Etape 19: Côte d’Azur

(19ème étape d’un voyage cyclotouriste de Toulouse à Nice en mai et juin 2013)

Dimanche 3 juin

91 km

Dénivelé 795 m

Très beau la journée puis nuageux le soir, jusqu’à 25°

Nice – Cap Ferrat – Cap d’Ail – Cap Martin – Ponto San Ludovico – Roquebrune embranchement – Moyenne corniche – Eze embranchement – Nice

Côte d’Azur, département 06

Cette journée était l’un des principaux objectifs du voyage vu que j’avais renoncé à cette excursion en 2011 au profit de la vallée de la Roya. Je pense que j’en ai profité au maximum de ce que l’on peut faire à vélo, mais il faut être conscient que certaines sections ne s’apprécient vraiment qu’à pied. Pour le choix de la route, je suggère de faire Nice-Menton par la basse corniche, de monter à La Turbie par la Haute Corniche puis de la quitter au col d’Eze, de descendre à Eze puis de revenir a Nice par la Moyenne Corniche.

Place Masséna côté mer

Place Masséna côté mer

Comme j’avais déjà été plusieurs fois à Nice mais sans jamais prendre des photos parce que je me promenais toujours le soir après avoir mis le vélo à l’auberge de jeunesse, j’ai décidé de faire un petit effort cette fois-ci. J’ai commencé par la place Masséna pour l’homme nu qui fait un effet assez différent de jour puis j’ai fait un tour dans la vieille ville. C’est assez curieux le matin, il n’y a pas de touristes, les très nombreux restaurants sont tous fermés et on croise simplement quelques ménagères et les camionettes des livreurs.

Cathédrale de Nice

Cathédrale de Nice

J’ai seulement pris une photo de la cathédrale parce que c’est le seul endroit où une place est suffisamment grande pour donner un peu de recul. On voit bien le style italien.

La vieille ville est séparée de la plage par la place du marché, le Cours Saleya, par une rangée d’arcades et par la route côtière. Le cours Saleya est le seul endroit du Vieux Nice qui attire les touristes le matin en raison du marché aux fleurs et aux produits alimentaires. Ce n’est pas un marché de producteurs, ce sont simplement des vendeurs professionnels, mais on a évidemment plaisir à examiner des produits méridionaux que l’on a pas sur son marché de Lower Littleham, Oberkirchingen ou Schoonhijven. J’ai d’ailleurs acheté sur le marché un en-cas en prévision de la journée en complément de la baguette achetée dans une boulangerie.

Arcades du Cours Saleya

Arcades du Cours Saleya

Les arcades le long du boulevard abritaient peut-être autrefois des équipements de pêche mais elles servent maintenant toutes de salles de restaurants. Ils ne m’ont jamais tenté car ce sont soit des restaurants de chaînes (genre Hippopotamus) soit des versions interchangeables à prix cartel du « faux authentique provençal ». Ils donnent sur le cours Saleya et ce sont donc les murs aveugles des arcades qui donnent sur la route côtière et sur la mer.

Les restaurants avec vue sur la mer semblent plus appréciés dans les pays celtiques qu’en Méditerranée. Au demeurant, rares sont les bâtiments élégants donnant sur la mer à Nice, même sur la Promenade des Anglais. On objectera non sans raison que le problème est le même sur la côte belge par exemple.

Plage de Nice

Plage de Nice

La route n’est heureusement pas trop fréquentée dans cette section qui ne conduit qu’au port et on domine ensuite la plage de galets gris. Il y a une piste cyclable le long de la plage, ce qui permet d’admirer les touristes admirant la mer. Vu l’heure et la température, les touristes étaient en pull et je n’ai pas vu beaucoup d’indigènes en maillot de bain. A Nice, ce sont de toute façon le plus souvent des messieurs d’âge mûr à la peau parcheminée par les excès de bronzage.

Monument aux morts art déco

Monument aux morts art déco

La route côtière fait le tour du cap au pied de la colline de l’ancien château et passe devant un grand monument aux morts que j’ai trouvé relativement réussi dans le genre Art Déco. Il me rappelle les monuments construits dans les années 1920 en Belgique. On a une jolie vue depuis le cap devant le monument. Côté ouest, la vue s’étend loin sur la plage de Nice avec les parasols des concessions de plage.

Directement au pied du cap, on a construit il y a longtemps une piscine d’entraînement pour les policiers, mais je pense que c’était plutôt un bassin communiquant avec la mer. On y accède par un escalier étroit et raide qui se termine sur un caillebottis rouillé, mais on peut passer par là pour arriver sur la plage et ce doit être amusant.

Je ne pense pas que les policiers s’entraînent ici de nos jours, je n’ai vu personne dans l’eau en tous cas (et je suis pas sûr que les policiers valent tous la peine d’être vus en maillot de bain même si ils sont en moyenne plus jeunes et donc plus sportifs que le citoyen lambda du fait de leur retraite à 50 ans).

Port de Nice

Port de Nice

De l’autre côté du cap, la vue ne porte pas loin à cause du Mont Boron et on domine juste le port. Il n’est pas bien grand pour une ville de la taille de Nice, mais c’est normal puisque c’était un port de pêche qui a simplement été récupéré plus tard pour les plaisanciers. On peut traverser le port en vedette gratuite, à ce que dit une affiche de la municipalité, mais elle n’indique pas les horaires ni les jours de circulation (les dimanches de vacances scolaires à 14 h 30 et 16 h peut-être ?).

