranquille. La route est aussi tortueuse au nord qu’au sud du col, mais le dénivelé est bien plus fort côté nord et je suis satisfait d’être descendu par là. Je ne sais pas si j’aurais apprécié un grand col en fin d’après-midi.

La route atteint le fond de la vallée à Jouques, où j’ai commencé à remonter la vallée d’un petit affluent de la Durance pour continuer le tour de la Montagne Sainte-Victoire. La petite vallée est en pente très douce et le seul endroit intéressant est un passage entre deux petites falaises. Je ne suis pas arrivé à prendre une bonne photo mais on passe sous un genre de pont suspendu qui porte en fait un canal. Ce Canal de Provence commence au barrage de Cadarache au confluent de la Durance et du Verdon et sert à irriguer la plaine de Salon-de-Provence. Il fournit aussi de l’eau potable et est la pricipale protection de la Provence contre les grandes sécheresses.

Après le canal, on entre dans le Var et dans l’arrondissement de Brignoles, ce qui m’a fait plaisir quand j’ai regardé la carte ensuite car c’était un arrondissement vierge. Le premier village du Var est Rians, un petit bourg qui donne l’impression d’être très isolé au milieu de chaînes de collines couvertes de pinède. Curieusement, quand on regarde une carte, ceci vaut pour une grande partie du département alors que j’associais surtout le Var à la bande côtière.

Place à Rians

Place à Rians

Rians est un bourg historique car c’était une étape logique entre la Provence et les Alpes: on préférait éviter de traverser la Durance, trop dangereuse, et on traversait donc le Verdon, ce qui obligeait à passer par Rians. S’agissant d’un endroit peu touristique, j’ai trouvé les placettes ombragées avec leurs fontaines plutôt agéables et c’est même là que j’ai décidé de prendre un pique-nique.

Porte de ville à Rians

Porte de ville à Rians

En fait, la région est moins déserte qu’il n’y paraît en saison si j’en juge par le nombre de maisons avec des plaques « bed & breakfast » (plus souvent que « chambres d’hôtes »). Rians était une ville fortifiée et je suis passé sous une ancienne porte particulièrement soignée avec statue de Saint Jean et campanile miniature.

Pinède de Rians

Pinède de Rians

Pour continuer mon tour de la montagne, j’ai tourné ici vers le sud. Après un bout de montée très exposée au soleil, j’ai trouvé une petite route ravissante qui traverse le plateau de Pourrières avec de modestes ondulations. Sur 5 ou 6 km, on est dans une très belle pinède avec fleurs sauvages et aperçus occasionnels sur l’un ou l’autre ravin calcaire. Au milieu du plateau, il semble y avoir un hameau touristique, mais c’est la seule habitation.

On descend finalement du hameau côté sud par une véritable petite gorge de plusieurs kilomètres, une des plus charmantes du genre. Elle rappelle un peu la gorge de l’Infernet traversée le matin, mais elle est plus longue et plus boisée. La plupart des touristes montent la gorge puisqu’ils font le tour de la montagne en sens inverse du mien et je reconnais que c’est une bonne idée vu que la pente n’est pas raide. Par contre, une fois arrivés sur le plateau, ils sont obligés de choisir entre le col du Sambuc avec un très long dénivelé ou le col des Portes très raide…

Sainte-Victoire depuis Pourrières

Sainte-Victoire depuis Pourrières

Ma jolie gorge m’a conduit au village varois de Pourrières en corniche au-dessus de la vallée viticole de l’Arc. On retrouve ici le climat et le relief plus classiques en Provence, des fonds de vallée plats étouffants couverts de vignes et de quelques arbres fruitiers, parcourus de petits canaux d’irrigation. Tout ceci est généralement baigné par un mistral déchaîné, ce qui était aussi le cas lors de mon passage. Puisque je devais rouler vers le nord-ouest pour finir le tour de la montagne, le vent allait beaucoup me gêner.

