Etape 14: Basse Marche

(14ème étape d’un voyage cyclotouriste de Cherbourg à Toulouse en 2012)

Mercredi 6 juin

90 km, dénivelé 1070 m

Nuages et éclaircies

Château-Guillaume – Dunet – Chénier – Saint Benoît du Sault – Les Grands Chézeaux – Saint Sulpice les Feuilles – Arnac la Poste – Maison Sauzy – Saint Amand Magnazeix – Monchenon – Morterolles – Châteauponsac – Rancon – Chasseneuil – Blanzac – Les Bordes

Basse Marche, départements 36 et 87

La grande fierté de la dame est son assortiment de confitures particulièrement originales. J’ai ainsi noté dans mon journal de la confiture de physalis, de betteraves rouges ou de potimarrons aux agrumes. A conseiller aux spécialistes ! Pour les physalis, la dame m’a dit qu’elle avait des difficultés à en faire pousser suffisamment pour en faire de la confiture, mais je reconnais que l’idée est amusante vu que je n’avais jamais vu ce fruit autrement qu’en décoration de plateau dans des réceptions mondaines.

Première journée avec un gros dénivelé, ce qui ne m’a pas dérangé après deux semaines de collines modestes. Les personnes craignant les reliefs peuvent circuler 20 km plus à l’Est sur l’ancienne N20, qui est beaucoup moins accidentée car elle reste sur la ligne de crête entre les bassins de la Gartempe et de la Creuse. Ou alors on peut circuler plus à l’Ouest directement dans la vallée de la Gartempe comme je l’avais fait en 2002. A noter que ce n’est pas une région très riche en patrimoine, ce qui fait que j’ai pu me concentrer sur l’effort physique et la verdure.

J’ai commencé par me diriger vers un des « plus beaux villages de France », Saint-Benoît-du-Sault, dont le titre m’inspirait confiance car il a aussi deux étoiles dans le vieux guide vert de ma mère. Pour s’y rendre, il a fallu sortir de la vallée de l’Allemette, ce qui n’est pas bien fatigant, puis franchir la vallée nettement plus profonde de l’Anglin. Avec l’expérience de la veille, je ne pensais d’ailleurs pas qu’elle serait si profonde, peut-être 150 m. J’ai trouvé le paysage sur le rebord de la vallée avant Dunet particulièrement joli mais c’est plus le contraste avec la Touraine qu’un jugement absolu.

Vallée de l’Anglin à Dunet

L’église ne présente pas un intérêt significatif mais le village autour de sa grande place avec les tilleuls est joli, surtout parce qu’il est en haut d’une butte. La descente du village vers l’Anglin dans un ravin tortueux et ombragé m’a tellement plu que je ne me suis pas vraiment plaint de la longue côte sur l’autre rive et d’un raidillon à Chénier. Le nom me disait quelque chose, probablement à cause de l’opéra de Giordano sur le poète André Chénier.

Il faut reconnaître que le destin de ce philhellène fréquentant des espionnes et des diplomates étrangers ne manque pas d’une certaine odeur de soufre. Il aurait trempé dans une affaire de corruption qui consistait pour la maîtresse du chargé d’affaires inofficiel espagnol à soudoyer des parlementaires pour empêcher la mort de Louis XVI. Il aimait tomber amoureux de femmes déjà prises et souffrait avec discrétion dans des odes, ce qui fait que les romantiques le prirent pour un précurseur, préférant ignorer qu’il était par ailleurs un journaliste engagé contre Robespierre, ce qui lui valut d’être guillotiné.

Porte médiévale à Saint-Benoît-du-Sault

Saint-Benoît-du-Sault est un village d’origine médiévale sans histoire remarquable mais qui a gardé un grand nombre de maisons anciennes dans des petites rues descendant en désordre la pente de la colline. Il faut croire qu’il m’a bien plu car j’y ai pris pas moins de six photos. Le bourg était une des forteresses mineures de la famille de Brosse, une des grandes familles de la Marche. Il reste de l’apparence médiévale une très belle fortification qui servait de porte et qui a été transformée plus tard en habitation. La construction désordonnée est d’autant plus pittoresque et évocatrice.

Nef de l’église de Saint-Benoît-du-Sault

On ne visite évidemment pas les maisons dont quelques-unes datent de la Renaisance, mais on peut visiter l’église, une nef très large avec bas-côtés minusucules comme en Poitou mais avec une belle voûte en bois en forme de berceau plutôt que des coupoles. Comme il n’y a pas de décoration, l’effet est austère et presque archaïque. J’ai remarqué de curieuses colonnes grêles purement décoratives adossées aux gros piliers carrés. A l’origine, cette église est celle d’un prieuré bénédictin du XIème siècle.