Ce que je trouve de plus intéressant dans ce port est la rangée d’immeubles néo-classiques qui marquent le front de la ville dans un style tout à fait piémontais de part et d’autre d’une église à colonnade. Ils sont peints couleur sang-de-bœuf qui rend assez bien avec la lumière du Midi.

Parc près du port de Nice

Parc près du port de Nice

Le port n’étant pas si grand, on peut aussi faire le tour assez rapidement à vélo. Je me suis heurté de l’autre côté aux grilles du port des cars-ferries pour la Corse et j’ai pris la première rue parallèle un peu au-dessus pour longer le port de plus haut. Cette rue permet de passer devant un petit jardin public où je n’ai pas pu résister à un arrêt-photos pour admirer les superbes palmiers.

Corniche au pied du Mont Boron

Corniche au pied du Mont Boron

La rue était tranquille à un point suspect même si elle longe effectivement le pied du Mont Boron et j’ai trouvé l’explication rapidement: après un premier raidillon où j’ai poussé le vélo et une section plus modérée, elle s’élève en trois épingles à cheveux très raides pour rejoindre la route principale. J’ai encore poussé le vélo…

Corniche entre Nice et Villefranche

Corniche entre Nice et Villefranche

Une fois atteint le niveau de la Basse Corniche, par contre, je ne peux pas me plaindre. La route reste à peu près plate au-dessus des rochers et contourne lentement le pied du Mont Boron qui est couvert de villas plus ou moins élégantes et souvent cachées derrière de grands murs. Les villas Belle Epoque sont évidemment de loin les plus belles, elles exsudent une atmosphère particulière que les villas modernes n’atteignent jamais.

Côte à Nice

Côte à Nice

Directement à la sortie de Nice, les rochers ne sont pas trop verticaux et de nombreuses villas ont des escaliers donnant accès à l’eau. Comme il n’y a pas de plage, je pense que c’est plutôt pour y monter en bateau, surtout autrefois quand les routes n’étaient peut-être pas toutes construites.

Baie de Villefranche-sur-Mer

Baie de Villefranche-sur-Mer

Plus loin, le Mont Boron plonge plus verticalement dans la mer et la route est donc plus directement en corniche sans villas pour bloquer la vue. A force de contourner la montagne, on arrive en vue de la baie de Villefranche délimitée par la presqu’île assez basse mais assez longue du Cap Ferrat. Le site n’est pas très spectaculaire côté montagne, les pentes sont hautes mais pas trop raides. La ville est vraiment tournée vers la mer et il faut descendre de la nationale pour atteindre le port.

Villefranche était une ville très importante pour les ducs de Savoie-Piémont qui ont détenu le comté de Nice de 1388 à 1863. En effet, il n’y eut un port à Nice qu’à partir du XVIIIème siècle et Villefranche était précédemment le seul port de mer des états savoyards. Suite à une incursion turque en 1543, le duc décida de construire une forteresse et un chantier naval.

Forteresse de Villefranche

Forteresse de Villefranche

Il y eut un épisode curieux au XIXème siècle: pendant quelques années, le roi de Piémont qui n’avait plus autant besoin du port le loua à la marine de guerre impériale russe à qui cela permettait d’opérer en Méditerrannée pour ennuyer les Anglais et les Français dont elle avait été victime lors de la guerre de  Crimée. Après 1945, ce fut une base américaine jusqu’à la sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1965.

La citadelle fut commencée en 1554 et financée par un traité avec la France que le duc de Savoie avait écrasé lors de la bataille de Saint-Quentin en 1557. Bien qu’elle rappelle un peu une construction à la Vauban, elle est donc en fait d’un siècle plus ancienne. C’est l’un des premiers exemples de murs renforcés par une épaisseur de terre qui leur évite d’éclater quand ils sont touchés par des boulets.

Fossé de la forteresse

Fossé de la forteresse

Je n’ai pas visité à l’intérieur qui abrite l’hôtel de ville et divers équipements municipaux, mais je suis passé au pied des murailles quand je me suis dirigé vers le port et ceci en vaut la peine. On peut aussi longer le rempart le long de la mer sur une promenade piétonne mais je n’ai pas pu le faire avec le vélo à cause des barrières assez compréhensibles. Les fossés de la forteresse servent maintenant de parking et j’ai donc pu y accéder sans autre problème que la pente trop raide.

Chapelle décorée par Cocteau

Chapelle décorée par Cocteau

La plupart des touristes se précipitent à Villefranche dans une petite chapelle du XVIème siècle qui se trouve presque au bord de la plage. Elle doit sa célébrité aux frsques que Cocteau a conçu pour elle en 1957 et qui furent peintes en partie après sa mort. J’avais vu trois mois avant une exposition à Luxembourg sur les dessins de Cocteau qui traitait entre autres des dessins préparatoires de cette chapelle et je me suis donc dispensé de l’entrée. Elle est assez chère et permet à la prud’homie des pêcheurs de la ville (un genre de corporation) de se financer.

Epave dans le port de Villefranche

Epave dans le port de Villefranche

Je suis allé voir un moment à quoi ressemble la plage et j’y ai découvert une chose assez surprenante, une épave de bateau de plaisance qui a coulé. Je ne sais pas s’il s’agit d’un accident et que l’on a pas encore retrouvé le propriétaire pour lui faire enlever l’épave, si c’est une attraction touristique pour amuser les estivants ou si c’est une tentative d’attirer des poissons comme sur un récif naturel. Ceci mis à part, je ne suis pas resté très longtemps à Villefranche.

