Etape 4: Bresse

Mercredi 6 juin

113 km

Belles éclaircies, fortes averses

Noblens – Villereversure – Revonnas – Brou – Saint Rémy – Buellas – Vandeins – Chaveyriat – Chanoz – Illiat – Bey – Cormoranche sur Saône – Crêches – Prissé – Berzé – Col de Bois Clair – Cluny

Dénivelé: 320 m (plus nombreux petits raidillons)

J’ai planifié l’étape en tenant compte des conseils d’un ami allemand qui avait trouvé la traversée de la Bresse monotone. J’ai donc fait attention d’inclure un grand nombre d’églises intéressantes sur le trajet, m’aidant des brochures dont disposait la chambre d’hôtes. Par ailleurs, quand on regarde une carte, on ne se rend pas immédiatement compte que la plaine entre Jura et Saône est de largeur très variable, 150 km au nord, 50 km au sud, et l’idée de passer du bord du Jura au cœur de la Bourgogne en une seule étape continue à me surprendre un peu…

Le petit déjeuner était correct mais pas plus excitant que le dîner de la veille. Le couple parisien n’est pas réapparu, il a été remplacé par un couple dont j’ai oublié l’origine et qui était d’assez mauvaise humeur, passant tout son temps à se plaindre. Je suppose qu’ils font partie des gens qui ont de la peine à être de bonne humeur quand on les oblige à se lever avant onze heures du matin. La dame de Toulouse était là aussi, mais est restée aussi silencieuse que la veille. Au petit déjeuner, le manque de conversation ne me gêne pas tellement, j’ai tendance à être un peu sur les nerfs avant de manger et je pense de toute façon principalement à mon étape et au temps.

Pour atteindre la plaine de Bresse, il me fallait monter une dernière crête de collines, longeant à nouveau le chemin de fer. J’ai beaucoup transpiré alors que la montée était modeste, je suppose que c’était un reste du temps lourd de la veille et je n’ai pas eu le problème par la suite dans la Bresse où il y avait du vent. Ma petite route laissait voir du col toute la plaine avec dans le lointain la ligne bleue du Beaujolais, la plaine paraissait très boisée vue d’en haut (n’exagérons pas, le dénivelé ne dépasse guère 150 m). C’était une petite route bien choisie, qui m’a amené au terrain de golf de Bourg en Bresse et ensuite par une piste cyclable un peu sablonneuse directement à l’église de Brou, mon premier monument de la journée et aussi le premier monument « trois étoiles » du voyage.

Je n’ai pas pu y entrer parce que l’église est maintenant un musée qui se visite avec des conférenciers, le genre d’endroits où un vélo avec des bagages est très difficile à parquer. J’ai quand même bien admiré l’extérieur, en particulier les toits multicolores. Le toit a été refait récemment et les couleurs, inspirées probablement de l’Hôtel Dieu de Beaune où elles sont authentiques, correspondent en fait à l’apparence de la Renaissance et non à celle du XIXème siècle qui préférait l’ardoise.

L’église faisait partie d’un grand couvent fondé par les ducs de Bourgogne comme nécropole, elle abrite en particulier le gisant de Marguerite de Brabant, la fille de Charles Quint, qui régnait sur les Pays-Bas et la Lorraine en plus de la Bourgogne. C’est elle qui a introduit l’art flamand en Bourgogne, influence que j’avais remarquée sans pouvoir l’expliquer. Au demeurant, la Bresse fait partie à l’origine de la Savoie et non de la Bourgogne, mais elle en avait été séparée au XVème siècle, un siècle seulement avant la construction de la nécropole, et c’est une des raisons pour laquelle la duchesse voulait marquer l’appartenance à la Bourgogne.

Façade de l'ancienne abbatiale de Brou

Comme dit, je n’ai pas pu visiter l’intérieur, célèbre aussi pour ses stalles et son jubé; j’ai juste vu le jubé par la porte du guichet, il me fait penser à celui de Saint Germain l’Auxerrois à Paris. J’ai passé plus de temps à examiner la façade, considérée comme l’un des exemples les plus achevés du gothique flamboyant en France. J’irais jusqu’à dire que c’est l’exemple typique de la transition entre arts flamboyant et renaissance. Cela se voit très bien à la forme du portail et à cette étrange arcade en demi-cercle qui le surmonte. J’ai été content de prendre une photo avec un ouvrier travaillant sur les fenêtres en altitude, cela donne une meilleure idée de la hauteur de ces fenêtres, chose que l’on s’imagine toujours assez mal d’en bas du fait de la perspective.