Chaîne de l'Etoile depuis Pourrières

Chaîne de l’Etoile depuis Pourrières

Au-dessus des fonds de vallées provençales, il y a presque invariablement quelques chaînes de collines pelées et des petits massifs de montagnes plus ou moins boisées qui apparaissent d’autant plus impressionnants qu’ils sont isolés. Depuis Pourrières, on voit ainsi la Sainte-Baume, la chaîne de l’Etoile et la Montagne Sainte-Victoire. Cette dernière qui est un peu plus haute domine surtout par les falaises nues du flanc sud (sur le flanc nord, elle se perd un peu dans un piémont boisé).

Sainte-Baume depuis Puyloubier

Sainte-Baume depuis Puyloubier

J’étais content du très beau panorama depuis la place de l’ancien château de Pourrières et il doit être connu car il y a une plaque d’orientation et pas mal de touristes en voiture. Mais Pourrières est à 30 km d’Aix et il me restait donc un peu de travail. Pour commencer, longer le bord de la vallée de l’Arc jusqu’à Puyloubier, village touristique qui m’a paru sans grand intérêt sauf qu’il est immédiatement au pied de la montagne et sert donc de base de départ pour les randonneurs. Il est surtout connu dans certains milieux pour abriter la maison de retraite de la Légion Etrangère, un genre de successeur de l’Hôtel des Invalides parisien.

J’ai dû lutter contre le mistral dans ce secteur mais ce n’est vraiment gênant que dans les vignes car il est moins fort dès qu’il y a quelques arbres ou plissements de terrain. Je me suis quand même offert un goûter sur la place de la mairie, très poussiéreuse mais avec un petit mail au bout. J’ai observé pas mal de touristes allemands à vélo qui semblaient invariablement hésiter au carrefour. Ceci m’est arrivé aussi car les pancartes n’indiquent que le village le plus proche qui n’est pas forcément très voyant sur une carte.

Pente sud de la Montagne Sainte-Victoire

Pente sud de la Montagne Sainte-Victoire

Après Puyloubier, la carte mentionne une côte en direction d’Aix, ce qui ne m’avait pas inquiété outre mesure. J’ai été surpris de constater que c’est une longue ascension qui atteint par endroits 11% et qui est particulièrement démotivante, en plein soleil dans les vignes au pied des falaises. Le sentier de randonnée classique pour le sommet part de là (il y a aussi une route en terre depuis Vauvenargues, mais où il est difficile de se garer).

Le mistral était déchaîné sur cette section très exposée et j’ai presque été obligé de pousser le vélo. C’était l’une des montées les plus fatigantes et les plus pénibles du voyage. Si on fait le tour de la montagne en sens inverse, on s’épargne évidemment cette côte.

Quand on arrive enfin sur un petit plateau au sommet, on n’y reste pas longtemps. Il doit y avoir une ligne climatique car on passe sans prévenir des rochers presque nus à une pinède luxuriante. Un torrent gambade dans la pinède et se précipite bientôt dans la courte gorge de Saint-Antonin. La route franchit ce passage avec une série d’épingles à cheveux étroites et très serrées que j’ai trouvé très amusantes à descendre. Ce serait un peu raide à monter, mais c’est ombragé et les virages motivent.

Au pied de la gorge, on trouve le principal lieu d’excursion des Aixois le dimanche et il y règne donc une agitation monstre autour des prairies ombragées en bordure de torrent. J’ai longé la section agitée sans m’arrêter mais j’ai fait une petite halte peu après en voyant un beau château au bout d’une allée de platanes ombrageant une pièce d’eau.

Château du Tholonet

Château du Tholonet

Un aussi beau château sans mur de pierre ne pouvait pas être une propriété privée et c’est effectivement le siège de la compagnie qui gère le Canal de Provence comme l’annonce un grand panneau. La compagnie est un établissement public associant la région et les départements concernés.

Le château est effectiuvement un monument historique: il date des années 1640 et fut construit pour le Président du Parlement d’Aix. On y construisit plus tard aussi un théâtre pour le plaisir d’une dame noble, épouse du célèbre orateur Mirabeau, qui s’était réfugiée ici chez son amant pendant le procès de son divorce (Mirabeau était coureur de jupons, emporté et sans cesse endetté).

