Etape 3: Bessin

(3ème étape d’un voyage cyclotouriste de Cherbourg à Toulouse en 2012)

Vendredi 25 mai

92 km, dénivelé 330 m

Temps brumeux et chaud, 25° avec bonne brise de mer

La Viéville – Tour en Bassin – Port en Bessin – Longues sur Mer – Bayeux – Vaussieux – Brécy – St Gabriel – Creully – Sainte Croix sur Mer – Courseulles – Langrune – Anguerny – D79 – Caen

Bessin, département 14

Le Bessin étant extrêmement riche en monuments (et ceci malgré la deuxième guerrre mondiale), j’ai essayé d’en voir un grand nombre en une seule journée, ce qui n’est peut-être pas idéal parce que je finissais par les mélanger un peu à la fin, surtout les églises romanes. Je voulais passer à Bayeux pour ses maisons anciennes, mais je voulais aussi passer au bord de la mer pour le plaisir des paysages – et parce que c’était ma dernière chance de voir la mer pendant ce voyage.

Manoir de Douville

Je suis passé juste en partant de la chambre d’hôtes devant un très beau manoir assez austère, le manoir de Douville, qui est en fait le logis d’une grosse ferme du XVIème sècle et que l’on peut louer pour des réceptions. C’est peut-être celui que j’ai le mieux aimé parmi les manoirs classiques du Bessin. Il fait un effet assez différent sur Internet, la façade sur cour étant nettement plus ornée que l’autre.

Enfer à Tour-en-Bessin

Avant d’aller à Bayeux, j’ai atteint Tour-en-Bessin, un petit village qui était autrefois sur la N13 mais qui est tranquille maintenant qu’on a construit la voie rapide. Il y a un petit château que l’on peut visiter en été, le manoir de Vaulaville, mais je n’ai vu de la route que les communs et la ferme. Par contre, j’ai pu visiter l’église qui est une grande basilique fin roman. Comme souvent dans la région, les statues ont été détruites par les armées protestantes pendant les guerres de religion et on a juste conservé deux bas-reliefs gothiques représentant l’enfer et le paradis. L’enfer est évidemment beaucoup plus intéressant à regarder mais j’ai bougé en prenant la photo.

Château de Maisons

Au village suivant, Maisons, on peut voir un château Renaissance strict au bout d’une longue allée. Il paraît qu’une partie date du XVème siècle et il ne se visite pas. Il se trouve dans le fond d’une vallée et j’ai suivi avec intérêt les pancartes pour la « perte de l’Aure ». Cette rivière coule longtemps tout droit de sa source vers la mer, mais s’arrête 4 km avant la côte et tourne alors vers l’ouest pour faire un détour de 30km, au point qu’elle s’appelle simplement Aure au début et Aure Inférieure après le changement de direction. La rivière ne parvient apparemment pas à creuser une gorge dans les falaises côtières (dans le prolongement de la Pointe du Hoc).

En fait, une grande partie de l’eau disparaît près de Maisons (à la Fosse-Soucy) dans le sol et il ne reste qu’un ruisseau occasionnel pour alimenter l’Aure Inférieure. Le reste passe sous les falaises côtières et ressort en résurgences sur la plage. La perte de la rivière n’est pas spectaculaire et les résurgences sont cachées dans les galets, mais c’est quand même un phénomène naturel curieux. Comme j’étais si près de la mer, j’ai suivi le chemin de l’eau souterraine en passant un genre de petit col pour descendre ensuite au bord de la mer à Port-en-Bessin.

Côte de Port-en-Bessin

C’est un village qui m’a particulièrement bien plu. Evidemment, il y a déjà le site avec le petit port coupant la ligne des falaises. Je me suis assis sur la digue au-dessus de l’eau pour manger un jésuite en admirant le contraste des vagues et des falaises. Le port est muni d’une petite criée où l’on peut acheter aux poissonnières le poisson débarqué le matin même par leurs maris.

