Etape 14: Corniche des Maures

(14ème étape d’un voyage cyclotouriste de Toulouse à Nice en mai et juin 2013)

(Remarque technique: j’ai eu quelques problèmes de mise en page pour les photos de cet article. Je vous remercie de votre compréhension.)

Mardi 29 mai

100 km

Dénivelé 470 m

Pluie jusqu’à midi et à nouveau après 18 h

Solliès Pont – La Tour – La Crau – Hyères – Le Lavandou – piste cyclable ou D559 qui sont parallèles – Port Grimaud – Fréjus

Corniche des Maures, département 83

La longueur du trajet ne m’a pas permis de visiter Ramatuelle ni Saint-Tropez, mais je ne sais pas si ceci en vaudrait vraiment la peine à vélo, en particulier à cause de la circulation très intense dans la région. On peut éviter la circulation sur une bonne partie de mon itinéraire tandis que ce ne serait pas possible autour de Saint-Tropez.

J’insiste sur le fait que la circulation est infernale de Cavalaire à Fréjus: alors que je voyageais un jour normal de semaine hors saison, il y avait 10 km de bouchons dans les deux sens pour les voitures et les autobus de ligne. C’est moins problématique entre Hyères et Cavalaire.

J’ai trouvé le petit déjeuner plutôt sympathique car c’est un des rares cas où la famille m’a tenu compagnie. D’habitude, les gens mangeant nettement plus tôt que les touristes, je suis seul, même si ce n’est pas très gênant quand on est comme moi moins causant le matin et déjà à moitié sur la route en imagination. En l’occurrence, le monsieur et la mère de monsieur, qui est assez malade, sont partis vite, mais la dame est restée m’expliquer son concept.

Je lui ai dit que j’avais remarqué que le VRP dans l’autre chambre était sûrement un habitué car il avait laissé un sous-vêtement dans la salle de bains commune (il est très rare de nos jours de ne pas avoir au moins un coin douche privé, mais c’est ce qui explique pour l’essentiel le prix démocratique et ce n’est pas gênant quand il y a seulement trois chambres qui utilisent cette salle d’eau petite mais très propre). Cela n’a pas eu l’air de la formaliser beaucoup.

Au total, l’étape de Solliès-Pont n’avait rien de mémorable mais elle était utile et très correcte. J’ai fait un tour dans le bourg ensuite parce que je n’avais pas pris de photos la veille au soir. Le site est plus joli que dans les villages perchés classiques parce que le bourg a grandi autour du pont sur une petite rivière (il existe aussi un village de Solliès-Ville maintenant beaucoup plus petit et qui était le village historique).

Clocher de Solliès-Pont

Un mail ombragé occupe une bonne partie du bord de la rivière entre l’église et le beffroi. L’église qui est sûrement baroque était évidemment fermée et je me suis plus intéressé au beffroi peint dans une couleur « sorbet abricot » rappelant assez la région niçoise. En fait, c’est probablement le clocher, mais il est nettement séparé de l’église de l’autre côté du mail.

Château-mairie de Solliès-Pont

Le deuxième bâtiment intéressant de la ville est actuellement en réfection à l’intérieur mais le parc et les façades sont presque terminés. C’est le château de Forbin d’après la famille qui avait acheté la région en 1480 mais la version actuelle tient plus de la maison de maître du 19ème siècle avec toutefois un portail baroque.

Le parc est un peu fouillis dans les coins mais la pelouse centrale bordée de hauts palmiers a du charme. J’imagine assez monsieur le maire jouissant de la vue depuis son bureau.

Parc de la mairie à Solliès-Pont

Puisque j’avais eu tant de peine à trouver la chambre d’hôtes la veille, j’ai été surpris de trouver aisément la petite route dont j’avais besoin, il suffisait de trouver la gare puis de deviner comment faire pour traverser les voies maintenant que le passage à niveau a été remplacé par un petit tunnel à 300 m.

Une petite route charmante tortille ensuite entre les vergers (figuiers en particulier, la grande spécialité locale) puis on retrouve une route plus importante à La Crau, centre logistique. J’ai traversé tout le centre ville parce que j’ai raté l’accès de la déviation mais cela ne m’a pas beaucoup impressionné parce qu’il commençait à pleuvoter. La carte mentionne une église intéressante, mais elle ne m’a pas frappé et date de 1848.

Rond-point à La Crau

A la sortie de la ville, j’ai quand même admiré un beau rond-point d’autant plus que j’étais obligé de m’arrêter pour mettre les vêtments de pluie. Le rond-point a ceci de particulier qu’il combine des petits palmiers d’un exotisme délicieux pour moi (on en plante d’ailleurs rarement sur les ronds-points, plutôt en bordure de plage) avec des graviers bicolores blancs et bruns certainement symboliques.

