Etape 12: Bugey

(Etape d’un voyage de Langres à Nice en mai et juin 2011)

Jeudi 2 juin

89 km

Dénivelé 1015 m

Couvet mais doux, très sombre dans l’après-midi

Petit Brens – Les Ecassaz – Belley – Virieu le Grand – Saint Martin de Bavel – Ceyzérieu – Lac de Barterand – Massignieu de Rives – Novalaise – Aiguebelette le Lac – Saint Béron

Bugey, départements 01 et 73

Par le chemin le plus direct, la distance n’était que de 35 km, mais j’avais prévu une boucle dans le Bugey pour des visites familiales. Comme la région s’est avérée beaucoup plus agréable à parcourir que je ne m’y attendais, je n’ai pas regretté cette journée même si elle ne m’avançait pas beaucoup vers le sud.

Comme la ferme est en haut d’une petite crête, le monsieur m’a aimablement prévenu que la route redescendrait avant de monter à Belley par une « grande côte ». J’ai donc cru bien faire en prenant la petite route de ferme qui descend de la ferme vers le Rhône, passant dans un hameau au nom bien savoyard de « Les Ecassaz ». Ce morceau est aussi utilisé par la véloroute officielle qui conduit de Genève à Marseille mais qui ne m’était d’aucune utilité.

Rue principale de Belley

Finalement, un peu après le hameau, il y avait quand même une bonne côte, avec même une section plutôt raide à la fin à l’entrée de Belley. En entrant par là, je me suis retrouvé le long de très longs murs gris qui semblent protéger une institution religieuse puisque Belley avait quatre couvents et deux séminaires à la révolution française. Ou alors c’est l’ancienne caserne.

Le centre ville n’est pas très étendu mais c’est normal pour une sous-préfecture tout juste aussi grande que Schifflange. On trouve au hasard des rues l’une ou l’autre belle maison ancienne et les magasins de la rue principale utilisent d’anciennes arcades bouchées, ce que l’on reconnaît aux contreforts.

Ancien palais épiscopal de Belley

Belley étant le siège d’un évêché dès l’an mil, il y avait évidemment un palais épiscopal. Il sert maintenant de maison des associations et de salle de spectacle municipal; il aurait été construit sur des plans de Soufflot, le grand architecte néo-classique de Louis XV, installé d’abord à Lyon, qui est surtout connu pour Sainte Geneviève à Paris.

Le palais est charmant dans son petit parc ombragé; le parc est au niveau des fenêtres de la cathédrale, ce qui donne une impression étrange. La cathédrale par contre date de 1881 et ne m’a pas retenu. En fait, c’est une « cocathédrale » parce que l’évêque réside maintenant à Bourg-en-Bresse conformément aux dispositions du Concordat de 1801 prévoyant un évêché par département.

Maison médiévale à Belley

Je ne me suis finalement attardé à Belley que le temps de trouver une boulangerie, mais je cherchais aussi une épicerie et j’ai finalement trouvé un supermarché en contrebas de la ville après une grande descente très agréable.

En parlant de nourritures terrestres, il faut mentionner que Belley est le pays de Brillat-Savarin, honorable juriste sous l’Empire et la Restauration mais surtout connu pour son ouvrage nommé élégamment « Physiologie du Goût, ou Méditations de Gastronomie Transcendante », dans lequel il médite avec complaisance (dixit Wikipedia) sur sa philosophie de gourmet épicurien.

J’ai ensuite continué à descendre la vallée jusqu’à Virieu-le-Grand, passant devant quelques pans de falaises que la carte intitule généreusement « gorges du Furan ». Il y a aussi et surtout les restes volumineux d’une usine à chaux. Virieu le Grand figurait sur mon itinéraire uniquement parce que mon grand-père en est originaire et que j’en ai souvent entendu parler. Comme ma grand-mère me l’avait annoncé, le site est effectivement assez austère, avec une grande montagne qui s’élève de façon un peu menaçante au-dessus des maisons.

Manoir à Virieu-le-Grand

Mais le village mérite un détour indépendamment des souvenirs de famille: à défaut de voir le château principal derrière de grands murs, on voit un autre manoir imposant et toute une rue de belles maisons anciennes. Plusieurs seigneurs des environs avaient des hôtels particuliers à Virieu et on voit bien telle tour, telle fenêtre à meneaux ou tel escalier médiéval.

Le manoir imposant au bout de la grand-rue, la « maison de la Tour des Prosts », a même une grosse tour carrée du 13ème siècle. Au moment où je faisais des photos du manoir, une petite voiture ancienne jaune canari à toit noir est sortie avec quatre jeunes que l’on ne s’attendrait pas à voir circuler dans ce genre de véhicule.

Fresque à Virieu-le-Grand

J’ai trouvé Virieu pittoresque et j’en ai profité pour m’offrir un en-cas dans le petit parc appelé « Square du Clos Montfalcon ». Le square est longé par un petit ruisseau qui passe ensuite le long d’une rangée de maisons, permettant aux édiles municipaux d’utiliser l’appellation « Petite Venise » ! Le vrai château de Virieu est à l’écart du bourg et je ne l’ai pas vu, le comte de Savoie y avait une garnison et des membres de sa famille y habitaient souvent. Le château brûla en 1726.

Pour en revenir au « clos Montfalcon », il rappelle une des très grandes familles de Savoie, laquelle avait vendu son château à la comtesse de Savoie en 1252, mais qui resta très influente et fournit en particulier deux princes-évêques de Lausanne. Les Montfalcon détenaient une bonne douzaine de seigneuries sur une distance de 50 km, dont Flaxieu en Bugey, mais leur activité à Virieu est plus récente et plus prosaïque: ils y possédaient une usine à fabriquer des perles en fer autour de 1900.

Fontaine de Ceyzérieu

Virieu était le point le plus au nord que je voulais atteindre pour la journée. Il marque d’ailleurs le début du Jura dans lequel je n’avais pas l’intention de retourner. J’ai donc fait demi-tour et je suis monté sur un genre de plateau par une belle petite côte avant de redescendre sur Ceyzérieu où il y a une église gothique (fermée bien sûr) avec une assez jolie fontaine.

J’ai pris la photo pour la combinaison des formes, l’auvent de l’horloge étant décalé de façon particulièrement malheureuse avec le toit du transept et le clocher. On peut aussi visiter depuis Ceyzérieu le marais de Lavours, une réserve ornithologique, mais je n’avais aucune envie de descendre toute la pente de peur de devoir la remonter.

Vallée du Rhône à Vongnes

Je suis donc parti plus ou moins à flanc de coteau vers le sud, dominant en fait le marais et le Rhône. La vue est magnifique avec en arrière-plan une chaîne assez haute (1000 m en fait) qui marque la rive opposée du Lac du Bourget. On ne voit pas le lac parce qu’il y a une chaîne de collines plus petites qui cache la vue. Il y a aussi une butte-témoin caractéristique, certainement un reste de moraine glaciaire.

Cave de dégustation à Vongnes

La route traverse des vignobles qui m’ont intéressé parce que j’ignorais cette petite AOC qui date de 2009 seulement. Le vignoble avait disparu après les ravages du phylloxéra et on a simplement replanté les sites les plus favorables ensuite. On voit que ce doit être du vin d’une qualité honorable car le principal village du vignoble, Vongnes, rappelle assez les villages de la route du vin d’Alsace – en moins rutilant quand même.

Très grosses maisons de vignerons avec grandes portes doubles pour pouvoir entrer avec les tonneaux, auvents et dépendances… Tout en haut du village, une maison particulièrement soignée avec épis de maïs séchés et sculptures en vannerie abrite un musée viticole et surtout le caveau de dégustation de la coopérative. Vongnes offre aussi une chapelle romane qui était la raison réelle de mon détour, mais elle était évidemment fermée et je n’ai donc pas pu voir les fresques…

Lavoir à pignon en pas d'oiseau à Flaxieu

Je suis donc reparti sans tarder pour le village suivant, Flaxieu. La puissante famille de Montfalcon acheta le fief vers 1370 (même si elle le revendit en 1650) et un membre de la famille devenu prince-évêque de Lausanne y fit construire une église vers 1460. Elle était évidemment fermée. Quant au château qui avait grande réputation, il a été détruit pendant la Révolution car le seigneur aurait persécuté les villageois avec ses corvées.

Le village vante maintenant sur sa pancarte sa « Sainte-Fontaine », que l’on trouverait en Bretagne banale et pas bien vénérable. J’ai mieux aimé le four à pain médiéval avec un très beau pignon à « pas d’oiseau ». Dommage pour la grange plus banale en arrière-plan de la photo.

Flaxieu terminait la région des origines familiales et je pouvais maintenant prendre la direction du sud mais je suis content d’avoir découvert Virieu qui est vraiment pittoresque et Flaxieu dans un site superbe. 4 km après Flaxieu, la route monte un peu jusque dans la forêt et j’ai fait un peu la course avec tout un groupe de personnes d’age mûr emmenées par une jeune femme d’un dynamisme redoutable.

Les cyclistes m’ont semblé des excursionnistes plutôt que des grands sportifs et souffraient un peu dans les côtes, mais prenaient leur temps et semblaient charmants. Je n’en dirai pas autant de la jeune femme qui m’a rappelé une connaissance allemande avec son équipement ultra-sportif, son air convaincu et un petit ton assez directif.

Vue vers le défilé du Rhône à Seyssel

En haut de la petite côte, j’ai quitté le groupe qui est redescendu par la route la plus logique vers le Rhône. J’avais déjà bien apprécié la vue et j’avais découvert à droite un site absolument ravissant et tout à fait inattendu; un genre de petit col dans la falaise de calcaire permet d’atteindre le bord d’un petit lac.

Lac de Barterand

Ce doit être très couru en été car il y a toute une signalisation pour les baigneurs et les campeurs, mais c’était évidemment vide et le petit lac dans son écrin de forêts était vraiment joli. Je pensais que la petite route monterait ensuite pour quitter le lac et franchir la crête de collines, mais il y a même un vallon pratiquement plat qui permet à la route de repartir vers le sud sans côte. Merveilleux !

Finalement, c’est tout à la fin que l’on descend rapidement sur le Rhône au niveau du canal de dérivation, creusé comme tranchée profonde mais pas particulièrement pittoresque. Une piste cyclable longe le canal et permet d’atteindre sans danger le pont et l’ancien Rhône. Il faut simplement passer sous la route, remonter sur le pont puis descendre vertigineusement vers un petit tunnel en courbe très raide… pour tout dire, un endroit où un cycliste qui ne freine pas assez dans la descente termine dans le rocher. La route fait le tour du rocher, on a donc fait le petit tunnel exprès pour les vélos. Cool, comme on dit.

Le Rhône au barrage de Massignieu

On a une vue surprenante après le tunnel, la route et la piste cyclable (qui se termine juste après) sont au bord d’un grand plan d’eau appelé bizarrement le « Lit du Roi ». J’ai trouvé plus tard sur Internet la raison vraiment impossible à deviner: on pouvait voir à cet endroit jusqu’au 18ème siècle un sarcophage romain dont les auteurs de légendes édifiantes avaient fait le sarcophage dans lequel on aurait reposé Charles le Chauve avant le transfert de son corps à Nantua ! Le roi était mort au pied du Mont-Cenis, mais le corps sentait si mauvais qu’on ne parvint pas à le rapporter jusqu’à la capitale, Paris, et qu’il fallut l’enterrer provisoirement pendant 7 ans à Nantua.

Petit Bugey avec le col du Chat

Après Massignieu (méchante petite côte), la route reste gentiment en corniche au-dessus du Rhône, donnant toujours des vues superbes du Petit Bugey. C’était amusant de voir de loin le col du Chat par lequel j’étais passé la veille. J’ai retrouvé la route de la veille à Yenne que je n’ai donc pas eu besoin de visiter. J’ai par contre profité d’un banc au bord du Rhône pour pique-niquer malgré quelques insectes.

Pont suspendu sur le Rhône à Yenne

Quelques personnes se promenaient avec leurs chiens, mais ceux-ci étaient raisonnablement tranquilles et ce n’était donc pas d’eux que provenaient les concours d’aboiements surexcités qui n’ont pas cessé tout le temps de ma pause. Je pense qu’ils provenaient du chenil d’un camping de l’autre côté d’un ruisseau, mais c’est difficile à dire.

Après Yenne, il fallait quitter la vallée du Rhône que je ne retrouverais plus du voyage. On est dans les Préalpes et ceci veut dire que les altitudes restent modestes, en-dessous de 1000 m. La route qui part de Yenne vers le sud est encore plus facile, il suffit de monter à 435 m (200 m de dénivelé) pour passer de la vallée du Rhône au bassin du Guiers (un affluent du Rhône).

Pour cela, on remonte une vallée en pente très douce puisqu’il faut 14 km pour franchir les 200 m de dénivelé. Je n’ai pas eu besoin d’appliquer la méthode des pauses régulières. La vallée est verdoyante, modérément encaissée, presque sans habitations et pour tout dire pas très excitante. On atteint en haut le village de Novalaise qui était un bailliage savoyard. La population a évolué d’une façon frappante: 2000 habitants en 1800, 700 en 1962.

On est remonté à 1800 pour une raison très simple que j’ai retrouvée dans plusieurs régions: une sortie d’autoroute à 5 km. Ceci pose une question intéressante d’aménagement du territoire: l’autoroute renverse l’exode rural et permet de sauver les villages (quelquefois les commerces aussi, mais c’est moins clair parce que les grands supermarchés sont faciles à atteindre en voiture). Mais ce sont des villages-dortoirs qui n’ont aucun sentiment collectif. On soulage les villes au niveau des écoles par exemple, mais l’essence n’est pas très écologique. Est-ce bien ou mal ?

Lac d'Aiguebelette

Après Novalaise, on descend modérément et pas très longtemps jusqu’au bord du lac d’Aiguebelette. La route est déplaisante au début à cause de la sortie d’autoroute, mais devient ensuite suffisamment tranquille hors saison. Vu la largeur de la route, j’aimerais mieux éviter quand même de passer par là par un beau dimanche d’été.

On peut faire tout le tour du lac par la route et il y a une seule côte assez modeste, donc je pouvais avancer vite et je serais probablement arrivé beaucoup trop tôt vers 18 h si je n’avais pas fait une pause au bord de l’eau pour prendre un en-cas. J’ai été piqué par des bébêtes car il faisait un temps bizarre, plutôt frais, très couvert, presque aussi sombre qu’au crépuscule, et sans aucun vent.

Rive nord du lac d'Aiguebelette

Le lac n’est pas très grand, on peut faire le tour en 15 km, et il m’a fait un effet mitigé parce que la rive est et la rive ouest sont étrangement divergentes. La rive est est le flanc du Mont du Chat, une muraille calcaire boisée mais très raide avec quelques falaises qui monte tout droit sur 600 m de dénivelé. La route est d’ailleurs protégée par de nombreux filets retenant les pierres.

La rive ouest est presque plate avec de molles collines de prairies et de petits bois en arrière-plan. Comme j’ai choisi de faire le tour par la rive est, un peu plus longue, puisque j’avais le temps, j’avais la route plus spectaculaire et le panorama plus banal. J’ai appris que le lac est privé, il appartient à une famille d’origine féodale et à EDF.

Arrivé en haut de la petite côte qui monte au village d’Aiguebelette, j’ai constaté que mon pneu avant était dégonflé. Je l’ai regonflé pour tester et il était à nouveau à plat 2 km plus loin. J’ai une crevaison pratiquement chaque année et je ne m’en formalise donc guère, mais le pneu avait particulièrement bien choisi son jour puisque je n’étais pas pressé et que le paysage était agréable.

J’ai donc changé la chambre à air dans un chemin creux (cela ne vaut pas la peine de mettre des rustines, je n’arrive jamais à les faire tenir et une chambre à air ne coûte pas une fortune de nos jours). Il faut simplement examiner avec beaucoup de précaution le pneu pour être sûr que l’épine ou le bout de métal est bien parti.

En l’occurrence, je ne l’ai pas trouvé, mais la nouvelle chambre à air a tenu normalement. Par exception, j’avais deux chambres à air de rechange cette année et je n’ai donc même pas eu besoin d’en chercher une les jours suivants (pour garantir une réparation en cas de nouvelle crevaison).

Pentes de la Montagne de l'Epine (1425 m)

Après la réparation, j’ai longé un moment une ligne de train qui doit donner de beaux panoramas parce qu’elle longe le lac (ligne Chambéry – Lyon), puis la ligne est partie à flanc de colline pendant que ma route plongeait par une descente pas bien longue mais particulièrement raide et un peu impressionnante jusqu’à La Bridoire, une petite ville laide et industrielle qui m’a un peu choqué parce que c’était plus ou moins la première du voyage à me faire cet effet. En fait, il n’y a pas tant d’industrie que cela, une centrale hydroélectrique et une usine de peintures.

Gare de Saint-Béron et plateau vers l'ouest

J’avais réservé mon hébergement au village suivant, Saint Béron, mais il y a une bonne petite côte pour y arriver que je n’attendais pas du tout. Finalement, il n’était pas loin de 19 h quand je suis arrivé au village, donc l’heure habituelle. La dame m’avait indiqué de prendre une rue que j’ai suivie jusqu’au bout sans trouver sa maison (ni monter une grande côte qu’elle m’avait annoncée). Finalement, je l’ai appelée au téléphone vu que je ne voyais pas l’accès. C’était tout simple, il suffisait de prendre la rue la plus raide et de monter le plus haut possible… les chambres d’hôtes ont souvent ce petit défaut.

En l’occurrence, la montée est vraiment très raide avec 21 %, je pense que certaines voitures doivent peiner et j’imagine mal comment monter en hiver. J’ai évidemment poussé le vélo. Quand on arrive au bout de la rue goudronné, il reste encore 200 m de chemin caillouteux tout aussi raide… Il faut reconnaître que l’on a une vue imposante depuis la maison. C’est une maison pratiquement toute neuve, ou plutôt fraichement agrandie et rénovée en utilisant un reste de grange (je pense que ceci permet de contourner les règles de COS).

La maison vaut la visite et est très impressionnante si l’on s’intéresse à l’architecture d’intérieur. On entre par un pas carré qui se prolonge en escalier plus étroit et on est saisi à cet endroit par les 8 m de hauteur jusqu’au toit. C’est comme si on tranchait la maison en deux. A gauche de ce vide, c’est l’ancienne grange, à droite, c’est la maison moderne.

Tout est recouvert de bois de couleur vive, presque orangée, ce qui est très chaleureux, et il y a sur le sol du pas carré un impressionnant motif de marqueterie en bois teint qui représente les armoiries de la Savoie. Les chambres sont extrêmement soignées, avec des harmonies de couleurs tranchées.

La chambre que la dame donne aux jeunes couples est blanche et noire avec un baldaquin rond en tissu assorti – heureusement qu’elle m’a donné celle dans des harmonies jaune-orangé plus à mon goût. J’ai simplement critiqué le tableau représentant un vase dans les tons rose parce que cela jure avec la tapisserie. Je l’ai dit avec diplomatie à la dame au dîner, laquelle s’est tournée vers son mari d’un air triomphant car ce tableau est un héritage de la belle-mère de Madame auquel elle ne tient pas particulièrement !

La salle à manger n’est pas en reste avec les chambres ou le couloir. Elle est entièrement en boiseries arrangées avec art avec des grandes poutres apparentes, il y a une cheminée d’un dessin original et un bar qui sépare de la cuisine. Comme le bar abrite les plaques de cuisson, il est surmonté d’une hotte volumineuse cachée par des poutres qui rappellent habilement un puits d’autrefois.

La cuisine est unique et remarquable, les tiroirs sont encastrés dans un bâti invisible caché par du crépi. On a l’impression que les tiroirs sont creusés dans la pierre et ils sont tous de format ou de disposition différents. C’est une vraie œuvre d’art. Je me suis extasié sur la qualité de la conception, l’originalité des volumes et la beauté des finitions, ce qui m’a valu un dîner très agréable.

En effet, le monsieur est ébéniste de profession. Plus exactement, il était technicien en installation de barrages hydro-électriques, mais on ne construit plus beaucoup de barrages en France de nos jours et il a changé de métier. Il est souvent obligé d’accepter des travaux de menuiserie car il n’y a finalement pas tellement de gens qui ont besoin d’un ébéniste spécialisé.

Mais il a mis à profit son expérience pour construire presque la maison de ses rêves. Il continue d’ailleurs: le matin de mon départ, il construisait un garage à motos avec de gigantesques porte-à-faux en bois superbes. C’était amusant d’apprendre par ailleurs que la famille de Madame est originaire de la vallée de la Moselle.

La dame m’a servi une petite salade rafraîchissante puis du filet mignon de porc avec des haricots verts. J’ai bien apprécié les haricots, nouveauté pour ce voyage. Elle a servi des crozets avec, comme deux jours avant, mais ils étaient cette fois passés au gratin et c’était donc intéressant de goûter la préparation classique pour touristes après avoir goûté la préparation classique régionale (crème mais pas fromage en plus).

Un morceau de tomme fruitière comme fromage de Savoie classique puis un intéressant gâteau aux noix très léger car fait avec des blancs d’œufs. Le tout est appétissant, mais le prix du repas me semble un peu trop élevé -il faut peut-être comparer aux restaurants de la région pour se faire une idée. La chambre aussi est un peu plus chère que les autres de cette année, mais c’est justifié car la maison est vraiment belle et intéressante.

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