Etape 8: Chablais

(Etape d’un voyage de Langres à Nice en mai et juin 2011)

Dimanche 29 mai

113 km

Dénivelé 991 m

Très beau voire un peu chaud

Ouchy – Bords du Lac Léman – Noville – Chessel – Bords du Lac Léman – Vongy – Ripaille – Thonon – Bellevaux

Chablais, VD, VS, 74

L’étape était un peu trop longue en kilomètres mais je n’ai pas pu faire autrement. Soit il aurait fallu coucher à Montreux où il y a une AJ, mais je n’aurais pas pu faire le trajet la veille sans prendre le train et j’aurais vraiment regretté vu le paysage. Soit il aurait fallu trouver une chambre d’hôtes moins loin de Lausanne, mais celles que j’avais choisies en vallée d’Abondance étaient toutes pleines et il n’y en a pas aux environs de Thonon offrant aussi table d’hôtes.

Lac Léman au petit matin

Comme au dîner la veille, j’ai fait attention de manger suffisamment de pain. Il y avait de la charcuterie et du fromage, comme dans les pays germaniques, ce qui rendait la chose plus attirante. Puis je me suis mis en route pour faire une bonne partie du tour du lac, mais sans faire la course comme les experts que j’ai croisés toute la matinée.

Montagnes de Montreux depuis Lausanne

Il y a beaucoup d’itinéraires cyclistes en Suisse, mais ils ne sont pas mieux qu’en Allemagne: ils utilisent souvent des petites routes beaucoup plus longues et plus raides que les routes principales et longent quand même régulièrement des routes principales quoique sur une bande peinte sur la chaussée pour les cyclistes. Comme les pentes des montagnes autour du lac sont souvent raides, on se retrouve finalement souvent sur la route principale faute de place pour autre chose.

C’est cependant mieux que du côté français, où il n’y a aucun aménagement pour les cyclistes et encore plus de circulation (des gens allant faire le plein ou des courses de l’autre côté de la frontière, et ceci marche dans les deux sens entre la France et la Suisse).

Palace à Lausanne

Pour commencer cependant, j’ai pu utiliser les allées du parc le long de la rive à Ouchy, puis après le port de plaisance les allées de Lausanne. La ville est en haut de la colline, mais un petit bout de la rive fait partie de la ville et on peut y descendre par un funiculaire. C’est assez différent de la rive d’Ouchy, il y a des parterres de fleurs entre les arbres et tout un choix de palaces de luxe avec roseraies privées et façades un peu chargées entre le baroque, l’art nouveau et le Second Empire. En tous cas, on n’a aucun doute que c’est un endroit chic.

Entrée du musée olympique

Un peu après les palaces, on passe aussi devant une grande fontaine au pied de la colline qui marque l’entrée du musée olympique. Je ne suis pas sûr de l’avoir visité à l’époque (était-ce plutôt le musée de la Croix-Rouge, qui est dans un cadre semblable à Genève ?). J’en avais gardé le souvenir d’un musée peu intéressant avec plus de panneaux explicatifs que d’objets.

A défaut, la fontaine est imposante, les jardins sont très soignés et il y a une belle villa en hauteur pour les réceptions du Comité Olympique. C’est dans l’atmosphère du quartier où l’on longe un bon nombre de propriétés du même genre. Au bout d’un moment, on ne peut même plus longer la rive parce que les propriétés vont jusqu’au bord de l’eau et on est obligé de se contenter de longer la nationale. Heureusement, il n’y avait pas trop de circulation parce que c’était dimanche matin.

Vignoble de Grandvaux

J’avais longé une fois les bords du Léman en train, mais c’était il y a très longtemps et j’en avais un souvenir très vague. J’ai constaté que la corniche de Lavaux (c’est le nom correct) est en fait particulièrement spectaculaire, une des meilleures surprises du voyage – certains autres paysages sont encore plus spectaculaires, mais je m’y attendais plus.

Dès la sortie de Lausanne, la route court à flanc de montagne au-dessus du lac à environ 20 mètres au-dessus de l’eau. La montagne est très raide mais couverte de vignes en terrasses et les petits villages sont soit serrés sur des promontoires rocheux soit cachés dans des petits ravins au bord du lac. Finalement, cela rappelle assez la Côte d’Azur, surtout quand il fait 30 degrés avec un magnifique ciel bleu.

Chablais et Mont Salève depuis la corniche de Lavaux

Evidemment, longer une nationale n’est pas très amusant même quand il y a une voie réservée aux cyclistes, ce qui fait que je me suis échappé quand l’occasion s’en présentait pour traverser les villages – l’itinéraire cycliste conseille de toute façon de le faire du moment que l’on ne se plaint pas trop de l’inévitable côte à la sortie du village pour retrouver la nationale.