La pluie ne m’a pas gêné très longtemps car elle provenait de nuages poussés par le vent de mer contre la montagne et je suis arrivé un peu plus loin dans la zone moins exposée au vent et donc moins humide. La route d’Hyères est un peu trop fréquentée par endroits pour une route aussi étroite avec des petites côtes qui enlèvent la visibilité, mais elle a le mérite d’arriver à mi-hauteur dans la ville qui est tout en pente.

Je dois avouer que je n’avais jamais entendu grand chose concernant Hyères, ce qui est surprenant car la ville est beaucoup plus historique et plus riche en monuments et en parcs intéressants que Toulon. La ville était à l’origine une petite forteresse annexe de Marseille quand celle-ci était une colonie grecque puis romaine. A partir de l’expulsion des Sarrasins (qui ont évidemment laissé leur nom aux montagnes voisines du Massif des Maures), c’est le principal château-fort de la côte jusqu’aux guerres de religion.

Il reste de cette importance passée une vieille ville assez grande pleine de rues tortueuses, de passages et d’escaliers; pour une ville de cette taille, c’est la seule de la région qui soit aussi agréable pour flâner. Sur une grande place au milieu de la ville, on trouve une église que je n’ai pas pu visiter mais qui possède une façade austère imposante avec rosace gothique et trois portails romans très purs.

Tour des Templiers à Hyères

La tour qui se trouve en face est très originale avec un corps de bâtiment long et étroit se terminant par une tour en demi-cercle. C’était une commanderie templière et ceci peut expliquer la tour de forme rare en France qui est une copie directe des tours romaines comme on en voit à Carcassonne. Les fenêtres sont petites et peu nombreuses, confirmant que c’est bien une construction romane. Il n’y a rien d’intéressant à l’intérieur mais l’architecture vaut un arrêt.

Après quelques siècles de déclin, Hyères fut relancé au milieu du 19ème siècle par la mode des bains de mer et des stations balnéaires ensoleillées. La ville se spécialisa dans la culture de palmiers et de cactées et j’ai vu des pancartes « Hyères-les-Palmiers » sans que j’arrive à déterminer si c’est maintenant l’appellation officielle.

Jardin public à Hyères

De nos jours, on peut sûrement voir des palmiers dans les parcs de la ville, mais le crachin ne donnait pas envie de s’attarder et j’ai juste pris une photo de la fontaine en bas de la place du marché pour les gargouilles et le sol de marbre. Comme il ne pleuvait momentanément plus, j’ai même pu prendre un en-cas tranquillement assis sur un banc derrière les jets d’eau.

Immeuble à Hyères

A côté de l’horticulture, la grande industrie de l’époque est la construction de sanatoriums à l’intention des personnes souffrant de la tuberculose et qui avaient plus de chance de guérir dans le climat sec et chaud de la côte. Il reste de cette tradition un certain nombre d’hôpitaux dont un que j’ai pris en photo pour son architecture particulièrement hétéroclite.

Il y a un monument d’Hyères que je n’ai pas vu mais qui mériterait vraiment une visite, c’est l’ancienne villa Noailles datant de 1923, chef d’œuvre du grand architecte Robert Mallet-Stevens. Grand amateur d’art contemporain, le propriétaire avait fait appel à rien moins que Van Doesburg ou Mondrian pour la décoration intérieure. La villa était aussi connue pour un parc de style cubiste. La villa fut rachetée par la ville en 1973 qui en fit 25 ans après un centre culturel.

J’ai mentionné la côte en parlant de Hyères mais c’est un peu trompeur. La commune possède effectivement pas moins de 103 km de côte, principalement la presqu’île de Giens et trois îles (Porquerolles, Port-Cros et l’île du Levant). Porquerolles abrite un petit port mais l’essentiel est un parc national comme tout Port-Cros.

Île du Levant depuis Le Lavandou

L’île du Levant est connue pour son village strictement naturiste ouvert dès 1931 mais l’essentiel de l’île est un centre d’essai pour missiles. Voisinage intéressant entre les troufions frustrés et les estivantes toutes nues ? Mais je n’ai pas vu la côte du tout car la ville elle-même est assez loin à l’intérieur des terres, séparée de la mer par des marais salants. En fait, j’ai bien pris une photo de chaque île plus tard, prises de la Corniche des Maures après Le Lavandou.

Entre la petite plaine d’Hyères et la plaine de l’Argens autour de Fréjus, on trouve un grand massif montagneux couvert de forêts de pins et pratiquement inhabité, le Massif des Maures. Il tombe sur la mer par des pentes relativement raides qui laissent simplement place à des criques et à des plages isolées même si les falaises ne sont pas très spectaculaires. J’ai peut-être aussi été trompé par le temps très médiocre même s’il n’a plu qu’au début entre Hyères et Le Lavandou.