Il existait sur la propriété une carrière de marbre dont on vendait la production sous le nom de « brêche d’Alep ». Le « savon d’Alep » est bien un savon fabriqué selon une recette venant d’Alep en Syrie, mais on a le droit de le fabriquer ailleurs et il y a peut-être un lien avec le marbre.

Depuis le château du Tholonet, on peut descendre à Aix par la route nationale, mais il existe aussi une « route Cézanne » clairement indiquée comme telle. Il faut supposer que c’est un vieux chemin emprunté entre autres par le peintre car c’est l’une des rares routes classées comme monument historique.

Même si c’est une route goudronnée, elle n’est pas à conseiller pour les automobilistes normaux car elle est très étroite et très tortueuse, desservant une quantité de belles villas dans la pinède. C’est probablement un des beaux quartiers d’Aix. On n’a pas beaucoup de vues depuis la route, mais c’est très agréable car les raidillons ne sont pas trop longs et la route est peu fréquentée.

Je n’ai pas reconnu l’entrée dans Aix, mais on se repère facilement car il y a une ceinture de grands boulevards ombragés tout autour de la vieille ville, probablement sur l’emplacement d’anciens remparts puisque la ville était la capitale et la résidence royale de la Provence jusqu’au rattachement à la France en 1481. J’ai trouvé qu’Aix a une vieille ville très étendue, plus que Nîmes probablement. C’est la meilleure comparaison puisqu’Aix était également une importante ville romaine.

Après avoir remisé le vélo à l’auberge de jeunesse et pris une douche, je suis retourné vers le centre ville à pieds afin de visiter un peu car c’était un des principaux objectifs du voyage. Je me suis laissé guider par l’instinct sans chercher à suivre un itinéraire particulier, le principal intérêt d’Aix étant à ma connaissance les hôtels particuliers que l’on ne voit de toute façon que de l’extérieur.

Clocher provençal à Aix

Clocher provençal à Aix

Il y a évidemment pas mal d’églises anciennes, mais elles ont toutes été refaites à l’époque baroque et ne m’intéressaient donc pas particulièrement. Il y a un clocher que j’ai trouvé intéressant, le campanile en fer forgé est assis sur un octogone à lancettes gothiques et le tout repose sur un curieux coussin circulaire.

Musée à Aix

Musée à Aix

Les autres photos donnent une idée de deux hôtels que m’ont bien plu. Ils sont nombreux parce qu’Aix était le siège du Parlement de Provence et qu’il n’y a pas eu de grandes destructions ultérieurement. C’est donc un peu la même atmosphère qu’à Toulouse, sauf que les hôtels sont en pierre, pas en briques, et que les façades sont plus souvent baroques que Renaissance.

Fontaine d'Aix

Fontaine d’Aix

Les touristes admirent aussi très volontiers les fontaines, dont une grande fontaine sur un rond-point près de la gare et une célèbre fontaine moussue que j’avais prise en photo en 2005. La grande fontaine est une réference légitime au fait que la ville est une station thermale depuis l’époque romaine; l’autre est pittoresque mais on trouve aussi bien à Salon-de-Provence.

Cathédrale d'Aix

Cathédrale d’Aix

J’ai fini par atteindre la cathédrale un peu par hasard tout en haut de la vieille ville. Il y a une façade relativement imposante mais on la voit de biais et elle est composite. A ma grande surprise, le bâtiment n’était pas fermé bien qu’il fût 19 h 30. Je suis donc entré voir rapidement en profitant de ce que l’office du soir se terminait. Je n’ai pas pu visiter en détail mais je regrette de ne pas avoir eu l’occasion car il y a un mobilier abondant et très beau, en particulier un célèbre retable gothique.