Villefranche-sur-Mer

Villefranche-sur-Mer

J’ai vu un cycliste néon-lycra longer la plage mais j’ai estimé que l’expérience du Mont Boron me suffisait et que je pouvais aussi suivre la route principale dès le départ. Comme on regarde surtout la baie et les bateaux, on ne fait pas forcément très attention à la hauteur dont je me suis mieux rendu compte après coup sur la photo.

Au demeurant, on peut effectivement longer la plage avec un vélo, mais il faut ensuite monter un grand escalier que j’avais bien fait d’éviter avec mon vélo relativement lourd. A pied, on peut même longer encore un peu la mer sur un sentier côtier sûrement très agréable malgré de nombreux petits escaliers.

Cap Ferrat depuis Villefranche

Cap Ferrat depuis Villefranche

Puisque mon objectif était de visiter la Côte d’Azur, j’ai quitté la route principale un peu plus loin pour la petite route qui fait le tour du Cap Ferrat. La première partie est pénible car étroite et utilisée par un trafic considérable essayant de rejoindre le port de Saint-Jean-Cap-Ferrat – comme il n’est pas directement sur la route côtière, c’est un des seuls à donner vraiment l’atmosphère d’un port de plaisance avec les beaux bateaux et les restaurants en bord de mer.

Cap Ferrat côté Villefranche

Cap Ferrat côté Villefranche

J’ai quitté ensuite l’accès du port pour la route circulaire du cap qui est une expérience curieuse. On ne voit pratiquement aucune villa car elles sont toutes très bien cachées derrière des murs ou plus souvent des haies vertes et des grillages. Ce sont les propriétés les plus recherchées et les plus chères de toutes les côtes de France et les prix décuplèrent en 7 ans après la disparition de l’Union Soviétique.

On ne sait toutefois pas à qui les maisons appartiennet car elles sont toutes détenues par des sociétés enregistrées aux Îles Vierges ou Caïman. Les propriétaires font beaucoup de travaux si j’en juge par le nombre de camionettes garées devant les portails, mais ceci ne gêne pas beaucoup la municipalité vu que les maisons sont invisibles depuis les rues.

Baie de Beaulieu

Baie de Beaulieu

On apprécie par contre facilement le calme stupéfiant pour la Côte d’Azur (il n’y a ni parking ni plage accessible) et les magnifiques pinèdes. Je crois qu’on ne voit nulle part la mer depuis la route à moins de descendre au phare au bout du cap d’où l’on peut d’ailleurs se promener sur un sentier côtier (mais il ne longe qu’un côté de la presqu’île, comme à la Pointe d’Arradon dans le Golfe du Morbihan).

Une fois revenu au carrefour précédent après le tour du cap, je me suis dit que je devrais descendre au port de peur de regretter un site peut-être charmant. Le port lui-même était conforme à mes attentes et ne m’intéressait pas, mais on peut atteindre à quelques centaines de mètres un site ravissant avec une crique avec vue sur la côte et le Cap d’Eze et une autre donnant une vue vers le large.

Plage privée au Cap Ferrat

Plage privée au Cap Ferrat

Celle donnant vers la côte, mieux abritée du soleil car donnant au nord, est une plage privée entièrement recouverte de chaises longues et de tables avec parasols. Je suppose que l’on n’y va donc pas vraiment pour se baigner. L’endroit semble couru car il y avait plein de voitures garées à grand peine le long de la route plutôt étroite.

Crique au Cap Ferrat

Crique au Cap Ferrat

L’autre crique est munie d’une plage publique donnant sur le large. Je suis resté en haut d’où la vue était très belle et c’est là que je me suis assis pour mon en-cas. La ville semble être un lieu de promenade apprécié des retraités de la région car j’en ai vu un défilé continu qui me regardait d’un air très étonné.

Après ma pause à Saint-Jean-Cap-Ferrat, j’étais prêt pour me lancer dans la traversée des stations les plus huppées. A la sortie de Saint-Jean, je suis passé devant le grand portail de la villa Ephrussi-de-Rothschild. Je pense y être allé il y a 20 ans avec des amis luxembourgeois lors d’un long weekend à Nice mais je ne m’en souviens guère.

Un prospectus trouvé à l’auberge de jeunesse mentionne que c’est une propriété qui fut léguée à l’Institut de France avec une collection d’art et de magnifiques jardins; le style est voisin de l’hôtel Nissim de Camondo à Paris mais avec les jardins en plus. Il y a une autre grande villa qui se visite à proximité d’après le prospectus, la Villa Kérylos construite en 1908 comme une imitation de villa de la Grèce antique.

Palmiers de Beaulieu

Palmiers de Beaulieu

Ce serait bien de pouvoir visiter les deux villas, d’autant plus que l’on accède assez facilement aux villas depuis la gare de Beaulieu soit en longeant la route avec vue sur la baie, soit en marchant le long de l’eau sur le sentier côtier et en montant la pente ensuite.

La station balnéaire suivante est en effet Beaulieu au fond d’une baie bien protégée par le Cap d’Eze et donc aussi appréciée des plaisanciers que Villefranche. Mais ce n’est pas un village ancien et son principal intérêt quand on ne fait qu’y passer est comparable au Lavandou: il y a une très belle rangée de palmiers avec même un pin de Norfolk, arbre rare en Europe qui me donne toujours des accès de nostalgie car c’est l’arbre utilisé en Nouvelle-Zélande le long des plages (à Napier particulièrement).

Pavillon à Beaulieu

Pavillon à Beaulieu

Au bout de la rangée de palmiers, on peut admirer une construction néo-baroque un peu chargée qui relève assez du « style confiseur ». L’emplacement rappelle le casino de Pau mais le style est plus baroque; c’était également un casino. La commune est propriétaire du bâtiment et semble l’avoir loué pour le moment à un organisateur de congrès.