Bateaux de pêche artisanale à Port-en-Bessin

Pendant ce temps, les maris sont dans le bassin de pêche en train de contrôler leurs grands filets bleus étalés sur les quais. Des jeunes hommes musclés, tatoués, piercés et aux visages un peu rudes sont assis sur la pierre avec des aiguilles géantes et rapiècent les filets. En contrebas des quais, les petits navires ventrus de la pêche côtière attendent un coup de peinture.

Port-en-Bessin

Tout ceci est banal pour un port de pêche artisanal, mais là est justement l’intérêt de la chose car il reste très peu de ports de petite pêche en France avec ces activités artisanales. Le bourg est en plus parvenu à éviter une invasion de maisons secondaires ou d’appartements car il n’y a pas de plage et aussi car il est peu pratique si on travaille à Caen. Pour tout dire, une très belle découverte.

J’ai eu la seule vraie côte de la journée pour monter sur les falaises et j’ai essayé de les longer jusqu’au chaos de Longues-sur-Mer. Malheureusement, il n’y a pas de point de vue duquel on peut voir le chaos depuis le sommet des falaises et tout ce que l’on peut voir depuis le sommet est une ancienne batterie allemande de 1943, l’une des plus puissantes et des plus dangereuses pour les troupes débarquant à Omaha Beach juste à l’ouest. Il faut probablement marcher sur le sentier des douaniers, ce que je n’avais pas le temps de faire.

J’ai pensé me rattrapper en admirant les ruines de l’ancienne abbaye de Longues-sur-Mer, mais elles font partie maintenant d’un hôtel de charme et sont donc cachées derrière un mur d’enceinte particulièrement haut et rébarbatif. L’entrée n’est en plus pas donnée et je me suis dit finalement que j’aurais pu m’épargner le détour par Longues.

Du moins n’étais-je plus loin de Bayeux, qui est une ville finalement nettement plus animée que je ne m’y attendais vu la gare fort provinciale (on a la même impression à Saintes). Pour une ville de 13000 habitants, soit moins que Esch, et en plus à 25 km seulement de Caen, il y a beaucoup de magasins et un air très urbain. Le fait que la ville n’a pas été bombardée en 1944 aide certainement.

Manoir à Vaux-sur-Aure

Entre Longues et Bayeux, le touriste passe normalement par le manoir d’Argouges, qui date de 1510 environ et qui est entouré de douves. Malheureusement, j’avais mal lu la carte et je ne pouvais pas passer devant sans faire un grand détour car il n’y a pas de pont sur l’Aure à l’endroit idoine. A défaut, j’ai aperçu le petit château classique (1735) de la Ferrière. Il ne se visite pas même s’il paraît que les propriétaires envisagent d’ouvrir le parc nouvellement rénové au public -les châtelains normands font pas mal d’efforts dans cette direction car ceci ne dérange pas trop leur intérieur tout en attirant des touristes anglais venus par le car-ferry de Ouistreham.

Le château est un exemple typique de ce qu’un noble de la cour de Louis XV faisait construire comme « maison de campagne » et il était de bon ton d’avoir une telle maison soit pour se remettre des fatigues de la cour, soit pour se livrer à diverses passions allant du paysagisme à l’élevage de moutons en passant par les rencontres libertines et les retraites littéraires.

La ville fut fondée par les Romains et était une forteresse importante vers l’an mil, ce qui explique pourquoi la fameuse tapisserie de la reine Mathilde se trouve à Bayeux et non à Caen, même si c’est l’époux de Mathilde qui transféra la capitale du duché de Normandie à Caen en 1050 (avant de conquérir l’Angleterre en 1066). Mais c’est surtout resté la ville épiscopale, Caen ayant seulement des abbayes. Je ne pouvais donc manquer de visiter la cathédrale, qui mérite effectivement le voyage.

Anges musiciens dans la crypte de la cathédrale de Bayeux

Elle fut inaugurée en 1077 mais seule la crypte est aussi ancienne car on a redécoré la nef vers 1110. La crypte est impressionnante par sa longueur et la minceur des piliers; ils sont ornés de chapiteaux à rinceaux dont ressortent ici et là des visages stylisés typiquement anglo-normands qui me font toujours penser à des têtes de chats. On a ensuite peint au XVème siècle sur les retombées des voûtes de très jolies fresques avec des anges musiciens en parfait état de conservation.

Cathédrale de Bayeux

La nef est très étonnante, je ne connais aucune nef romane comparable en France. Les élévations sont assez simples mais les arcades à chevrons sont exceptionnellement larges et surtout la dentelle de décor géométrique qui habille les murs au-dessus est fascinante. Le dessin est différent au-dessus de chaque arcade ou presque et on voit que c’est de la pierre calcaire pas trop difficile à graver.

Les Protestants ont détruit les statues et la plupart des vitraux, mais ils n’ont pas touché à une série de médaillons placés entre les arcades et qui sont ornés de diverses figures et animaux étranges presque un peu vikings. Ma photo est prise exprès avec les envolées courbes de la chaire baroque car le contraste est vraiment criant.

Vieilles maisons à Bayeux

L’extérieur de la cathédrale m’a moins intéressé, c’est un grand vaisseau gothique assez classique y compris les portails. Je l’ai bien visitée, en partie parce que j’appréciais la fraîcheur à l’heure de midi, et je savais que je n’aurais de toute façon pas le temps de visiter la « tapisserie » dans son musée spécial (plus exactement, c’est une broderie conçue à l’origine pour décorer la cathédrale). Je me suis un peu promené dans les rues, notant qu’il y a beaucoup moins de maisons à colombages que je m’y attendais pour une quelconque raison.

Par contre, il y a un certain nombre de beaux hôtels particuliers du XVIIème siècle construits quand Bayeux était un important siège judiciaire. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de constater que les villes ayant abrité des tribunaux au XVIIème et XVIIIème siècles sont souvent particulièrement belles. Se pourrait-il qu’un poste de juge soit à l’époque un poste rentable permettant à son titulaire de choisir entre les cadeaux du plaignant et de du défendeur ?

Encore de nos jours, on trouvera difficilement une personne se faisant payer plus cher pour 10 minutes de conversation qu’un avocat d’affaires. Je sais, ce sont des hommes affreusement stressés qui ont fait de longues études… Ils doivent aussi financer les goûts dispendieux de leur épouse, une grosse cylindrée, plusieurs clubs snobs et une « assistante »… Comme sous Louis XV.

Après un tour dans les rues, j’ai découvert une grande place ombragée avec des bancs parfaite pour mon pique-nique. La place s’appelle Charles-de-Gaulle car le général y tint un grand discours dans la première sous-préfecture libérée. Plusieurs panneaux bien faits rappellent les industries traditionnelles de Bayeux, la porcelaine et la dentelle, défuntes toutes les deux.

A cause du très beau temps, les lycéens mais aussi les gens venus des bureaux voisins se répartissaient la pelouse harmonieusement. Quatre jeunes s’excitaient derrière un ballon, ce que je trouvais un peu fatigant avec le soleil, et ils ont effectivement terminé torse nu en bermuda pour le plus grand plaisir de leurs copines qui les « admiraient » en cancanant sous les tilleuls.

Ayant pris le temps de bien profiter de Bayeux, je n’ai pas voulu perdre trop de temps pendant l’après-midi, mais les distances sont courtes dans le Bessin et ceci ne m’a pas empêché d’admirer un nombre étonnant de monuments. Le Bessin est peut-être la région la plus riche de France en termes de châteaux et d’églises intéressants au kilomètre.