La côte est interrompue par deux presqu’îles assez étendues et très isolées, celle de Saint-Tropez et celle du Cap Blanc (près du Lavandou). Les deux presqu’îles ont quelques petites routes en cul-de-sac tortueuses qui sont sûrement de bons buts d’excursion si on est en vacances dans la région mais qui ne peuvent pas figurer dans un itinéraire comme le mien (surtout que les hébergements sur la côte des Maures demandent un budget qui dépasse mes intentions).

La presqu’île de Saint-Tropez est bien sûr le refuge des célébrités qui veulent être photographiées tout en ayant l’air de s’en offusquer. La presqu’île du Cap Blanc est une zone de haute sécurité où l’on trouve par exemple le Fort de Brégançon, une des résidences secondaires des présidents de la République. On y trouve aussi la résidence secondaire de Son Altesse Royale le Grand-Duc, ce que je sais parce que les fonctionnaires luxembourgeois reçoivent de temps en temps des décrets signés à Cabasson, hameau de cette presqu’île.

Je me suis arrêté sans le vouloir au début de la route très discrète qui accède à ce cap et que la police peut barrer facilement. J’avais en effet besoin de remettre les habits de pluie enlevés à l’entrée d’Hyères. Il a plu assez abondamment avec du vent, ce qui n’a rien d’agréable, mais cette section de l’itinéraire était ce que l’on pouvait faire de mieux par mauvais temps.

En effet, quelques kilomètres après Hyères, je suis tombé sur une piste cyclable parfaitement indiquée qui longe la nationale mais en reste entièrement séparée par des barrières. On y est donc parfaitement en sécurité (sauf dans la traversée de La Londe-les-Maures). Par temps de pluie, c’est idéal. En plus, il faut avouer que le paysage est sans grand intérêt entre La Londe et Le Lavandou, la route contournant la presqu’île du Cap Blanc par une dépression monotone entre les collines boisées des Maures.

Le massif est très peu habité faute de terrain cultivable et de sources suffisantes, comme d’ailleurs l’Estérel que j’ai visité plus en détail deux jours après. Ceci dit, les routes de crêtes dans les pinèdes doivent être séduisantes par temps approprié – elles sont simplement difficiles à intégrer dans un voyage cyclotouriste.

Port du Lavandou et presqu’île du Cap Blanc

J’ai retrouvé la côte au Lavandou où il ne pleuvait plus, peut-être parce que j’étais à nouveau directement sur la côte. Je suis passé juste avant sur la commune de Bormes-les-Mimosas au nom si charmant, mais c’est plus ou moins le vieux village perché dans la montagne qui correspond à la station balnéaire du Lavandou et je n’ai donc pas fait l’effort. La commune du Lavandou ne date elle que de 1913.

C’est une des stations qui m’ont vraiment bien plu pendant ce voyage. Il n’y a pas vraiment de centre historique dans une station qui a été créée au tournant du XXème siècle presque ex nihilo. Je ne me souviens pas non plus d’une marina ou d’un port de plaisance avec cafés et commerces comme par exemple à Sanary, le port de plaisance étant un peu à l’écart.

Île de Port-Cros depuis Le Lavandou

C’est une vraie station balnéaire avec une longue plage (d’ailleurs pas très large), une promenade, la route côtière puis les immeubles. C’est une disposition que l’on retrouve d’ailleurs sur toute la cote varoise. Les commerces se concentrent le long d’une place allongée qui donne aussi sur la mer mais que j’ai particulièrement appréciée parce que la municipalité a eu l’idée intelligente et originale d’y installer plusieurs petits jardins de cactées.

Jardin de cactées au Lavandou

Cactées du Lavandou

On ne peut évidemment pas y accéder (trop dangereux pour des enfants par exemple) mais ils sont suffisamment petits pour qu’on les apprécie très bien en restant derrière les barrières. J’ai toujours été intrigué par ces plantes si curieuses et si exotiques. Toutefois, cela ne m’interesse pas beaucoup de les voir dans une serre à Francfort et cela devient un peu lassant quand il y en autant que dans le jardin botanique spécialisé de Monaco. Les voir intégrées dans une décoration municipale est plus parlant.

Je me suis aussi amusé à prendre quelques photos très « plages – cocotiers » qui montrent combien il est facile de tromper le client en prenant une photo publicitaire au bon endroit car on a presque l’impression d’une photo de Thaïlande ou des Caraïbes. Les palmiers rendent peut-être d’autant mieux avec le ciel gris. J’ai essayé de trouver un coin approprié pour pique-niquer mais je me souviens que j’ai hésité assez longtemps.