Beaulieu était à l’origine le quartier des grands hôtels de Villefranche mais la plupart ont été convertis en copropriétés ou vendus à des spéculateurs russes qui ont toutefois des difficultés à obtenir un permis de construire pour y faire construire leur villa de rêve.

Baie de Beaulieu

Baie de Beaulieu

Jolie couleur

Jolie couleur

Je suis encore passé plus loin dans Beaulieu (où habitent les Berlugantes) le long de petits espaces verts fleuris. J’avais vaguement en mémoire depuis le voyage de 2011 que la Riviera croûle sous les fleurs. J’ai trouvé que mon souvenir était un peu exagéré, du moins après un printemps frais et long. Il n’y a qu’un seul endroit où je sois parvenu à prendre une photo d’une haie d’hibiscus éblouissante (j’en ai vu en septembre en Bretagne, mais pas sous forme de haie). Il y aussi de beaux massifs à Beaulieu, en particulier des roses qui sont un peu le symbole du lieu.

1943 Eze-Plage_600x600_100KBBeaulieu marque la fin de la riviera occidentale qui est ininterrompue depuis Nice car on atteint les falaises verticales imposantes du Cap d’Eze. Autrefois, celles-ci formaient probablement la frontière naturelle avec Monaco qui comprenait d’ailleurs Menton et s’étendait donc jusqu’à l’Italie actuelle dont elle était séparée par une autre frontière naturelle, le Cap Mortole.

La Basse Corniche passe la falaise par un petit tunnel et j’ai profité des avantages du cyclisme en m’arrêtant à tous les endroits où la vue était belle.

Eze-sur-Mer

Eze-sur-Mer

Entre le Cap d’Eze et Monaco, on passe une petite baie très encaissée dans laquelle les spéculateurs sont quand même parvenus à accrocher des villas aux pentes.

C’est toutefois très limité et il n’y a pas de port ni de centre urbain, juste un mince croisssant de sable entre les rochers qui sert de plage modeste. Si on tient à une plage de sable pour se baigner, celle d’Eze est probablement la plus tranquille de la Riviera.

Plages du Cap d'Ail

Plages du Cap d’Ail

Pour se baigner, on peut préférer les criques de la gare suivante, Cap d’Ail. Il n’y a pas vraiment de village non plus et la route est très au-dessus de la mer à cause du cap suivant, mais le train s’arrête beaucoup plus près de la mer et j’ai gardé un excellent souvenir d’une baignade là en 1998.

Cap d'Ail

Cap d’Ail

Il y a un genre d’auberge de jeunesse à Cap d’Ail au bord de la mer et ce serait évidemment un endroit de rêve bien plus que Nice. Mais elle appartient à une organisation affiliée au Parti Communiste et accueille surtout des groupes constitués sur réservation. On peut aussi y aller en voyageur individuel, mais on ne peut pas réserver dans ce cas et on n’est donc pas du tout sûr d’être reçu.

Hôtel du Cap d'Ail

Hôtel du Cap d’Ail

Il y a plusieurs villas et hôtels de très grand luxe à Cap d’Ail, en particulier un que j’ai pris en photo car on le voit bien depuis la route. On imagine des stars et des hommes d’affaires russes, mais il est possible que ces hôtels attirent avant tout des familles des émirats du Golfe Persique ou des entrepreneurs américains. Je ne risque pas de faire le test un jour. Par contre, j’aurais plaisir à marcher sur le sentier côtier qui court ici sur 4 km au pied des villas.

Fontvieille

Fontvieille

L’une des explications pour les hôtels du Cap d’Ail est que l’on est à 2 km seulement de la frontière monégasque qui se remarque immédiatement par les grands immeubles (gratte-ciel serait exagéré, ils font 15 étages en moyenne et restent des nains devant l’immense montagne du Mont Agel avec ses 1100 m de pente directement au-dessus).

Monte-Carlo

Monte-Carlo

J’avais quelques hésitations concernant Monaco. J’y étais passé en 1998 et me souvenais assez bien de la vieille ville de Monte-Carlo avec le jardin du musée océanographique, la cathédrale et la place du palais princier. J’avais aussi été au jardin de cactées avec sa grotte très abîmée et ses cactus magnifiques avec des fleurs multicolores.

Port de Monaco

Port de Monaco

En 2011, je n’avais fait que me rendre directement de la frontière à la gare. J’aurais peut-être traversé Monaco sans arrêt prolongé du fait des souvenirs de 1998 mais il était vraiment l’heure de pique-niquer. Monaco me semble le dernier endroit où l’on pourrait vouloir pique-niquer vu que l’on s’attend à une multiplicité d’interdictions comme à Singapour. Après tout, un cycliste avec des sandwichs n’est probablement pas la décoration préférée des autorités princières. Faute de place, il n’y a d’ailleurs pas énormément d’espaces verts et ceux qu’il y a sont envahis de touristes.

Palais princier à Monaco

Palais princier à Monaco

Puisque je ne voulais pas monter dans la vieille ville et que je ne pouvais pas longer la Basse Corniche de toute façon vu qu’elle traverse toute la principauté en tunnel, je l’ai laissé tomber et suis descendu au port. La grande place sur le quai a certes quelques bancs, mais ils donnaient sur l’arrière de la tribune du grand prix de Formule 1 qui est évidemment très laide. Je ne voulais pas non plus m’asseoir sur les tribunes comme un certain nombre de touristes vu que j’aurais été en plein soleil.