Voyant que je ne pouvais pas visiter, j’ai décidé de continuer et de pique-niquer à la sortie de la ville: Brou est une banlieue de Bourg en Bresse et l’église est en plus au carrefour de deux grandes nationales que je connais d’ailleurs bien pour les avoir empruntées quand je suis allé en voiture de Luxembourg dans le sud. Toutefois, je me suis perdu en suivant une piste cyclable bien tracée mais sans indications et je me suis retrouvé face à une grande église qui avait toutes les chances d’être la cathédrale, en plein centre donc.

Stalles de la cathédrale de Bourg-en-Bresse

Puisque j’étais là, je me suis décidé à la visiter et je n’ai pas regretté, les stalles sont magnifiques. J’en ai vues assez souvent pendant le voyage, même si je n’ai pas vu celles de Brou, mais celles-ci étaient très belles. J’ai pris un détail pour donner une idée du style, j’aimais bien la sculpture de la dame en prière. En tous cas, on voit que c’est du style renaissance, plus encore qu’à Brou.

En ressortant, j’ai essayé de faire des courses, mais on m’a jeté dehors d’une supérette parce que mon vélo était appuyé sur la devanture et j’ai dû me contenter d’une boulangerie. Je suis donc retourné à Brou, où il y a un Intermarché, et j’y ai acheté des fruits. Les cerises étaient très belles et très bon marché, et le gérant qui passait par hasard quand je m’en entretenais avec une vendeuse m’a expliqué qu’elles viennent d’un producteur à quelques kilomètres.

J’ai trouvé la remarque très intéressante, car les supermarchés de Lorraine et du Luxembourg, qui appartiennent à des grandes chaînes, se fournissent à travers des grossistes, n’offrant pratiquement jamais de fruits et légumes de la région. Intermarché n’est pas une chaîne intégrée (c’est un système de franchise), d’où la liberté d’action du gérant. Intéressant.

Ancienne abbatiale de Brou

En sortant du supermarché, je suis retourné à l’église-musée et j’ai trouvé un square à peu près calme derrière le couvent, abrité du soleil par les marronniers et du bruit par les bâtiments conventuels. Vu le nombre de voitures sur la nationale et sur le parking du couvent, j’ai été un peu étonné de ne voir personne passer dans mon square tout le temps que j’y étais; je ne suis pas surpris que les touristes aillent tous voir les mêmes curiosités (après tout, je fais la même chose), mais je suis surpris qu’aucun ne pense à faire le tour de l’église !

Après le pique-nique, je suis parvenu à trouver la bonne route, qui n’est pas indiquée parce que c’est au début un sens unique que je prenais dans le mauvais sens (en roulant sur le trottoir). Après quelques virages dans la banlieue, j’ai été très étonné de voir un raidillon, pensant en regardant la carte et en tenant compte des commentaires d’un ami que la Bresse était plate. Le raidillon était d’ailleurs assez conséquent. Il m’a permis d’arriver au petit village de Saint Rémy, avec la première église prétendument intéressante.

En fait, j’ai compris à partir de là que la mention « église intéressante » ne veut pas dire « haut-lieu artistique et culturel » ! En l’occurrence, il y a un joli médaillon ovale au-dessus du portail, et il y a surtout une très jolie vue plongeante sur la ville de Bourg en Bresse et sur les premières chaînes du Jura en arrière-plan. Je n’ai pas pris de photo parce qu’un gros nuage noir gâchait la lumière.

Le village suivant, Buellas, exige bien sûr de descendre dans un ravin et de remonter une côte. L’église est très différente, plus grosse, mais l’intérêt est là aussi limité, il s’agit en l’occurrence d’une charmante bande d’arcatures le long de l’abside. Je commençais à me dire que j’aurais peut-être mieux fait de prendre une route directe et plate, renoncer à des curiosités aussi modestes ne représentant pas un sacrifice colossal.

Reconstitution archéologique près de Buellas

Je suis tombé dans la vallée suivante sur une curiosité qui m’a fait oublier ma frustration. En fait, je ne sais pas si c’est vraiment une curiosité, il n’y a aucune pancarte ni sur la route ni à l’entrée, et cela donnait plus l’impression d’un chantier. La photo rend parfaitement l’impression, je suis quasiment certain que c’est la reconstitution d’une motte féodale (carolingienne probablement) avec son enclos, le fossé autour de la motte et la tour de guet. Les bâtiments de ferme qui s’y seraient trouvés à l’époque manquent encore. J’ai vu des reconstitutions archéologiques en Irlande, mais pas de la même époque, et c’était donc très intéressant.

Porche de l'église de Vandeins

Le village suivant, Vandeins, a une curiosité officielle, une église en haut d’un raidillon (c’est comme en Bretagne, pas de village sans raidillon). Je me méfiais du temps depuis quelques minutes, mais le nuage a eu la bonté d’attendre que je sois sous le porche avant d’éclater. L’averse magistrale a duré un quart d’heure, juste le temps d’apprécier en toute tranquillité la belle charpente du porche et surtout le magnifique tympan sculpté roman.

On voit très bien la Dernière Cène sur le linteau, et le Christ en majesté dans la mandorle typique du style de Vézelay au-dessus. Les rinceaux autour me surprennent un peu pour un tympan roman, de même que le bandeau avec un texte, mais c’est peut-être parce que le roman est un style très différent selon les régions et que je connais mieux le roman saintongeais, auvergnat, normand ou provençal que le roman savoyard (comme indiqué précédemment, la Bresse était savoyarde à l’époque romane).

Je suis reparti après la fin de l’averse pour le village et le raidillon suivant. Chaveyriat a l’inconvénient d’avoir le raidillon le plus dur de la région, mais l’avantage d’être la seule église du voyage à présenter des fresques gothiques à l’extérieur, sous le porche. Elles sont assez fragmentaires, ce qui fait que je ne me suis pas attardé. Je voulais atteindre la dernière église recommandée par la carte, celle de Chanoz-Châtenay, où j’ai constaté avec surprise que l’église n’avait vraiment aucun intérêt.

En plus, il s’est remis à pleuvoir, cette fois un peu moins fort mais un peu plus longtemps. J’avais prévu de m’arrêter dans la forêt un peu plus tard pour mon deuxième pique-nique, mais la pluie m’a incité à trouver refuge sous les sapins particulièrement touffus d’un gigantesque parking de gravier dont je ne vois guère l’usage. C’était un peu tristounet, surtout avec la vue sur quelques bâtiments publics sans intérêt majeur.

Ferme bressane près de Chanoz

Je ne suis donc resté là que le temps de manger et d’attendre la fin de l’averse, heureusement la dernière de la journée en ce qui me concerne. En quittant Chanoz, j’ai trouvé en bas d’une côte (ou au pied de la suivante, comme on voudra) une très belle propriété typiquement bressane. C’est tellement grand, avec quatre tours, que je pense que c’était une résidence de la petite noblesse. On voit aux nombreuses fissures que le fermier n’a pas les moyens d’entretenir les bâtiments, c’est vraiment dommage car on voit très peu de bâtiments aussi typés de nos jours dans la région: le soubassement en pierres, le haut en briques ou en bardeaux, le toit de tuiles. On devine sur la photo le four à pain dans la cour (je sais que c’en est un parce qu’il y avait le même à Noblens la veille).

J’ai fini par atteindre une petite forêt après, elle aura été la seule de la journée. Cela m’a frappé parce que la France est en soi un pays très boisé, c’est rare que je passe une journée sans voir de bois. L’exception: les côtes de Normandie et de Bretagne, où le bocage remplace les forêts. La Bresse aussi est un pays de bocage, finalement. Après le petit bout de forêt, où le sol marécageux m’aurait d’ailleurs causé des problèmes pour pique-niquer, un raidillon m’a permis d’accéder à l’église d’Illiat, où le choeur est orné de fresques du XIIème siècle restaurées récemment.

Elles ne couvraient qu’un côté et les gens du village ont taquiné les peintres en leur demandant si ils seraient capables de créer une fresque équivalente sur le côté vide. Ils se sont pris au jeu et le résultat est assez convaincant, mais l’administration du patrimoine a été scandalisée. Il a fallu plusieurs pétitions pour qu’elle accepte de laisser les deux fresques, l’ancienne et la nouvelle, face à face. Le problème est qu’on devine difficilement laquelle est moderne si on ne lit pas la documentation abondante mise à disposition par le curé. Je n’ai pas pris de photos parce que je sais que le flash abîme les fresques.

Eglise de Bey

Après Illiat, le raidillon suivant -le dernier, oh bonheur inusité- m’a conduit à la petite église de Bey, particulièrement simple et harmonieuse avec un beau toit en demi-cercle très propre sur l’abside. J’ai pris la photo pour la vue sur les monts du Beaujolais, de l’autre côté de la Saône. Il y a aussi mon vélo dessus, bien que j’évite de le prendre en général pour éviter les moqueries de certains lecteurs qui trouvent que je fais une fixation dessus.

Après une belle descente, je suis arrivé au bord de la Saône. Le fleuve doit être sujet à des inondations, car on franchit un lit de crue avec une forêt luxuriante sur plusieurs kilomètres entre la digue et la rive du fleuve. Comme il faisait enfin très beau, je me suis assis au bord de la rivière, laissant défiler devant moi l’eau des Vosges et du Jura. C’est le plus grand fleuve du voyage et il fait vraiment grand effet malgré le peu de péniches.

La Saône à Cormoranche

J’ai pris la photo pour la lumière intéressante, on voit les nuages se refléter sur l’eau sous forme de nappes verticales de couleur blanche, ce qui laisse deviner la chaleur. En fait, avec le vent, on était très bien, il faisait même assez frais dès que l’on était sous un nuage. La photo montre la rive bourguignonne avec la forme caractéristique de la Roche de Solutré, lieu de pèlerinage mitterrandiste célèbre… et aussi symbole du pays de Lamartine dont la famille avait des propriétés au pied de la montagne.

Le pont est si étroit qu’il est à circulation alternée et que les voitures ne pouvaient pas me doubler. J’ai donc mené un convoi de vingt voitures et camionnettes à petite vitesse, profitant de l’air frais et de la belle vue depuis le pont. J’ai même mesuré la largeur du fleuve avec mon compteur, il fait 240 m de large. Je comparerai à l’occasion avec d’autres grands fleuves ! Sur l’autre rive, j’ai traversé la N6 sans m’attarder et j’ai pris une route petite mais très passante quand même qui longe la ligne du TGV à travers les vignobles. Ce n’est pas très excitant, c’est plat, bruyant et un peu monotone.

Rond-point viticole à Pouilly

Il y a un endroit où je n’ai pas pu résister, c’est le rond-point devant la cave de Pouilly, où l’on vend certains des vins les plus célèbres du Mâconnais (le Beaujolais, qui doit son nom au château de Beaujeu, est un peu plus au sud). Pour ma collection de photos de rond-point, il me fallait absolument ce mini-vignoble avec les verres géants en bronze. J’ai failli me faire écraser en repartant, mais ça valait la peine.

Je me suis retardé bêtement en montant à un petit village vinicole (Loché) dont l’église était supposée avoir un intérêt, mais c’était une erreur de la carte Michelin et je suis reparti finalement déçu. J’ai oublié l’incident assez vite parce que je suis tombé à Prissé sur une piste cyclable qui évite de prendre la nationale. Je savais que cette nationale est assez tranquille du fait de la voie rapide parallèle, mais une piste cyclable est évidemment bien mieux.

Elle n’est pas très bien marquée, et pour cause, car elle est encore en construction: il manquait tout simplement un pont et j’ai été obligé de traverser la petite rivière à gué, en faisant de l’équilibrisme sur des grosses pierres tout en essayant de porter le vélo. Evidemment, j’ai fini par poser la roue arrière (beaucoup plus lourde à cause des bagages) dans la rivière, mais il n’y avait que 20 cm de profondeur et ce n’est pas ce bain forcé de courte durée qui accélèrera sensiblement la rouille.

Berzé le Châtel vu de la vallée

Il y avait aussi un passage non goudronné où j’ai été obligé de pousser, mais le reste était quand même très agréable, c’est en fait l’emprise de l’ancien chemin de fer de Mâcon à Cluny. Du fait de la piste cyclable, je ne me suis pas arrêté à Berzé la Ville, connue pour les fresques de son église (deux étoiles Michelin, même si j’aurais probablement trouvé la porte fermée de toute façon puisqu’il était 18 h 30). Je suis passé au pied de Berzé le Châtel et de son beau château fort , qui est malheureusement flou sur la photo parce que j’ai essayé de le prendre au téléobjectif.

A ma grande surprise, la piste cyclable s’arrête là, et l’emprise du chemin de fer semble conduire à un tunnel. A ma grande déception, il s’est avéré que j’avais mal lu la carte et préféré ignorer qu’il y a un col entre Mâcon et Cluny… Heureusement, le col de Bois Clair n’est qu’à 350 m d’altitude environ et n’est pas très raide. On est même récompensé par des vues superbes sur Berzé, puis sur la vallée jusqu’à la Saône avec loin à l’horizon le Jura. De l’autre côté du col, c’est moins spectaculaire, on voit surtout la voie rapide et la vallée de la Grosne, assez large mais encaissée entre les petites montagnes boisées du Mâconnais.

La descente en soi est super-extra-fabuleuse, une route assez tortueuse, mais très large, pas excessivement raide et en parfait état. Le seul bémol est qu’il y a un stop en bas et qu’il faut donc se contrôler un peu. Je suis moins convaincu dans le sens de la montée, ce serait probablement démotivant à cause du manque de vue.

Une fois en bas dans la vallée, j’étais tout près de Cluny, où j’ai commencé par me perdre longuement. J’ai d’abord mis un bon quart d’heure à trouver un plan de la petite ville, puis vingt minutes à trouver enfin une rue permettant de sortir des remparts dans la bonne direction. Je reconnais que j’ai eu ainsi une visite approfondie de l’ensemble de la ville, mais ce n’est pas la chose la plus agréable quand on a eu une très longue étape et qu’il est déjà 19 h 30.

En compensation, j’ai été très bien accueilli au Centre International de Séjour (un genre d’auberge de jeunesse haut de gamme, mais n’appartenant pas à l’association). L’employée était tout sourire, m’avait réservé une chambre individuelle sans supplément et m’a prêté la clé du local à vélo pour la nuit. J’ai certes eu les plus grandes peines à deviner comment fonctionnait cette fichue serrure (enfoncer un peu, un quart de tour dans un sens, enfoncer plus fort, un tour dans l’autre sens, puis tirer le bouton en poussant la porte !), mais le vélo était très bien, avec une douzaine de vélos de course dont les propriétaires étaient partis dîner en ville.

J’ai pris une douche, scandalisant involontairement une dame parce que je n’avais pas remarqué que le couloir de la douche était mixte et que j’étais donc supposé sortir de la cabine habillé, puis je suis allé à mon tour dîner en ville. Vu la taille de la ville, c’était l’affaire de dix minutes. J’ai examiné les différents restaurants, connaissant leurs emplacement d’après un plan fourni par la réceptionniste charmante (elle ne pouvait pas donner de conseils, n’étant pas de la ville, mais ses documents étaient abondants et détaillés).

Finalement, le premier me paraissant suspectement désert, je suis allé à la Brasserie du Nord. C’était désert au rez-de-chaussée, on nettoyait le sol, mais on m’a dit que le restaurant était ouvert à l’étage. C’est construit comme les brasseries d’autrefois, avec un genre de balcon dominant la salle du bas; il paraît que c’est typique des endroits où les gens dansaient à l’époque où l’on dansait encore au café.

J’ai pris un menu assez modeste, mais j’ai été extrêmement satisfait pour le prix. La salade aux lardons était bonne (ce n’étaient pas des lardons sortant de ces sachets sous vide qu’on trouve dans les supermarchés), la brochette de rumsteak et le gratin dauphinois étaient délicieux et le dessert était divin et en plus copieux, un nougat glacé maison aux amandes. J’ai bu du vin de Mâcon avec le repas, fruité mais moins léger et raffiné quand même que le vin d’Arbois.

Je ne me suis pas ennuyé pendant le repas, il y avait une quinzaine de personnes à une grande table juste devant moi et ils s’amusaient beaucoup. D’après leur comportement, j’ai soupçonné un club de cyclistes, et j’ai d’ailleurs découvert le lendemain qu’ils étaient bien les propriétaires des vélos de course dans le local avec la serrure savante. Ils parlaient un peu fort et j’ai donc pu rire à toutes les plaisanteries. Il y avait autant de femmes que d’hommes et ils semblaient tous être à la retraite, ce qui montre que le sport garde en forme.

Après le repas, j’ai pris le temps de faire le tour de la vieille ville, essayant même sans grand succès de prendre une photo d’une vieille maison à colombages comme on voit peu en Bourgogne. Comme il faisait doux et que je me sentais en forme, j’ai aussi pris le temps d’examiner les ruines de la basilique et les diverses pancartes judicieusement éclairées la nuit qui les commentent.

Je pense que je peux m’abstenir d’un cours d’histoire ici, chacun sait que Cluny était la maison-mère d’un des ordres les plus puissants de la chrétienté médiévale. Les quelques ruines sont très bien mises en valeur, ce qui est vraiment difficile vu le peu dont on dispose en l’occurrence. Du strict point de vue de ce que l’on voit effectivement, Cluny vaut plus par les petites rues de la vieille ville et par les remparts.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :