Introduction et Etape 1: Monts Faucilles

(Introduction d’un voyage de Langres à Nice en mai et juin 2011)

Je m’étais demandé après le voyage de 2009 si je voyagerais à nouveau en France à vélo, constatant que j’avais déjà visité tous les départements même s’il restait des villes que j’aimerais voir. En dessinant les trajets parcourus en 20 ans sur une carte murale, il reste toutefois un bon nombre de régions vierges.

Comme j’avais eu le temps de m’entraîner sérieusement grâce au temps exceptionnellement beau et chaud en avril, c’était l’année ou jamais de s’attaquer à quelques grands cols des Alpes (tout en évitant les cols dont les routes présentent deux chevrons sur la carte car je ne me pense pas capable de les monter). J’ai combiné avec la visite de trois endroits qui étaient depuis longtemps sur ma liste « à visiter »: Langres, Annecy et les gorges du Cians.

Comme les années précédentes, j’ai couché en chambres d’hôtes dans les endroits où elles étaient disponibles et abordables, mais je ne voulais pas payer trop cher quand il y avait des alternatives et j’ai donc aussi couché en auberge de jeunesse – le confort n’est pas toujours mauvais, mais on y dort mal à cause des gens qui rentrent et sortent des dortoirs en pleine nuit.

Au demeurant, une nuit en AJ plus un dîner au restaurant reviennent au même prix qu’une chambre d’hôtes, mais sont la seule solution permettant de coucher dans une ville importante. J’ai même trouvé deux fois des hôtels de campagne moins chers qu’une chambre d’hôtes, chose étonnante. Au total, des hébergements de qualité fort variable. A l’expérience, je dirais qu’on peut espérer un bon confort, un accueil sympathique et une bonne cuisine pour 70 € (en voyageant seul). A 50 €, on a le confort ou la gastronomie, mais pas les deux.

Comme j’ai finalement eu beaucoup de plaisir à faire le trajet en vélo et à retrouver les avantages des vacances en France (petites routes tranquilles, produits régionaux, réservations faciles), il pourrait être agréable de continuer à remplir les zones blanches de la carte murale comme le Cotentin, le Périgord, la Chalosse, la Thiérache, la Champagne… Je regrette toutefois que les petites églises de campagne soient de plus en plus souvent fermées, surtout celles qui ont des fresques.

Le voyage de cette année m’a permis de bien visiter les Alpes, mes seuls regrets étant la vallée de Samoëns (mais je pourrais toujours combiner avec la Maurienne que je ne connais pas non plus, le problème étant que c’est un cul-de-sac puisque je ne suis pas capable de franchir le col de l’Iseran), le col des Aravis (détour trop fatigant vu la chaleur), Névache (j’étais trop fatigué), le Queyras (mais ressemble probablement à l’Ubaye) et la vallée de la Vésubie (un cul-de-sac de plus de 100 km de long !). Le voyage m’a aussi donné deux idées de séjour où le vélo serait accessoire, Dijon et la Côte d’Azur.

(1ère étape du voyage de Langres à Nice en mai et juin 2011)

Dimanche 22 mai

46 km

Dénivelé 495 m

Lourd avec un gros orage

Schifflange – Bettembourg puis train

Tour dans Nancy puis train

Lamarche – D25B – Isches – Bourbonne – Coiffy le Haut

Monts Faucilles, départements 88 et 52

Je n’avais pas réalisé qu’il y a des trains assez fréquents pour Contrexéville, à 45 km de Coiffy, alors qu’il n’y en a qu’un par jour pour Lamarche. M’étant fixé sur Lamarche où l’on arrive à 17 h 15 (parce que c’est la gare la plus au sud de la Lorraine et la limite de validité des billets « Grande Région » à tarif réduit), je suis donc parti très confortablement vers 10 h de chez moi et j’ai eu le temps d’aller à vélo à Bettembourg.

Ceci me permettait de tester le vélo chargé vu que j’avais changé le système d’accrochage des sacoches suite à un dégât. Pas de problèmes finalement, le trajet est simplement un peu trop familier pour être intéressant. J’ai même eu le temps à Bettembourg de faire des photos du château et d’un immeuble d’habitation rond avec un toit de chaume qui est vraiment unique.

Immeuble à Bettembourg

Le train met 1 h 30 pour aller jusqu’à Nancy, où il fallait attendre près de deux heures pour la correspondance. Ceci me donnait le temps d’aller pique-niquer et me rappelait fortement la même situation en 2008 avec un copain. Je ne suis pas allé à la boulangerie qu’il avait recommandée à l’époque, mais j’ai déjeuné au Parc de la Pépinière comme trois ans avant. Comme il faisait chaud et lourd, je n’étais pas le seul, il y avait plusieurs petits groupes de jeunes puisque Nancy est une ville étudiante.

Sur le chemin du parc, j’ai aussi eu l’occasion de passer devant le palais ducal gothique. Je n’ai jamais visité le musée lorrain qui se trouve à l’intérieur, ayant toujours donné la priorité à Nancy aux musées art nouveau qui prennent déjà pas mal de temps. Il faudrait avoir des copains chez qui passer une nuit sur place.

Porte de la Craffe à Nancy

Un peu après le palais ducal, je connaissais bien la silhouette de la Porte de la Craffe, mais j’ai été très étonné de voir le long passage tortueux qui la traverse. Il y a un genre de cour intérieure avec de hauts murs aveugles qui fait très forteresse. En fait, la cour relie deux portes à l’origine successives, celle du 15ème siècle côté ville (affublée au 19ème siècle d’un décor fantaisiste) et celle du 17ème siècle côté faubourg qui servait d’entrée de la citadelle construite par Vauban pendant l’occupation provisoire de la Lorraine par Louis XIV.

Un jeune homme jouait de la guitare dans cette cour, assis sur le trottoir, mais je ne sais pas trop si c’était un SDF, si c’était le seul endroit qu’il avait trouvé pour répéter ou s’il mendiait, vu que c’est un endroit très peu fréquenté. A la fin de son morceau, il s’applaudissait lui-même en se donnant quelques compliments à voix haute – c’était à la fois triste et amusant.

Kiosque dans le parc de la Pépinière à Nancy

Le Parc de la Pépinière est un des plus beaux parcs municipaux de France; c’était à l’origine une pépinière suggérée par le duc Stanislas en 1765 pour planter des arbres le long des routes de la région, ce qui drainait le terrain, diminuant la boue, permettait de mieux se repérer et abritait de la chaleur, du vent ou de la pluie.

C’est devenu un parc public en 1835. On y voit évidemment des rangées de très grands arbres, en particulier des marroniers. Il y a quelques modestes parterres de fleurs, la ville ayant un jardin botanique plus fleuri ailleurs, et un kiosque tarabiscoté très 1900.

Les amateurs peuvent admirer une sculpture assez revancharde de « Gaulois veillant sur la frontière » dont l’intérêt principal est la musculature impressionnante et la quasi-nudité. Il y a un « parc zoologique », c’est-à-dire quelques enclos dont la plupart sont abandonnés. Il reste des poneys, des canards et quand même une petite montagne aux singes dont j’ai vu deux des habitants.

Roseraie du Parc de la Pépinière à Nancy

La partie la plus intéressante du parc en mai/juin est la roseraie. Contrairement à beaucoup de roseraies, on a choisi ici de se concentrer sur des roses odorantes (plutôt que sur les couleurs ou la taille des plants). Le résultat est particulièrement séduisant par temps chaud, on est entouré de parfums délicats.

Les roses grimpantes ont été disposées non seulement sur les pergolas usuelles mais aussi sur des pyramides et surtout sur des chaînes: on a tendu des chaînes entre des piliers un peu comme les délimitations des zones de parking et les roses qui s’y accrochent flottent donc doucement dans le vent, ce qui est vraiment élégant.

Grille de la Place de la Carrière à Nancy

Après la visite du parc et le pique-nique, j’avais encore le temps de faire un petit tour dans la partie la plus connue de Nancy avec les places Stanislas et de la Carrière. La première est plus imposante et la seconde est gâchée par le parking, mais je trouve la seconde presque plus belle à cause des arbres. Il y en a d’ailleurs une troisième plus petite.

Comme le ciel se faisait menaçant, je suis reparti vers la gare même si j’avais encore près d’une heure à attendre. J’ai dû attendre une première averse sous une arcade devant l’arc de triomphe traversé par la piste cyclable (avec une petite arche réservée aux cyclistes !) puis j’ai tout juste eu le temps d’atteindre la gare pendant une accalmie avant les trombes d’eau.

Il pleuvait tellement qu’une des gouttières de la cour vitrée entre la gare principale et l’annexe des autorails s’est mise à fuire, causant un petit lac qui grandissait rapidement dans la cour. Au bout d’un moment, j’ai vu deux employés de la SNCF examiner le problème, mais j’ai surtout regardé le comportement des gens. Un grand monsieur noir qui était trop occupé par son téléphone portable s’est avancé avec enthousiasme dans l’eau puis a regardé ses sandales d’un air dégoûté avant de rebrousser chemin. Ceci confirme que l’on se laisse trop distraire par le téléphone.

Finalement, l’orage s’est terminé à peu près au moment du départ de l’autorail. C’est une brouette (on dit un TER maintenant) qui s’est arrêté 17 fois en deux heures jusqu’à Lamarche. La ligne est particulièrement secondaire et un peu fatiguée, certaines gares se limitent à un petit panneau piqué de rouille sur une bande de sable au bord de la voie.

Le paysage est agréable, en particulier une descente panoramique sur la Moselle à Neuves-Maisons et la remontée d’une petite vallée charmante ensuite. J’ai toujours pensé que la région est monotone parce que c’est l’effet depuis la voie rapide, mais je pense que ce serait finalement pas si mal à vélo un jour.

On passe aussi juste au pied de la célèbre colline de Sion-Vaudémont. C’était un lieu de pèlerinage au Moyen Age mais il n’y a pas de monuments anciens à visiter et elle est surtout connue par un livre de l’écrivain nationaliste Maurice Barrès, originaire de la région: « la colline inspirée », 1913, un roman sur les relations entre des moines hérétiques et un prêtre catholique. J’y suis allé une fois en randonnée et le site vaut essentiellement par la vue étendue.

Autorail à Lamarche

Je ne connaissais pas la région au sud de Sion, on passe des vallées un peu plus profondes et boisées avec les trois villes de Mirecourt, Vittel et Contrexéville. Vittel semble nettement plus active à cause de l’usine d’eau minérale et de la station thermale et la gare est aussi nettement mieux entretenue. Après Contrexéville, le train s’enfonce dans une région très peu habitée et la gare de Lamarche est perdue dans la campagne.

C’est assez amusant de descendre d’un autorail vide sur ce quai vide dans un paysage de bois et de prairies presque sans maisons – difficile de faire mieux pour commencer un voyage dans l’atmosphère tranquille et presque mystérieuse de la province profonde.

Lavoir de Lamarche

J’avais 31 km à franchir pour arriver à Coiffy et j’avais donc dit à la dame au téléphone que je serais là vers 19 h – 19 h 30, estimant que deux heures me suffiraient. C’était sans compter avec un arrêt culturel ni avec les reliefs. Pour commencer, je suis parti vers le village de Lamarche à 3 km de la gare. J’y ai tout de suite remarqué un charmant lavoir avec colonnes néo-classiques impeccables et une charmante bordure de fleurs. J’étais surpris car la plupart des lavoirs de villages sont de modestes constructions plutôt utilitaires mais j’ai dû attendre le soir pour avoir l’explication.

Maison du 18ème siècle à Lamarche

Le bourg fut presque entièrement détruit au début du 17ème siècle par Richelieu qui reprochait au duc de Lorraine de préférer pendant la guerre de Trente Ans l’empereur d’Allemagne, son suzerain, à Louis XIII, son cousin. Je ne me suis pas arrêté pour voir l’église, qui est romane d’après un site Internet mais sans détails particulièrement intéressants. J’ai simplement fait une photo au passage d’une maison assez imposante avec écussons, balcon en fer forgé et pilastres recherchés de chaque côté de la grille de la cour. Elle semble abandonnée.

Partage des eaux entre Meuse et Saône près de Serécourt

Après Lamarche, j’avais trouvé un itinéraire en pente agréablement douce pour atteindre la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et de la Saône. On n’est d’ailleurs qu’à 20 km des bassins de la Seine (par la Marne) et du Rhin (par la Moselle), ce qui montre bien combien le Plateau de Langres est le château d’eau de l’Est de la France. J’ai admiré la vue extrêmement étendue mais on ne voit que des collines, les Vosges étant trop loin.

Eglise d'Isches

Juste après la crête, je suis descendu sur Isches, le tout dernier village de Lorraine (et un drôle de nom), qui fut autrefois une importante chatellenie appartenant à l’une des plus illustres familles du Barrois (qui devint lorrain en 1480), les comtes de Choiseul-Aigremont. Il n’en reste que la chapelle du château, devenue église paroissiale. Cette origine noble explique certainement le décor riche de l’église construite au 12ème siècle.

J’ai noté des chapiteaux ornés de feuillages; je suppose que l’absence de chapitaux historiés tient à l’influence cistercienne puisque le comte fonda en 1115 l’abbaye de Morimond qui appartenait à cet ordre austère. Ce que j’ai trouvé encore plus intéressant parce que j’aime beaucoup les fresques, c’est le décor du chœur. On voit une danse macabre datant du 15ème siècle, époque troublée typique pour ce décor, mais aussi les symboles des évangélistes et des anges sur un curieux fond à petits pois rouges.

Danse macabre à Isches

J’étais très content de mon arrêt culturel et je ne m’inquiétais pas trop pour l’horaire, même en voyant un méchant raidillon à 11% à la sortie du village. J’ai rejoint plus loin la départementale, mais elle a commencé par descendre vertigineusement au fond d’un ravin que rien ne permet de deviner sur la carte. On est évidemment obligé de remonter de l’autre côté même si ce n’est pas terriblement raide puis on arrive au niveau d’un cimetière juif en pleine campagne, vision surprenante. Apparemment, des Juifs s’étaient installés à Bourbonne-les-Bains en 1790 après la Révolution.

Après le cimetière, la route descend doucement jusqu’au bourg en passant le long d’un lac de promenade et je suis arrivé en ville à 19 h, ce qui était un peu plus tard que prévu. J’ai donc renoncé à visiter les curiosités: la source thermale, le parc, l’église (qui ne paye pas vraiment de mine de l’extérieur) et un monument gallo-romain dont Internet dit que c’est un tas de restes désordonnés: en 1972, on a construit le nouvel établissement thermal en détruisant complètement les vestiges de ce qui était l’un des plus grands complexes thermaux de Gaule.

Même en renonçant à visiter, j’ai quand même perdu du temps parce que je me suis complètement perdu. Les seules pancartes mentionnent Epinal et Chaumont, menant à la déviation, alors que j’avais besoin d’une petite route. J’ai fini par la trouver en étudiant de beaucoup plus près la carte et j’ai retenu la leçon car c’est la seule fois du voyage que j’ai perdu mon chemin.

La petite route monte agréablement dans les vergers, passe la déviation puis continue à monter, à monter, à monter encore… Finalement, j’ai décidé de prévenir l’hôtesse de mon retard prévisible. Malheureusement, j’avais mal noté son numéro fixe et j’ai été obligé de me contenter de laisser un message sur son portable – qu’elle ne consulte malheureusement pas ! Après avoir cru la prévenir, je me sentais plus détendu.

La montée a encore duré un bon moment et on a un seul court point de vue sur une vallée boisée pas vraiment exotique. On atteint enfin la crête apres 150 m de dénivelé et on a une superbe vue vers le sud. Je ne voulais cependant pas m’attarder plus et j’ai traversé rapidement le village de Coiffy, sachant que la chambre d’hôtes se trouve tout en bas du village puis au bout d’une petite route. J’ai simplement repéré au passage quelques plants de vignes et des caveaux offrant une dégustation, chose inattendue car je ne pensais pas qu’il y avait des vignobles en Haute-Marne.

Finalement, j’ai trouvé sans trop de peine la ferme en bas d’une superbe descente assez raide à épingles à cheveux puis au bout d’une petite route déserte. En fait, la ferme est maintenant désaffectée depuis la retraite des parents de la dame. Ils y habitent encore, mais il n’y a plus ni machines ni animaux, qui ont été récupérés par un autre des enfants. Le troisième enfant a récupéré l’exploitation viticole. La dame qui m’a reçu avait quitté la région pour diriger une maison d’édition à Chaumont (je suppose que c’était une petite entreprise vu le dynamisme commercial de cette ville !).

Mais les parents lui ont demandé de revenir à la ferme pour les remplacer dans la tenue des chambres d’hôtes. Je ne sais pas trop pourquoi elle a accepté vu qu’elle a mentionné discrètement un compagnon apparemment en ville. Elle était un peu embarrassée par mon arrivée, n’ayant pas consulté son téléphone portable en revenant du jardin et ayant donc cru à tort que je ne viendrais pas.

Elle ne m’a pas semblé enthousiasmée par son activité, allant jusqu’à m’expliquer que ce n’était pas drôle tous les jours d’être la « bonne » des gens. Elle aime quand même le jardinage et avait effectivement des fleurs que j’ai dûment admirées parce que je n’en avais jamais vues de cette espèce. Elle a un grand potager, mais c’est surtout le travail de sa mère, et quelques petits animaux comme des volailles, des pintades et quelques agneaux. Elle a quelques plants de vigne pour sa propre consommation et produit un pinot noir assez léger très convenable. Son père a encore le privilège de bouilleur de cru et distille un marc de mout très fruité qui était absolument délicieux.

La dame ne fait pas de cuisine excessivement compliquée mais le pâté de foie de volaille préparé par sa mère et la pintade accompagnée de ratatouille étaient irréprochables. Elle m’a servi en dessert des fraises du jardin dans un coulis agréable dont je lui ai demandé la recette, tout simplement un mélange de fraises et de chantilly passées ensemble au mixeur ! La chambre était d’ailleurs aussi irréprochable que le repas et le prix est normal pour le confort. J’ai simplement regretté pour elle qu’elle n’apprécie pas beaucoup son métier.

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