Il y a surtout aussi près de l’entrée une chapelle qui m’a beaucoup intrigué, un baptistère circulaire avec colonnes de marbre formant un cercle au milieu. C’est la même disposition que certaines églises romanes comme Neuvy-Saint-Sépulcre, mais aussi que des monuments carolingiens comme la chapelle impériale d’Aachen et la chapelle abbatiale de Mettlach. Celle d’Aix est un original et les autres sont des copies, c’est en effet un authentique baptistère romain quoique refait au Moyen Âge.

J’en ai vu un du même genre plus tard à Fréjus qui est entièrement romain, mais celui d’Aix est déjà très intéressant et j’en ignorais totalement l’existence. Il date d’environ 520, en pleine époque mérovingienne. Les chefs de tribus du Nord de la France sont alors bien incapables de construire des monuments en pierre et certains sont encore des hérétiques aryens. En Aix et à Fréjus, terres sous contrôle ostrogoth, l’administration héritée de l’empire romain fonctionne visiblement mieux.

Le sol du baptistère est plus bas que celui de la cathédrale, comme à Fréjus, parce que ceci permettait d’alimenter la  cuve baptismale en eau au moyen de l’aqueduc romain qui fonctionnait encore. Les catéchumènes devaient en effet se baigner entièrement pour être baptisés et on tendait d’ailleurs des tissus entre les colonnes autour de la cuve pour protéger leur intimité. J’ai vu une cuve baptismale mérovingienne dans le Nord de la France (à Portbail), mais ce n’est pas un bâtiment en pierres.

Après la visite rapide de la cathédrale, il était l’heure de dîner. J’avais fortement envie de riz depuis quelques jours et j’ai supposé que le mieux serait de chercher un restaurant indien, le restaurtant chinois de Nîmes ne m’ayant pas enthousiasmé. J’ai effectivement trouvé un restaurant pakistanais sur une grande place toute en longueur bordée de hautes maisons anciennes mais assez nues. Il y a une place du même genre à Metz qui est près de chez moi, mais les maisons y ont des arcades.

Le restaurant s’est avéré assez couru mais assez fade. Je suis probablement gâté par les restaurants indiens de Luxembourg qui sont plutôt bons d’après ce que m’a dit un ancien collègue d’origine tamile. Il y avait aussi un assez bon restaurant indien près de chez moi à Londres même si je n’y suis pas beaucoup allé tant que j’y habitais, trouvant que je pouvais aussi faire la cuisine si j’étais seul de toute façon.

J’ai continué à me promener un peu dans les rues après le restaurant mais j’ai essayé d’être raisonnable vu que j’avais une longue étape le lendemain. Il y avait cette fois un autre hôte dans ma chambre. Je l’avais croisé avant de partir dîner mais j’étais pressé puisque je voulais visiter la ville. J’étais plus disponible en revenant et il m’a expliqué qu’il est professeur (de droit ?) dans une université espagnole et qu’il s’offre chaque année un pèlerinage au championnat de Formule 1 de Monaco qui venait d’avoir lieu. Il loue toujours une voiture et prend quelques jours pour visiter un peu la région après le championat. Apparemment, sa femme et ses enfants ne lui manquent pas trop pendant qu’il est en vacances quelques jours.

Je lui ai donné l’adresse de mon site Internet pour que ceci lui donne éventuellement quelques idées. Il se plaignait aussi d’avoir des difficultés à trouver des hébergements  agréables dans la région  pour un prix raisonnable, ce qui est peu surprenant. Ce n’est pas dans ce domaine que j’aurais pu l’aider. Il parlait remarquablement bien français mais c’est un peu plus normal pour un professeur d’université. Je l’ai trouvé à la fois sympathique et légèrement hésitant; je pense que c’est dû à la barrière de la langue.

Au début, il m’a demandé de fermer la fenêtre parce qu’il avait peur d’avoir froid. J’ai plus peur des moustiques que du froid mais je lui ai dit que je n’y voyais pas d’inconvénient sauf qu’il risquait d’avoir chaud. C’est ce qui s’est passé, il a commencé en pyjama avec deux épaisseurs et a fini en caleçon.

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