Je ne voulais pas laisser le vélo sans surveillance dans un endroit aussi passant et je ne pouvais donc pas aller m’asseoir sur le sable. Je ne voulais pas non plus d’un banc en plein milieu de la promenade où les passants viendraient me regarder de l’air suspicieux de quelqu’un qui soupçonne un touriste pas assez riche. Ceci mis à part, j’ai bien aimé et le site et le style de la plage.

Je suis reparti par une route qui représente en fait le début de la Corniche des Maures. La montagne atteint ici la mer dans deux endroits séparés, sur une vingtaine de kilomètres entre Le Lavandou et Cavalaire puis à nouveau sur la même distance entre le golfe de Saint-Tropez et l’embouchure de l’Argens. Entre ces deux sections de corniche, la baie de Cavalaire est une étendue plate et sablonneuse.

La première corniche est plus pittoresque et un peu plus sauvage que la seconde. Sur une partie du trajet, les cyclistes peuvent utiliser une piste cyclable séparée qui reprend en grande partie la ligne d’un ancien petit train côtier. Le département a prévu de l’aménager sur l’ensemble de la côte de Toulon à Fréjus, mais ce sont les municipalités qui décident dans la traversée des agglomérations et elles font preuve d’un enthousiasme variable. Certaines ne semblent pas encore avoir compris qu’une corniche cyclable côtière attirerait des touristes allemands et néerlandais fort rentables.

Le Lavandou fait partie des communes qui ont entièrement aménagé leur section et j’ai eu beaucoup de plaisir à en profiter. Certes, la côte est presque partout privée et la route comme la voie cyclable longent en fait des jardins, des parcs privés et des murs de villas la plupart du temps. Mais on a régulièrement un petit aperçu sur la mer, ce qui n’est déjà pas mal pour un cycliste qui peut s’arrêter à chaque endroit de ce type même en haut de côte ou dans un virage.

Crique à Cavalière

J’ai pris une photo particulièrement révélatrice montrant une crique typique à Cavalière qui fait partie du Lavandou. On voit un figuier de barbarie superbe, les pins, les rochers et une maison sur un petit cap. Les reliefs ne sont pas très spectaculaires, c’est la côte découpée et boisée qui en fait le charme.

Corniche des Maures au Rayol

La commune qui succède au Lavandou, Le Rayol, n’a pas construit de piste cyclable et il faut donc longer la route. Heureusement, le temps médiocre limitait la circulation des excursionnistes. La station a été créée entièrement artificiellement sur des pentes rocheuses par un promoteur immobilier en 1925 et n’est une commune indépendante que depuis 1949.

C’est une commune exceptionnelle pour cette côte car elle perd de la population: en raison d’un règlement d’urbanisme extrêmement sévère, les terrains sont particulièrement chers et la plupart des habitants sont des riches retraités avec peu d’acheteurs potentiels le jour où ils viennent à décéder. Ceci a permis à l’Etat de racheter plusieurs domaines côtiers pour protéger la nature et en particulier les fonds sous-marins.

Vue du Cap Nègre vers Le Lavandou

On passe au Cap Nègre d’où l’on a une vue particulièrement dégagée sur Le Lavandou avec en arrière-plan le Cap Blanc, puis on longe la côte environ 30 m au-dessus des petites falaises et des villas qui s’y accrochent. Je ne voudrais pas avoir une propriété dans cette région parce que l’unique route côtière, très tortueuse et pas très large, doit être extrêmement pénible en été. Mais j’en ai bien profité à vélo d’autant plus que j’avais choisi sciemment de rouler d’ouest en est pour avoir la mer de mon côté en roulant à droite sur la route côtière.

Jardin exotique du Rayol

J’ai eu un petit regret au Rayol, je suis passé devant l’entrée d’un jardin exotique que j’aurais eu plaisir à visiter. Je pensais que c’est un parc municipal mais c’est en fait une propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1989 qui y a installé un jardin botanique à entrée payante. Je me suis contenté de toute façon des terrasses d’accès qui ont un certain air Art Déco en phase avec la villa de 1925 à laquelle elles menaient.

Baie du Lavandou depuis le Cap du Dattier

Le point le plus marquant de la route est le Cap du Dattier où la route monte nettement plus haut qu’ailleurs en contournant un domaine côtier très étendu avec un petit château méridional ombragé par un palmier isolé. Ce domaine et ses voisins sont très recherchés par les grandes fortunes récentes des industriels ou des stars de la chanson.

Le Président Sarkozy a passé ici des vacances dans une propriété appartenant à la famille de la chanteuse – mannequin qu’il avait épousée après avoir répudié sa première femme pas assez « glamour » pour les pages des journaux de célébrités (la villa fait partie d’un lotissement bien gardé sur les pentes du Cap Nègre). Le Président renonçait ainsi à utiliser le fort de Brégançon dont j’ai parlé, trop inaccessible pour les photographes spécialisés dans les clichés à scandales et les midinettes.