Epesses et Corniche de Lavaux

Le premier village où je me suis arrêté est Cully (ignorant Lutry où l’on passe d’abord), qui est particulièrement bien orienté plein sud avec une jetée et une promenade ombragée. Les terrasses de trois brasseries attendaient les excursionnistes encore peu nombreux à 10 heures du matin même si j’ai vu un cycliste d’âge mûr s’installer pour prendre un deuxième petit déjeuner.

On a probablement la plus belle vue du lac depuis Cully parce que c’est un genre de petite baie dominée par le vignoble et les falaises, avec dans l’axe du lac les montagnes du Valais. Le village est plein de grosses maisons de vignerons, métier qui semble toujours très bien nourrir les professionnels si j’en juge par la taille et la décoration de leurs maisons – que ce soit dans le Muscadet, au bord de la Moselle ou au bord du lac Léman.  Un autre des villages viticoles, Saint Saphorin, a la réputation d’être le plus beau village de Suisse, mais il est en haut d’une falaise et je me suis contenté de Cully.

Valais depuis la corniche de Lavaux

Après Cully, on longe évidemment toujours le lac, en passant pour changer au-dessus de la voie ferrée. C’est assez amusant de voir les trains passer à 3 mètres de l’eau, séparés parfois de la rive par quatre ou cinq rangées de vigne. On ne peut pas mettre une ligne de train aussi près de l’eau au bord de la mer à cause des vagues et de la marée, mais ce passage donne quand même vraiment l’impression de longer le bord de mer. A l’endroit le plus raide de la montagne, la route contourne le cap de Rivaz par la Corniche de Lavaux où j’ai eu la surprise de voir une cascade.

Corniche de Lavaux

Il y a un bâtiment moderne en partie troglodyte au pied de la cascade qui s’intitule pompeusement « Vinorama ». Il sert à déguster les vins de la région (c’est payant comme dans les endroits semblables au Luxembourg – environ 3 euros le verre de vin). Comme la corniche de Lavaux fait maintenant partie du patrimoine mondial de l’Unesco, on a construit un très grand parking et on espère que les autocars de touristes se rendant au château de Chillon (voir plus bas) s’arrêteront au passage. C’est une structure communale pour l’essentiel, il ne semble pas y avoir de coopérative régionale comme cela est fréquent en France ou au Luxembourg.

Bâtiment de La Grenette à Vevey

La pente devient moins raide après la corniche et on arrive vite dans la ville importante de Vevey à l’embouchure d’une petite rivière. La ville accueille aussi le siège de Nestlé dont les bâtiments administratifs s’étalent dans des espaces ombragés entre la route et le bord du lac, laissant voir aux ploucs de passage que les multinationales savent occuper les meilleurs sites. Par contre, pas vraiment de gratte-ciel (c’est bon pour les banques) ni de palais néo-classique (comme on les aime à Paris, Bruxelles ou Luxembourg).

Fontaine à Vevey

Je n’ai pas visité de monuments à Vevey, je crois que le temple protestant est intéressant mais il est un peu trop haut sur la colline et je ne voulais pas m’attarder. J’ai cependant fait un tour dans le centre ville avec ses grosses maisons cossues de 4 étages dans le style suisse habituel. Il y a plusieurs placettes à fontaines et pas mal de magasins élégants, puis un grand parking assez laid autour d’ un curieux bâtiment néo-classique. D’après Internet, c’est la « Grenette » qui abrite maintenant un café-théâtre, mais je n’ai pas trouvé son usage d’origine. Peut-être des halles ?

Dents du Midi (3257 m) et vallée du Rhône

A partir de Vevey, les cyclistes peuvent longer le bord de l’eau avec une seule interruption pendant une dizaine de kilomètres. C’est un peu une promenade de bord de l’eau avec souvent des arbres et quelques parterres de fleurs. Cette fois, il y a très peu de propriétés bloquant la vue du lac.

Château de La Tour de Peilz côté cour intérieure

Tout au bout de la promenade de Vevey, on atteint un genre de petit cap où l’on peut admirer le château de la Tour de Peilz, qui est maintenant un musée des jeux de société (et pas des jouets, comme le musée tient à le préciser !). Il y a une enceinte extérieure très médiévale avec de grosses tours restaurées: le château appartenait aux comtes de Savoie qui le firent construire au 13ème siècle (en même temps que celui de Morges) pour encercler le territoire de l’évêque de Lausanne.

Château de La Tour de Peilz

Mais il fut détruit en 1476 (guerre entre Charles le Téméraire et les cantons suisses). Un militaire suisse qui servait comme mercenaire dans l’armée de Louis XV acheta les ruines en 1747 et fit construire dans l’enceinte intérieure un corps de bâtiment donnant directement sur le lac en gardant une partie de l’architecture gothique. La commune décida de racheter la propriété en 1979 et y installa le musée. C’est cossu, harmonieux et très agréable comme but de promenade.