Site de Saint-Benoît-du-Sault

Il ne faut pas manquer une halte en sortant du bourg vers le sud. D’abord, on passe la rivière au nom très étonnant de Portefeuille. En remontant sur la rive opposée, on a un très joli panorama sur le bourg. J’ai pris ensuite une petite route qui redescend de la crête vers l’Anglin, mais j’étais maintenant près de la source et la vallée ressemble à un plateau en éventail.

Etang de Gensais

Même si j’ai monté pendant dix kilomètres, c’était très vert et la pente était vraiment douce. J’ai passé la frontière de la Haute-Vienne exactement sur la ligne de partage des eaux et je suis descendu sur un petit étang ravissant caché dans les collines, l’étang de Gensais.

Paysage du Haut Limousin

Nouvelle petite montée par des routes toujours aussi petites et désertes pour Saint-Sulpice-les-Feuilles, puis une descente vers la Benaize, nouvelle montée et descente jusqu’au ruisseau appelé bizarrement Planche Arnaise et enfin une côte pour arriver à Arnac-la-Poste où j’avais bien mérité un pique-nique.

Il y a une pancarte à l’entrée du village pour rappeler qu’il est membre de l’association des villages « aux noms burlesques et chantants » comme par exemple Cocumont et Vatan. Je n’avais pas vraiment fait le lien mais je comprends l’idée.

Eglise à accès fortifié à Arnac-la-Poste

Pour une quelconque raison, je me sentais particulièrement de bonne humeur après cette matinée de relief varié et verdoyant et j’avais envie d’envoyer des SMS, mais mon téléphone était toujours en panne sans son fameux code. Le principal intérêt d’Arnac en dehors d’un foirail spacieux et ombragé est l’église, à laquelle on accède par un portail à mâchicoulis rébarbatif. L’église date du XIIème siècle, mais il fallut ajouter des fortifications pendant la guerre de Cent Ans.

A l’intérieur de l’église, on peut admirer un trésor qui vient à l’origine de l’abbaye de Grandmont évoquée au sujet de Saint-Marcel la veille. Il s’agit cette fois d’un très beau reliquaire en cuivre et cristal de roche constellé de pierres semi-précieuses et de camées antiques. Il date du XIIIème siècle et on se demande si le cristal central, taillé de façon particulière, ne serait pas byzantin à l’origine.

Trésor de l’église d’Arnac-la-Poste

Il aurait alors été rapporté par un participant à la croisade qui s’était déroutée sur Byzance et avait pillé la ville en 1204 avant d’y installer un empire franc pendant quelques années (cette fâcheuse issue étant la faute des Vénitiens qui avaient offert aux Croisés toujours sans le sou d’utiliser leurs navires à condition qu’ils les aident à se venger de vexations commerciales byzantines).

D’Arnac, j’ai continué vers le sud parce que les hôtes de la veille avaient un prospectus conseillant de visiter le cimetière de Saint-Amand-Magnazeix pour sa lanterne des morts (il y en a ailleurs, mais je n’avais pas pu voir celle de la vallée de la Creuse). J’ai eu quelques hésitations aux carrefours car les toutes petites routes marquées sur la carte n’avaient souvent pas de pancartes, comme ceci arrive d’ailleurs aussi dans le bocage breton.

Mais j’ai quand même trouvé le hameau de Maison-Sauzy avec un manoir – il semble y en avoir un peu partout dans la région même si l’on ne peut pas parler de beaux châteaux. Puis une descente raide jusqu’à la Brame et une montée sérieuse jusqu’à Saint-Amand qui se trouve à 360 m d’altitude à comparer à 220 m à Arnac.

Caveaux de verre typiques du Limousin

Le village est tout petit et j’ai trouvé sans difficultés le cimetière. J’ai un peu hésité au début mais les ouvriers ne faisaient qu’entretenir des plantations et je suis donc entré voir. Comme ailleurs dans la Marche, j’ai remarqué que certaines familles font construire au-dessus de leurs pierres tombales de curieux édifices en fer forgé et en verre. Ce sont des caveaux qui demandent beaucoup d’entretien et c’est vraiment une spécialité régionale.

Lanterne des morts avec autel à Saint-Amand-Magnazeix

Au milieu des tombes, on trouve effectivement la lanterne des morts. Elle est moins impressionnante que certaines lanternes de Saintonge, mais elle est particulièrement facile à examiner. C’est un cylindre creux à l’intérieur et on voit très bien les pierres en saillie qui permettent de monter à l’intérieur, probablement pour allumer une lanterne ou un feu au sommet.

On notera avec intérêt la taille minuscule de l’ouverture donnant accès à la colonne et je me suis demandé si on y envoyait des enfants. Toutefois, je sais que des hommes solides entrent régulièrement dans les cuves à vin pour les nettoyer et les ouvertures ne sont pas plus grandes – on m’a proposé de faire l’essai dans une des cuves de mon oncle dans les Corbières il y a très longtemps mais je n’avais pas osé.

Il y a un petit autel devant la colonne, ce qui est assez rare car il a en général été détruit par les siècles. Il y a une chose extraordinaire en ce qui concerne les lanternes des morts, c’est que l’on n’a jamais retrouvé aucun texte officiel de l’église indiquant une liturgie ou des cérémonies les concernant. La mémoire populaire n’a gardé aucune trace non plus et il faut donc penser qu’elles n’ont plus été utilisées depuis de nombreux siècles.

Presque toutes les lanternes des morts datent du XIIème siècle et ont été construites sur un territoire dépendant à l’époque des ducs d’Aquitaine ou du Poitou. Il en existe aussi en Irlande mais pratiquement nulle part ailleurs, ou alors ce sont des décorations tardives sans lien avec le phénomène d’origine. On suppose que c’est une survivance de l’habitude romaine d’entretenir des feux près des tombes pour guider les âmes des défunts, mais c’est pure conjecture.

Il m’est arrivé une aventure rare en essayant de quitter le village. Faute de pancarte, j’ai tourné en vain parmi les maisons puis je me suis décidé à prendre la seule route indiquée bien que j’eusse voulu l’éviter à cause d’un passage certes court mais très raide. J’ai ensuite pris à droite comme prévu, mais les virages et l’absence de panneau m’ont tellement troublé que je me suis retrouvé sans l’avoir voulu dans le village de Morterolles-sur-Semme, qui se trouve sur l’ancienne N20 et que je n’avais pas du tout l’intention de traverser. Il est vraiment rare de se perdre en France quand on a 20 ans d’expérience avec les petites routes.

Façade à Morterolles-sur-Semme

La nationale est déserte de nos jours du fait de l’autoroute gratuite parallèle mais ce n’était pas ma direction de toute façon. Le seul avantage de la situation a été un bâtiment avec l’inscription assez amusante « Central Garage du / Café / Hôtel du Centre / Bar ». On peut comprendre que c’était une étape bienvenue car Morterolles est presque exactement à mi-chemin entre Paris et Toulouse.

Vallée de la Gartempe et Monts de Blond

Après Morterolles, je suis parti vers l’Ouest comme j’en avais eu l’intention, mais la petite route que j’avais trouvée a disparu subitement pour fusionner avec une nationale certes déserte mais affreusement rectiligne. Il y a un pont de chemin de fer à cet endroit et j’ai regardé si la ligne abandonnée a été transformée en voie verte, mais j’ai été forcé de rester sur la grande route ennuyeuse. Le seul avantage est que l’on roule plus vite et je reconnais que j’avais un panorama très étendu dominant tout le bassin de la Gartempe jusqu’aux Monts de Blond où je passerais le lendemain.

La Gartempe à Châteauponsac

Je suis arrivé en 5 km à Châteauponsac, dont je pensais pour une quelconque raison que c’est un village intéressant. En fait, le village est certes d’origine romaine mais il n’y a rien de spectaculaire en dehors peut-être du site dominant un peu la Gartempe qui coule dans une petite gorge boisée.

Extension de la mairie de Châteauponsac

J’étais passé ici en 2002 et j’avais traversé la rivière sur le « pont romain » (médiéval en fait), ce qui fait que je me suis épargné cette fois une descente inutile jusqu’à la rivière, pensant que j’avais pris une photo du pont lors du passage précédent. En fait, ce n’était pas le cas et on se passera donc de photo. Je propose en guise de lot de consolation une photo de la mairie avec la nouvelle annexe en acier pré-rouillé. C’est le summum de l’architecture contemporaine et plusieurs mairies de villages luxembourgeois se sont dotées de cubes rouillés du même style.

Site de Rancon

En continuant le long de la grande route ennuyeuse, on arrive en 8 km à Rancon où il faut traverser la rivière parce qu’elle change de direction. J’ai bien aimé la grande descente, surtout que le revêtement lisse de la grande route permettait une pointe à plus de 50 km/h, puis j’ai transpiré un peu dans la côte sur l’autre rive. Le village étant à mi-hauteur de la côte, j’en ai profité pour une pause.

Pont de Rancon

Rancon est un village beaucoup plus historique et vénérable que Châteauponsac. C’était un oppidum gaulois comparable à celui d’Argentonmagus, surveillant le passage de la Gartempe comme son collègue celui de la Creuse. On construisit un pont dès l’époque gallo-romaine et le pont que l’on devine sur ma photo est effectivement un pont médiéval du XIIème siècle sur des piles romaines du IIème siècle. Evidemment, on voit mieux à Trêves en termes de piles romaines, mais le site est beau et sauvage.

Lanterne des morts à Rancon

Rancon fut au Xème siècle le berceau d’une famille assez illustre en Saintonge et en Poitou, mais qui s’éteignit au XIIIème siècle. Il reste de cette époque uniquement une lanterne des morts, qui n’est pas toutefois à son emplacement d’origine et qui n’a plus son autel. Ceci justifiait a posteriori d’être passé à Saint-Amand.

J’ai pu éviter quelques kilomètres de grande route en tournant dans les champs sur une route charmante jusqu’au village de Blanzac, puis j’ai retrouvé la nationale jusqu’à l’embranchement de l’hébergement que la dame m’avait très bien indiqué au téléphone. On prend alors la petite route puis on est coincé 200 m sur loin au carrefour suivant. J’ai estimé que je pouvais passer outre à la pancarte « accès privé strictement interdit » et j’ai eu raison…

Il est difficile d’imaginer un plus grand contraste entre les deux hébergements précédents et celui-ci. On est accueilli très aimablement dans un bâtiment gigantesque avec une entrée de 10 m sous plafond et un escalier en coin de 3 m de large. En haut, un patio spatieux orné de meubles rustiques plein de jeux de société et de beaux livres intéressants fait tout le tour de la cage d’escalier et dessert les chambres presque comme dans un hôtel de vacances. La veille, la chambre était mieux entretenue et la décoration plus soignée que l’avant-veille, mais c’était une chambre pratique dans une ferme ancienne et pas une suite impeccable comme cette fois. En fait, c’est ici une ferme-auberge plutôt qu’une chambre d’hôtes.

Chose exceptionnelle pendant le voyage de cette année, j’ai eu d’autres hôtes à table, deux couples de retraités. L’un venait de Nice et l’autre de la Bresse, mais les seconds étaient flamands d’origine et leurs commentaires sur la Flandre, la Wallonie et les Pays-Bas étaient vraiment intéressants.

C’est eux qui m’ont dit qu’ils avaient abandonné l’idée de camper avec leurs enfants après des déceptions dans des campings où un public néerlandais de niveau social modeste brillait souvent par son sans-gêne et son amour immodéré des boissons fortement alcoolisées. La même description vaudrait à mon avis aussi pour les Anglais, sauf que les Anglais de cette catégorie vont dans des hôtels-cages à lapins en Espagne plutôt que dans des campings en France.

Pour le reste, la conversation était aimable et superficielle, ce que j’appellerais une conversation de salon. J’ai par contre appris de la dame qui servait les repas quelques détails assez parlants sur l’exploitation agricole. Alex (le propriétaire, que j’ai vu seulement de loin mais qui avait l’air terriblement occupé) dispose ainsi de 600 moutons et 130 bœufs à comparer aux 30 chèvres de la veille. Il avait décidé en 2011 d’installer des panneaux solaires et a fait construire exprès deux hangars d’environ 500 mètres carrés chacun. On imagine les ressources financières nécessaires ou alors l’influence auprès de l’agence locale du Crédit Agricole.

Sa ferme-auberge est une entreprise parfaitement tenue avec deux employés et un magasin très bien présenté où l’on peut acheter des foies gras et pâtés à un prix étudié pour être juste 3% en dessous de celui des supermarchés. J’admire chez ces gens le sens des affaires et l’esprit d’entreprise, qui ne s’applique à un cadre agricole que par le hasard de ses origines. Par contre, ce n’est évidemment pas chez ce genre d’entrepreneurs que l’on trouve l’amour de la terre et des animaux exprimé d’une façon émouvante.

Au contraite de mes expériences dans certaines chambres d’hôtes, la qualité comme la quantité sont irréprochables, d’autant plus que les couples retraités se sont fait un plaisir avec le petit jeu habituel d’essayer de me faire finir tous les plats sous prétexte que je faisais du sport. Nous avons eu en entrée une salade au chèvre chaud et au magret fumé qui aurait très bien convenu dans un bon Logis de France, puis en plat une pintade de la basse-cour avec des pommes de terre.

La dame avait fait en dessert une crème brûlée, ce qui est devenu plus banal qu’autrefois mais qui reste très bon si c’est fait maison. Je ferai aussi remarquer que le confort irréprochable et la qualité du repas sont fournis exactement au même prix que le confort défraîchi, l’accueil désabusé et les plats « strict minimum » deux jours avant. Je recommande en tous cas sans réserve la ferme-auberge de Blanzac.

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