Baie de Cavalaire depuis le Cap du Dattier

Le Cap du Dattier est le seul endroit où l’on voit à la fois la côte vers le Lavandou et le Cap Blanc à l’ouest et la côte vers la presqu’île de Saint-Tropez à l’est. La petite montagne que l’on voit sur ma photo qui semble presque détachée de la côte est le Cap Nègre, une réserve naturelle avec de vraies falaises et le lotissement Sarco-Bruni.

La vue côté Cavalaire est un peu moins pittoresque parce qu’il s’agit d’une baie plate et sablonneuse. Je ne me suis d’ailleurs pas arrêté longtemps dans la station balnéaire qui est moins pittoresque que Le Lavandou du fait du relief plat et qui est aussi beaucoup moins soignée. Elle semble plus dominée par des activités familiales et des colonies de vacances.

Presqu’île de Saint-Tropez

Je n’avais pas eu de voie cyclable du Rayol au Cap du Dattier, ce qui se comprend dans un paysage aussi accidenté. Je suppose que l’ancien train devait utiliser des tunnels qui seraient trop coûteux à remettre en état. Après Cavalaire, par contre, il y a la place pour une voie cyclable le long de la route et de la plage – et elle est utile vue la circulation importante.

La route ne fait pas le tour de la presqu’ile de Saint-Tropez (il y a une route secondaire qui le fait en partie mais qui semble très accidentée et excessivement fréquentée bien que très tortueuse). Elle quitte plutôt la plage au milieu de la baie et monte vers le petit col de La Croix-Valmer à 120 m d’altitude. Malheureusement, à l’heure actuelle en tous cas, il n’y a pas de voie cyclable pour éviter cette côte assez longue et raide.

On était en train de refaire la route lors de mon passage mais je pense qu’elle ne sera pas beaucoup plus large. Le problème est que la circulation est intense sur cette route et qu’il n’y a pratiquement pas de bas-côtés à cause des murets de soutènement et des glissières de sécurité. Tout au début de la côte, je suis tombé sur une queue de voitures immobiles dont je ne pouvais pas voir la longueur à cause des virages. Je les ai doublées plus ou moins facilement du côté droit quand elles laissaient la place avec les murets mais je n’ai pas apprécié les gaz d’échappement.

La queue durait finalement pas loin de 3 km et s’expliquait par un feu de circulation alternée. Du coup, toutes les quelques minutes, un convoi de 30 voitures essayait de compenser sa frustration en vrombissant à l’assaut de la côte. Les conducteurs étaient tellement énervés que j’ai fini par choisir une autre méthode pour rouler: à chaque fois qu’un nouveau convoi arrivait, je me garais, surtout s’il y avait des camionettes dedans (pressées et sans aucun égard pour les cyclistes en général). Il y avait heureusement très peu de poids lourds.

A un moment, deux piétons qui descendaient la route malgré l’absence de trottoir et cet embouteillage nauséabond m’ont demandé s’ils étaient loin de la plage. Ils en avaient encore pour 2 km, ce qui semblait dépasser nettement leurs prévisions car je les ai entendu se disputer un peu. Je me suis demandé après si c’étaient des vacanciers ayant besoin de retourner à leur camping.

Après avoir passé le feu et le chantier, la circulation était plus ordonnée mais la côte était loin d’être finie et j’ai été soulagé d’arriver au sommet dans le village. Je n’ai rien visité, n’étant d’ailleurs pas convaincu qu’il y a une quelconque attraction, et je suis descendu immédiatement de l’autre côté du col vers Port-Grimaud. La route principale est large, rectiligne et ennuyeuse (elle traverse des vignobles) mais rapide.

Je n’ai découvert qu’à la moitié de la descente qu’il y a en fait une excellente voie cyclable du col jusqu’à la mer et j’en ai bien profité pour le reste du trajet d’autant plus qu’il y avait à nouveau un bel embouteillage sur la route. Il était dû cette fois tout simplement au rond-point entre la route de La Croix-Valmer, celle de Saint-Tropez et celle de Fréjus. On notera que le bouchon de 2 km se produisait à une heure creuse, hors saison  et par temps peu propice à une excursion.

J’ai aussi vu un certain nombre de poids lourds dans le bouchon, probablement les livraisons pour les commerçants de la région de Saint-Tropez. En tous cas, ceci ne donnait aucune envie de se rendre dans la région en voiture.

Comme j’avais besoin d’un goûter, j’ai cherché une boulangerie à Port-Grimaud mais je n’ai pas été attiré par celle qui se trouve au bord de la nationale et qui ressemble à un entrepôt où une chaîne industrielle vend ses produits fraîchement décongelés. J’ai donc pris la route d’accès à Port-Grimaud qui longe un canal sur 1 km. Les maisons que l’on voit du canal ont un certain charme pour une station balnéaire moderne grâce en partie aux couleurs pastel et aux formes variées dominant le canal.

Des grands panneaux montrent qu’il y en a des centaines, un peu comme à Port-Barcarès, mais l’effet n’est pas comparable car la station est la création d’un grand architecte qui avait les moyens de réaliser ses visions. François Spoerry avait en effet hérité une partie de la fortune de la famille Schlumberger et l’a investie dans un immense terrain marécageux qu’il a transformé en l’espace de 30 ans en cité lacustre parcourue de canaux.

Il y a un total de 2400 maisons réparties sur 12 îles et chaque maison a son propre emplacement pour un bateau. Ceci réserve les maisons à une clientèle aisée. La cité lacustre est considérée comme une œuvre architecturale et ceci cause des problèmes délicats de droits d’auteur quand on veut reproduire les bâtiments ou même une vue aérienne.

Ce qui est assez surprenant, c’est comment on accède à la station. On se gare dans un gigantesque parking puis on se présente à un gardien qui ne laisse passer que les habitants munis d’un laisser-passer. Les autres ne sont autorisés qu’à franchir un petit pont-levis pour accéder à un petit centre commercial séparé hermétiquement du reste de la station.

Pour tout dire, les copropriétaires de la station se protègent par un canal, des ponts-levis, des gardiens dans des cahutes et des murs aveugles sur l’extérieur. Il est interdit de pique-niquer, de manger dans les rues, de faire du bruit, d’utiliser des patins à roulettes… Honni soit qui pense à une mentalité de château-fort assiégé.

Evidemment, on se rend vite compte que la Côte d’Azur est le lieu de vie préféré des retraités paranoïaques. Mais il est vrai aussi que c’est le paradis des parvenus et des voyous cherchant à profiter des imprudences des parvenus… Je pense que les règlements de Port-Grimaud sont plutôt à voir comme un exemple de mentalité suisse alémanique transposée au bord de la Méditerrannée. La seule station balnéaire aussi bien protégée que je connaissais est Héliopolis au Barcarès, mais cela se justifie de façon évidente dans ce cas puisqu’on y pratique le nudisme intégral.

Canal à Port-Grimaud

Pour tout dire, je n’ai en fait pas vu grand chose de Port-Grimaud qui est bien protégé contre des curieux estimés sans le sou comme les cyclotouristes. Je n’ai évidemment pas trouvé une deuxième boulangerie et je me suis rabattu sur celle de la nationale qui est un peu chère mais en fait meilleure que je ne le pensais. J’ai certes pris une photo de Port-Grimaud, mais elle montre le début du canal à un endroit où il n’est pas encore inclus dans la station balnéaire et n’est donc pas représentative. Ce qui m’a plu, ce sont les jardins spacieux avec les palmiers. J’espère que ma photo n’est pas contraire aux droits d’auteur des héritiers de Monsieur Spoerry…

Comme le plus souvent le long de la corniche des Maures, je n’ai pas eu à hésiter pour la route, il n’y en a qu’une le long de la côte entre Port-Grimaud et Fréjus. J’ai découvert pour mon plus grand plaisir qu’il y a ici aussi une voie cyclable. Au début, la route est très ennuyeuse entre des haies et des entrepôts mais a le mérite d’être plate – et on a grand plaisir sur la piste cyclable à doubler les kilomètres d’embouteillage.

En fait, j’ai découvert au bout de 5 km qu’il y avait eu un accident. Le problème est que les accidents ne sont probablement pas rares vu la circulation très intense et les nombreux accès de propriétés. Il y a aussi le problème des gens pressés doublant imprudemment des touristes jugés trop lents avec leurs camping-cars.

Baie de Saint-Tropez

Un peu plus loin, la piste cyclable longe gentiment la nationale; celle-ci est plate directement au bord de l’eau et la piste est entre la route et la côte, donc à l’endroit le plus agréable. Il y a certes une villa de temps en temps entre la route et la mer, mais nettement moins souvent qu’avant Cavalaire, principalement parce que la côte est un peu moins rocheuse et permet de construire la route le long de l’eau. On voit ainsi très bien la baie de Saint-Tropez avec dans le cas précis plusieurs gros bateaux de croisière.

Je peux imaginer que c’est une destination appréciée pour cette clientèle même si c’est un port dans lequel ils doivent débarquer au moyen de petites vedettes, chose que les armateurs n’aiment pas en raison du personnel plus important et du temps que cela prend. Le temps gris ne rendait pas la vue très excitante et les collines au-dessus de Saint-Tropez ne sont pas bien hautes – je pense que la ville ne vaut pas le dérangement sauf si on espère voir des actrices de série télévisées et des prétentieux qui remplacent le bon goût ou le sens des convenances par la taille de leur bateau de plaisance. Le temps où des actrices célèbres s’y baignaient seins nus est vraiment révolu, elles vont pour cela sur les palaces flottants de milliardaires faisant de la politique dans les eaux de la Sardaigne.

Il n’y a qu’une seule ville entre Port-Grimaud et Fréjus, la station balnéaire de Sainte-Maxime. C’est une station relativement petite faute de place pour s’étendre sur les pentes des Maures et il y a même un petit centre ville – l’église restant toutefois évidemment fermée. J’ai trouvé Sainte-Maxime charmant et c’est là que je me suis arrêté pour mon goûter, n’ayant pas trouvé de banc agréable sur les 10 km précédents.

Port de Beauvallon

Le seul endroit attirant que j’avais vu avant était un port minuscule, nettement plus petit que Port-Racine dans la Hague. Ce dernier se prétend le plus petit port de France; s’il a raison, ce serait parce que celui que j’ai vu serait privé. Il a son petit phare miniature et un pont en dos d’âne relie les deux môles, ce qui est vraiment chou. Je ne sais pas trop bien comment on y accède même si la route ne passe pas loin. Il y a une plagette à proximité où j’aurais pu faire une halte, mais il n’y a pas de banc et la route est vraiment bruyante.

Callistemon à Sainte-Maxime

Le front de mer de Sainte-Maxime, mieux adapté pour un goûter, est typique de la Côte d’Azur varoise avec ses palmiers et ses bancs en céramique le long de la plage. J’ai pris une jolie photo botanique avec palmiers et un callistemon (le nom savant du rince-bouteille, plante d’origine australienne où c’est un arbuste banal).

Fontaine à Sainte-Maxime

L’autre photo donne une bonne idee de la station et est prise depuis la place de l’église qui est ornée d’une petite fontaine et qui domine la marina. Après Sainte-Maxime, la côte change d’orientation et fait plus face vers l’est que vers le sud. On perd donc la vue vers la baie de Saint-Tropez et on gagne en échange la vue encore plus pittoresque sur la grande baie à l’embouchure de l’Argens qui sépare les Maures de l’Estérel (deux montagnes sinon assez semblables).

L’Estérel depuis Les Issambres

La photo prise depuis Les Issambres (où habitent les Sambracitaines) montre très bien une colline boisée couverte de maisons, la station balnéaire de Saint-Raphaël, et à droite de vraies montagnes plongeant dans la mer, la corniche de l’Estérel que j’ai découverte le lendemain.

Entre Sainte-Maxime et la vallée de l’Argens, la piste cyclable n’existe pas ou tout au plus sous forme de bande peinte sur le bord de la nationale qui est extrêmement fréquentée comme plus à l’ouest. Par contre, les Maures rejoignent ici l’océan par une côte rocheuse assez basse couverte d’un ruban ininterrompu de pavillons de vacances avec juste trois ou quatre criques de baignade publique. Ce n’est pas désagréable à vélo puisque c’est pratiquement plat, surtout quand on est du côté mer de la route. C’est simplement un peu répétitif.

Sportif aux Issambres

On a souvent des aperçus sur la baie et sur l’Estérel et je suis assez content d’une photo prise au téléobjectif. L’indigène des mers tropicales sur la photo est un jeune se livrant à un sport assez à la mode depuis quelques années en France et qui consiste à pagayer debout sur une planche de surf. Il paraît que ce sport vient de Hawaii où il aurait été inventé dans les années 1950. Je reconnais que le mouvement est gracieux.

On remarquera que le jeune homme est torse nu, ce qui était très surprenant vu le temps frais et l’eau froide. Ses deux copains étaient en combinaison isolante plus logique. Ce sont pratiquement les seules personnes que j’ai vu pratiquer un sport aquatique pendant tout mon voyage. Sur la photo, on voit bien les pics pointus de l’Estérel dominant la station d’Agay et tout à fait à droite la pointe non urbanisée du Cap du Dramont.

(photo 1434)

Crique aux Issambres

J’ai aussi pris une photo d’une crique aux Issambres pour donner une idée; on a l’impression que ce serait amusant de longer les rochers en kayak pour admirer les jardins des villas. Malheureusement, un gros nuage qui se rapprochait depuis une heure et que j’avais été bien content d’éviter pendant ma pause-goûter à Sainte-Maxime a continué à s’approcher et a fini par éclater. Il s’est mis à pleuvoir abondamment et durablement alors que je n’étais qu’à 10 km de l’arrivée, ce que j’ai trouvé particulièrement injuste. En tous cas, plus de photos pour la journée.

La piste cyclable traverse l’Argens sur un pont spécial parallèle à celui de la nationale puis se termine à l’entrée de Fréjus, une ville ancienne à 2 km de la côte et non une station balnéaire (ce serait Saint-Raphaël qui touche Fréjus). Il n’y a pas de pancarte pour l’auberge de jeunesse sur la route côtière mais je savais grâce à Internet qu’il faut prendre la route des Adrets.

Ne savant pas comment traverser le centre ville et supposant que ce serait plus simple de suivre les pancartes même si elles conduisent à une déviation un peu plus longue, je me suis retrouvé sur une voie rapide avec ronds-points, exactement le genre de route dangereuse par temps de pluie. En plus, la déviation monte sur la colline de Fréjus par une pente désagréablement raide. Puisque j’ai trouvé facilement, je ne vais pas trop me plaindre.

J’ai fini par tomber sur une pancarte vers l’auberge de jeunesse qui se trouve à 1 km de la déviation par une petite rue montant régulièrement le long d’une pinède. C’est énervant, on croit être arrivé et cela prend encore pas mal de temps. Par contre, il faut avouer que le trajet en vaut la peine car l’auberge est installée dans un ancien mas au milieu d’un gigantesque terrain couvert en partie de pinède. Il est si grand qu’on y a installé un petit terrain de simili-golf sûrement très amusant. Le mas se reconnaît surtout à la grande salle haute de plafond tandis que le reste a été complètement reconstruit à l’intérieur de façon pratique et fonctionnelle mais très propre.

Comme il pleuvait toujours autant, j’ai demandé au gérant de mettre le vélo à l’abri dans un appentis. Comme l’auberge est à 2 km du centre ville (comme à Nîmes ou Aix, c’est normal) et que le gérant pensait qu’il risquait de continuer à pleuvoir encore longtemps, j’ai fini par suivre sa recommandation et commander une pizza par téléphone. Il en voulait une pour lui et en a aussi commandé une pour une dame sénégalaise qui ne voulait pas ressortir non plus. Il s’est certes arrêté de pleuvoir une heure plus tard mais il aurait effectivement été tard pour sortir.

J’ai pris une pizza aux fruits de mer que j’ai finalement trouvée très quelconque pour un prix qui n’était pas vraiment avantageux, mais la dame m’a offert une partie de sa pizza trop copieuse et j’ai complété par du fromage et des fruits de mes réserves. La dame a profité de ma présence pour s’épancher un peu, mais avec modération, me laissant comprendre qu’elle fuyait une situation difficile (problème de ménage probablement) et que l’administration ne mettait aucun empressement à l’aider malgré son passeport français.

La dame était arrivée en bus à l’auberge car il y a effectivement un bus municipal qui la dessert une fois le matin et une fois le soir. C’est une bonne solution si on connaît l’horaire, on peut ainsi même dîner en ville si on accepte de marcher les 2 km au retour apres le dîner.Je n’ai toutefois pas pu en profiter le lendemain, revenant trop tard de mon excursion.

J’ai passé la soirée à lire un peu, il y a souvent des vieux livres dans les auberges de jeunesse françaises, par exemple des romans oubliés ou donnés par les ajistes, quelquefois aussi des fonds de vieux livres offerts par la bibliothèque municipale plutôt que de les jeter. J’ai aussi examiné les prospectus relatifs à Fréjus pour être certain de ne pas rater une curiosité importante dans cette ville qui en compte toute une série.

J’avais déjà passé la soirée précédente seul mais j’avais une envie modérée de faire la conversation vu que je sentais un peu le chien mouillé après autant de pluie en fin de journée. On peut aussi écouter un peu la conversation des autres ajistes, ce qui s’avère parfois assez amusant, surtout quand ce sont des petits groupes d’adultes comme en l’occurrence trois pompiers en formation dans la région.

Ils discutaient de leurs techniques de drague, ce qui était amusant, et il y en a un qui a essayé à titre d’illustration mais il est tombé sur deux jeunes allemandes qui étaient du style « végétariennes bourrées de principes et de règles » et pas du genre « vacancières recherchant un bon moment à toutes les occasions ».

J’ai constaté plus tard qu’il y avait un autre monsieur dans ma chambre de 6 lits, mais il est arrivé alors que j’étais déjà couché et je ne lui ai donc pas fait la conversation. Le gérant m’a dit que c’était un touriste de passage avec sa caravane qui avait préféré une auberge à un camping pour une seule nuit (c’était moins cher et causait moins de rangements). Comme beaucoup de messieurs ayant dépassé les 30 ans, moi compris, il avait une respiration assez bruyante, mais ceci me gêne rarement car les boules Quiès suffisent presque toujours à étouffer le bruit. Les portes qui claquent comme à Millau ou les gens qui passent leur temps à jouer avec les plafonniers m’énervent beaucoup plus.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :