Etape 2: Plateau de Langres

(Etape d’un voyage de Langres à Nice en mai et juin 2011)

Lundi 23 mai

102 km

Dénivelé 980 m

Très beau et chaud avec petit vent d’ouest

Coiffy le Haut – cote 423 – Coiffy le Bas – Vicq – Saulxures – Neuilly l’Evêque – D121 – D54 – Langres – D122 – D290 – Chalindrey – Heuilley Cotton – chemin de halage – Pont de Dommarien – Montsaugeon – Isômes – Cusey – Sacquenay

Plateau de Langres, départements 52 et 21

Comme presque toujours en chambre d’hôtes, le petit déjeuner comportait des confitures maison, celle qui m’a le plus plu cette fois-ci étant celle de coings rouges (je ne connaissais que les coings jaunes, et plutôt en pâte ou en gelée qu’en confiture).

J’aurais pu faire le trajet en 60 km si besoin était, mais j’avais la ferme intention de faire le détour par Langres, ayant été intrigué par la ville lors d’un passage en voiture. J’ai en plus ajouté deux petits détours, un causé par la dame qui m’avait servi un délicieux fromage de Saulxures en me disant que l’on trouve dans ce village une fromagerie artisanale. L’autre détour était causé par un prospectus expliquant l’origine des nombreux lavoirs de style néoclassique en Bourgogne. J’en avais remarqué des années avant dans la vallée de l’Yonne sans trouver la raison.

Vers 1820, deux changements étaient apparus dans les campagnes. D’une part, les guerres napoléoniennes avaient forcé les femmes à s’entraider plus et les avaient conduites à apprécier les occasions de discuter ensemble. D’autre part, les scientifiques commencaient à convaincre les personnes influentes que l’hygiène corporelle protège des épidémies.

Le gouvernement décida donc en 1821 d’accorder des subsides aux départements qui construiraient des lavoirs dans les villages. Pour une raison que j’ignore, les départements de Bourgogne furent beaucoup plus actifs que les autres dans ce domaine et ceci explique les nombreux lavoirs de cette époque dans le style néo-classique alors à la mode.

Panorama depuis Coiffy-le-Haut

Avant de me diriger vers Vicq et son lavoir, j’ai fait le détour jusqu’au col de la veille au soir (malgré une bonne côte pas très agréable pour commencer la journée) afin de profiter une nouvelle fois de la vue et de faire la photo que je n’avais pas faite. La photo montre combien la région est rurale et peu peuplée alors qu’elle semble fertile. Le village a été pour ainsi dire exterminé par le phylloxéra: en 1863 avant l’épidémie, le vignoble nourrissait plus de 1000 habitants. Il n’y en a qu’une bonne centaine maintenant, un petit vignoble ayant été replanté en 1983.

Après avoir fait la photo et rejoint le col, je suis descendu vers Coiffy-le-Bas par une route rectiligne en partie en plein soleil que je n’aurais pas aimé monter. Puis j’ai continué dans une vallée parsemée de forêts et de prairies, ne voyant pendant 8 km qu’une seule petite ferme dans le lointain. C’est assez rare d’avoir ce sentiment de vide humain en France en dehors des plaines céréalières et des montagnes.

La Petite Amance à Vicq

Je suis arrivé ainsi à Vicq qui est un village un peu étrange avec un gigantesque espace de pelouse triangulaire au milieu. Il est rythmé par des allées de superbes marronniers et par le confluent de deux ruisseaux chacun dans un lit rectiligne bordé de pierres de taille. Je n’ai pas trouvé de détails sur un projet de canal et je ne sais donc pas d’où vient un tel soin. Au confluent, la commune a déposé sur un banc de gravier une sculpture formée d’une barque avec un pêcheur à la ligne en rotin. C’est assez amusant.

Lavoir de Vicq

J’ai aussi trouvé le lavoir dans un coin de l’espace vert et c’est vrai qu’il a du charme avec son pavage soigné, sa grande cuve et une très belle charpente entièrement en porte-à-faux. Le petit détour était donc tout à fait justifié. Une bonne côte un peu chaude au soleil mène directement de Vicq à Saulxures, petit village au bord du plateau du Bassigny où j’ai trouvé la fromagerie étonnamment facilement.

Monsieur est à l’atelier et Madame au magasin, servant avant moi deux dames aux formes rebondies qui ont acheté 7 kg de fromage chacune ! Si j’avais été en voiture avec un casier isolant, j’aurais sûrement acheté une bonne quantité car il y avait une demi-douzaine de sortes appétissantes à des prix très avantageux. Evidemment, je me suis contenté d’un seul fromage de Saulxures dans l’idée de le manger en pique-nique au fur et à mesure.