Vue de Monaco vers Vintimille

Vue de Monaco vers Vintimille

Longeant le port, je suis passé devant divers bateaux de plaisance énormes (10 m de longueur par milliard de fortune ?) et je suis tombé un peu par hasard sur le toit du parking souterrain qui sert de môle. On peut longer ce toit jusqu’à la falaise du musée océanographique et j’ai même hésité à monter dans le parc qui se trouve en haut en utilisant l’escalator du parking.

Musée océanographique

Musée océanographique

J’ai toutefois estimé qu’il y avait un risque que les pique-niques ne soient pas autorisés directement près du musée. Il y a en bas de l’escalator deux bancs mais ils étaient en plein soleil. Je me suis donc contenté d’admirer la façade assez étonnante du musée que l’on ne voit pas du tout de la même façon du bas que du haut.

Sainte-Dévote

Sainte-Dévote

En revenant le long du port vers les tribunes, j’ai vu qu’il y a un petit ravin qui débouche derrière les tribunes. Il est peu visible car des routes le franchissent par des viaducs mais on peut effectivement s’y enfoncer un peu jusqu’à la chapelle Sainte-Dévote qui a l’air un peu écrasée au pied des falaises et qui est surmontée de façon assez étonnante par des maisons relativement anciennes plutôt que par des immeubles modernes . Là aussi, le banc était au soleil, mais on peut facilement s’asseoir sur la rambarde des parterres de fleurs et celle-ci était en partie à l’ombre.

Ravin de Sainte-Dévote

Ravin de Sainte-Dévote

L’endroit est très tranquille, on ne voit guère passer que quelques connaisseurs profitant des places de parking devant l’église ou quelques résidents passant par là pour revenir des courses. Ce sont ces résidents qui m’ont fait deviner qu’il y a un ascenseur public à proximité; j’en avais remarqué un en 2011 et je me suis dit que ce pourrait être utile pour monter sur la Basse Corniche en partant.

Si j’avais été à pied, je pense que je serais allé voir l’intérieur de Sainte-Dévote qui a l’air d’une petite église baroque de taille émouvante (en fait, j’ai lu qu’elle date du XIXème siècle), mais c’était trop compliqué de laisser le vélo et je n’avais pas la tenue convenable.

Après le pique-nique et un petit tour dans la basse ville où les magasins et restaurants m’ont paru sans intérêt particulier, j’ai essayé le fameux ascenseur public. On parcourt un très long couloir rutilant (en poussant le vélo évidemment) puis on trouve effectivement un ascenseur gratuit qui monte en une minute tout en haut de la principauté. Très confortable et l’ascenseur est même suffisamment grand pour transporter simultanément un vélo et une famille avec une poussette. Il ne faut simplement pas être claustrophobe considérant le souterrain d’accès.

Port de Monaco vu de haut

Port de Monaco vu de haut

Maintenant que j’étais dans la partie haute de la principauté (ce qui ne veut pas dire grand chose si on regarde depuis La Turbie comme je l’avais fait la veille, mais le dénivelé dépasse 50 m), je me suis dit que je devrais quand même profiter de l’occasion pour passer devant le célèbre casino de Monte-Carlo, ce en quoi je n’ai d’ailleurs fait que suivre des centaines de milliers de touristes qui passent devant chaque année.

Siège d'une fédération sportive internationale

Siège d’une fédération sportive internationale

Au passage, j’ai remarqué une superbe villa Belle Epoque qui abrite une féderation sportive internationale. J’avais déjà remarqué à Lausanne et à Genève que ces institutions sont généralement logées dans des villas particulièrement modestes dans des villes particulièrement bon marché.

Jardins du Casino

Jardins du Casino

Dragon de jardin

Dragon de jardin

J’ai eu une heureuse surprise en m’approchant du casino car j’ai trouvé au-dessus un très beau petit parc avec évidemment les palmiers d’usage dans la région. Il y a aussi des bambous, des fougères-arbres, des bananiers… Il faut vraiment prendre le temps de longer les allées qui tournicotent entre des bassins en escalier. Une photo particulièrement amusante montre un dragon en bronze crachant de l’eau dont le corps est tout recouvert de lierre.

Casino de Monte-Carlo

Casino de Monte-Carlo

Au bout du parc, on arrive au casino qui est un monument assez imposant datant de 1878 et tout à fait dans le goût du XIXème siècle. Ce n’est pas surprenant car l’homme d’affaires qui gérait le casino avait fait appel à l’architecte le plus célèbre de son temps, Charles Garnier, qui avait construit l’Opéra de Paris pour Napoléon III. On reconnaît d’ailleurs immédiatement son style.

Quand le premier casino est lancé en 1863, le prince est ruiné par la perte de Menton (cédé à la France suite à une révolte des habitants contre un nouvel impôt). Quinze ans après, les dividendes du casino sont si élevés (le prince perçoit 10% des bénéfices comme prix de la concession) que le prince abolit les impôts dans la principauté. Ses successeurs deviendront encore beaucoup plus riches, mais surtout en spéculant sur l’immobilier.

L’absence d’impôts fut une source majeure de tension avec la France; depuis une crise majeure en 1962, les Français ne peuvent pas devenir monégasques, ils continuent à payer les impôts français même s’ils habitent à Monaco, Monaco applique la TVA française et les entreprises installées à Monaco sont soumises aux impôts français si elles ne vendent pas au moins 25% de leur production dans la principauté. Tout ceci ne gêne pas tellement les millionnaires italiens, russes ou bientôt chinois qui échappent à ces restrictions.

En quittant la place du casino, j’ai suivi les pancartes pour Menton qui m’ont fait à nouveau descendre au bord de la plage. Ceci ne m’arrangeait guère car la route passe la frontière tout en haut de la principauté et j’aurais donc été obligé de remonter toute la pente. Sur le moment, j’ai profité de ce que j’étais en bas pour essayer d’entrer dans le jardin japonais.

Entrée du jardin japonais

Entrée du jardin japonais

Un garde en uniforme blanc m’a fait sortir, ce que je peux comprendre car un vélo est encombrant dans l’espace réduit de ce genre de jardin. Je suis allé voir à l’autre entrée où je me suis retrouvé sur le parvis du centre des congrès. Je n’ai pas été voir si le congrès d’art capillaire organisé par L’Oréal pour les coiffeuses méritantes en valait la peine mais j’ai admiré un petit jardin abstrait intéressant. On voit juste au-dessus la palissade et le mur blanc du jardin japonais et le bassin du parvis est en harmonie parfaite avec l’esthétique orientale.

Monaco depuis Roquebrune

Monaco depuis Roquebrune

Puisqu’il fallait que je remonte toute la pente pour retrouver la Basse Corniche, j’ai cherché un ascenseur car il y en a plusieurs. Nouveau long couloir et nouvel effet presque miraculeux d’arriver sans effort au sommet. La rue qui mène vers la frontière et que j’avais aussi empruntée en 2011 est assez surprenante après le clinquant et l’aspect touristique du centre de Monaco: les magasins vendent des articles de tous les jours. Par contre, les voitures qui passent dans la rue et qui sortent des parkings souterrains (on se gare peu en surface à Monaco) vont de la Lamborghini à l’Aston-Martin avec juste quelques Porsche pour les citoyens les plus pauvres.

Roquebrune

Roquebrune

Retour en France à Roquebrune où l’on retrouve les villas chics dévalant les pentes comme à Villefranche ou à Cap-d’Ail. Il y a une plage assez petite puis la corniche continue jusqu’à la presqu’île du cap Martin. Elle est un peu moins longue que le Cap Ferrat et n’a pas été urbanisée de la même façon.

Plage de Roquebrune

Plage de Roquebrune

Monaco depuis le col de Roquebrune

Monaco depuis le col de Roquebrune

En effet, elle a été donnée en concession à un gros entrepreneur qui en a fait une copropriété avec la route côtière tout autour. A cette époque, l’accès direct à la plage est moins important que l’accès facile à la gare et un grand jardin protégé des regards. Il n’y a donc pas sur le Cap Martin de propriété comparable à celle que le roi des Belges avait fait construire sur le Cap Ferrat en coupant à moitié la presqu’île. Par contre, il y a au bout du Cap Martin un hôtel de grand luxe comme il y en a un au Cap d’Antibes.

Baie de Menton depuis le Cap Martin

Baie de Menton depuis le Cap Martin

La route publique permet de descendre au sémaphore tout au bout du cap et longe ensuite le bord de l’eau jusqu’à Menton. Il y a en plus un sentier côtier qui fait tout le tour du cap (celui du Cap Ferrat ne couvre que la moitié de sa presqu’île). L’arrivée sur Menton par la route au bord de l’eau est la plus belle car on a une vue généreuse sur la baie, sur le cap Mortole qui marque la frontière italienne et évidemment sur la ville.

Menton

Menton

Menton, comme Vintimille, se trouve dans une petite plaine où l’on cultive traditionnellement les agrumes et les fleurs. La vue depuis le Cap Martin est très belle parce que cette petite plaine est dominée par un arc-de-cercle de montagnes pointues qui culminent vers 1000 m. A l’époque où Menton appartenait à Monaco, ces montagnes formaient une frontière naturelle logique avec le Comté de Nice qui s’étendait derrière dans la vallée de la Roya et de ses affluents. Lors du voyage de 1998, j’étais monté à vélo de Menton au col de Castillon à travers ces montagnes parce que mon hébergement était à Sospel.

Baie de Menton

Baie de Menton

Bien que ce soit la troisième fois que je passâs à Menton, c’était la première fois que je pouvais prendre le temps de visiter un peu. Le site rappelle plus les stations balnéaires varoises que celles de la Côte d’Azur: beaucoup moins de villas luxueuses perchées sur les rochers entre des petites criques accessibles par des escaliers; à la place, une très longue plage de sable bordée de palmiers qui marquent la route côtière. La plage est interrompue par le port de plaisance et ses restaurants avec terrasse sur le port tandis que le vieux village est au-dessus des plages sur un rocher.

Plage de Menton

Plage de Menton

Une grande plage de sable attire forcément énormément de monde par beau temps, surtout que la proximité de l’Italie rend la plage intéressante aussi pour les gens venant de Gênes ou de Turin. Il ne faut pas s’imaginer un temps estival, la température de la mer étant encore bien trop basse pour attirer les foules, mais on pouvait bronzer sur la plage et les excursionnistes du dimanche ne s’en privaient pas.

C’est le seul endroit des vacances où l’on pouvait admirer la dernière mode en matière de costumes de bain (toujours plus long et plus informe pour les messieurs, surtout en-dessous de 40 ans, tandis que les dames restent fidèles au bikini). On remarque aussi que le père de famille moyen prend du ventre dès 30 ans tandis que sa femme a le choix entre la silhouette Mamma chaleureuse et étouffante ou la silhouette anorexique et botoxée.

Puisque j’étais sur la dernière plage de mon voyage, je me suis donné la peine de longer toute la route côtière jusqu’au poste frontière italien. J’avançais beaucoup plus vite que les voitures vu l’embouteillage immense le long de la plage (causé probablement par les gens essayant d’entrer et de sortir des parkings). Au poste-frontière, quelques jeunes immigrés essayaient de vendre des fruits et légumes aux automobilistes et semblaient avoir suffisamment de clientèle -exclusivement italienne, les Français semblent peu aller en Italie le dimanche alors que les Italiens sont nombreux à Menton.

Frontière italienne au Ponte San Lodovico

Frontière italienne au Ponte San Lodovico

Le poste-frontière se trouve à cheval sur un petit torrent (curieusement, comme le poste franco-suisse de Saint-Gingolph à l’autre bout des Alpes sur le lac Léman). L’ancienne route le franchit par un pont assez aérien car elle monte ensuite au cap Mortole avant de redescendre sur Vintimille. Ce pont San Lodovico est considéré comme un monument important en raison de combats en 1940.

La route moderne passe la frontière au bord de la mer et entre ensuite dans une série de tunnels pour passer le cap, ce qui fait que j’avais pris la route du haut en 2011 (sans en profiter vraiment car j’étais très préoccupé par l’horaire, ayant une réservation de train le soir même).

Fort de Menton

Fort de Menton

Après avoir mis le pied un instant en Italie, je suis revenu vers le centre de Menton. Je suis passé devant un petit fortin que le prince de Monaco avait fait construire comme poste avancé en 1636 pour défendre son état contre une attaque gênoise éventuelle puis je suis monté dans le vieux village en poussant le vélo. Une des rues m’a amusé parce qu’elle a des passages voûtés particulièrement longs. Il y en a souvent dans la région pour passer sous une maison (comme sur la photo de Peille), mais ceux de Menton sont plus longs.

Dessins en galets

Dessins en galets

Je suis allé voir si l’église était ouverte dans l’idée qu’elle contient probablement une décoration baroque et quelques beaux tableaux, mais elle était évidemment fermée. Elle se trouve sur une place en haut d’un grand escalier à trois paliers dans lequel j’ai été obligé de porter le vélo, heureusement pas trop lourd puisque j’avais laissé les bagages à Nice. L’effort a été récompensé par la vue d’en haut sur le superbe pavage en galets des paliers de l’escalier.On domine évidemment aussi la plage, qui est un peu plus intéressante vue d’aussi haut parce qu’on est à la hauteur des palmiers.

Mairie de Menton

Mairie de Menton

Puisque l’église était fermée, je suis allé voir si le centre moderne est plus intéressant qu’ailleurs. Je cherchais aussi un banc ombragé pour un goûter vu qu’il était 16 h 30. J’avais pensé à l’origine que j’arriverais plus tôt que cela à Menton et j’avais même envisagé de continuer jusqu’à Vintimille, mais j’avais finalement pris tout mon temps à Monaco et je trouve que cela en valait la peine.

Au centre de Menton, j’ai trouvé quelques beaux bâtiments officiels comme la mairie dans un style assez italien: urnes et colonnes baroques, murs couleur pêche rehaussés de touches ocre, toit plat à balustrade. Je suis tombé un peu par hasard plus loin sur le Palais Carnolès qui fut construit par un prince de Monaco comme résidence secondaire au milieu d’un jardin d’agrément dont l’idée lui était venue en visitant le Trianon de Versailles.

Le palais servit plus tard de casino et abrite maintenant des expositions d’art, mais les façades sont sales et ne valent pas une photo. Le jardin d’agrément du prince et le parc du casino ont laissé place dans les années 1920 à un verger d’agrumes qui est un genre de jardin botanique.

Comme Menton est le seul endroit de France où la plupart des agrumes donnent facilement des fruits, on peut voir là des citronniers, des orangers et divers arbres voisins – les fruits tombés jonchent le sol et font regretter de ne pas pouvoir se servir sur les arbres. Même si un oranger n’est pas si exceptionnel, voir tous ces fruits sur les branches surprend vraiment.

J’ai essayé de prendre une photo mais cela ne donne rien. Je suis content d’avoir vu au moins un des parcs de Menton car la ville est connue pour ses jardins botaniques. Les orangers ont bien complété les cactées du Lavandou – et le jardin m’a été utile pour ma pause-goûter.

Roquebrune depuis la Moyenne Corniche

Roquebrune depuis la Moyenne Corniche

Après la visite, il était temps de rentrer à Nice et j’ai choisi la Moyenne Corniche puisque j’avais déjà parcouru les deux autres. Si l’on n’a pas de raison précise de ce type, je dois la déconseiller car elle est beaucoup plus fréquentée que les autres. En plus, tandis que la Haute Corniche monte en une seule fois à La Turbie et descend continuellement ensuite, la Moyenne Corniche monte deux fois une bonne partie de la pente.

Cap d'Eze

Cap d’Eze

Une partie de cette montée est d’ailleurs une « voie rapide » qui sert à relier Monaco à l’autoroute; les voitures y sont prises dans des embouteillages gigantesques à cause des feux au bout de la voie rapide et tout ceci n’a aucun intérêt à vélo. Par contre, il faut avouer que les paysages sont très beaux.

Quand j’ai pu traverser la route pour regarder la vue côté mer (je roulais forcément côté terre puisque j’allais vers l’ouest), j’ai admiré les précipices. La Basse Corniche est trop près de la mer pour être impressionnante tandis que la Haute Corniche est trop haut pour voir des détails comme les villas de luxe.

Monaco depuis la Moyenne Corniche

Monaco depuis la Moyenne Corniche

La première côte permet de monter à 300 m d’altitude pour passer au-dessus de Roquebrune. Le point culminant est atteint au niveau d’un immeuble construit en porte-à-faux au-dessus du précipice; il n’y a pas vraiment de raison pourquoi on l’a construit là plutôt que dans un endroit plus stable et c’est donc uniquement pour la vue. Je suis un peu étonné que la mairie aie pu accorder un permis de construire pour une construction qui se voit ainsi depuis toutes les pentes environnantes. L’endroit doit être fort chic car il y a même un héliport privé. Je n’ai pas pu prendre une photo de l’immeuble mais on voit un peu l’héliport et surtout la vue plongeante sur Monaco.

Sur la frontière monégasque

Sur la frontière monégasque

La route redescend ensuite une grande partie de la côte pour passer juste au-dessus de la principauté de Monaco. C’est là qu’on se rend bien compte que la principauté ne couvre vraiment que la bande côtière et la vue depuis la corniche est assez intéressante, montrant les immeubles d’une façon toute différente de la Basse Corniche au milieu de la ville.

Port de Fontvieille

Port de Fontvieille

A un endroit, la Moyenne Corniche touche effectivement la frontière. J’ai pris une photo assez classique du rocher dominant le port de plaisance de Fontvieille. Après Monaco, la route est un peu moins encombrée de voitures mais elle remonte très longtemps et assez raide jusqu’au village d’Eze, haut-lieu touristique avec galeries d’art et un célèbre jardin exotique planté autour des ruines de l’ancien château.

Rocher d'Eze

Rocher d’Eze

Il était trop tard pour visiter et j’ai en plus l’impression qu’il faudrait monter dans le vieux village par des ruelles très raides voire par des escaliers. Pour les sportifs, il y a un sentier de randonnée qui descend du village jusqu’à la mer; en fait, c’est plutôt un escalier avec un dénivelé de 500 m. Une légende prétend que Nietzsche l’empruntait et on a donné son nom au sentier.

J’ai un peu regretté de ne pas pouvoir visiter Eze mais j’étais fatigué et il était trop tard. Je ne pense pas que nous y irions depuis Saint-Raphaël, le trajet en voiture serait trop pénible et la gare est trop bas au pied du village. A la sortie d’Eze, la route franchit un profond ravin par un viaduc vertigineux que j’avais remarqué la veille depuis la Haute Corniche sans me douter de la hauteur.

Baie de Beaulieu et Cap Ferrat

Baie de Beaulieu et Cap Ferrat

La plus belle section de la Moyenne Corniche est la descente ininterrompue d’Eze à Nice passant quelques falaises vraiment raides et dominant tout du long le Cap Ferrat.

Vue plongeante au Cap d'Eze

Vue plongeante au Cap d’Eze

Par contre, l’entrée dans Nice est moins spectaculaire que depuis la Haute Corniche, c’est une avenue raide et rectiligne d’intérêt limité.

Style piémontais à Nice

Style piémontais à Nice

Lors du voyage de 2011, j’avais acheté deux pizzas dans un magasin spécialisé et j’étais allé m’asseoir sur la promenade au-dessus de la plage pour les manger. J’étais passé devant le même magasin la veille mais j’y avais renoncé vu la queue. Cette fois, je suis passé par hasard en entrant dans Nice devant un autre magasin de pizzas près du port. On peut les faire livrer ou les acheter sur place.

Arcades du port

Arcades du port

Comme le port n’est finalement pas plus loin de l’auberge de jeunesse que la plage (le chemin est simplement parmi des immeubles plus banals), je suis retourné ensuite à ce magasin pour mon dîner. Je savais par l’expérience de 2011 que même une journée de vélo ne permet pas de manger deux grandes pizzas et j’ai trouvé très bien que le magasin près du port vende aussi des pizzas moyen format.

Coucher de soleil sur la Baie des Anges

Coucher de soleil sur la Baie des Anges

J’en ai commandé deux et je suis allé me promener sur le port un quart d’heure le temps qu’elles soient cuites puis je suis revenu les chercher et je suis allé avec jusqu’à la pointe au pied de la colline du château près du monument aux morts. Je me suis assis sur un banc et j’ai mangé mes deux pizzas en admirant les lumières de la Promenade des Anglais. Il y a un trafic aérien assez intense à Nice et je me suis aussi occupé à regarder les petits points lumineux des avions faisant la queue pour atterrir.

Je me suis à nouveau offert une glace en dessert, mais le glacier près de la cathédrale que j’avais trouvé plus intéressant la veille est fermé le dimanche soir et celui que j’ai essayé à la place est plus banal. Comme il n’était pas trop tard, j’ai passé ensuite une heure à prendre des notes dans la salle commune de l’auberge de jeunesse où j’ai observé deux Asiatiques en train de s’offrir une bouteille de rosé.

Il s’est avéré que ces deux bons vivants étaient dans ma chambre ensuite et l’un des deux était franchement ivre. Je crois que ce n’est pas spécialement mal vu en Asie, surtout en Corée d’où venait le coupable, mais j’ai été très content que l’alcool le fasse plutôt dormir. C’est rare de voir des gens ivres en auberge de jeunesse et surtout je ne pensais pas qu’on autorise les ajistes à s’enivrer sur place. J’ai eu l’impression que l’auberge de Nice est tenue plutôt comme un « hostel » anglo-saxon où il n’y a pratiquement pas de règles autres que de payer son lit et de ne rien casser.

Le Coréen ivre et son copain ne m’ont donc pas empêché de dormir et l’Américain obèse était heureusement un peu moins enrhumé, ce qui fait qu’il m’a un peu moins gêné que la veille. C’est plutôt la chaleur que j’ai trouvée très gênante.

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