Montreux et vue vers le Jura

Après la Tour de Peilz, on arrive plus ou moins dans ce que l’on appelait autrefois le « bout du lac »(« Caput lagi » qui a donné « Chablais ») et que Coubertin, l’initiateur des jeux olympiques, comparait à un fjord. C’est exagéré et ne reflète pas le côté sauvage et boisé que l’on attend d’un fjord: en effet, on arrive ici à Montreux, la ville la plus méditerrannéenne et la plus élégante de Suisse romande (Genève est plus riche, mais plus austère et plus commerciale). Ceci se voit tout de suite à la magnifique promenade qui longe le lac sur 3 km.

Villa à Montreux

On se promène sous les palmiers, les hibiscus, les fougères arborescentes et les lauriers-roses, avec la nappe scintillante de l’eau en arrière-plan. De l’autre côté du lac, la muraille austère et boisée de la rive française (1600 m presque verticaux) forme un contraste fascinant et qui renforce encore l’impression de se trouver dans une oasis. Je regrette un peu de ne pas avoir essayé plus activement de prendre des photos de la végétation mais j’ai la photo d’une marina et d’une villa qui donnent une idée de la ville.

Palaces de Montreux

Au-dessus de la promenade, les palaces et les résidences de luxe escaladent les pentes au milieu des roses. Le public sur la promenade est élégant et distingué, sans effets ostentatoires (style Saint-Tropez), sans touristes ploucs (style Monaco), sans voyages organisés chinois, sans vieux libidineux regardant les jeunes Anglaises sur la plage (style Nice), sans nuée d’enfants gentils mais agités (style plage italienne), sans paillottes à pizza (style plage française) et sans sonneries intempestives de téléphones portables.

Promenade style Côte d'Azur à Montreux

Il y a plein d’étrangers, mais dont le goût et les manières ont été formés dans des pensionnats privés impeccables. D’ailleurs, c’est à Montreux que les jeunes du monde entier viennent suivre des cours pour travailler dans l’hôtellerie de grand luxe. Pour tout dire, Montreux est un endroit merveilleux pour s’évader dans le monde du « Bulletin des Cours », de « Vogue » ou de « Monocle ».

Halles de Montreux et Le Folly (1730 m)

Les vélos utilisent aussi la promenade, mais j’en ai longé une partie à pied en poussant le vélo rien que pour apprécier l’atmosphère et le site.  Montreux ne semble pas avoir de monuments d’un intérêt particulier, même la halle est assez moderne. En fait, je connaissais surtout la ville pour son festival de musique. Le festival se tient dans une affreuse verrue en béton avec gratte-ciel complètement déplacé qui est un héritage malheureux des années 1960.

Château de Chillon et montagnes du Valais

La promenade de Montreux continue au-delà de la ville en contrebas de la nationale sur 2 km jusqu’au célèbrissime château de Chillon et ce serait d’ailleurs une excursion bien agréable si on est en vacances dans la région. Le château est un des symboles de la Suisse et figure souvent sur les timbres et sur les prospectus touristiques, ce qui fait qu’on est presque un peu étonné de découvrir sur place qu’il est nettement plus gros et plus varié que l’image classique. C’est une magnifique forteresse médiévale les pieds dans l’eau, séparée même de la rive par un petit chenal que franchit un pont sur pilotis assez particulier.

Château de Chillon

Le  château fut probablement fondé au 10ème siècle par les évêques de Sion, mais passa très vite sous le contrôle des comtes de Savoie qui y avaient installé un péage très important. Ce fut le siège du bailliage de Chablais à partir de 1330, époque à laquelle il y avait 25 bâtiments sur le site, chose difficile à imaginer si on regarde mes photos. Il y avait en particulier un nombre importants de cachots qui semblent avoir pas mal servi.

Autre vue du château de Chillon

Le canton de Berne, grande puissance après sa victoire sur Charles le Téméraire, attaque la Savoie à partir de 1475 et finit par enlever le château en 1536. Ce fut alors le siège de la flotte de guerre bernoise (j’ignorais qu’un canton suisse avait une flotte de guerre !), mais il fut négligé ensuite car vétuste et humide. En 1798, les habitants de Vevey se soulèvent contre les occupants bernois et le château commence à attirer les touristes anglais et les écrivains romantiques jusqu’à ce qu’on le rénove en 1900. Il accueille maintenant pas loin de 2 visiteurs par minute.

Château de Chillon

Je n’ai évidemment pas visité. Je n’avais pas le temps vu la longueur de l’étape, je n’aurais pas su où laisser le vélo sans surveillance et le château est envahi de centaines de touristes amenés par une noria ininterrompue d’autocars de voyages organisés. Le château est visiblement un passage obligé pour les groupes asiatiques en particulier, qui insistent pour voir les curiosités célèbres. L’agitation est comparable à Chenonceaux.

Mais j’ai quand même passé un moment à faire pas mal de photos car c’est vrai que les formes complexes de la forteresse et le cadre unique donnent vraiment envie de garder le souvenir de son passage. Je serais presque plus tenté de visiter le musée de la Tour de Peilz, mais il faut admirer Chillon de l’extérieur.

Bâtiment typique de l'occupation bernoise à Villeneuve

Après Chillon, on arrive immédiatement à la dernière commune de la rive vaudoise du lac Léman, Villeneuve. Comme j’avais bien roulé, je me suis un peu attardé dans la rue principale même si elle n’a pas de réputation particulière. Finalement, j’ai trouvé que les belles grosses maisons typiques des villes alpines valent un passage.

Eglise de Villeneuve

La plus belle maison est un énorme pavé aux volets à rayures qui rappelle beaucoup le siège de la douane bernoise à Morges – et qui était effectivement le siège du bailli bernois pendant l’occupation. J’ai aussi visité l’église, qui est très simple mais qui a de belles voûtes gothiques.

Après Villeneuve, j’ai d’abord suivi l’itinéraire cycliste vers Saint Gingolph à la frontière française, mais je savais qu’il faut d’abord traverser le Rhône et la route semblait faire un détour jusqu’au bord du Rhône avant de le remonter sur 6 km jusqu’au premier pont. J’ai donc quitté l’itinéraire, ce qui était un peu dommage car il serpente dans une très belle forêt marécageuse comme je n’en ai pas vue ailleurs au bord du lac. En plus, la forêt était agréablement ombragée par ce temps très chaud.

Eglise de Chessel

J’ai donc pris une route plus directe vers le pont, profitant quand même d’un vent très fort dans mon dos, et j’ai fait un court arrêt au dernier village avant le Rhône, Chessel, où une pancarte recommande une église du 10ème siècle qui n’est pas recommandée sur la carte Michelin. Le détour étant minime, je suis allé voir l’église; comme généralement en Suisse, on ne peut pas y entrer, mais c’est vrai que le petit édifice est très évocateur avec un clocher qui fait vraiment antique. En fait, seules les fondations sont du 10ème siècle, le reste est du 14ème siècle.

Le Rhône à Chessel

Le pont de Chessel permet de traverser le Rhône, qui surprend un peu parce que c’est un genre de canal rectiligne pas tellement large et rempli de flots bleu-gris bouillonnants. Je l’ai retraversé en aval du lac Léman et l’effet est très différent. Après la traversée du fleuve, je l’ai longé sur un genre de chemin de halage qui évitait la nationale trop fréquentée à mon goût. J’ai éprouvé un sentiment mitigé en découvrant près de l’embouchure qu’il y a une nouvelle passerelle pour vélos qui m’aurait évité un détour de 10 km – mais qui ne m’aurait pas permis de voir l’église du 10ème siècle.

Le Rhône atteint le lac Léman au Bouveret, un village très agité à cause de la marina et de deux attractions touristiques dont le « Swiss Vapeur Parc » qui expose des trains à vapeur à l’échelle 1:4 et toute une tripotée de bâtiments touristiques de la région à l’échelle 1:10. En plus, il y a un Aquaparc. Vu le beau temps le dimanche de l’Ascension, il y avait une agitation monstre de voitures avec des familles et je me suis rapidement enfui quand j’ai constaté que j’avais peu de chance de trouver un banc ombragé et à peu près tranquille.

Pont frontalier à Saint Gingolph et Grammont (2172 m)

J’ai quitté la Suisse peu après à Saint Gingolph, où j’ai quitté la nationale pour descendre au bord de l’eau car il y a une petite promenade ombragée avec des bancs. Côté suisse, ce sont surtout des terrasses de restaurants et un petit port; côté francais, c’est un simple mail. Entre les deux, il y a le ravin d’un torrent et il faut monter 50 m en altitude pour trouver le pont frontalier. L’effet depuis le bord du lac est un peu surprenant et m’a fait penser à Cerbère.

Montreux et Vevey depuis Saint-Gingolph

La douane en soi est beaucoup plus attentive que celle du Jura car il y a beaucoup de circulation – les Suisses achètent de la nourriture en France et les Français achètent de l’essence et des cigarettes en Suisse. Mais il n’y a plus de contrôle des passeports depuis que la Suisse fait partie de l’espace de Schengen (2008). C’est assez étonnant de voir les prix diminuer de moitié en quelques kilomètres (ce qui coûte 100 francs suisses coûte soudain 50 euros alors que ce devrait être 85 euros d’après le cours de change).

Montreux et les Rochers de Naye (2042 m)

J’ai pique-niqué sur un banc à moitié au soleil en admirant la vue. C’était très intéressant car j’avais en face de moi Montreux et Vevey où j’étais passé deux heures avant. Alors que j’avais vu depuis Vevey de hautes murailles boisées, je voyais maintenant depuis l’autre rive des collines riantes couvertes de vigne avec un amphithéâtre de montagnes à une distance convenable pour faire un arrière-plan élégant.

Port de Meillerie et vue vers Lausanne

Je me suis trouvé pendant le pique-nique au milieu d’une dizaine de pêcheurs à la ligne, chose amusante parce que je n’en avais vu aucun en Suisse (soit c’est illégal, soit c’est une activité indigne ?). Un monsieur d’origine vietnamienne passait sans arrêt devant moi car il avait trois cannes à pêche, deux à gauche de mon banc et une à droite. Des poissons mordaient très souvent (toutes les 5 minutes au moins) mais il les gardait rarement car la plupart étaient trop petits.

Il a expliqué à une dame de passage de quelle espèce il s’agissait (j’ai oublié) et lui a dit en riant qu’il en avait encore pour pas mal d’heures s’il espérait faire son dîner avec des petits poissons comme ça. J’ai trouvé que c’était mieux d’aller à la pêche dans un endroit comme cela que de s’asseoir sur un pliant en prenant un air méditatif pendant trois heures au bord d’un canal en espérant qu’un poisson-chat se manifestera faute de mieux.

Après Saint-Gingolph, j’ai essayé de me dépêcher un peu vu la distance restante et je suis resté sur la nationale malgré la circulation bien désagréable sur cette route étroite. C’est la N5 mais elle ne fait que quitter le territoire républicain et ne mérite donc pas de gros investissements. En plus, il faut reconnaître que la route est à flanc de montagne et qu’il n’y a pas de place pour faire plus large, en tous cas au début du trajet. On passe un village au nom étrange de « Le Locum » puis celui de Meillerie où je n’ai pas eu le courage d’aller voir l’église en haut d’une grande pente très raide.

Château de Tourronde

A défaut, j’ai admiré le château très imposant de Tourronde. Il a des volets à rayures comme en Suisse, mais les formes me semblent plutôt italiennes et ne me rappellent en tous cas pas tellement les châteaux forts français. Il a été construit en 1535 et servait de résidence à une grande famille de la noblesse savoyarde, les seigneurs de Blonay. Ils étaient originaires de Vevey et avaient habité le château de Chillon, mais en avaient été chassés par le comte de Savoie qui avait profité de l’absence du propriétaire, parti à la croisade ! Le château appartient toujours à la famille.

Dommage que le château soit tout au bord de la nationale, il y a même une arcade avec un escalier pour permettre aux habitants du château de rejoindre leur jardin sans se faire écraser en traversant la nationale. Après Tourronde, on traverse une longue zone pavillonnaire assez énervante jusqu’à Evian, ville fort connue pour son eau.

J’avais décidé que je pouvais probablement oser une visite rapide sans trop charger mon horaire, mais j’ai commencé par me reposer quelques minutes sur un banc au bord du lac, profitant des grands espaces de promenade même si je trouve que c’est un peu nu et minéral dans certaines sections.

Je suis tombé ensuite très vite sur l’une des sources thermales et je me suis dit qu’il serait dommage de ne pas goûter après l’avoir fait dans d’autres stations comme Vichy, même si je sais que l’eau d’Evian n’a ni un goût métallique bizarre, ni une odeur sulfureuse, ni du gaz pétillant. Un couple d’Asiatiques en vacances examinait avec le plus grand intérêt et m’a demandé de les prendre en photo devant une pancarte avec le nom de la source.

Buvette pour curistes de la source d'Evian

Pour les curistes, on a construit en 1958 une buvette sur l’emplacement d’un hôtel qui avait brûlé. On fit appel au grand architecte Jean Prouvé qui y réalisa l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture de l’époque, combinant un rideau de verre avec une portée métallique exceptionnelle. J’ai évidemment pris une photo. La buvette est fermée et sert probablement seulement pour des activités culturelles en haute saison.

Ancienne Source Cachat à Evian

Il y a une autre buvette à Evian, la source Cachat, qui fut construite en 1903. Là aussi, elle sert maintenant de bureaux et de centre culturel et je n’ai pas pu entrer; le bâtiment a quelques traces de style art nouveau.

Hôtel de ville d'Evian

Je suis retourné ensuite vers la rive du lac et je suis passé devant l’hôtel de ville qui est une pâtisserie néo-Renaissance particulièrement volumineuse et qui appartenait autrefois aux célèbres frères Lumière. C’était leur résidence d’été car les personnes du beau monde comme eux fréquentaient volontiers Evian à la saison.

La ville périclita après la seconde guerre mondiale mais le maire eut l’idée géniale de proposer la ville pour les négociations avec les nationalistes algériens et l’accord d’Evian de 1962 remit le nom dans toutes les mémoires (c’est comme avec Schengen et Maastricht !). Le pauvre maire fut assassiné par l’OAS en 1961. La ville grandit rapidement comme commune dortoir pour les Français travaillant à Genève.

Casino d'Evian

A côté de l’hôtel de ville, j’ai aussi admiré la pâtisserie non moins éclectique occupée par le Casino. Il fut construit en 1911 quand la commune se décida enfin à remplacer le précédent, qui se trouvait dans un château en mauvais état. Les propriétaires l’avaient légué à la ville dans le but exprès de créer une maison de jeu, ce qui me semble assez étrange et qui attirerait les foudres des associations bien-pensantes de nos jours (lire « politically correct » si on préfère plutôt que « bien-pensante »).

Eglise d'Evian

Je me suis encore offert un petit arrêt à l’église qui date du 14ème siècle (quand Evian était un petit port savoyard utilisé par les pèlerins se rendant à Rome). On y voit surtout de belles stalles en gothique flamboyant; elles sont tellement propres et bien conservées que je me suis demandé si elles sont entièrement authentiques vu qu’elles ont été « remontées » au 19ème siècle.

Rond-point à Evian

Après Evian, il me restait encore 10 km le long du lac avant de me diriger vers ma chambre d’hôtes dans la montagne. A la sortie d’Evian, la montagne est encore trop pentue pour construire une déviation et la circulation est vraiment pénible. On passe certes le long d’un grand parc qui est considéré comme un des beaux jardins de Savoie (le « Jardin d’eau de Pré Curieux ») – mais on ne peut pas y accéder depuis la nationale.

Ceci causerait tellement d’embouteillages qu’il faut prendre un bateau solaire depuis le centre ville pour visiter le parc. Malheureusement, l’excursion prend donc beaucoup de temps et est assez chère (11 euros). Peu après, on passe devant un second parc qui est lui ouvert normalement au public et accessible depuis la nationale, c’est un parc légué à la ville en 1938 par une association de passionnés en mémoire d’Anna de Noailles (née Princesse de Brancovan) qui aimait beaucoup Evian. Je n’avais pas le temps de m’y attarder.

Plage de Amphion-les-Bains

Après le parc, on longe le bord de l’eau de tout près pendant 500 m, ce qui est très rare sur la rive française, et je me suis amusé à prendre une photo des personnes qui prenaient un bain de soleil à 10 m des pots d’échappement. On voit deux personnes se baigner mais j’en ai très peu vues, ce qui est normal car l’eau du lac est sûrement très froide en début de saison.

Eglise de Vongy

Après la plage d’Amphion, j’ai enfin pu quitter la nationale pour passer devant une église intéressante à Vongy. C’est une des premières œuvres d’un architecte local qui connaîtra une grande carrière en France, Maurice Novarina (un des architectes préférés par l’Etat français dans les années 1960 pour des bâtiments comme les MJC dans les ZUP).

Pavage dans l'église de Vongy

L’église est pleine de symbolisme avec un toit en carène de bateau et beaucoup de formes triangulaires. Le carrelage est typiquement art déco par les couleurs et les formes anguleuses tandis que la mosaïque du chœur rappelle plus Puvis de Chavannes.

Vitrail de l'église de Vongy

J’ai aussi pris en photo un vitrail montrant « l’ouvrier à l’usine », sujet rarissime et typique de son époque: 1933, année de construction de l’église, est l’époque de la grande encyclique sociale Quadragesimo Anno (qui défend entre autres la valeur morale de tout métier, même modeste, en réponse aux licenciements massifs de la Grande Dépression).

Château de Ripaille

Changement de style deux kilomètres plus loin avec le château de Ripaille, un grand château du tout début de la Renaissance qui fait penser à Josselin dans le mélange des éléments défensifs et des éléments décoratifs. En fait, le château est une imitation fin 19ème siècle qui est maintenant le siège d’un domaine viticole assez réputé.

Il existait un château médiéval pas très loin qui fut transformé en ermitage au 15ème siècle – quand un duc de Savoie fort pieux se laissa convaincre dans un accès d’humilité de se faire élire antipape, même si il se rendit vite compte que ce n’était pas ce qu’il cherchait pour une retraite spirituelle. Mais le château en question n’existe plus.

Chateau de Ripaille et cret du Mont Tendre (1679 m)

Curieusement, l’expression « faire ripaille » semble causer de grands débats. Elle est attestée avant la construction du premier château de Ripaille. Certains beaux esprits attribuent donc à tort la paternité à Voltaire qui aurait ainsi voulu appliquer son ironie à la maigre chère du pieux duc-ermite et qui n’aurait pas prévu qu’il serait pris au mot… J’ai personnellement fait bombance à proximité, profitant d’un banc sur la petite colline au-dessus du château pour manger un gâteau et admirer une dernière fois les rives du Léman.

Mont Ouzon (1881 m) depuis Armoy

Il était 17 h et donc temps de commencer l’ascencion de 25 km (625 m de dénivelé) qui me conduirait à Bellevaux où j’avais réservé. Je n’ai donc pas visité Thonon, dont on conseille surtout l’église baroque. La ville a fait les titres en 2011 quand le nouveau maire a décidé de refuser aux enfants de chômeurs de s’inscrire à la cantine municipale sous prétexte que leurs parents avaient visiblement le temps de faire la cuisine pour eux et que la ville n’avait pas assez de place. Le taux de chômage est assez élevé avec 13% (11% à Evian) malgré une zone industrielle et la proximité de nombreux emplois à Genève.

Dent d'Oche (2222 m) depuis Reyvroz

Vu la longueur de la montée qui m’attendait, je me suis tenu strictement au régime « petite pause tous les 50 m de dénivelé ». En fait, on monte par paliers bien séparés. D’abord 200 m jusqu’à Armoy, au niveau d’un genre de terrasse géologique qui domine le lac Léman sur une assez longue distance (le reste de moraine laissé par le glacier qui a creusé le lac Léman). On l’appelle joliment la « Côte-en-Chablais ». C’est un peu raide, mais pas trop, on domine de haut la vallée très encaissée de la Dranse, on commence à voir les montagnes se rapprocher. Au total, c’est assez agréable même si on ne voit pas beaucoup le lac à cause des arbres.

Vallée de Bellevaux depuis Vailly

Après une section plate jusqu’à dominer le confluent de la Dranse et de son affluent le Brévon, on monte un deuxième palier jusqu’à Vailly qui domine la gorge du Brévon au pied de grandes pentes couvertes de sapins. La vallée est assez ouverte au-dessus de la gorge avec des prairies et c’est vraiment un paysage harmonieux. Après Vailly, la vallée se divise à nouveau en deux et on a même une descente jusqu’à un pont avec une jolie petite cascade (artificielle mais jolie quand même).

Cascade près de Vailly

Puis on longe le fond de la vallée beaucoup plus encaissée dans les sapins jusqu’à une petite falaise et on monte ensuite le troisième morceau à flanc de montagne dans les prairies jusqu’à Bellevaux. J’étais un peu fatigué dans cette troisième section et je m’inquiétais surtout de l’horaire, sachant par la conversation avec la dame lors de la réservation qu’elle habite en fait dans un hameau nettement au-dessus du bourg. Je suis arrivé exactement à 19 h au bourg. Je n’ai donc pas pris le temps de visiter l’église, qui ne paye pas de mine de l’extérieur. On y voit apparemment des fresques néo-classiques, ce qui ne me manquera pas trop.

J’ai téléphoné à la dame pour qu’elle ne s’inquiète pas (et aussi parce que les gens en viennent souvent à penser qu’on leur fait faux bond, ce qui est très vexant pour eux puisqu’ils ne peuvent pas facilement me demander un acompte faute de pouvoir leur envoyer un chèque français). Elle m’a expliqué qu’il restait simplement 2 km, mais en forte pente.

Effectivement, on commence par descendre un long raidillon… mais on monte ensuite 2 km à 11%, ce que j’ai évidemment fait à pied et qui m’a pris une bonne demi-heure. J’ai découvert le lendemain que j’aurais pu monter à vélo au hameau en faisant un détour par la route du col qui est moins raide, mais ceci m’aurait pris autant de temps.

Je ne suis pas parvenu à trouver la propriété parce qu’il y en a plusieurs avec le macaron des Gîtes de France. Finalement, le sien est d’un modèle ancien que je n’ai pas reconnu de toute façon. J’ai été obligé de l’appeler encore une fois et elle s’est postée sur la petite route pour que je la voie !

Chalet des chambres d'hôtes à Bellevaux

C’est la seule chambre d’hôtes que j’ai eue dans un habitat savoyard typique et c’est intéressant. La maison est un chalet surdimensionné construit dans les années 60 et les bâtiments agricoles sont construits en bois et tôles à l’arrière. Le rez-de-chaussée du chalet abrite le garage, on entre donc par un escalier extérieur au premier qui est le salon, puis il y a un étage de chambres et un deuxième étage sous le toit pour les chambres d’hôtes.

La chambre était très propre et j’aime bien le décor en bois même si ce n’est pas une chambre de luxe avec robe de chambre parfumée. Le prix est en conséquence, très abordable. Pour le dîner, je suis descendu au premier où j’ai vraiment mangé dans la salle à manger de la famille car il y avait encore le désordre laissé par les enfants.

La petite fille est allé se coucher facilement, mais le garçon de 8 ans n’avait aucune envie et il a fallu finalement que je lui fasse la conversation pendant 10 minutes avant que sa curiosité soit satisfaite. Il m’a rappelé mon neveu ou mon filleul.

Après, Madame a envoyé son mari se changer, trouvant qu’il avait un pantalon sale et un pull trop rapiécé pour le dîner. Comme il revenait de rentrer les vaches à l’étable, ça se comprend. Je donne ce genre de détails pour montrer combien on est vraiment inclus dans la vie de tous les jours de la famille.

La dame a servi une salade de tomates (que cultive son beau-père en contrebas du chalet et qui sont délicieuses), puis des doigts aux crozets, chose que je ne connaissais pas. Les doigts sont des petites saucisses (genre Mettwurscht mais plus fades) que l’on fait revenir dans l’huile ou le beurre, les  crozets sont des pâtes savoyardes traditionnelles en forme de petits carrés de la taille d’un ongle de bébé et que l’on sert normalement avec de la crème fraîche qui est absorbée par les pâtes, ce qui fait qu’on a le goût de la crème sans la voir.

Dans cette région d’élevage, j’ai pu goûter le fromage d’Abondance (ne vaut pas le dérangement), de la tomme (aussi banale en Savoie que le camembert en Normandie, mais souvent au lait cru et dans ce cas délicieuse) et du reblochon, le fromage typique de la région. Le dessert était super-bon, de la mousse au chocolat noir. Il fallait que je me retienne pour ne pas me goinfrer.

J’ai profité de l’occasion pour me renseigner sur la vie en montagne, l’élevage et les chambres d’hôtes. Pour la vie en montagne, Bellevaux n’a pas de station de ski, mais a des pentes et le ski de fond est possible aussi. Mais le tourisme est plutôt estival.

C’est une commune très dynamique qui a par exemple une navette desservant tous les hameaux pour conduire les enfants à l’école – un avantage considérable pour les mères de famille vu les routes très raides et tortueuses. Il y a aussi une école de musique, deux clubs sportifs…

Par contre, il y a une école républicaine et une école religieuse, la seconde étant nettement plus fréquentée parce que c’est celle qui ne fait pas grève (le contenu de l’enseignement est le même et les résultats aussi). Ma nièce va à l’école Sainte-Marie-de-Quelque-Chose dans la région pourtant fort républicaine de Toulouse et je soupçonne que la raison de fond est ici aussi le problème des grèves. N’y aurait-il pas matière ici à un sérieux débat citoyen si tant de parents se sentent concernés ?

Pour l’élevage, le monsieur m’a expliqué qu’il est très important en Savoie de savoir si on est en zone d’AOC laitière. Ceci couvre les communes qui livrent le lait pour le reblochon, l’abondance et le comté (pas la tomme). Compte tenu des contraintes imposées aux éleveurs, en particulier les races admises, le lait est payé nettement mieux que hors AOC et un élevage de 20 vaches comme le sien peut survivre. Les seules races admises sont l’Abondance, la Tarentaise et la Montbéliard, lui ayant choisi les Montbéliard parce que ses champs ne sont pas trop en dévers.

La Montbéliard a une grosse carcasse sur des pattes grêles et peut donc se tordre la patte dans les pentes, mais elle produit un peu plus que l’Abondance et est moins caractérielle que la Tarentaise en particulier (j’espère que je me souviens bien parce que ce n’est pas vraiment mon domaine de compétence). La Montbéliard est brune et blanche. Les grosses décisions qu’il doit prendre sont par exemple d’acheter une ou deux vaches de plus (il n’a pas de taureau, c’est un autre métier), mais aussi la date de montée à l’alpage.

Ce n’est pas une grande cérémonie dans la région, l’alpage est simplement un peu plus haut que les hameaux et on y monte à pied en 30 minutes pour faire la traite le matin – pour les amateurs, les vaches aimant être traites le plus tôt possible, on monte à l’alpage vers 5 h 30 en été… à Bellevaux, on n’a jamais fait beaucoup de chichis sur la montée ou la descente de l’alpage, l’idée d’en faire un spectacle touristique fonctionnerait mal dans la mesure où l’habitat est éclaté et où les vaches sont donc dispersées dans des hameaux dans toutes les directions.

Pour les chambres d’hôtes, la demande a beaucoup baissé après la crise en 2009 et reste nettement inférieure encore maintenant à 2007, même pour les vacances d’été. La dame essaye d’attirer des familles par des prix très doux et un programme vraiment simple et naturel. Mais ceci lui cause des problèmes avec les Gîtes de France qui poussent toujours plus fort au luxe et dont la cotisation a aussi beaucoup augmenté.

Détail révélateur, le panneau autrefois fourni gratuitement à l’inscription est maintenant loué 25 euros par an. Je lui ai suggéré de se renseigner sur le réseau Accueil Paysan (celui que j’avais rencontré à Bréry), qui correspond probablement mieux au style familial, accueillant et personnel qu’ils proposent. Et où personne ne les mettra sous pression pour les robes de chambres parfumées et le sèche-cheveux à trois vitesses.

Au total, malgré la journée très fatigante et la montée finale vraiment malvenue, j’étais très content d’être arrivé là et de passer cette soirée sympathique et intéressante. Je n’y enverrai pas mon père (4 étages sans ascenseur ?), mais j’y vois bien des amis avec une moto.

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