Etape 6: Monts d’Arrée

(Vous lisez la description d’un voyage cyclotouriste en Bretagne en juin 2000. Veuillez excuser la mauvaise qualité des illustrations qui sont des photos numériques des originaux argentiques.)

Vendredi 16 juin 101 km

Très beau et très chaud, vent violent de sud-est

Brennilis – Brasparts – Le Faou – Argol – Corniche du Ménez Hom – Saint Côme – Lestrévet – Sainte Anne la Palud – Locronan – Quimper par D63

Paysage des Monts d'Arrée

Une étape pas plus longue que les autres, mais sportive avec le temps que j’ai eu. Heureusement, le petit déjeuner fait la fierté de l’aubergiste, avec du far et du gâteau breton en plus du pain grillé. Malheureusement, comme partout en Bretagne, impossible d’avoir de la confiture maison comme on en a si facilement dans le sud; probablement parce que peu de fruits à confiture poussent dans la région. Les Bretons mettent du beurre salé à la place, ce n’est pas mauvais même si j’aurais peur de grossir un peu à force; les mauvaises langues diront que la cuisine à la crème de Normandie n’est pas beaucoup plus amincissante…

Il faisait un temps magnifique et j’ai donc bien profité de mon trajet à travers les « montagnes », serpentant à travers les bois qui bordent la centrale nucléaire et le grand lac de barrage artificiel, puis montant dans un paysage de landes et de sapinières vers le col au pied de la Montagne Saint Michel reconnaissable à sa crête de rochers et à sa chapelle. J’ai pris deux photos pendant cette montée particulièrement douce, tranquille et pittoresque parce que je voulais absolument avoir une photo de genêts en fleur, symboles de la Bretagne (je n’en ai vu qu’une seule autre fois relativement abondant, sur le talus de la voie rapide près d’Elven – il doit fleurir plus tôt sur les terrains plus riches et plus doux en bord de mer).

Environs du Roc Trévézel

Elles montrent à peu près le même paysage, le lac et au fond le Roc Trévézel, le point culminant de la Bretagne à 384 m.  Le nom est breton, comme d’ailleurs le Tuchenn Gador, transcrit par des géographes pas très sérieux en Signal de Toussaines, ce qui ne veut strictement rien dire. Il y a un cas semblable en Lorraine avec Sarreguemines, transcription sans sens particulier de Saargemünd.

Je ne suis pas monté sur les sommets, même si le détour n’est pas considérable, parce qu’il faisait trop brumeux pour voir vraiment loin alors que c’est le principal intérêt de ce genre d’ascension.  Je me suis déjà fait avoir au Col d’Aubisque et au Mont Aigoual, ça suffit. La descente depuis mon col sur le petit village de Brasparts était merveilleuse, une des plus longues de Bretagne avec 8 km de longueur et une belle vue sur le bassin de l’Aulne.

Enclos paroissial de Brasparts

A Brasparts, je me suis arrêté pour admirer l’enclos paroissial, un peu imprévu puisqu’il est peu connu. Il est certes mentionné sur la carte Michelin, mais pas comme particulièrement intéressant (je n’ai jamais d’ailleurs très bien compris la différence entre les deux façons différentes de mentionner les églises intéressantes sur la carte, je ne partage pas toujours l’opinion du cartographe sur l’intérêt relatif des édifices – remarque de 2011: je pense que la seule différence est en fait la lisibilité de la carte et non l’intérêt supposé de l’édifice).

La photo est prise avec une perspective un peu étrange pour montrer autant de choses que possible: le clocher ajouré bien sûr, mais aussi le grand ossuaire à gauche avec ses lions sculptés sur le pignon, le calvaire ici relativement simple et le portail de l’église. Rien de très extraordinaire peut-être, mais typique de la région et harmonieux. La tourelle annexe près du clocher me laisse un peu rêveur, je ne sais pas à quoi elle correspond.

Catafalque dans l'église de Brasparts

Ce qui vaut cependant vraiment la peine, c’est le mobilier de l’église. Outre quelques statues de saints plutôt naïves, il y a un catafalque stupéfiant qui montre que la fascination pour les squelettes n’est pas une spécialité du baroque danubien. Les tibias croisés et les crânes forment une frise soignée se détachant bien en blanc du bois peint en noir. Le baldaquin porte des drapés à la Versailles sans parler des fausses flammes, des clochettes avec leurs battants, des chapiteaux corinthiens et des faux peintes en rouge et en jaune sur le fronton. Avec en plus le rideau fuchsia du confessionnal en arrière-plan, la chose est saisissante. Je ne sais pas si cela sert encore de temps en temps, mais c’est certainement le plus beau catafalque que j’ai vu dans mes voyages.

Après cette visite culturelle dont l’intérêt était renforcé par une fontaine publique sur le mur de la poste, je suis reparti vers la mer. Ceci implique de traverser un certain nombre de vallons assez encaissés puisqu’ils se dirigent malheureusement nord-sud et me coupaient donc la route et j’ai fini par en avoir assez de franchir des raidillons, surtout que le dernier, après Kervezé, était long dans une chaleur rendue étouffante par l’absence momentanée de vent (on ne le sent pas quand on monte lentement avec le vent dans le dos).

Panorama à Vieux Bourg de Quimerch

Je me suis donc arrêté très volontiers en haut de la montée au hameau de Quimerch, où l’on peut visiter une église en ruines. C’est un endroit intéressant: comme toujours en Bretagne, le village de Quimerch était au sommet d’une crête, mais il s’est mis à péricliter quand un nouveau village s’est formé autour de la gare qui est à 4 km.

Chose rarissime, le village tout entier a été dissous et recréé à son nouvel emplacement, le maréchal de Mac-Mahon, président de la république à l’époque, devant émettre un décret spécial pour cela. Après la mairie et le cimetière, l’église aussi a été déménagée, ce qui semble demander une série de cérémonies liturgiques comme le transfert des cloches et la déconsécration de l’ancienne église.

Il ne reste à « Vieux Bourg de Quimerch », le nom actuel, que deux fermes, un ossuaire reconstruit par des bénévoles dans un style un peu trop léché et quelques ruines de l’église. La photo est prise du parvis, l’ancien enclos paroissial, et montre un magnifique if vieux de 300 ans visiblement formé par les vents d’ouest. En arrière-plan, on devine les lointains brumeux de la vallée de l’Aulne qui coule plus de 200 m plus bas. La lumière est en partie due au contre-jour, mais correspond effectivement à la chaleur étouffante ce jour là, 32 degrés à Quimper.

Après une longue pause à l’ombre de l’if, je suis reparti vers le nouveau village où une table d’orientation donne l’illusion de se trouver à une altitude vertigineuse, mais d’où l’on voit principalement les pentes vertes de la forêt du Cranou, le clocher de la célèbrissime chapelle de pardon de Notre Dame de Rumengol et dans la brume les estuaires de l’Aulne et de l’Elorn qui forment ensemble la baie de Brest.

Façades en ardoise au Faou

Il reste encore 5 km de descente pour atteindre le petit bourg de Le Faou où j’étais passé en 1992 lors d’une excursion depuis Brest, mais où je n’avais pas eu le temps de m’arrêter. Le village est surtout connu pour son petit port mais j’ai plus encore apprécié les maisons très particulières de la rue principale avec leurs pignons sur la rue et leurs façades couvertes d’ardoises pour se protéger probablement des tempêtes d’hiver.

La photo est bien réussie grâce à un effet de couleurs, les enseignes rouges de l’épicerie étant juste assez nombreuses pour faire un contraste. Je m’y étais arrêté une minute avant pour acheter des fruits et j’ai été très surpris en prenant ma photo d’entendre le rouleau métallique descendre, je pensais que le marchand restait ouvert à midi. En tous cas, j’avais eu de la chance, les cerises ont été très bonnes.

J’ai eu beaucoup de peine à trouver une fontaine dans le village, il a fallu finalement demander au café sur la place principale, qui s’est évidemment fait prier puisqu’il aurait préféré que je prenne une consommation chez lui plutôt que de remplir ma gourde (Remarque de 2011: je sais maintenant que l’on trouve presque toujours de l’eau potable au cimetière).

Estuaire de l'Aulne à Landevennec

Après Le Faou, le choix est assez limité pour rejoindre Quimper, soit on passe par les collines de l’intérieur et le pont de Châteaulin, mais ce n’est pas très pittoresque et j’aurais eu peu de vent pour me rafraîchir, soit on passe le pont suspendu de Térénez qui traverse l’estuaire. Malheureusement, ce pont sert aussi de principal accès à la presqu’île de Crozon et la route est donc très passante et plus adaptée aux voitures qu’aux vélos, lignes droites, pentes raides, peu d’ombre.

C’est un moment désagréable et même la vue du village de Landévennec de l’autre côté de l’embouchure de l’Aulne n’est pas passionnante comme on peut le voir sur la photo. Landévennec est plus connue pour son abbaye reconstruite après le siège de Brest en 1945, elle sert essentiellement de centre culturel et contient un petit musée, c’est donc un simple témoin moderne d’un des hauts lieux monastiques du Moyen Âge breton.

Entre Landévennec et le pont suspendu, on remonte quelques kilomètres la vallée de l’Aulne, ici très encaissée entre des rives boisées, un peu comme dans les gorges de la Sarre mais en nettement plus large. Un fond de méandre sert à la Marine Nationale à entreposer des navires mis au rebut et laissés à rouiller, un deuxième méandre abrite un joli moulin à marée.

Malheureusement, la montée raide en pleine chaleur, coupée au milieu par le passage d’un pont où soufflait un vent transversal à me faire tomber du vélo (je ne mens pas, je me suis rattrapé à la rambarde), n’avait rien d’agréable. Curieusement, l’effort est bien mal récompensé, on atteint guère plus de 100 m d’altitude, ce qui tendrait à montrer que la chaleur ne m’encourage pas dans mes prouesses sportives.

Arrivé enfin en haut de la côte, j’ai renoncé à prendre la petite route prévue à l’origine parce qu’il y avait trop de côtes et j’ai préféré passer par Argol (mes parents se souviennent sûrement de la cassette de Colargol, le nounours préféré de ma sœur en Norvège, dont la chanson-titre a un air si marquant que je m’en souviens encore vingt ans après; j’avais composé deux chansons sur l’air en question, un présage passé à l’époque inaperçu -y compris de moi-même- de ma créativité littéraire dès l’âge de 12 ans).

Arc de triomphe d'Argol

Argol n’a rien à voir avec Colargol, j’y suis passé un peu aussi à cause d’un panneau publicitaire ventant un arc de triomphe, ce qui montre que ces panneaux ont parfois du bon. La photo montre de quoi il s’agit, un amoncellement impressionnant de clochetons à l’entrée du cimetière que j’ai été très content de visiter finalement, n’en ayant pas vu nulle part ailleurs pendant ce voyage. On remarquera aussi à gauche et à droite les plaques de pierre barrant les marches; ce n’est pas pour empêcher le passage, bien au contraire puisque le portail central lui était normalement barré autrefois, c’est pour empêcher le bétail de se promener dans le cimetière. On voit la même chose souvent en Irlande.

La photo montre accessoirement quelques panneaux bilingues; mais il faut avouer que seuls les panneaux des administrations sont bilingues, les panneaux privés sont toujours en français uniquement. Les gens parlent breton dans certaines régions entre eux, mais passent automatiquement au français dès qu’un inconnu s’approche, un peu comme certains Luxembourgeois.

Après Argol, je suis monté vers le Menez Hom, un sommet d’autant plus imposant qu’il s’élève immédiatement en bordure de mer. Il dépasse 300 m et il a la forme d’un grand volcan-bouclier, ce qui fait que le paysage rappelle légèrement le Velay, en moins haut forcément. La route de corniche en particulier s’élève dans des landes nues, dominant de très haut les petits hameaux du bord de mer, et le vent qui m’était maintenant contraire rendait l’ascension aussi dure que celle du Mont Gerbier de Jonc dont les pentes ressemblent un peu.

Je n’ai pas eu le courage de monter toute la côte, je commençais à avoir faim et j’ai pris un chemin creux qui descendait sur le versant nord-est sur quelques centaines de mètres afin de pouvoir me reposer à l’ombre. En effet, le versant sud-ouest est pratiquement dépourvu d’arbres à cause du vent dominant. C’était d’ailleurs une pause très agréable, même si il fallait faire attention pour éviter ajoncs et chardons en s’asseyant. C’est le seul endroit où les ajoncs m’ont gêné.

Je suis reparti ensuite, reposé et ne souffrant pas trop de la chaleur du fait du vent violent qui soufflait justement à ma rencontre, mais j’ai quand même renoncé à monter au sommet de la montagne, un peu à cause de l’heure, un peu aussi à cause des deux chevrons menaçants de la carte qui indiquent une côte raide.

Vue depuis les pentes du Ménez Hom

La photo prise un peu en-dessous vers la baie de Douarnenez montre aussi que la vue était trop brumeuse pour que l’ascension se justifie. Les mauvaises langues remarqueront d’ailleurs que j’ai été paresseux pendant ce voyage, renonçant aux deux sommets près desquels je passais alors que j’avais tenu à monter au Mont Aigoual, au Puy Mary ou au Grand Ballon d’Alsace lors d’autres voyages.

Je n’ai pas vraiment profité de la longue descente de la corniche du Ménez Hom au bord de mer, la route étant raide et mal revêtue, mais je voulais passer par cette petite route à cause d’une ou deux petites chapelles et les descentes rapides sont de toute façon trop dangereuses quand le vent est vraiment violent. Finalement, j’ai laissé de côté la chapelle de Saint Nic et je suis passé devant la chapelle de Saint Côme, dans un vallon charmant mais sinon sans grand intérêt après Carnoët ou Brasparts. Je pensais l’avoir prise en photo, mais c’était à la fin du rouleau et elle a donc disparu…

Juste après, je suis passé le long d’une jolie plage déserte, la Lieue de Grève, où il y avait une série de camping-cars mais sinon pas grand monde. Le site est sauvage avec un marais et des collines vertes non bâties en arrière, mais il faut faire attention que la mer se retire à marée basse, comme d’ailleurs dans toute la baie de Douarnenez.

Les villages sont en retrait de la mer sur les caps à cause des tempêtes; ceci a d’ailleurs la conséquence fâcheuse qu’il faut monter des raidillons à chaque hameau. La carte m’ayant prévenu, je n’ai même pas essayé de me fâcher et j’ai poussé le vélo dans les deux raidillons vraiment durs, à Lestrevet et à Ploéven. Même comme ça, le trajet était aussi fatigant que de monter un col à cause du vent debout.

Je n’ai pu y échapper qu’un court moment en faisant le détour vers Saint Anne la Palud, un célèbrissime lieu de pardon où l’on a construit au siècle dernier une église gigantesque comparée aux deux fermes du hameau. L’église est sans grand intérêt, mais je n’ai évidemment pas manqué d’y faire une prière, puisque c’est un lieu aussi célèbre.

Après quelques hésitations, j’ai décidé de rejoindre Locronan par le village de Plonévez Porzay pour éviter la nationale, ce qui n’était pas une mauvaise idée parce que la grande côte pour monter à Locronan est abritée du vent du sud par cette route. La circulation est très savante autour du village avec un système de sens interdits, de zones piétonnes et de parkings payants (chers). Je me suis donc douté que c’est un endroit envahi de touristes en saison. Cette fois, à 17h en semaine, c’était agréablement tranquille.

Locronan sans les touristes

Je suis entré hardiment dans le village puisque je ne gêne pratiquement pas en vélo comparé à une voiture et je suis allé jusqu’à la place centrale qui est le seul endroit vraiment intéressant. On y trouve plusieurs crêperies, des magasins de souvenirs, des vendeurs d’artisanat dit local mais aussi deux églises, une vraie et une chapelle votive consacrée à Saint Ronan. Je n’ai pas pu entrer dans les églises, ce qui est dommage d’après les commentaires des guides, et les façades gothiques sont jolies sans plus.

Par contre, trouvant un banc en pierre, j’ai mangé quelques fruits en regardant les très belles maisons de pierre qui font tout le charme de l’endroit. Locronan est considéré comme l’un des plus beaux villages de Bretagne, c’est vrai, mais en tenant compte du fait que c’est un village sans les maisons à colombages qui sont tout aussi typiques. Disons que c’est un cadre qui plaît de prime abord parce qu’aucune maison ne défigure la place.

Après Locronan, il était temps d’aller à Quimper où j’avais réservé à l’auberge de jeunesse. Il faut malheureusement emprunter quelques kilomètres la nationale, pas très raide et assez large mais trop bien tracée, ce qui fait que les voitures y roulent à tombeau ouvert. La seule alternative est une très forte côte passant par la Montagne de Locronan, un sommet à 289 m d’altitude, ce qui ne me tentait aucunement en fin de journée et contre le vent.

J’ai quand même trouvé un moyen de quitter la nationale après six kilomètres et une dernière montée pour une route tortueuse qui doit être l’ancienne route et qui descend pendant 10 kilomètres un vallon boisé et encaissé. Il ne faisait pas trop chaud grâce aux arbres et le vent était moins sensible dans le vallon, ce qui fait que j’ai beaucoup apprécié cette longue descente. Le vallon se termine dans la banlieue de Quimper et permet d’accéder presque en plein centre sans trop de circulation, ce qui est très appréciable.

Malheureusement, j’ai eu énormément de peine à trouver l’auberge de jeunesse qui n’est indiquée nulle part. J’avais l’adresse mais l’office de tourisme était déjà fermé et il n’y a pas un seul plan de la ville nulle part (un défaut fréquent en Bretagne). En désespoir de cause, j’ai été obligé de prendre une grande avenue extrêmement fréquentée avec beaucoup de bus, et d’aller jusqu’à la gare ferroviaire, à l’autre bout de la ville. Là, heureusement, il y a un plan, visiblement le seul de la ville, et j’ai découvert que l’auberge est près du port, c’est-à-dire presque à l’endroit où le vallon m’avait fait arriver. J’aurais donc pu éviter tout le trajet à travers la ville aller et retour par la grande avenue…

L’auberge est un petit bâtiment d’apparence un peu fatiguée mais très propre à l’intérieur et il n’y avait pratiquement personne, chose surprenante mi-juin et visiblement due aux rumeurs alarmistes lancées par la télévision étrangère sur la marée noire de l’Erika. On m’a dit partout que c’était la pire année depuis bien longtemps. La jeune fille qui tient la réception de l’auberge a bien voulu aussi me donner l’adresse de sa crêperie favorite, ce qui m’a donné une adresse utile puisque je voulais profiter de la soirée de toute façon pour visiter la ville.

Quai de l'Odet à Quimper

Je n’étais jamais venu à Quimper et j’ai donc découvert avec intérêt que la ville est serrée le long de la vallée encaissée de l’Odet, avec des rues en pente forte dès qu’on s’éloigne de la rivière. Le bord de la rivière est soigné au début, avec au niveau du port une promenade de platanes, mais c’est ensuite un parking très grand et assez laid (c’est le seul endroit qu’on a trouvé pour le mettre faute de terrains plats) et ça se prolonge par l’avenue très passante de la gare, ce qui fait que la promenade au bord de la rivière, malgré les fleurs et les arbres, est très bruyante et très enfumée, un peu comme le long du Canal du Midi à Toulouse. La photo est prise au niveau du parking, avec au fond les flèches de la cathédrale.

La crêperie conseillée par la jeune fille (et d’ailleurs aussi par le guide du Routard) est en haut de la vieille ville, ce qui m’a permis d’admirer les vieilles maisons en cours de route. Je suis aussi passé devant la cathédrale mais sans pouvoir la visiter à une heure aussi tardive. De dehors, elle a l’air très gothique, peut-être un peu comme Saint Ouen de Rouen.

La crêperie se trouve dans une vieille maison et a été très bien aménagée dans le style rustique, avec plafond de bois artisanal. C’est assez petit et il n’y a que deux personnes pour le service, ce qui fait qu’il faut normalement réserver, mais j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il faisait très beau et que beaucoup de gens préféraient donc les terrasses en plein air.

Vieille ville de Quimper

Les galettes sont bonnes, on aime bien à Quimper les galettes aux champignons à la crème, ce qui me semble être une innovation récente. C’est une garniture très banale en Allemagne et cela ne m’a donc pas fait grand effet mais les guides ne tarissent pas d’éloge sur cette recette. J’ai mieux aimé la galette andouille-tomate. Le cidre était bon aussi (j’en ai bu un litre entier, tant j’aime ça et tant j’avais soif), mais c’est surtout le dessert qui est remarquable et qui vaut à lui seul une excursion à Quimper, une galette de pomme rapée caramélisée. Très original pour moi, même si il paraît que c’est une recette ancienne de la région.

Comme j’avais des problèmes d’équilibre après mon litre de cidre, j’ai pris le temps de marcher un bon moment dans les rues pour admirer les maisons avant de reprendre le long chemin le long de la rivière jusqu’à l’auberge (environ 40 minutes, rien d’inhabituel pour les auberges de jeunesse).

Les maisons à colombages sont moins nombreuses qu’à Dinan, cela tient plutôt de Ploërmel, et il n’y a qu’une seule rue où elles forment un ensemble derrière la préfecture. Quant à la célèbre rue Keréon, la principale rue piétonne, elle vaut surtout par la perspective sur la cathédrale et par une grosse maison avec une façade couverte d’ardoises que j’ai prise deux fois en photo, une fois de loin et une de près pour les colombages.

Maison rue Kéréon à Quimper

D’ailleurs, j’ai découvert à ce moment-là que je pouvais aussi revenir à l’auberge par des petites rues un peu pentues mais permettant un autre trajet. On passe ainsi près d’un ancien moulin et sur un torrent qui coule entre les maisons de façon charmante. On passe aussi devant un bloc d’immeubles de 1950 (style Saint Dié), ce qui permet de mieux apprécier a posteriori les maisons anciennes même banales.

Revenu à l’auberge, il était assez tard pour que je me couche, j’avais finalement très bien rempli ma soirée gastronomique et culturelle en ville. Malheureusement, il n’y avait personne à qui faire la conversation, un des défauts de voyager une année quand les touristes sont absents. D’un autre côté, voir Locronan sans les flots d’autocars est sùrement un plaisir rare en été…

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