Etape 13: Presqu’île de Rhuys

(Vous lisez la description d’un voyage cyclotouriste en Bretagne en juin 2000. Veuillez excuser la mauvaise qualité des illustrations qui sont des photos numériques des originaux argentiques.)

Vendredi 23 juin 87 km

Eclaircies à la côte, sinon frais et très couvert, fort vent de nord-ouest

Séné – Le Hézo – Sarzeau – Brillac – Le Net – Port Navalo – Kerfontaine – Suscinio – Le Tour du Parc – Surzur – Theix – Séné

Une journée finalement assez longue et sportive, en particulier parce que je ne pouvais pas éviter de rouler contre le vent une partie du trajet, justement à la fin quand j’étais fatigué. Mais la longueur tient aussi au fait que je suis parti assez tard, après avoir hésité longtemps à cause du temps couvert.

Je n’ai pas du tout apprécié le début du trajet: entre Séné et Le Poulfanc, la route est extrêmement fréquentée, étroite et sans bas-côtés, je l’ai trouvée très dangereuse. Ensuite, jusqu’à la voie rapide, la route est beaucoup plus large, mais les voitures roulent très vite et les deux côtes sont assez sensibles dans ce sens. Malheureusement, il n’y a pas vraiment de moyen d’éviter ce trajet; après l’échangeur de la voie rapide, par contre, on peut utiliser l’ancienne nationale, qui est mal revêtue mais sinon nettement plus tranquille.

Remarque importante de 2011: des efforts considérables ont été entrepris depuis et on peut maintenant éviter toute la section le long de la nationale par une ancienne ligne de chemin de fer transformée en voie verte – le revêtement est un peu sablonneux mais utilisable avec un vélo de tourisme même si je suis moins certain avec un vélo de course.

En ce qui concerne la presqu’île de Rhuys, il y a suffisamment de petites routes tranquilles desservant les hameaux car c’est une région d’habitation finalement très dense, avec rarement plus de trois cents mètres entre deux bungalows. Je n’ai été obligé de longer la nationale que sur un kilomètre avant Noyalo. Ensuite, en traversant le village qui est d’ailleurs au bord d’un étang mignon, on reste parallèle à la grand-route, mais sans devoir y rouler.

Je suis ainsi passé au Hézo, un hameau qui ne m’a pas fait grande impression, puis j’ai traversé Saint Armel. J’y ai trouvé des pancartes pas très claires désignant une piste cyclable, je me suis perdu en essayant de les suivre et j’ai donc fini par en revenir à une route figurant sur la carte. J’ai ainsi trouvé entre Lasne et Saint Colombier une digue et un ancien moulin à marée qui m’ont permis de m’asseoir pour une petite pause. Une voiture belge s’est arrêtée peu après et les gens sont allés marcher au bord du golfe, il y a effectivement un accès au sentier côtier. Il faisait froid à cause du vent et je ne suis pas resté très longtemps.

Golfe du Morbihan près de Sarzeau

Je suis passé à Sarzeau mais sans m’y attarder; comme tous les villages bretons, il est au sommet d’une colline et on a même un peu de vue avant d’y arriver. On a aussi une bonne descente ensuite vers Fournevay. C’est provisoire, la route qui dessert les hameaux monte et descend ensuite plusieurs fois en tournicotant entre les maisons; en voiture, ce doit être assez énervant. A un endroit, j’ai même pris une photo, ce doit être l’anse de Kerassel, une vue typique du golfe, malheureusement un peu sombre. A un autre endroit, il y a une jetée avec quelques barques, tout ça est paisible, agréable bien que peu nouveau pour moi.

La nouveauté, c’est que la commune de Sarzeau, qui couvre toute la presqu’île, a construit une piste cyclable bien marquée entre le hameau du Net et Port Navalo. Elle n’est pas goudronnée mais le sol est bien tassé et on roule sans trop de difficultés. Cela permet d’éviter un passage de nationale qui serait inévitable sinon, et il semble que ce soit l’emprise d’un ancien chemin de fer si on juge d’après la largeur du chemin et le type de courbes.

C’est curieux, j’ignorais tout à fait qu’il y avait eu un chemin de fer ici autrefois. Il passe juste au pied du tumulus d’Arzon, ce qui est très bien parce que l’un des plus jolis endroits de la presqu’île avec la colline au milieu d’un grand champ de fougères. Malheureusement, j’ai ignoré par distraction l’église d’Arzon que la carte dit intéressante, je voulais arriver à Port Navalo et je commençais à avoir faim.

Je ne me souvenais pas du tout de Port Navalo, je pense que les gens y vont peu volontiers à cause des encombrements puisqu’il y a très peu de places de parking. Hors saison, c’est nettement plus facile même si c’est un des endroits vraiment animés que j’ai visités. Le port de pêche, côté golfe, est animé, en particulier à cause des vedettes du golfe venant de Vannes ou d’Auray. Malheureusement, elles ne semblent pas prendre les vélos; sinon, ce serait amusant de revenir par Locmariaquer et Auray. (remarque de 2012: je trouve effectivement que l’absence d’un bac pour piétons et vélos entre Port-Navalo et Locmariaquer est l’un des principaux manques dans l’équipement touristique de la région et ceci n’a pas changé en dix ans)

Courant à l'entrée du golfe du Morbihan entre Port-Navalo et Locmariaquer

Il y a une très belle promenade au pied du phare le long de la pointe, dominant l’embouchure du golfe. Je me suis assis sur un banc, profitant du soleil qui était enfin sorti, et j’ai pique-niqué en regardant le courant impressionnant. J’ai essayé de prendre quelques photos mais je n’ai pas l’expérience des voiliers et j’ai trouvé les cadrages difficiles. La première photo montre le courant et rien d’autre, la côte plate au fond est la Pointe de Kerpenhir, côté Locmariaquer. Très loin à l’horizon, on devinait sur place les maisons blanches de Carnac et plus à gauche la presqu’île de Quiberon.

La deuxième photo est clairement une photo de voilier, mais je m’y suis pris trop tard, il longeait de trop près les rochers pour que je fasse une photo réussie. Le marin était seul, on sentait en le voyant qu’il connaissait bien le passage, il n’a eu aucun problème à entrer dans le golfe contre la marée descendante. L’autre photo est malheureusement floue, elle aurait montré sinon outre le voilier suisse les formes lointaines de Houat et de Belle-Île, le temps s’étant levé momentanément. J’ai vu pas mal d’autres voiliers entrer dans le golfe ou en sortir, certains avec le moteur, d’autres pas. J’ai même vu un petit cargo entrer, ce qui ne doit pas arriver très souvent.

Voilier devant la pointe de Kerpenhir

Après une pause vivante et bien agréable, je suis allé voir la plage, qui est petite mais jolie, avec des petites falaises de chaque côté. Quelqu’un se baignait mais je n’avais pas vraiment envie, les vagues étaient toutes petites. Esthétiquement, cependant, j’aime mieux cette plage que celles de Suscinio, un peu monotone, ou de Moustérian, un peu vaseuse quand on s’éloigne de la rive.

Je suis passé ensuite au Port du Crouesty, un port artificiel gigantesque et tout neuf mais déjà bondé; d’après un article de journal lu peu après, les ports de plaisance bretons sont engorgés par les voiliers des Parisiens et il devient difficile de créer de nouveaux ports sans entreprendre des travaux lourds dans les estuaires, chose refusée par les écologistes de plus en plus influents dans la région.

Au Crouesty, la concentration de bateaux a déjà dépassé le stade animé de La Trinité, c’est déjà l’entassement. Les immeubles autour du port sont propres mais sentent tellement l’architecture des villages de vacances qu’ils en deviennent très anonymes. On construit la même chose à Gruissan-Plage, à Lacanau-Océan ou au Crouesty.

Après ce passage déprimant, mais utile parce que je cherchais une toilette (en pleine campagne, on est moins gêné, mais dans une zone aussi urbanisée…), j’ai continué vers Saint Gildas de Rhuys par une route gigantesque mais déserte. Le vieux village est très modeste mais il y a une grande basilique.

Ancienne abbatiale de Saint-Gildas-de-Rhuys

L’extérieur est un peu disgracieux parce que c’était autrefois l’abbatiale d’un couvent qui a été en partie rasé et en partie transformé, le résultat étant bizarre; l’intérieur par contre m’a bien plu, c’est une très belle église romane comme j’en ai vues peu en Bretagne, avec même quelques chapiteaux relativement simples. Ce qui est vraiment beau, c’est la rangée d’arcades en plein centre du choeur; la rangée aveugle au-dessus, qui sert à soutenir la demi-coupole, est un détail extrêmement rare que je n’ai pas vu dans les autres grandes régions romanes de France que je connais, l’Auvergne, la Saintonge, la Provence et l’Alsace.

Après une visite approfondie, j’ai eu une pensée pour l’amie de mes parents qui a une maison à proximité et où mon frère avait passé un séjour chez un copain (curieusement, je m’en souviens mieux que des autres copains de mon frère, sûrement parce qu’il habitait l’étage en dessous à Bougival et qu’il était donc souvent chez nous). Ceci mis à part, les différents hameaux ne sont pas très intéressants et on ne peut pas éviter l’une ou l’autre côte.

J’avais espéré longer la plage du Roaliguen, le dernier hameau, jusqu’à Suscinio, mais cela représente plusieurs kilomètres et il n’y a qu’un chemin de randonnée dans le sable, je ne pouvais donc pas le prendre en vélo. J’ai pris un sentier dans la forêt à la place mais cela m’a finalement amené pratiquement à Sarzeau quand même comme si j’avais pris la route.

J’y ai retrouvé la piste cyclable, ici guère plus qu’un genre de circuit cyclotouriste utilisant les routes de fermes; c’est plus ou moins un circuit autour de la commune, il faudrait que Sarzeau se mette d’accord avec Noyalo et Séné pour faire un lien jusqu’à Vannes. (Remarque de 2011: le lien existe maintenant effectivement en grande partie).

Quand j’ai atteint la route de Suscinio, je l’ai prise, mais sans aller jusqu’à la plage parce qu’il faisait de nouveau très gris. Je me suis contenté de regarder le château fort de l’extérieur, il fait un peu léché maintenant qu’il a été presque entièrement reconstitué. J’aurais voulu le prendre en photo avec l’étendue d’eau des marais en premier plan, mais ce n’est pas possible et une autre photo n’aurait pas donné grand chose.

A la place, je me suis donc assis dans l’herbe tout à fait au bout du gigantesque parking et j’ai mangé des fruits en regardant la forteresse de loin. C’était un bon endroit pour une pause, à l’abri du vent, et j’étais tranquille, relativement loin des touristes qui m’auraient peut-être regardé comme un chien savant.

Après la pause, il était temps de rentrer à Séné, mais je ne voulais pas reprendre la route de l’aller et j’en ai profité pour passer à Le Tour du Parc (curieusement, pas LA Tour du Parc !), un village au fond de la rade de Pénerf. C’est une baie plus ouverte que le golfe du Morbihan, avec des rives plus plates, mais cela présente un certain charme aussi. La route de Le Tour du Parc à Theix m’a bien plu aussi, avec des passages tortueux entre des haies et à un endroit même un profond vallon qui donne sur le fond de la rivière de Noyalo.

Rond-point à Séné

Après Theix, j’ai retrouvé la route de l’aller jusqu’à Séné, très énervante d’autant plus que j’avais maintenant le vent contre moi. J’ai toutefois trouvé un peu après Le Poulfanc une piste cyclable depuis l’hippodrome de Séné jusqu’au rond-point du bourg, elle est très agréable quand on arrive à la trouver, elle m’avait échappé à l’aller. La dernière photo montre le rond-point à l’entrée de Séné, avec ce bateau assez incongru au milieu des genêts. Je fais attention de prendre les jolis ronds-points pour la collection qu’il faudrait que j’offre un jour à ma mère; c’est elle qui m’a incité à regarder de plus près les efforts des villes dans ce domaine.

Samedi 24 juin

Retour en région parisienne en voiture, une route sans histoire et sans intérêt majeur. Avant de quitter Vannes, cependant, je ne pouvais pas renoncer à me promener un peu dans la vieille ville qui est vraiment une des plus belles de Bretagne. En plus, c’était jour de marché et j’espérais trouver l’un ou l’autre article typique. Toutefois, il a fallu commencer par chercher une place de parking et c’est extrêmement difficile les jours de marché, il m’a fallu vingt minutes de recherche pour tomber tout à fait par hasard sur une place se libérant le long de la Rabine. J’avais déjà presque renoncé. Ma grand-mère m’a dit qu’il n’y a qu’un seul parking souterrain en ville (au Palais des Arts), mais qu’il est généralement plein aussi le samedi matin.

Je suis passé à la Poste puisque j’avais besoin de divers timbres, attendant pas moins de vingt minutes, puis j’ai fait le tour des étals. Superbe choix de fruits et légumes surtout. Ce n’est pas ce que je cherchais et je me suis donc retrouvé finalement dans des magasins classiques, celui de la Trinitaine pour les palets bretons de Crac’h, et la pâtisserie de la rue Saint Vincent avec les délicieux kouign amann (on dit maintenant souvent seulement kouign, sauf dans les régions bretonnantes où les gens savent que kouign veut seulement dire gâteau et ne suffit pas à définir l’article dont il est question ici).

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