Maison curieuse à Bayeux

A la sortie de Bayeux, je suis même tombé sur un bâtiment du XIXème siècle intéressant, une villa appartenant maintenant à un promoteur immobilier et qui est ornée d’une profusion inimaginable et presque étouffante de sculptures. L’escalier extérieur, les frontons et les dessus de fenêtres sont surchargés et éclectiques, mais assez typiques de l’époque. Par contre, les douze colonettes triples à chapiteaux corinthiens couvertes de fausse vigne vierge en pierre sont stupéfiantes. Il n’y a pas de plaque explicative sur place.

J’étais très content d’avoir trouvé sur la carte une petite route tranquille pour sortir de Bayeux, mais j’ai vite compris pourquoi elle est aussi peu appréciée: elle traverse pendant 5 km une immense décharge nauséabonde qui s’étend de chaque côté. C’est tellement rare en France qu’il y a probablement une explication historique. En tous cas, j’ai été soulagé de descendre dans une petite vallée ombragée et de retrouver le bocage et les petits châteaux.

Château de Vaussieux

Celui de Vaussieux est un grand bâtiment austère de style Louis XVI datant de 1771 qui abrita toute une panoplie de généraux en 1778. Il servit en effet d’état-major pendant les grandes manœuvres du Camp de Vaussieux. Je n’en avais jamais entendu parler, mais l’histoire est intéressante: deux ans avant, la déclaration d’indépendance américaine avait choqué le monde.

L’Angleterre était forcée de réagir et la guerre s’enlisait en Amérique tout en lui coûtant extrêmement cher. Le roi de France, pas mécontent d’ennuyer le rival anglais, commença par faire de grandes manœuvres avec 30.000 soldats dans ce fameux camp de Vaussieux dans l’idée de donner des sueurs froides aux Anglais craignant par exemple un coup de main français dans leur colonie irlandaise. L’un des sujets principaux des manœuvres fut de tester s’il valait mieux faire avancer les soldats en colonnes compactes ou plutôt en rangée plus mince mais couvrant plus de terrain.

Château de Brécy

Le village suivant, Brécy, a également son château, caché au bout d’une longue allée de très beaux tilleuls taillés au cordeau. Les bâtiments sont assez simples autour d’une cour en U, mais le mur qui ferme la cour (curieusement, un mur et non une grille avec une douve comme on en voit souvent) est très orné avec des vases en pierre et un portail néo-classique élégant d’époque Louis XIV. D’après Internet, on visite surtout un très beau parc Régence dans le style italien (parterres de buis taillés en entrelacs recherchés), mais je ne pouvais pas le visiter. J’ai simplement remarqué la sculpture assez amusante que l’on voit dans la cour à travers le portail ouvert.

Ancien prieuré de Saint-Gabriel-Brécy

Dans le même village, on peut aussi visiter la cour d’une école horticole privée qui occupe les bâtiments de l’ancien prieuré de Saint-Gabriel. Evidemment, on profite de quelques très jolis parterres fleuris et d’allées d’arbres fruitiers entretenus avec soin. L’église du prieuré est fermée mais on voit dans la cour les restes des bâtiments fonctionnels qui ressemblent presque à un manoir fortifié. Ils datent du XVème siècle et je les ai trouvé très harmonieux et intéressants.

Dans le bâtiment de droite sur la photo, la première travée est en fait un reste du cloître et permet de voir par des baies vitrées une belle salle à voûte gothique servant apparemment de salle des fêtes pour les élèves du lycée professionnel. On ne peut pas se promener dans la cour normalement sauf pendant les vacances scolaires, ce qui était le cas: je sais par un ami horticulteur que le mois de mai est dispensé de cours dans ce genre de lycée car c’est la période où les patrons ont le plus besoin de stagiaires dans les magasins et les pépinières.

Le village suivant est déjà un bourg plus animé, Creully. Comme souvent dans le Bessin, on y voit des monuments qui suffiraient dans une autre région à en faire un centre touristique majeur voire un « plus beau village de France ». La concurrence est telle dans la région que je n’en avais jamais entendu parler alors que c’est un endroit vraiment riche. Je n’ai pas visité les halles qui sont maintenant intégrées dans un restaurant. Il paraît que ce sont les seules halles médiévales de Normandie voûtées en pierres.

Eglise de Creully

Je suis effectivement entré dans l’église qui est une très imposante église du XIIème siècle avec de superbes arcades romanes à chevrons exactement comme à Bayeux. Les chapiteaux sont ornés d’entrelacs qui rappellent nettement l’art viking, ce qui est adapté car le seigneur local descendait directement de Rollon, le chef viking qui fonda la Normandie. Les voûtes sont intéressantes car il s’agit de croisées de berceaux, un stade intermédiaire entre la voûte en berceau et la croisée d’ogives. On arrive à couvrir des espaces beaucoup plus larges qu’avec la voûte en berceau, mais les rouleaux continuent à avoir besoin de lourds pans de murs pleins.

Château de Creully

Enfin, je suis allé me promener dans le parc du château fort bien qu’il soit interdit aux vélos. C’est un parc municipal depuis 1946 et j’aurais pu visiter une exposition d’artistes locaux dans les salles du château si j’avais eu le temps. Il n’y a cependant rien d’historique à l’intérieur. Par contre, l’apparence extérieure est spectaculaire avec douves maintenant à sec, divers ponts pour les franchir, des murailles autour du parc et au milieu un corps de logis de 1480 environ qui montre bien la transition entre les formes médiévales à machicoulis et les fenêtres Renaissance. La tour de guet date de la guerre de Cent Ans. Un endroit parfait pour faire une petite pause à l’ombre car il faisait encore assez chaud.

Je suis reparti de Creully par une bonne petite côte parce qu’il faut traverser la chaîne des falaises du bord de mer. En fait, c’est le rebord est des falaises et j’ai découvert en arrivant au bord de la mer que le littoral est plat plus à l’est. Le village en bord de mer est une station balnéaire importante car il y a une grande plage de sable, celle de Courseulles. J’ai ignoré les immeubles d’appartements avec vue sur la mer pour me concentrer sur la promenade le long de la plage.

La vue était extrêmement différente de celle de Port-en-Bessin le matin et le temps avait changé aussi, il y avait cette fois un vent très fort et plutôt froid de nord-est qui m’a fait mettre et fermer mon blouson pour manger un goûter. Je ne savais pas que je mangeais sur un lieu Hautement Historique, la gigantesque croix de Lorraine à cet endroit de la promenade indiquant que le Général de Gaulle débarqua ici pour tenir ensuite son discours de Bayeux en 1944.

Plage de Courseulles

Vu le ciel bleu, le vent fort de mer et l’heure, j’ai constaté qu’un certain nombre de jeunes travailleurs avaient quitté leur travail à Caen un peu en avance pour s’offrir deux heures de surf. Deux véliplanchistes en particulier s’y prenaient très bien et c’était beau à regarder. Je trouve cela ennuyeux sur l’étang de Leucate (sauf peut-être au moment où ils se changent ;-), mais cela devient intéressant avec des vagues suffisamment régulières.

Courseulles-sur-Mer fait un grand étalage de ses souvenirs du débarquement, car c’était la plage de Juno Beach concernant surtout les Britanniques. Comme ils ont moins le culte patriotique que les Américains, la commune est obligée de faire plus d’efforts avec beaucoup de panneaux explicatifs et un musée-spectacle spécialisé dans le débarquement des unités canadiennes, mais c’est assez joli avec une architecture moderne discrète. Courseulles était un objectif important car c’était le seul port disponible avant la construction du port provisoire d’Arromanches – tout en étant un simple petit port de pêche.

Entre Courseulles et Caen, j’aurais probablement dû passer par le célèbre château de Fontaine-Henry qui est superbe sur Internet et qui date en grande partie du XVIème siècle. A la place, j’ai cru bien faire en longeant un peu la côte, mais on reste assez loin de la mer. Il y a juste des morceaux d’itinéraire cyclotouriste assez utiles.

Clocher à Bernières

Sur mon itinéraire, à défaut de chateau, il y a plusieurs grandes églises romanes. Dans le premier village, Bernières, il y a aussi trois châteaux, mais tous cachés derrière de hauts murs. L’église était fermée et je n’ai donc pas vu le retable baroque dont parlent les guides. J’ai quand même pris une photo du clocher gothique qui est gigantesque avec 67 m de haut.

Deux villages plus loin, je suis passé à Langrune où il y a une grande église du XIIIème siècle mais qui ne m’a pas fait grande impression après avoir vu autant d’églises pendant la journée. J’ai simplement noté: « belle nef basse ». Une anecdote révélatrice sur le problème bien français des relations entre l’Etat et l’Eglise: une dame avait légué en 1936 un tableau à l’église.

Celui-ci fut rénové dans les années 1980 et déposé alors dans le grenier de la mairie avant d’être mis à disposition du musée de Caen. Le tableau est sûrement très bien au musée, mais on peut se demander ce que la légatrice en penserait car j’imagine difficilement qu’elle ait eu l’intention en 1936 d’offrir le tableau à la commune plutôt qu’à l’église.

Le dernier village côtier sur ma route était Luc-sur-Mer, qui a fait l’objet d’études scientifiques intéressantes. Comme une forêt y a été emportée par la mer comme celle de la Baie du Mont Saint-Michel, on y observe la biodiversité et on constate un appauvrissement constant depuis la deuxième guerre mondiale. Je n’ai rien lu sur les conclusions que l’on en tire, mais je suppose que la proximité de Caen et de son port industriel n’est pas innocente. J’ai aussi raté le squelette de baleine du parc muncipal, ne trouvant ni pancartes ni la moindre indication sur l’emplacement de ce parc.

Juste dans l’intérieur des terres, le village de Douvres-la-Délivrande (où les Allemands se sont défendus dans une station radar pendant 12 jours après le débarquement) est surtout connu pour une grande basilique de pèlerinage. Comme elle date du XIXème siècle, je ne m’y suis pas arrêté. L’origine du pèlerinage est intéressante car il y en a peu d’aussi anciens en France: il a été instauré par un évêque de Bayeux vers 620 sur le site d’un pèlerinage gallo-romain à la déesse Demeter dans le but évident de christianiser un usage qu’il n’arrivait pas à empêcher autrement. Louis XI vint deux fois en pèlerinage, mais Bouvard et Pécuchet (personnages de Flaubert) y vinrent aussi.

Rond-point à Anguerny

Entre Douvres et Caen, il paraît qu’il y a un itinéraire cyclotouriste, mais j’ai l’impression qu’il s’agit simplement d’une bande le long de la nationale et la circulation y est considérable. Je préfère dans ce cas une route de campagne qui est plus variée avec des virages. En fait, j’ai trouvé qu’il y avait quand même pas mal de voitures sur la D79, y compris se rendant vers Caen, ce qui est un peu surprenant le soir (retour des plages un vendredi ?).

Après les villages et les lotissements isolés dans la plaine un peu monotone de Caen, on entre sans prévenir dans la zone urbaine et j’ai trouvé presque tout de suite une pancarte pour cyclistes indiquant « centre ville par Vallée des Jardins ». C’est une petite piste très amusante qui serpente à travers un très beau parc installé dans le fond d’un ravin et on arrive au bout effectivement presque en plein centre. Il fallait simplement éviter de renverser les promeneurs. Cette piste cyclable m’a beaucoup rappelé les parcs de Londres et on en voit rarement en France car on trouve rarement des parcs tout en longueur comme celui-ci.

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