J’ai vu un nombre étonnant de fromageries artisanales en Franche-Comté, en Savoie et dans la vallée de la Saône. Apparemment, ceci provient du classement en AOC de certains fromages. Les contraintes imposées aux agriculteurs pour le lait justifient de leur payer le double du prix standard et ceci écarte les gros industriels au profit de coopératives et de petites fromageries évitant les intermédiaires et vendant directement dans leur région (entre autre aux supermarchés de proximité, très demandeurs de produits régionaux qui promettent de meilleures marges et sont appréciés des clients).

Après Saulxures, je me suis dirigé vers Langres en traversant le petit plateau du Bassigny. Dans le morceau que j’ai traversé, c’est une bande de terrain assez étroite au pied de la côte de Meuse et au-dessus des vallées encaissées descendant vers la Saône; le sol permet quelques champs de céréales entre les prairies sans arbres, ce qui rappelle finalement assez le piémont de la côte de Meuse dans la Woëvre entre Luxembourg et Verdun. Le Bassigny a été dévasté par de nombreuses guerres du fait de sa situation à l’extrême limite de la Champagne (et donc de la France) face à la Lorraine et à la Franche-Comté; il n’y a donc pas de monuments historiques notables.

Il y a des fouilles romaines à Andilly-en-Bassigny au pied du Mont Mercure car on y a trouvé au 19ème siècle les restes d’une grande villa rurale gallo-romaine dont on a exploré environ le quart. Je ne suis pas passionné par quelques pierres sur le sol, surtout qu’on voit la même chose à Echternach, et je ne m’y suis donc pas arrêté. J’ai continué jusqu’à un endroit géographique très notable, une coupure majeure entre la côte de Meuse au nord et la côte d’Or au sud. On voit très bien sur place comment un affluent de la Marne a reculé à travers la chaîne de collines jusqu’à rejoindre la vallée abrupte d’un affluent de la Saône. Il y a la même chose à d’autres endroits le long de la côte de Meuse plus au nord.

Réservoir de Charmes

Suivant une route ennuyeuse mais reposante car plate dans la chaleur, j’ai rejoint Neuilly-l’Evêque en espérant y trouver une boulangerie puisque c’est un chef-lieu de canton. Il y en a deux, mais elles étaient toutes les deux fermées un lundi. J’ai donc continué jusqu’à un site agréable pour pique-niquer, le réservoir de Charmes. Il fut créé à la fin du 19ème siècle pour garantir l’alimentation en eau du canal de la Marne à la Saône et on a construit sur la rive nord un genre de station de vacances avec camping, bungalows et plage.

Plage du réservoir de Charmes

Je n’ai pas pu utiliser les tables et bancs de pique-nique qui se trouvaient en plein soleil et j’ai préféré l’ombre d’un petit cerisier du Japon. Deux adolescents qui promenaient leurs chiens avaient l’air moins inquiets du soleil car ils étaient assis torse nu sur un banc. L’un des deux était exceptionellement musclé pour son âge. Ils sont partis peu après mon arrivée quand plusieurs couples de promeneurs d’âge mur sont arrivés pour une petite promenade digestive. Les promeneurs étaient moins intéressants à regarder que les deux jeunes et j’ai donc pu admirer l’eau calme du lac et une zone humide avec roselière et peupliers.

Retable à Champigny-lès-Langres

Le lac est curieusement divisé en trois morceaux par des digues qui permettent de jolies vues sur le plan d’eau. Après la traversée, on a un petit raidillon puis une charmante vallée ombragée avant d’atteindre Champigny-lès-Langres, petit village où un panneau indicateur m’a incité à visiter l’église non recommandée par ma carte. On y voit un très joli retable baroque installé en 1763. On avait prévu de reconstruire l’église au 19ème siècle, mais la guerre de 1870 a retardé le projet et a sauvé le clocher fortifié (que je n’ai pas remarqué sur place), les voûtes du 16ème siècle et le retable.

Depuis Champigny, j’ai profité d’une superbe descente jusqu’au bord du canal mentionné précédemment, qui est accompagné d’un modeste ruisseau, la Marne. Il faut ensuite remonter à Langres situé 130 m au-dessus de la vallée. Une montée très pénible ce jour-là avec le soleil un peu trop resplendissant…

Arc de triomphe romain servant de porte de ville à Langres

La ville fortifiée trône sur la toute dernière crête de la côte d’Or dans un emplacement hautement stratégique qui lui a valu d’être un oppidum gaulois puis un camp romain au carrefour de trois très grandes voies romaines (Lyon-Trêves, Italie-Angleterre par Besançon-Reims et Bourges-Strasbourg à une époque où Paris était une bourgade secondaire). Langres fut l’un des grands sièges épiscopaux dès le 8ème siècle et l’évêque était l’un des douze pairs qui élisaient le nouveau roi de France avant que la dignité royale ne devienne héréditaire. La ville devint une forteresse royale au 15ème siècle.

Porte des Moulins à Langres

Compte tenu du caractère rural et pauvre des environs, Langres ne s’est jamais développé et n’a pas plus d’habitants de nos jours qu’au 2ème siècle à l’époque romaine (un peu moins de 10.000). J’ai quand même trouvé que la circulation était particulièrement agitée, en particulier dans la ville close où les rues sont très étroites.

Tour de Navarre de 1519 à Langres

Quand on monte à Langres, on fait automatiquement le tour des remparts et c’est ce qui m’avait donné envie de visiter. Ils rappellent plus Saint Malo que Carcassonne car ils datent surtout du 17ème siècle et ont été refaits au 19ème siècle. Il y a une grosse tour terminée en 1519, dite de Navarre-Orval en souvenir du fait que les comtes de Champagne ont été rois de Navarre de 1199 à 1274.

Place centrale à Langres

Il paraît que la charpente est exceptionnelle, mais on ne la voit évidemment pas de l’extérieur et je me suis contenté des bossages. On conseille sinon d’admirer aussi une porte gallo-romaine qui aurait été érigée sous forme d’arc de triomphe après une victoire sur les Alamans en 301, mais elle ne paie pas de mine.

L’autre endroit amusant des remparts est donc plutôt l’ascenseur en verre reliant le sommet du rempart à un parking; l’effet est amusant parce que c’est une petite cabine en verre sur un monorail un peu cahotant. Il y avait autrefois un petit train à crémaillère qui descendait jusqu’à la gare mais il a été évidemment supprimé il y a longtemps. Pour les connaisseurs, l’effet entre la gare et la ville rappelle un peu Avranches.

Maison Renaissance à Langres

L’intérieur de la ville close est un dédale de petites rues qui suivent un plan médiéval et il y a même plusieurs passages sous les maisons. J’ai suivi l’un d’eux par curiosité et je suis tombé sur une cour intérieure avec un très bel hôtel particulier de la Renaissance construit pour un marchand (et curieusement appelé tout simplement « la maison Renaissance »).

Il abrite maintenant les bureaux d’une association et on peut sortir de la cour en passant dans le couloir de la maison, qui est en bois d’époque. Il y a quelques autres belles maisons dans la ville. Malheureusement, on en profite peu faute de dégagement et à cause des voitures.

Cloître et cathédrale du 13ème siècle à Langres

Le principal monument est comme d’habitude la cathédrale, affublée d’une façade classique au 18ème siècle pendant une époque de prospérité du diocèse. La vue est beaucoup plus jolie depuis la cour de l’ancien cloître, avec un toit typiquement bourguignon à tuiles de couleurs. La cathédrale date de 1196 à la limite du roman et du gothique, tandis que le cloître est franchement gothique et d’ailleurs très bien entretenu.

Crucifiction de St Thomas dans la cathédrale de Langres

Je n’ai pas pris les élévations en photo car elles ne sont pas très originales, mais j’ai bien aimé un Christ gisant un peu surprenant. Rien de souffrant et de torturé, c’est un beau jeune homme aux bouclettes abondantes attendant le ciseau du sculpteur… Derrière le gisant, il y a une fresque étrange montrant une crucifixion dont la croix est posée sur un bras. D’après les notes d’un autre des mes voyages, on représente ainsi le martyre de Saint Thomas.

Chapelle Renaissance dans la cathédrale de Langres

Il y a une chose vraiment remarquable dans la cathédrale, c’est une chapelle de la nef (chapelle de la Sainte Croix) qui sert de panthéon épiscopal et dont la voûte est un chef-d’œuvre Renaissance daté de 1549. Je l’ai observée assez longtemps et j’ai fini par attrapper le vertige car je ne suis pas arrivé à déterminer si les nombreux caissons tous différents sont en ronde-bosse, en creux ou tout simplement en trompe-l’œil. C’est extraordinairement bien fait. J’ai pensé à la cathédrale de Vannes qui a aussi une nef assez austère et banale et une chapelle Renaissance intéressante.

Lac de la Liez depuis Langres

Après la visite de la cathédrale et un petit tour dans la ville close pour les vieilles maisons, je suis passé à une boulangerie et je suis allé manger le gâteau dans un parc juste en dehors de la ville close. On a une vue magnifique depuis les remparts sur toute la région, ce qui est logique pour un ancien oppidum, et je pense que l’on voit les Vosges par temps clair puisqu’elles sont à 100 km. On voit aussi un lac au pied de la ville qui doit être très couru en été, mais on voit surtout un moutonnement infini de verdure sans le moindre signe des petits villages cachés dans les vallées. La France rurale…

Comme j’avais remarqué que mes gants étaient usés, j’ai pensé prudent d’acheter de nouveaux gants dans un magasin de sports judicieusement situé sur ma route. Je n’ai d’ailleurs jeté les anciens gants qu’à Nice, attendant que plusieurs épisodes pluvieux finissent de les user. Je les aimais bien parce qu’ils étaient en cuir, chose plus agréable que le nylon des nouveaux.

Après le magasin, j’ai trouvé une superbe descente à laquelle on pouvait s’attendre partant d’un oppidum. J’ai essayé de m’arrêter à un endroit où l’on mentionnait la source de la Marne, mais c’est en fait un parking pour un sentier de randonnée et on m’a d’ailleurs dit que la source ne fait aucun effet (celle de la Seine est ornée d’une statue et celle de la Loire est dans un très beau site, mais ce sont des exceptions).

Premier pont sur la Marne à Balesmes

A défaut, je suis descendu par une super-descente très amusante jusqu’au village de Balesmes-sur-Marne où j’ai pris une photo de la rivière depuis le tout premier pont en amont. Il paraît que la Marne est la plus longue rivière de France avec 525 km: ce n’est pas un « fleuve » car elle n’atteint pas la mer.

Langres depuis le partage des eaux Marne-Saône à Chalindrey

C’est assez curieux de penser que cette rivière allait rejoindre la Manche alors que celle du matin allait vers la Méditerrannée et celle de Saulxures le même matin aussi vers la Mer du Nord. La ligne de partage des eaux Marne-Saône est évidemment juste après Balesmes. J’ai traversé Chalindrey, connu pour sa grande gare de correspondance (Culmont-Chalindrey) – c’est un très gros village et je pense que la plupart des habitants travaillent pour la SNCF.

Château du Pailly

Dans le petit village voisin du Pailly, il y a un beau château 16ème siècle construit par un des plus grands capitaines de l’époque, Gaspard de Saulx-Tavannes, maréchal de France décédé en 1573. Il prit Luxembourg en 1544, Metz en 1552 et Thionville en 1557, ce qui n’en fait pas un grand ami de mon pays.

Le château fut légué aux Mutuelles Agricoles de l’Est en 1936 et récupéré par l’Etat en 1963, qui ne semble pas l’entretenir. On visite uniquement le parc et en été seulement (pratiquement tous les châteaux devant lesquels je suis passé cette année ne se visitent qu’en juillet et août).

Canal de la Marne à la Saône à Heuilley-Cotton

J’ai rejoint ensuite le canal de la Marne à la Saône dans le village au nom amusant de Heuilley-Cotton et je me suis décidé à longer le chemin de halage, chose que je trouve assez ennuyeuse quand on le fait trop longtemps. Il est en cours d’aménagement comme voie verte et certaines sections étaient barrées, mais j’ai quand même remarqué le nombre considérable d’écluses, tous les 500 m environ. Ceci donne au moins un peu d’animation dans le trajet même si il n’y a que très peu de plaisanciers sur ce canal en mai.

Ecluse à Villegusien

Il faisait très chaud et j’espérais trouver des arbres le long du canal – malheureusement, le soleil était ainsi orienté que le chemin de halage était en plein soleil avec les arbres projetant leur ombre d’un autre côté ! Mais le canal m’a au moins évité une belle côte car la vallée coupe à travers une chaine de collines qui est géographiquement la limite nord de la Bourgogne. Le paysage change d’ailleurs complètement, on passe des prairies argileuses un peu marécageuses et des vallées encaissées à de larges vallées plates avec des champs de céréales.

Halle de Montsaugeon

Comme j’en avais assez du canal, je l’ai quitté à Dommarien pour aller voir l’église d’Isômes. Je ne sais pas si elle est intéressante car elle était fermée. Par contre, le village précédent, Montsaugeon, qui a aussi une église recommandée (également fermée) est intéressant en tant que tel avec une énorme porte fortifiée, plusieurs très beaux manoirs dans les arbres et une halle étrange.

C’est un quadrilatère presque comme un cloître avec des galeries couvertes de charpente des quatre côtés. Elle date de 1761 à une époque ou le village était le siège du bailliage épiscopal et un marché très important. En tous cas, Montsaugeon vaut vraiment un petit détour quand on passe dans la région.

Clocher à Isômes

Après Isômes où je me suis donc contenté de regarder la forme particulière du clocher (refait en 1850) et la couverture en lauzes de pierre (plus typique des montagnes), je suis passé devant une tour en ruines qui est le seul reste d’un château féodal détruit par Henri IV en 1593 puis je suis arrivé assez vite à Sacquenay où j’avais réservé une chambre. Je savais qu’il fallait traverser tout le village et que ce serait à droite, mais il y a deux maisons l’une à côté de l’autre qui offrent des chambres… Finalement, la première qui abrite aussi un centre équestre m’a envoyé chez les voisins.

Plaine de Saône près de Sacquenay

Le monsieur n’est pas de la région et je n’ai pas eu l’occasion de parler beaucoup avec lui car on ne mange pas avec les propriétaires (même si les Gîtes de France recommandent de plus en plus de le faire suite à des plaintes de clients). J’ai simplement appris qu’il dirige une petite association d’aide à un village au Burkina !

Il y a beaucoup d’associations de ce genre au Luxembourg aussi et l’engagement de ces personnes est louable et touchant même si je ne suis pas convaincu que construire un puits, une école et un dispensaire aident durablement le village à se développer, risquant parfois de renforcer la mentalité d’assistanat qui pose pas mal de problèmes au Burkina.

Faute de dîner avec le propriétaire, j’ai dîné avec une dame néerlandaise (il y avait aussi des Anglais, mais qui ne dînaient pas car ils rendaient visite à de la famille dans la région). Il y a beaucoup d’étrangers dans les chambres d’hôtes en Bourgogne car c’est à mi-chemin pour eux sur le chemin des vacances. Ce sont d’ailleurs souvent des habitués qui s’arrêtent chaque année à l’aller et au retour.

La dame était très intéressante. Elle habite près de Rodez où elle a acheté une maison il y a des années et où elle a pris sa retraite assez jeune afin de se consacrer à la méditation bouddhiste. Elle donne d’ailleurs des cours. La région qu’elle a choisie est très isolée, la route n’est même pas dégagée par temps de neige, mais ceci l’arrange assez bien puisque l’agitation du monde extérieur est néfaste pour sa concentration.

Elle n’est quand même pas complètement évaporée, retournant régulièrement voir ses enfants aux Pays-Bas. Nous avons parlé entre autres de poésie, comparant ce qui fait l’attrait d’un poème néerlandais, allemand, anglais ou français. C’est rare de rencontrer des personnes aussi cultivées et multilingues et c’était donc une soirée originale et intéressante.

J’ai trouvé la chambre d’hôtes très correcte au niveau du confort même si elle est un peu sombre avec une disposition bizarre. Par contre, le repas est assez simple, le monsieur ne sert ni apéritif ni digestif. Comme il est simplement retraité arrondissant les fins de mois avec les chambres et qu’il n’est pas de la région, je suppose que l’achat d’alcool lui semble trop coûteux.

Il a servi un pâté de légumes (effectivement pas du tout habituel en Bourgogne, c’est plutôt typique du Sud-Ouest) et du poulet. La sauce était très bonne, avec crème, champignons en boîte et moutarde à l’ancienne. Il doit falloir un peu de prudence dans le dosage crème-moutarde… Son époisses était trop sèche mais sa tarte à la rhubarbe (dessert plutôt normand) était délicieuse.

Un accueil légèrement commercial… C’est le problème quand on s’arrête près d’un grand axe de circulation, comme je l’ai constaté par exemple aussi près de Bourges et sur la N20. C’est un peu comme si on pouvait classer les chambres d’hôtes par type: le type « j’ai besoin d’arrondir les fins de mois », le type « retraités recherchant de la compagnie », le type « gros agriculteurs dynamiques », le type « petite ferme modeste mais sympa »..

Il y a aussi le type « Parisiens cherchant une vie plus calme et trouvant finalement la province trop plon-plon », le type « entreprise rurale avec auberge et chambres », le type « ne nous gênons pas pour plumer les touristes vu qu’ils sont simplement de passage »… Le plus drôle est que c’est pratiquement imprévisible quand on se fie uniquement aux fiches sur Internet.

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