Etape 15 – Val d’Ajol

Dimanche 17 juin

61 km

Grosse pluie puis averses

Les Maurupt – Le Gaillard – Val d’Ajol – Le Breuil – La Croisette – Col du Mont de Fourche – Vecoux – Remiremont

Dénivelé: 540 m plus raidillons

Une étape un peu sportive était inévitable le dernier jour puisque j’étais obligé de traverser la ligne de partage des eaux entre Saône et Moselle, mais je reconnais que j’aurais pu trouver un chemin plus rapide et plus simple. J’ai commencé par hésiter en sortant de la ferme entre redescendre dans la vallée pour prendre la route principale ou suivre une pancarte inattendue qui promettait une route vers le Val d’Ajol.

La route était mal indiquée, avec de nombreux carrefours ne figurant pas sur la carte Michelin, mais j’avais estimé un peu précipitamment qu’elle m’éviterait de descendre dans la vallée et que je pouvais donc la prendre. La route avait certainement l’avantage d’être variée, merveilleusement tortueuse et parfaitement déserte. Mais j’ai moins apprécié de devoir traverser divers ravins immanquablement suivis de carrefours douteux et de raidillons pénibles.

Le temps a heureusement attendu pour se gâter que j’arrive en haut de la dernière côte. Il s’est mis à pleuvoir régulièrement, pas la pluie orageuse de Melisey ou la tempête dans le Morvan. Je savais donc, connaissant les Vosges, que ce n’était pas parti pour s’arrêter de sitôt. Curieusement, tant que la pluie ne vient pas de face et que l’on s’active, la pluie est plus une gêne qu’autre chose. La pluie n’est vraiment pénible qu’en descente, parce que l’on a froid, et je n’ai donc pas pu profiter pleinement de la grande descente sur le Val d’Ajol, sûrement magnifique par beau temps.

J’étais si frustré que je me suis perdu dans le village. J’ai mis environ deux kilomètres à m’en rendre compte, essentiellement parce que je ne comprenais pas pourquoi j’avais maintenant le vent en face alors que j’étais supposé l’avoir de côté. Ce n’est pas que je ne pouvais pas continuer dans cette direction, mais c’était pénible et ceci m’aurait imposé des côtes inutiles.

Je suis donc retourné sur la départementale, très large mais très tranquille parce qu’elle mène à un col fermé pour travaux au moment de mon passage. La route m’a un peu fait penser au piémont pyrénéen, en particulier à la route de Gélos à Laruns. J’ai fini par la quitter pour une route forestière après un premier raidillon qui est l’amorce du col.

Comme souvent dans les Vosges, on peut combiner une série de routes forestières pour faire son chemin au plus profond d’immenses forêts, et ces routes sont souvent plates sur de longues sections, avec des passages en côte espacés et pas excessivement raides (du fait des camions de bois). Si on a le temps de faire plus de kilomètres, c’est une bonne façon d’arriver aux cols.

Au début, je suis passé devant un certain nombre de voitures garées, probablement des randonneurs, puis j’ai été tranquille jusqu’à la cascade du Géhuard, où je me suis arrêté puisque cela fournissait une bonne pause. On ne peut pas dire que les cascades des Vosges soient spectaculaires en général, celle-ci est plutôt modeste et m’a juste fourni l’occasion de quelques essais de photo pas très convaincants.

J’ai rencontré plus de voitures ensuite parce que la route forestière mène à une ferme-auberge, objectif favori des Lorrains et des Alsaciens le dimanche midi, mais j’ai trouvé une solution de remplacement plus loin avec une route de crête toute plate jusqu’au col. J’ai hésité à descendre à Remiremont, mais il était encore tôt et il ne pleuvait presque plus, ce qui fait que j’ai décidé de prendre la route des crêtes jusqu’au col suivant.

Clairière sur la crête entre Val d’Ajol et Haute Moselle

Comme toutes les routes de crête, elle est très vallonnée et le dérailleur déficient m’a vraiment énervé, mais je suis quand même arrivé jusqu’au sommet de la section que je prenais et je me suis arrêté dans une clairière pour mon pique-nique. La photo montre l’atmosphère un peu curieuse de l’endroit avec les genêts au milieu des sapins et le brouillard d’une nouvelle averse. J’étais assis sur une grosse pierre sous un sapin et j’ai remarqué que les sapins protègent plutôt mieux d’une averse que les feuillus.

Vallée du Breuchin

J’ai constaté avec plaisir que la route descendait à partir de là, par endroits même un peu trop raide, au point que je m’inquiétais pour l’efficacité de mon frein. Mais je n’ai pas eu d’accident et j’ai même pu m’arrêter pendant la descente pour prendre une photo de la haute vallée du Breuchin vers le sud. C’est une photo involontaire, je croyais prendre la vallée de la Moselle vers l’est, mais elle est typique et a un certain charme.

Après mes 10 kilomètres de descente, bien gagnée après avoir monté toute la matinée sous la pluie, j’ai découvert à mon grand plaisir une piste cyclable sur l’ancienne ligne de chemin de fer de Bussang à Remiremont. J’ai très bien roulé sur la piste, poussé par l’envie d’atteindre la gare à temps pour mon autorail, et j’ai même eu le temps de m’abriter dix minutes sous les arbres pendant une averse.

Cinq kilomètres avant Remiremont, j’ai estimé que mon pneu arrière semblait un peu dégonflé, voire franchement crevé, et on s’imagine que je n’avais pas vraiment envie de changer la chambre à air aussi près du but ! Finalement, en le regonflant et en roulant vite, je suis parvenu à la gare sans avoir besoin de le changer.

Gare de Remiremont

Il m’est resté une heure pour me changer (on attrape froid en culotte de vélo si on attend longtemps sans bouger par temps frais et humide…), ce que j’ai fait sur le parking de la gare routière, puis j’ai mangé des cerises en attendant l’heure. J’ai aussi pris une jolie photo de la gare toute propre avec la locomotive au milieu de la fontaine. On voit un gros nuage noir et il s’est effectivement mis à tomber des trombes d’eau au moment où je voulais me diriger vers le quai. Finalement, je n’ai pas pu éviter la douche, qui a duré jusqu’au départ.

Heureusement, l’autorail est tellement lent de Remiremont à Nancy (presque 2 heures) que j’ai eu le temps de sécher. Il cahote sur une ligne en mauvais état et s’arrête au bord de quais envahis par les herbes folles à Eloyes et à Arches (d’où viennent les cahiers d’écoliers). A partir d’Epinal, c’est un peu plus propre mais cela reste très provincial, on s’arrête à Thaon, Nomexy, Blainville, Varangéville et autres gares fort endormies.

J’ai découvert à Nancy une correspondance directe pour Luxembourg que mon ordinateur n’avait pas indiquée et j’ai donc attendu seulement 40 minutes. Je n’ai même pas eu besoin de changer à Metz ! Par contre, comme ce train ne s’arrête bêtement pas à Bettembourg, j’ai attendu presque une heure en gare de Luxembourg. J’aurais pu normalement faire une partie en vélo, mais je ne pouvais pas à cause du pneu crevé.

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